
Tout savoir sur l’aplasie mammaire :
Introduction
L’aplasie mammaire désigne l’absence de glande mammaire chez la femme. Il s’agit d’une malformation mammaire très rare mais qui a un retentissement majeure sur la qualité de vie des femmes concernées. La chirurgie plastique offre deux solutions à cette malformation mammaire : l’augmentation mammaire par prothèses ou le recours au lipofilling mammaire. Dans cet article, nous examinerons en détail ce qu’est l’aplasie mammaire, les différences entre implants mammaires et transfert de graisse, ainsi que les possibilités de prise en charge par la Sécurité Sociale pour chacune de ces deux interventions de chirurgie mammaire.
Points clés
- L’aplasie mammaire est une malformation mammaire rare qui se traduit par l’absence de développement des seins.
- Son traitement est uniquement chirurgical et repose sur la pose de prothèses mammaires ou le transfert de graisse (lipofilling mammaire).
- Le choix entre ces deux techniques va dépendre principalement de votre morphologie.
- La correction de l’aplasie mammaire peut bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité Sociale, néanmoins les dépassements d’honoraires restent à votre charge en privé.
Qu’est-ce que l’aplasie mammaire ?
L’aplasie mammaire (ou agénésie mammaire) est une malformation mammaire rare qui se traduit par l’absence congénitale de seins. Elle désigne donc une absence totale de développement de la glande mammaire. Autrement dit, les seins ne se sont jamais développés. La poitrine est plate, sans volume ni forme marquée avec une apparence masculine. Ce trouble peut concerner un sein (aplasie mammaire unilatérale) ou les deux seins (aplasie mammaire bilatérale).
Il est important de préciser que cette absence de développement concerne principalement la glande mammaire elle-même. Néanmoins, l’aréole et le mamelon peuvent parfois présenter des particularités comme une petite taille ou une forme anormale.
Quelles sont les causes de l’aplasie mammaire ?
Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine d’une aplasie mammaire. Le plus souvent, cette anomalie trouve sa source dès l’adolescence, période déterminante dans le développement de la glande mammaire.
L’aplasie mammaire a le plus souvent une origine génétique (héréditaire). Certaines femmes présentent en effet une prédisposition familiale à une croissance limitée des seins. Il n’est pas rare de retrouver ainsi des cas similaires chez une mère ou une sœur.
Par ailleurs, des anomalies congénitales telles que le syndrome de Poland peuvent aussi être impliquées. Ce syndrome se caractérise par une absence ou un développement très réduit du tissu mammaire d’un côté, et s’accompagne fréquemment d’autres particularités anatomiques comme l’absence du muscle pectoral ou des anomalies au niveau du membre supérieur du même côté.
Enfin, l’aplasie mammaire peut être liée à des troubles hormonaux apparus durant la puberté. Ainsi, un déficit en œstrogènes peut notamment limiter la croissance du tissu mammaire.
Quelle différence entre aplasie mammaire et hypoplasie mammaire ?
L’aplasie mammaire correspond à une absence totale de glande mammaire.
En revanche, l’hypoplasie mammaire (ou hypotrophie mammaire) désigne le développement insuffisant mais existant du tissu mammaire. Dans l’hypoplasie mammaire, les seins sont petits mais présents. Dans l’aplasie mammaire, le sein ne présente quasiment aucune glande mammaire identifiable (thorax masculin).
Le traitement chirurgical est néanmoins similaire (augmentation mammaire avec sous prothèses mammaires).
Quelles sont les solutions en cas d’aplasie mammaire ?
Le recours à la chirurgie mammaire est la seule solution en cas d’aplasie mammaire.
Deux techniques chirurgicales sont possibles pour restaurer le volume des seins : la pose de prothèses mammaires et le transfert de graisse (lipofilling mammaire).
Ces interventions se déroulent au bloc opératoire, sous anesthésie générale. Il ne s’agit pas d’interventions particulièrement lourdes. Elles donnent toutes deux d’excellents résultats. Le choix la technique va dépendre principalement de votre morphologie.
Augmentation mammaire avec implants
La pose d’implants mammaires constitue la solution privilégiée en chirurgie plastique pour traiter l’aplasie mammaire. Cette intervention consiste à insérer des implants en silicone sous le muscle pectoral afin d’augmenter le volume de la poitrine.
L’intervention dure environ 1h30 et se déroule sous anesthésie générale. La cicatrice utilisée pour insérer l’implant est située sur le bord inférieur de l’aréole (incision hémi-péri-aréolaire inférieure). Le résultat obtenu est immédiat et durable dans le temps.
