Reconstruction mammaire autologue (par lambeau) à l’Institut Curie : guide complet et prise en charge à 100 %

La reconstruction mammaire autologue consiste à reconstruire le sein avec vos propres tissus, sans prothèse. Elle peut faire appel à un lambeau, qu’on prélève sur le ventre (DIEP), la cuisse (PAP) ou le dos (grand dorsal), ou, plus rarement, uniquement des injections de votre graisse (lipofilling). Le sein ainsi reconstruit est constitué de tissus vivants. Il évolue donc avec votre corps et suit les variations de votre poids, sans nécessiter le remplacement d’un implant.

Expert en chirurgie mammaire à Paris et praticien attaché à l’Institut Curie, je réalise chaque semaine des lambeaux DIEP et PAP. Je privilégie ces techniques en reconstruction secondaire et pour remplacer une prothèse mal tolérée.

Cette page explique ce qu’est un lambeau et à qui cette technique s’adresse. Elle détaille le déroulement de l’intervention et de la convalescence, l’évolution de la sensibilité du sein reconstruit et les risques associés.

Reconstruction mammaire autologue en bref

  • Un lambeau est un tissu vivant, qu’on prélève sur votre propre corps avec sa propre vascularisation. Le sein reconstruit est souple et chaud, il suit les variations de votre poids et il ne nécessite aucun remplacement, à la différence d’une prothèse.
  • Je privilégie la reconstruction autologue en reconstruction secondaire, car la peau manque et a souvent été irradiée, en reconstruction tertiaire, pour remplacer une prothèse mal tolérée, et chez les femmes qui souhaitent une reconstruction sans corps étranger. Elle suppose une réserve suffisante de peau et de graisse sur la zone de prélèvement.
  • Le lambeau DIEP (ventre) est ma technique de premier choix. Le lambeau PAP (cuisse) est une alternative lorsque le ventre n’est pas utilisable et que le sein à reconstruire est de petite taille ; le lambeau de grand dorsal (dos) est une solution de recours. Le lipofilling exclusif permet de reconstruire un sein de petit volume avec de la graisse seule, mais nécessite plusieurs interventions.
  • Une reconstruction par DIEP ou PAP dure 4 à 5 heures en double équipe, avec 5 jours d’hospitalisation et 4 à 6 semaines d’arrêt de travail. Le prélèvement laisse une cicatrice sur la zone donneuse. La perte du lambeau est rare, de l’ordre de 1 à 3 % dans les centres spécialisés.
  • Prise en charge à 100 % au titre de l’ALD : l’intervention est réalisée à l’Institut Curie, sans dépassement d’honoraires.

Informations pratiques

Reconstruction mammaire autologue

La reconstruction mammaire autologue permet de reconstruire le sein avec vos propres tissus, transférés sous la forme d’un lambeau prélevé sur le ventre, la cuisse ou le dos.

Le lambeau DIEP, qu’on prélève sur la partie basse du ventre, est la technique de référence de la reconstruction sans prothèse.

Le lambeau PAP, qu’on prélève sur la face interne de la cuisse, est l’alternative lorsque le ventre n’est pas utilisable, et le lambeau de grand dorsal une solution de recours.

Les lambeaux DIEP et PAP nécessitent des compétences en microchirurgie, afin de rebrancher les vaisseaux du lambeau sur ceux du thorax.

On privilégie la reconstruction autologue en reconstruction mammaire secondaire, lorsque la peau manque ou a été irradiée, et en reconstruction mammaire tertiaire, pour remplacer une prothèse mal tolérée.

Le lipofilling exclusif permet de reconstruire un sein de petit volume uniquement à l’aide d’injections de graisse, sans lambeau.

Reconstruction mammaire autologue

Qu’est-ce que la reconstruction mammaire autologue ?

Le terme « autologue » signifie que le donneur et le receveur sont une seule et même personne. La reconstruction mammaire autologue utilise ainsi vos propres tissus, prélevés sur une autre région de votre corps, pour reconstruire le sein sans prothèse.

On transfère ces tissus de deux façons :

  • Le plus souvent sous la forme d’un lambeau : un bloc de peau et de graisse qui conserve, ou retrouve, sa propre circulation sanguine.
  • Plus rarement, sous la forme de graisse injectée après une lipoaspiration, lors d’un lipofilling exclusif.

Dans les deux cas, le sein reconstruit est un tissu vivant, souple et chaud, qui grossit ou maigrit avec vous et qui ne s’use pas avec le temps. C’est ce qui fait toute la différence avec un implant.

Qu’est-ce qu’un lambeau ?

Un lambeau est un tissu vivant qu’on transfère d’une zone donneuse vers une zone receveuse. En reconstruction mammaire, la zone donneuse est le ventre, la cuisse ou le dos. La zone receveuse est le thorax, à l’endroit où l’on a retiré le sein lors de la mastectomie.

Ce qui définit un lambeau, c’est qu’il garde son propre apport de sang. On le prélève avec l’artère qui l’irrigue et la veine qui le draine. Dès qu’il est en place, il est irrigué comme n’importe quelle autre partie de votre corps. Il cicatrise, se défend contre les infections et vieillit donc avec vous.

On entend souvent parler de « greffe » pour désigner un lambeau. Le terme est impropre. Une greffe est un fragment de tissu qu’on prélève sans vaisseaux, qui doit être nourri par la zone qui le reçoit : c’est le cas d’une greffe de peau, ou de la graisse injectée lors d’un lipofilling, dont une partie se résorbe. Un lambeau, lui, apporte sa propre circulation. C’est pourquoi un lambeau permet de reconstruire un sein entier en une seule intervention, tandis qu’une reconstruction par injections de graisse seules nécessite plusieurs séances.

Lambeau libre ou lambeau pédiculé : quelle est la différence ?

Il existe deux façons de déplacer un lambeau.