Le principal inconvénient est qu’il faudra envisager de changer les implants mammaires au bout d’un certain temps car ils s’usent.
Augmentation mammaire par transfert de graisse (lipofilling mammaire)
Le lipofilling mammaire est une alternative moins invasive à la pose de prothèses mammaires. Cette intervention consiste à prélever de la graisse sur différentes parties de votre corps (ventre, cuisses, flancs, dos) et à la réinjecter dans vos seins. Ce transfert graisseux permet d’obtenir un résultat naturel, sans corps étranger.
Néanmoins, en cas d’aplasie mammaire, plusieurs interventions de lipofilling sont nécessaires pour obtenir de jolis seins. Ces séances doivent être espacées de 4 à 6 mois pour permettre à la graisse injectée de se stabiliser. Il faut savoir qu’en moyenne, 40 à 60% de la graisse injectée se résorbe naturellement au cours des 6 premiers mois suivant chaque intervention. Il est donc indispensable que vos réserves de graisse soient suffisantes pour pratiquer cette technique. Le lipofilling mammaire ne s’adresse donc pas aux patientes minces.
Quelle prise en charge par la Sécurité Sociale en cas d’aplasie mammaire ?
La correction de l’aplasie mammaire bénéficie toujours d’une prise en charge par la Sécurité Sociale au titre de la chirurgie réparatrice, que vous envisagiez une augmentation mammaire par prothèses ou un lipofilling mammaire.
Cependant, si vous optez pour une augmentation mammaire par prothèses (code CCAM : QEMA004), une entente préalable avec la Sécurité Sociale est obligatoire. Il s’agit d’une demande spécifique effectuée par votre chirurgien à l’aide d’un formulaire transmis au médecin-conseil de votre caisse d’assurance maladie. Ce dernier dispose d’un délai de 15 jours pour répondre à cette demande, et son accord est indispensable pour que l’intervention soit prise en charge.
À l’inverse, aucune entente préalable n’est requise dans le cas d’un lipofilling mammaire (code CCAM : QEEB152).
Il est important de préciser que même si la Sécurité Sociale prend en charge le coût de ces interventions, il existe des dépassements d’honoraires en privé, concernant à la fois le chirurgien et l’anesthésiste. Ces dépassements ne sont pas couverts par l’assurance maladie, mais peuvent être partiellement remboursés par votre mutuelle.
Ainsi, en clinique privée, l’intervention ne sera jamais totalement gratuite. En revanche, elle pourra être réalisée sans frais supplémentaires si vous choisissez de vous faire opérer dans un hôpital public.
Conclusion
L’aplasie mammaire est une malformation rare qui peut être à l’origine d’une gêne importante. Heureusement, des traitements chirurgicaux efficaces existent aujourd’hui. Que vous optiez pour l’augmentation mammaire par implants ou pour le lipofilling mammaire, ces techniques offrent des résultats esthétiques naturels et durables. L’aplasie mammaire bénéficie d’une prise en charge par la Sécurité Sociale. Le choix du traitement va dépendre de votre morphologie ainsi que de vos préférences personnelles. Une consultation avec un chirurgien plasticien vous permettra de déterminer la meilleure option pour retrouver une poitrine qui correspond à vos attentes.
FAQ : les questions fréquentes concernant l’aplasie mammaire et sa prise en charge :
Comment choisir entre prothèses mammaires et lipofilling mammaire en cas d’aplasie mammaire ?
Le choix entre prothèses mammaires et lipofilling mammaire dépend de plusieurs facteurs, tels que la quantité de graisse disponible, la forme souhaitée des seins, et vos préférences. Le lipofilling mammaire est une option moins invasive (pas de corps étranger) car il permet d’utiliser sa propre graisse pour augmenter le volume mammaire. Il nécessite néanmoins que vous ayez suffisamment de graisse afin d’obtenir une augmentation suffisante du volume mammaire. En cas d’aplasie mammaire, il faudra prévoir 2 à 3 interventions de lipofilling mammaire pour obtenir le résultat souhaité. Les prothèses mammaires, quant à elles, offrent un résultat plus prévisible et une augmentation plus importante du volume des seins.
Quels sont les risques en cas d’augmentation mammaire par prothèses ?