Lorsque la zone donneuse est proche du sein, le lambeau peut être déplacé en restant attaché à ses vaisseaux d’origine. On le fait donc pivoter sous la peau jusqu’au thorax. On parle de lambeau pédiculé. C’est le cas du lambeau de grand dorsal, prélevé sur le dos. Le lambeau de grand dorsal est donc un lambeau pédiculé.

Lorsque la zone donneuse est éloignée, comme le ventre ou la cuisse, le lambeau est entièrement détaché, puis ses vaisseaux sont rebranchés sur ceux du thorax. On reconnecte une artère, pour que le sang arrive au lambeau, et une veine, pour qu’il en reparte. On parle de lambeau libre. Cette reconnexion de vaisseaux de quelques millimètres est possible grâce à la microchirurgie.

Quels sont les avantages et les limites d’une reconstruction autologue ?

Un lambeau apporte à la fois de la peau et du volume, ce qui le rend particulièrement utile lorsque la peau du thorax manque ou a été irradiée, notamment en reconstruction secondaire. Constitué de tissus vivants, il offre une consistance proche de celle d’un sein naturel et ne nécessite pas de remplacement contrairement à un implant.

En contrepartie, l’intervention est plus longue qu’une reconstruction par implant et nécessite cinq jours d’hospitalisation. Le prélèvement laisse également une cicatrice sur la zone donneuse, autour de laquelle la peau perd sa sensibilité.

Enfin, un lambeau libre dépend des vaisseaux que l’on reconnecte par microchirurgie pour assurer sa circulation sanguine. Dans de rares cas, ces vaisseaux se bouchent (thrombose), ce qui peut entraîner la perte du lambeau.

La comparaison complète avec la reconstruction par prothèse, critère par critère, est présentée sur la page consacrée aux techniques de reconstruction mammaire.

Le sein reconstruit par lambeau évolue-t-il avec le poids ?

Une équipe coréenne a suivi 74 femmes après une reconstruction mammaire par lambeau DIEP, en mesurant le volume des deux seins par imagerie 3D à 1, 3, 6 et 12 mois (Lee et al., 2023). Le sein reconstruit conservait au fil de l’année un volume stable par rapport au sein opposé. Ces résultats suggèrent que le lambeau conserve globalement son volume au cours de la première année.

Le volume du sein reconstruit et celui du sein naturel évoluaient tous deux avec le poids des patientes, tout en conservant un rapport stable. Autrement dit, le lambeau suit les variations de poids comme l’autre sein, car il est lui aussi constitué de tissu graisseux vivant.

Les auteurs ont aussi observé que la forme du sein reconstruit se modifiait au cours de la première année : le volume diminuait dans la partie haute du sein et augmentait dans la partie basse et externe. C’est le lambeau qui « descend » (ptôse) et prend sa place, comme un sein naturel. C’est pour cette raison que j’attends plusieurs mois avant de réaliser les retouches et la symétrisation.

Pour qui est indiquée la reconstruction mammaire autologue ?

La reconstruction autologue s’adresse aux femmes qui souhaitent reconstruire un sein sans prothèse et disposent de suffisamment de peau et de graisse sur une zone de prélèvement. Elle est particulièrement adaptée à la reconstruction secondaire, lorsque la peau du sein manque ou a été irradiée, ainsi qu’à la reconstruction tertiaire, pour remplacer une prothèse mal tolérée.

Dans ma pratique, je la propose donc en première intention en reconstruction secondaire et en reconstruction tertiaire, et je la discute avec vous dans toutes les autres situations. L’âge n’est pas en soi une limite. C’est l’état de santé général qui compte, car l’intervention est longue.

Si vous ne souhaitez pas de lambeau, le lipofilling exclusif est une autre façon de reconstruire sans prothèse. Cette technique donnera de bons résultats si vos réserves de graisse sont suffisantes et si le sein à reconstruire n’est pas trop volumineux.

Le profil de la bonne candidate à une reconstruction par lambeau

La première condition est anatomique : disposer de suffisamment de tissus sur une zone de prélèvement. Sur le ventre, on utilise l’excès de peau et de graisse sous le nombril, habituellement retiré lors d’une abdominoplastie, l’intervention qui permet d’aplatir le ventre. Sur la cuisse, on prélève la peau et la graisse en haut de la face interne, sous la fesse. La quantité nécessaire dépend du volume du sein à reconstruire. Une femme mince peut donc bénéficier d’un lambeau, notamment après une ou plusieurs grossesses : la peau du ventre est souvent suffisamment relâchée pour permettre le prélèvement.

La deuxième condition est vasculaire : les vaisseaux qui nourriront le lambeau doivent être de bon calibre et dans la zone de prélèvement. C’est ce que vérifie l’angioscanner avant l’intervention.

Enfin, le choix d’un lambeau dépend de vos préférences. Cette reconstruction implique une intervention longue, une hospitalisation de plusieurs jours, une cicatrice supplémentaire et une convalescence de quatre à six semaines. En contrepartie, elle permet de reconstruire un sein avec vos propres tissus, vivant et durable. Ce choix vous appartient : nous en discuterons ensemble en consultation pour déterminer la solution qui vous convient le mieux.

À quel moment peut-on reconstruire un sein par lambeau ?

En reconstruction mammaire immédiate, en même temps que la mastectomie

Le lambeau est réalisé au cours de la même intervention que la mastectomie, le plus souvent lorsqu’on ne prévoit pas de radiothérapie. L’un des deux chirurgiens réalise la mastectomie pendant que l’autre prélève le lambeau. La peau du sein étant conservée, le lambeau apporte le volume, et la peau du lambeau est enfouie sous la peau du sein. Cette situation est détaillée sur la page consacrée à la reconstruction mammaire immédiate.

En reconstruction immédiate différée, après une prothèse d’attente

Lorsqu’une radiothérapie est prévue ou reste possible après la mastectomie, je privilégie une prothèse d’attente, qui préserve la peau du sein pendant les rayons et que je remplace, le plus souvent par un lambeau, environ un an après la fin de la radiothérapie. Le lambeau apporte ainsi un tissu sain, qui n’a pas reçu de rayons.

En reconstruction mammaire secondaire, après une mastectomie sans reconstructon

C’est la situation la plus fréquente dans ma pratique. La mastectomie a été réalisée sans reconstruction, souvent suivie d’une radiothérapie. La peau du thorax manque, et elle est souvent fine et rigide. Le lambeau apporte à la fois la peau et le volume, ce qu’une prothèse ne permet pas.

Pour un sein de petit volume, le lipofilling exclusif est l’autre option d’une reconstruction sans prothèse. Plusieurs interventions seront néanmoins nécessaires (jusqu’à 6).

En cas de radiothérapie, il faudra attendre 12 mois avant de débuter la reconstruction mammaire. Cette situation est détaillée sur la page consacrée à la reconstruction mammaire secondaire.

En reconstruction mammaire tertiaire, pour remplacer une prothèse gênante ou douloureuse

Une prothèse mammaire peut entraîner une gêne, des douleurs, ou donner un résultat qui ne vous satisfait plus. Elle peut aussi être responsable de la formation d’une coque. La reconstruction par lambeau permet alors de retirer définitivement la prothèse pour reconstruire le sein avec vos propres tissus.

Cette situation est détaillée sur la page consacrée à la reconstruction mammaire tertiaire.

En chirurgie prophylactique

Lors d’une mastectomie préventive des deux seins, chez une femme porteuse d’une mutation génétique ou à très haut risque familial, un double lambeau DIEP ou PAP permet de reconstruire les deux seins sans corps étranger, au cours de la même intervention. Celle-ci dure environ 6 à 7 heures. Cette option nécessite toutefois une réserve suffisante de peau et de graisse sur le ventre ou les cuisses pour donner à chaque sein le volume souhaité.

Cette situation est détaillée sur la page consacrée à la mastectomie prophylactique.

Quelles sont les contre-indications à une reconstruction par lambeau ?

Tabac

Le tabac est une contre-indication aux lambeaux DIEP et PAP, principalement en raison des risques pour la zone de prélèvement. Pour refermer le ventre ou la cuisse, la peau est décollée puis retendue, ce qui fragilise sa vascularisation au niveau de la cicatrice. Le tabac réduit davantage cet apport sanguin. Une partie de la peau peut alors nécroser, c’est-à-dire mourir faute de sang, et laisser une séquelle esthétique définitive sur le ventre ou la cuisse.

Le tabac augmente également le risque de nécrose complète du lambeau, lorsqu’un caillot obstrue les vaisseaux reconnectés, entraînant l’échec de la reconstruction. Il favorise aussi la nécrose partielle du lambeau, car il réduit l’apport sanguin dans certaines zones, notamment aux extrémités du lambeau.

Pour envisager une reconstruction par lambeau dans de bonnes conditions, un arrêt complet du tabac est donc indispensable. Il faudra arrêter de fumer pendant le mois précédant et le mois suivant l’intervention. Cet arrêt concerne également la cigarette électronique et les substituts nicotiniques.

Obésité

L’obésité augmente le risque de complications de toute reconstruction mammaire. Pour le lambeau DIEP, elle expose notamment à des séquelles de la paroi abdominale. Après le prélèvement, celle-ci peut se distendre et former un bombement (bulge), voire une éventration, c’est-à-dire une hernie des viscères à travers la paroi musculaire. Ces complications peuvent entraîner une gêne fonctionnelle et esthétique durable.

C’est pourquoi je ne propose pas de lambeau DIEP en cas d’obésité. Si vous envisagez une reconstruction secondaire, je pourrai vous demander de perdre du poids avant l’intervention. Nous fixerons alors ensemble un objectif adapté à votre situation.

Quel est l’impact de l’obésité sur une reconstruction mammaire ?

Une méta-analyse publiée en 2018 par l’équipe d’Adriana Panayi, à Boston, a rassemblé 29 études et 71 368 femmes ayant bénéficié d’une reconstruction mammaire, dont 20 061 présentaient une obésité, définie dans cette étude par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 (Panayi et al., 2018).

Chez les femmes obèses, le risque de complication chirurgicale était multiplié par 2,3, celui de complication médicale par 2,9 et celui de ré-intervention par 1,9. La complication la plus fréquente était la désunion de la cicatrice, deux fois et demie plus fréquente. Ces résultats valaient aussi bien pour les reconstructions par prothèse que pour les reconstructions par lambeau.

Les auteurs soulignent que le bénéfice d’une perte de poids avant la reconstruction reste, lui, à démontrer. Dans ma pratique, je la demande néanmoins avant une reconstruction secondaire par lambeau DIEP, parce que la paroi abdominale d’une patiente obèse supporte mal le prélèvement et que ses séquelles, bombement ou éventration, sont définitives.

Maigreur importante

À l’inverse, une réserve de graisse insuffisante sur le ventre ne permet pas de reconstruire un sein de volume satisfaisant avec un lambeau DIEP. En revanche, cela n’exclut pas toute forme de reconstruction autologue. On peut envisager une autre zone de prélèvement, par exemple avec un lambeau PAP ou de grand dorsal. Des injections de graisse dans le lambeau peuvent ensuite compléter la reconstruction pour augmenter le volume du sein.

Cicatrices sur le ventre

Une abdominoplastie antérieure contre-indique le prélèvement d’un lambeau DIEP. Une liposuccion importante du ventre ou certaines interventions de chirurgie digestive peuvent également compromettre ce prélèvement. Nous passerons donc en revue vos antécédents chirurgicaux en consultation.

En revanche, une cicatrice de césarienne n’empêche généralement pas de prélever un lambeau abdominal. Dans tous les cas, un angioscanner est indispensable pour vérifier l’état et le trajet des vaisseaux qui alimenteront le lambeau.

État général

Un lambeau libre est une intervention de 4 à 5 heures sous anesthésie générale. Une maladie cardiaque ou respiratoire sévère, ou un trouble de la coagulation, peut la contre-indiquer. Cette évaluation est faite avec l’équipe d’anesthésie de l’Institut Curie avant toute décision.