L’augmentation mammaire par prothèses comporte des risques spécifiques tels que l’infection de la prothèse (pouvant entraîner son retrait), la formation d’une coque (épaississement pathologique de la capsule entourant la prothèse) et la rupture (spontanée avec l’usure ou à l’occasion d’un choc). Bien que les prothèses soient conçues pour être durables, elles ne sont pas éternelles et nécessitent d’être remplacées au bout d’un certain temps. Un examen clinique annuel est nécessaire pour surveiller l’état des implants.
Quels sont les risques en cas de lipofilling mammaire ?
Le lipofilling mammaire présente également ses risques spécifiques : résorption partielle ou totale de la graisse injectée dans les mois qui suivent l’intervention, entraînant des résultats insatisfaisants. Un autre risque est la survenue de kystes huileux (kystes de cytostéatonécrose) secondaires à l’insuffisance de vascularisation de la graisse injectée. Ces kystes se traduisent par des boules dures dans le sein.
Comment savoir si je suis une bonne candidate au lipofilling mammaire ?
Vous êtes une bonne candidate pour le lipofilling mammaire si vous avez suffisamment de graisse au niveau de l’abdomen, des hanches et des cuisses. Une consultation avec un chirurgien est nécessaire pour déterminer si vous êtes la candidate idéale, en fonction de votre morphologie et de vos objectifs en termes d’augmentation.
En cas de pose de prothèses mammaires, la cicatrice est-elle très visible ?
La cicatrice après une augmentation mammaire par prothèses est généralement discrète. Elle est souvent réalisée sous le sein, dans un pli naturel, ce qui la rend peu visible, même lorsque vous portez des vêtements sans soutien-gorge. Dans certains cas, la cicatrice peut être placée autour du mamelon (autour de la moitié inférieure de l’aréole). Les cicatrices s’estompent généralement avec le temps, sans pour autant disparaître complètement.
Quand faudra-t’il que je remplace mes prothèses mammaires ?
Les prothèses mammaires ne sont pas conçues pour durer éternellement. En moyenne, les prothèses doivent être remplacées tous les 10 à 15 ans, ou plus tôt si elles présentent des signes de complication, comme une rupture ou une contracture capsulaire (coque péri-prothétique). Un suivi médical annuel permet de surveiller l’état des implants et de décider du moment opportun pour les remplacer. A noter qu’on ne réalise pas d’examen d’imagerie systématique mais uniquement en cas de point d’appel clinique.
Quel est le suivi en cas d’augmentation mammaire par prothèses ou par lipofilling ?
Le suivi post-opératoire est essentiel pour garantir un résultat optimal et détecter rapidement la survenue d’une complication. La première consultations a lieu 1 semaine après l’intervention, puis à 2 semaines, 1 mois, 3 mois, 6 mois et à un an. Au-delà de la première année, une consultation annuelle suffit. A noter qu’on ne réalise pas d’examen d’imagerie systématique mais uniquement en cas de point d’appel clinique.
Comment savoir si je peux bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité Sociale ?
L’aplasie mammaire est un critère d’éligibilité pour une prise en charge par la Sécurité Sociale. Elle doit être néanmoins confirmée par un chirurgien plasticien en consultation. Selon la technique d’augmentation mammaire choisie, une entente préalable avec la Sécurité Sociale peut être nécessaire.
Qu’est-ce qu’une entente préalable ?
Une entente préalable est une procédure administrative qui consiste à demander l’accord de la Sécurité Sociale avant de réaliser certains actes médicaux ou chirurgicaux. Concrètement, le chirurgien remplit un formulaire spécifique détaillant l’intervention envisagée, que la patiente doit ensuite transmettre à son organisme d’assurance maladie. Celui-ci dispose alors de 15 jours pour accepter ou refuser la prise en charge. Dans le cas précis de l’aplasie mammaire, cette entente préalable est obligatoire avant une augmentation mammaire par prothèses (code CCAM QEMA004), mais n’est pas nécessaire pour une intervention par lipofilling mammaire (code CCAM QEEB152).
Quel est le prix d’une chirurgie mammaire correctrice en cas d’aplasie mammaire ?
Dans le cas de l’aplasie mammaire, le prix d’une augmentation mammaire dépend essentiellement de la technique : prothèses mammaires ou lipofilling mammaire. Généralement, les tarifs se situent entre 3 000 et 4 000 euros. Ce montant correspond aux dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste, qui ne sont pas pris en charge par la Sécurité Sociale. Toutefois, certaines mutuelles peuvent couvrir partiellement ou totalement ces frais supplémentaires, selon le contrat que vous avez souscrit.

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.