Pourquoi ne m’a-t-on pas proposé de reconstruction par lambeau ?

Toutes les patientes ne sont pas candidates à un lambeau : la morphologie, le tabac ou l’état de santé peuvent l’écarter.

Certaines équipes ne proposent pas de reconstruction par lambeau libre parce qu’elles ne pratiquent pas cette technique, qui nécessite une formation en microchirurgie, une chirurgie en double équipe et un plateau technique adapté. Pour en savoir plus, je vous invite à consulter la page consacrée à la microchirurgie en reconstruction mammaire.

Quelles sont les techniques de reconstruction mammaire autologue ?

Les techniques de reconstruction autologue se distinguent par leur zone de prélèvement : le ventre, la cuisse ou le dos. Une page dédiée à chaque technique détaille son déroulement, ses risques et ses résultats. Voici la place de chacune dans ma pratique.

Le lambeau DIEP (ventre)

Le lambeau DIEP utilise la peau et la graisse du bas du ventre, sans prélever de muscle, et laisse une cicatrice comparable à celle d’une abdominoplastie. C’est ma technique de premier choix, car le ventre offre la plus grande réserve de peau et de graisse pour reconstruire le sein.

Tout est détaillé sur la page consacrée à la reconstruction mammaire par lambeau DIEP.

Le lambeau PAP (cuisse)

Le lambeau PAP utilise la peau et la graisse du haut de la face interne de la cuisse, sans prélever de muscle. La cicatrice se situe dans le pli sous-fessier. Je le propose lorsque le ventre n’est pas utilisable, pour reconstruire un sein de petit volume. Je l’utilise rarement en reconstruction secondaire, car la quantité de peau qu’il apporte est souvent insuffisante.

Ses indications sont détaillées sur la page consacrée à la reconstruction mammaire par lambeau PAP.

Le lambeau de grand dorsal (dos)

Le lambeau de grand dorsal consiste à transférer la peau, la graisse et le muscle du dos vers le thorax, sans microchirurgie. Dans ma pratique, je l’associe toujours à une prothèse ou à des injections de graisse pour obtenir un volume suffisant. Je le réserve aux situations où aucun lambeau libre n’est possible, ou après l’échec d’un lambeau libre.

Il est présenté sur la page consacrée à la reconstruction mammaire par lambeau de grand dorsal.

Le lipofilling exclusif : une reconstruction autologue sans lambeau

Le lipofilling exclusif permet de reconstruire un sein de petit volume avec votre propre graisse, prélevée par lipoaspiration puis ré-injectée au niveau du thorax. Il s’agit d’une reconstruction autologue, sans corps étranger, mais pas d’un lambeau : la graisse transférée n’est pas reliée à des vaisseaux sanguins et une partie se résorbe. On parle de transfert autologue de graisse ou de greffe de graisse.

La reconstruction nécessite donc plusieurs séances, espacées de 3 à 4 mois, réalisées en ambulatoire, avec environ 10 jours d’arrêt de travail par séance. Cette technique convient surtout à la reconstruction secondaire d’un sein de petit volume, y compris après une radiothérapie.

Ses conditions et ses limites sont détaillées sur la page consacrée à la reconstruction mammaire par lipofilling exclusif.

Les autres lambeaux : fesse, gracilis, TRAM

D’autres lambeaux peuvent également être utilisés, mais leur place est aujourd’hui plus limitée.

Les lambeaux fessiers prélèvent la peau et la graisse de la fesse. Ils sont désormais peu utilisés, notamment parce que le prélèvement peut déformer la fesse et laisser une séquelle esthétique importante.

Le lambeau de gracilis prélève la peau et la graisse de la face interne de la cuisse, ainsi qu’un muscle, le gracilis. Avant l’avénement du lambeau PAP, c’était la technique de référence lorsqu’on ne pouvait réaliser un DIEP. Le lambeau PAP offre maintenant une alternative au ventre tout en préservant les muscles de la cuisse et permet généralement d’apporter davantage de volume.

Le lambeau TRAM, précurseur du DIEP, utilise la même peau et la même graisse du ventre, mais prélève également une partie du muscle grand droit, l’un des muscles qui dessinent les abdominaux. Ce prélèvement fragilise la paroi abdominale et augmente le risque d’éventration. Le DIEP, qui préserve le muscle, l’a largement remplacé.

Comment choisit-on la zone de prélèvement ?

Lors de l’examen clinique, j’évalue le volume du sein à reconstruire ainsi que les zones de prélèvement possibles, en recherchant un excédent de peau et de graisse au niveau du ventre, des cuisses ou du dos. J’examine également les cicatrices d’éventuelles interventions antérieures, notamment sur le ventre, car certaines peuvent empêcher le prélèvement d’un lambeau DIEP. Enfin, je prends en compte vos antécédents médicaux, car certaines maladies peuvent contre-indiquer une reconstruction par lambeau libre.

Nous discutons ensuite de vos préférences, notamment des cicatrices que vous êtes prête à accepter, et d’un éventuel projet de grossesse à court terme, qui conduirait à différer une reconstruction par DIEP. Je vous prescris ensuite un angioscanner pour cartographier les vaisseaux de la zone de prélèvement envisagée. À l’issue de ce bilan, nous choisissons ensemble la technique la plus adaptée à votre situation.

Les comparaisons détaillées entre les lambeaux, avec un tableau pour chaque paire de techniques, sont présentées sur la page consacrée aux techniques de reconstruction mammaire.

Comment se déroule une reconstruction mammaire par lambeau libre ?

À l’Institut Curie, sur le site de Saint-Cloud, nous réalisons les reconstructions par lambeau libre DIEP ou PAP en double équipe. L’intervention dure 4 à 5 heures pour un sein et 6 à 7 heures pour les deux seins. Le lambeau de grand dorsal reste, quant à lui, relié à ses vaisseaux d’origine : il ne nécessite donc pas de microchirurgie. Son déroulement, plus simple, est détaillé sur la page qui lui est consacrée.

Voici ce qui est commun aux reconstructions par lambeau libre ; les étapes propres à chaque lambeau sont décrites sur les pages DIEP et PAP.

Avant l’intervention : angioscanner et arrêt du tabac

Une fois la technique choisie en consultation, je vous prescris un angioscanner, qu’il faudra réaliser à l’Institut Curie. Ce scanner avec injection de produit de contraste cartographie les vaisseaux de la zone de prélèvement. Il permet de repérer les meilleures perforantes pour préparer le prélèvement du lambeau.

Une perforante est un petit vaisseau sanguin qui traverse les tissus profonds, notamment le muscle ou son enveloppe, pour irriguer la peau et la graisse situées au-dessus. Lors du prélèvement d’un lambeau DIEP ou PAP, je préserve ces vaisseaux pour assurer la circulation sanguine dans le sein reconstruit, tout en laissant le muscle en place.

L’angioscanner constitue donc un véritable « GPS » pour le chirurgien. Il contribue à raccourcir la durée de l’intervention et limite les imprévus.

Une prise de sang et une consultation d’anesthésie complètent le bilan. Si nous envisageons une reconstruction immédiate, nous présentons votre dossier en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) afin que l’équipe oncologique en valide l’indication. Vous devez arrêter complètement le tabac un mois avant et un mois après l’intervention. Si vous prenez une hormonothérapie, votre oncologue détermine si vous pouvez la poursuivre ou si vous devez l’interrompre temporairement.

L’intervention en double équipe (à deux chirurgiens)

Je travaille en double équipe avec le Dr Jean-Baptiste Schaff depuis 2017. Nous avons été formés ensemble à l’Institut Gustave Roussy et nous réalisons des lambeaux chaque semaine à l’Institut Curie.

Sous anesthésie générale, l’un de nous prépare la zone receveuse . Pour cela, il réalise la mastectomie en reconstruction immédiate, ou libère la peau du thorax en reconstruction secondaire, puis expose les vaisseaux mammaires internes, une artère et une veine situées derrière le cartilage d’une côte, à côté du sternum. Pendant ce temps, l’autre prélève le lambeau sur le ventre ou la cuisse, en suivant les vaisseaux repérés à l’angioscanner.

Vient ensuite le temps de la microchirurgie. Le lambeau est détaché, transféré sur le thorax, et ses vaisseaux sont rebranchés sur les vaisseaux mammaires internes, aux loupes, avec des fils plus fins qu’un cheveu. Dès que le sang circule à nouveau, le lambeau se recolore et se réchauffe : c’est le moment clé de l’intervention.

Puis vient le temps du modelage. On conforme le lambeau pour donner au sein sa forme et son volume, puis la zone de prélèvement est refermée avec le même soin qu’une intervention esthétique. Des drains, petits tuyaux souples qui évacuent les liquides, sont laissés en place quelques jours.

L’hospitalisation et la surveillance du lambeau

Vous restez hospitalisée 5 jours à l’Institut Curie. Pendant les 48 premières heures, l’équipe infirmière, formée à la surveillance des lambeaux, vérifie fréquemment la couleur, la chaleur et la souplesse du lambeau. Elle contrôle également la circulation sanguine dans ses vaisseaux à l’aide d’un Doppler, un petit appareil à ultrasons posé sur la peau.

Cette surveillance vise à détecter rapidement une thrombose, c’est-à-dire la formation d’un caillot dans les vaisseaux reconnectés. Une thrombose artérielle empêche le sang d’arriver dans le lambeau, tandis qu’une thrombose veineuse bloque son évacuation. Dans les deux cas, le lambeau change de couleur et de consistance en quelques heures. Une ré-intervention immédiate permet parfois de rétablir la circulation et de sauver le lambeau. Après les premiers jours, ce risque devient exceptionnel.

Vous pourrez vous lever et marcher dès le lendemain de l’intervention. Nous retirerons les drains avant votre retour à domicile.

Pourquoi surveille-t-on un lambeau surtout les deux premiers jours ?

Une équipe américaine a étudié les données nationales de 6 792 femmes ayant bénéficié d’une reconstruction par lambeau libre entre 2012 et 2016, en analysant le délai de survenue des reprises au bloc opératoire (Baltodano et al., 2020).

Les reprises survenaient le plus souvent le premier jour après l’intervention. Leur fréquence diminuait nettement dès le deuxième jour, puis restait inférieure à 0,6 % par jour. L’obésité sévère, l’hypertension, un état de santé fragile, la prise de corticoïdes et le tabagisme étaient associés à un risque accru de reprise.

Ces résultats soulignent l’importance d’une surveillance particulièrement rapprochée pendant les 48 premières heures, comme nous la pratiquons à l’Institut Curie. Ils expliquent également pourquoi l’arrêt du tabac et un poids maîtrisé font partie des conditions nécessaires à l’intervention.

Convalescence, cicatrices et résultats après une reconstruction autologue

Une reconstruction par lambeau est une intervention plus lourde qu’une reconstruction par prothèse.

Elle nécessite donc une convalescence plus longue. Comptez 4 à 6 semaines avant de reprendre une vie normale, puis plusieurs mois pour que le sein reconstruit prenne sa forme définitive.

Les suites d’une séance de lipofilling exclusif sont en revanche plus simples : l’arrêt de travail dure environ 10 jours, principalement en raison des douleurs liées à la lipoaspiration. Elles sont détaillées sur la page consacrée à cette technique.

Douleurs et soins après un lambeau

Les douleurs au niveau du sein reconstruit sont généralement peu importantes, car la peau a perdu une grande partie de sa sensibilité après la mastectomie.

Les douleurs se concentrent surtout au niveau de la zone de prélèvement. Au niveau du ventre, elles évoquent de fortes courbatures, notamment lorsque vous vous redressez ; sur la cuisse, elles imposent de marcher avec précaution pendant les trois premières semaines. Des antalgiques simples suffisent le plus souvent à les soulager. À votre sortie, vous disposerez d’une ordonnance adaptée.

Vous devrez porter un vêtement de contention pendant 4 à 6 semaines afin de limiter le gonflement de la zone de prélèvement. Il s’agit d’une gaine abdominale après un lambeau DIEP ou un panty après un lambeau PAP.

Une infirmière réalisera vos pansements à domicile pendant deux à trois semaines. Après un DIEP, vous marcherez légèrement penchée en avant les premiers jours, le temps que la peau abdominale se détende. Après un prélèvement sur la cuisse, la marche peut rester difficile pendant les trois premières semaines.

Dans tous les cas, vous bénéficierez d’une consultation de suivi chaque semaine à l’Institut Curie après votre sortie.

Reprise des activités, du sport et du travail

Prévoyez un arrêt de travail de 4 à 6 semaines, selon votre activité professionnelle. Vous pourrez généralement reprendre la conduite après deux à trois semaines, lorsque vous vous sentirez capable de vous tourner et de freiner sans douleur. Évitez de porter des charges lourdes pendant la convalescence.

La marche pourra reprendre progressivement dès les premiers jours. Vous pourrez reprendre les activités physiques douces, comme la natation ou le vélo d’appartement, à partir de la 6ᵉ semaine. Les efforts plus intenses sont possibles entre le 2ᵉ et le 3ᵉ mois, après validation en consultation. Ce délai concerne notamment les exercices qui sollicitent les abdominaux après un DIEP ou les adducteurs — les muscles de l’intérieur de la cuisse — après un PAP. À terme, aucun sport n’est interdit.

Les cicatrices

La reconstruction par lambeau laisse des cicatrices supplémentaires au niveau de la zone de prélèvement. C’est l’un de ses principaux inconvénients par rapport à une reconstruction par prothèse.

Lors d’une reconstruction immédiate, le lambeau est enfoui sous la peau du sein. On retire la couche superficielle de la peau du lambeau — c’est la désépidermisation — avant de le glisser sous la peau du sein qu’on a conservée lors de la mastectomie.

Lors d’une reconstruction secondaire, une partie de la peau du lambeau reste visible pour remplacer la peau manquante. Elle forme une zone souvent ovale, dont la couleur et la texture peuvent différer légèrement de celles du thorax. La cicatrice qui la délimite s’atténue progressivement. La reconstruction de l’aréole vient ensuite compléter le résultat.

Sur la zone de prélèvement, la localisation de la cicatrice va dépendre du lambeau. Après un DIEP, elle s’étend d’une hanche à l’autre, comme une cicatrice d’abdominoplastie, généralement dissimulée par les sous-vêtements ; après un PAP, elle se situe dans le pli sous-fessier ; après un grand dorsal, elle se trouve dans le dos, dans le prolongement du sillon sous-mammaire. Une diminution de la sensibilité, voire une insensibilité, peut persister définitivement au niveau de la zone de prélèvement.

Le résultat et son évolution dans le temps

Dans les premières semaines après l’intervention, le sein reconstruit est gonflé par l’œdème et légèrement trop haut. Au fil des trois à six mois suivants, l’œdème se résorbe, le lambeau s’assouplit et descend progressivement pour prendre une position plus naturelle.

Le sein reconstruit par lambeau est chaud au toucher, car il est constitué de tissus vivants, irrigués par vos vaisseaux sanguins. Il offre aussi un toucher plus naturel qu’une reconstruction par implant. En effet, la texture de la graisse se rapproche davantage de celle d’un sein naturel que le gel de silicone d’un implant.

C’est à partir de 4 à 6 mois qu’on réalise les temps suivants : la retouche du lambeau par lipoaspiration ou injections de graisse, la symétrisation de l’autre sein, puis la reconstruction de l’aréole et du mamelon, souvent dans la même intervention. Le déroulement de ces étapes est expliqué sur la page consacrée à la reconstruction mammaire.

À long terme, le sein reconstruit évolue naturellement avec l’âge, comme l’autre sein. Il ne reste pas fixé comme après une reconstruction par implant. C’est l’un des principaux avantages de la reconstruction autologue : le résultat est durable et évolue naturellement avec votre corps, sans les contraintes liées à l’usure d’une prothèse.

Enfin, une fois la reconstruction terminée, aucune intervention n’est habituellement nécessaire. Contrairement à une reconstruction par prothèse qui nécessite souvent au moins un changement d’implant au cours de la vie, le lambeau offre ainsi une reconstruction définitive, sans dispositif à remplacer.

Le sein reconstruit par lambeau retrouve-t-il sa sensibilité ?

Non, pas entièrement. Le sein reconstruit ne retrouve jamais la sensibilité du sein d’avant, quelle que soit la technique. Avec le temps, une sensibilité au toucher et à la pression réapparaît en partie, et un lambeau offre à cet égard de meilleures perspectives qu’une prothèse.

Cette question mérite une explication avant l’intervention, car elle change la façon dont vous vivrez votre sein reconstruit au quotidien.

Pourquoi le sein reconstruit est-il insensible au début ?

La sensibilité de la peau du sein est assurée par de petits nerfs qui viennent des espaces entre les côtes et traversent la glande mammaire. La mastectomie les sectionne. La peau du sein devient donc en grande partie insensible, même lorsqu’on a préservé l’aréole et le mamelon.

Le lambeau, lui, est prélevé avec ses vaisseaux mais sans ses nerfs. Sa peau et sa graisse sont donc insensibles. Le sein reconstruit est ainsi, au début, une zone que vous ne sentez pas, ce qui explique d’ailleurs le peu de douleur mammaire après l’intervention.

Quelle sensibilité revient avec le temps ?

Avec les mois, de petites fibres nerveuses repoussent depuis les bords de la zone opérée vers le lambeau. Une sensibilité profonde, au toucher appuyé et à la pression, réapparaît progressivement sur un à deux ans, en commençant par la périphérie du sein. Elle est variable d’une femme à l’autre et reste incomplète. Une revue systématique des études publiées a confirmé cette repousse spontanée, à un degré variable (Beugels et al., 2017).

La sensibilité fine de la peau, celle qui perçoit un effleurement ou une différence de température, ne revient pas. La reconstruction ne permet pas non plus de rétablir la sensibilité érogène du mamelon, même lorsque celui-ci a été conservé lors de la mastectomie. Ces limites valent pour toutes les techniques de reconstruction.

Au quotidien, la perte de sensibilité de la peau nécessite quelques précautions : méfiez-vous des bouillottes, des bains très chauds et du soleil, qui peuvent provoquer une brûlure sans que vous la ressentiez.

Qu’est-ce que la neurotisation d’un lambeau ?

La neurotisation consiste à relier un nerf sensitif du lambeau à un nerf du thorax au moment de la microchirurgie, comme on raccorde l’artère et la veine. Dans le cas d’un DIEP, on relie un nerf prélevé avec les tissus du ventre à un nerf intercostal, situé entre les côtes. Les fibres nerveuses repoussent progressivement vers le lambeau, ce qui peut permettre une récupération plus rapide et plus étendue de la sensibilité du sein.

C’est une piste intéressante, que les études présentées ci-dessous rendent crédible. Elle allonge toutefois l’intervention, ses résultats restent variables d’une équipe à l’autre et elle ne restitue pas non plus la sensibilité d’avant. Nous ne la pratiquons pas à ce jour (voir explication ci-dessous), et je préfère vous le dire clairement plutôt que de vous laisser espérer une sensibilité que la reconstruction ne rendra pas.

Que dit la littérature scientifique sur la sensibilité du sein reconstruit par lambeau ?

Une équipe australienne a analysé en 2024 12 études comparant 367 lambeaux abdominaux neurotisés à 295 lambeaux non neurotisés (Tajziehchi et al., 2024). La sensibilité était évaluée à l’aide de monofilaments de Semmes-Weinstein : de fins fils de nylon de rigidité croissante, appliqués sur la peau pour mesurer la plus faible pression perçue.

Avec un suivi allant de 8 mois à plus de 6 ans, les lambeaux neurotisés présentaient une meilleure sensibilité à la pression, avec une différence statistiquement significative, quel que soit le type de lambeau ou la technique de neurotisation. Les auteurs précisent toutefois que les pratiques ne sont pas encore standardisées et que les facteurs influençant cette récupération restent à déterminer.

Une seconde méta-analyse, publiée en 2025 par une équipe de Chicago, a comparé la sensibilité de 764 seins reconstruits, évaluée au moins un an après l’intervention (Jagasia et al., 2025). Les lambeaux avec neurotisation présentaient les meilleurs résultats pour la sensibilité du sein et de l’aréole. Même sans neurotisation, les lambeaux offraient une meilleure sensibilité au centre du sein que les prothèses.

Ces données rejoignent ce que j’observe en consultation : la sensibilité revient en partie, généralement davantage après une reconstruction par lambeau qu’après une reconstruction par prothèse. Elles suggèrent également que la neurotisation améliore cette récupération, sans restaurer une sensibilité complète. Cette technique reste en cours d’évaluation et ses modalités ne sont pas encore standardisées. Nous ne la pratiquons donc pas à ce jour dans notre équipe.

Quels sont les risques d’une reconstruction mammaire autologue ?

La thrombose des vaisseaux et l’échec du lambeau

Le principal risque d’un lambeau libre est la thrombose : un caillot se forme dans l’artère ou la veine raccordée, empêchant le sang d’arriver au lambeau ou d’en repartir. Cette complication survient essentiellement dans les premiers jours après l’intervention, ce qui justifie une surveillance rapprochée pendant l’hospitalisation.

En cas de thrombose, une ré-intervention en urgence est nécessaire pour tenter de retirer le caillot et de rétablir la circulation en refaisant le raccordement des vaisseaux en microchirurgie. Si cette tentative échoue, le lambeau doit être retiré. Cette perte complète reste rare : elle concerne environ 1 à 3 % des lambeaux dans les centres spécialisés.

Elle entraîne l’échec de cette reconstruction, mais une autre technique pourra être proposée dans un second temps. Elle ne compromet pas votre santé à long terme, même si cette complication peut prolonger les soins.

Ce risque de thrombose au niveau des vaisseaux raccordés concerne les lambeaux libres, comme le DIEP et le PAP, qui nécessitent un branchement microchirurgical. Le lambeau de grand dorsal est déplacé du dos vers le sein par rotation, tout en conservant ses vaisseaux d’origine. Il ne nécessite donc aucun raccordement microchirurgical et n’est pas exposé à ce risque particulier de thrombose.

Nécrose partielle du lambeau

Une partie du lambeau, généralement à son extrémité interne ou externe, peut ne pas recevoir suffisamment de sang et nécroser. Des soins locaux quotidiens sont alors nécessaires, parfois pendant plusieurs semaines, jusqu’à cicatrisation complète.

Une nouvelle intervention peut être proposée pour corriger la perte de volume ou de forme. Elle consiste à repositionner une partie du lambeau ou, une fois la zone cicatrisée, à réaliser des injections de graisse pour combler le creux.

La nécrose graisseuse (cytostéatonécrose)

La graisse située à distance des vaisseaux du lambeau peut être moins bien irriguée et former un ou plusieurs nodules fermes : on parle de cytostéatonécrose. Ces nodules se forment dans les premières semaines. Les formes mineures sont fréquentes et généralement sans conséquence.

L’apparition d’un nodule dans le sein reconstruit peut faire craindre une récidive. Il s’agit dans l’immense majorité des cas d’un simple kyste de cytostéatonécrose. L’échographie permet le plus souvent de l’identifier. Une biopsie est parfois nécessaire pour confirmer le diagnostic. Un nodule de cytostéatonécrose gênant ou volumineux peut être ponctionné ou retiré chirurgicalement.

Que dit la littérature scientifique sur la nécrose graisseuse après un lambeau ?

Une équipe de Montréal a analysé en 2026 100 études regroupant 9 704 lambeaux DIEP pour mieux comprendre les facteurs associés à la nécrose graisseuse (Raman et al., 2026). Sa fréquence variait fortement selon les études, atteignant 35 % dans certaines d’entre elles. Ce chiffre ne reflète toutefois pas la gêne occasionnée : dans ma pratique, la plupart de ces nodules sont petits et passent inaperçus.

Le risque était plus faible lorsque deux vaisseaux perforants au moins alimentaient le lambeau, lorsque le chirurgien contrôlait son irrigation pendant l’intervention à l’aide du vert d’indocyanine, ou lorsqu’il raccordait une veine superficielle du ventre en complément de la veine profonde pour améliorer le drainage du sang. À l’inverse, un indice de masse corporelle supérieur à 25 était notamment associé à un risque plus élevé.

Cette analyse conforte également les principes que j’applique : ne pas proposer de DIEP en cas d’obésité, choisir des vaisseaux de meilleur calibre à l’angioscanner et retirer, en fin d’intervention, les zones du lambeau insuffisamment irriguées. Mieux vaut un lambeau un peu plus petit, mais bien vascularisé, qu’un lambeau plus volumineux exposé à la nécrose.

En cas de doute, nous utilisons également à l’Institut Curie le vert d’indocyanine pour repérer les zones mal vascularisées. Nous pouvons aussi faire le choix de raccorder une veine superficielle supplémentaire pour améliorer le drainage du sang.

Les complications de la zone de prélèvement

Des complications peuvent survenir au niveau de la zone de prélèvement de chaque lambeau :

  • Après un DIEP : retard de cicatrisation ou nécrose de la peau du ventre, surtout chez les fumeuses, accumulation de liquide sous la peau (sérome) et, plus rarement, bombement de la paroi abdominale (bulge) voire véritable éventration, notamment en cas d’obésité.
  • Après un PAP : élargissement de la cicatrice et perte de sensibilité à l’intérieur de la cuisse.
  • Après un grand dorsal : sérome dans le dos et gêne au niveau de l’épaule.

Ces complications sont détaillées sur la page consacrée à chaque technique.

Que se passe-t-il si le lambeau échoue ?

La perte d’un lambeau est une épreuve, mais elle ne met pas fin au projet de reconstruction pour autant. Il est toujours possible de proposer une autre technique : un lambeau d’une autre zone, le plus souvent un grand dorsal, une prothèse, ou des injections de graisse selon votre situation.

Les options après un échec sont expliquées dans l’article que se passe-t-il si la reconstruction mammaire échoue ?.

Prix et prise en charge par la Sécurité sociale

À l’Institut Curie, centre de lutte contre le cancer participant au service public hospitalier, les praticiens appliquent les tarifs conventionnés, sans dépassement d’honoraires, quelle que soit la technique de reconstruction.

Après un cancer, la reconstruction mammaire est prise en charge à 100 % au titre de l’ALD (affection de longue durée). La chirurgie prophylactique bénéficie également d’une prise en charge dans les indications reconnues. L’intervention, l’anesthésie, l’hospitalisation, l’angioscanner et les soins associés sont couverts selon vos droits. Vous n’avez pas de reste à charge sur ces soins, ni d’avance de frais dans le cadre du tiers payant.

Les interventions complémentaires — lipofilling, symétrisation de l’autre sein ou reconstruction de l’aréole — sont également prises en charge dans les mêmes conditions.

Le vêtement de contention reste en revanche à votre charge : il n’est pas remboursé par l’Assurance maladie, mais certaines mutuelles peuvent le prendre en charge.

Le détail des règles de prise en charge est présenté sur la page consacrée au tarif de la reconstruction mammaire.

Foire aux questions (FAQ) sur la reconstruction mammaire autologue

Un lambeau est-il une greffe ?

Non, un lambeau n’est pas une greffe. Une greffe est un fragment de tissu transféré sans vaisseaux, qui doit être nourri par la zone qui le reçoit ; une partie ne prend pas. Un lambeau est transféré avec son artère et sa veine, rebranchées sur celles du thorax. Il est donc irrigué dès la fin de l’intervention.

Le corps peut-il rejeter un lambeau ?

Non, un lambeau ne peut pas être rejeté. Le rejet est une réaction du système immunitaire contre un tissu étranger. Un lambeau est constitué de vos propres tissus : votre corps le reconnaît comme tel. Le principal risque de perte du lambeau est vasculaire, par occlusion des vaisseaux rebranchés. Ce risque ne survient qu’au cours des premiers jours.

Peut-on reconstruire les deux seins par lambeau en une seule intervention ?

Oui, c’est ce que l’on appelle un double lambeau. Chaque sein reçoit son propre lambeau : le ventre fournit deux lambeaux DIEP, l’un pour chaque côté, ou chaque cuisse fournit un lambeau PAP. L’intervention est plus longue, de l’ordre de 6 à 7 heures, et se déroule elle aussi en double équipe. C’est la solution la plus fréquente après une mastectomie préventive des deux seins.

Le lipofilling exclusif est-il une reconstruction autologue ?

Oui, puisqu’il reconstruit le sein avec votre propre graisse, sans corps étranger. La différence avec un lambeau tient aux vaisseaux : la graisse injectée n’en a pas et doit être nourrie par les tissus qui la reçoivent, si bien qu’une partie se résorbe après chaque séance. Il faut donc plusieurs séances d’injections de graisse pour reconstruire un sein, ce qui réserve cette technique aux seins de petit volume.

Peut-on choisir sa zone de prélèvement ?

En partie. C’est d’abord votre morphologie qui décide : la zone doit offrir assez de peau et de graisse pour le sein à reconstruire, avec de bons vaisseaux sur l’angioscanner. Lorsque plusieurs zones sont possibles, vos souhaits comptent : l’emplacement de la cicatrice, un projet de grossesse, votre niveau d’activité physique. Le choix est arrêté ensemble en consultation, après l’angioscanner.

Faut-il perdre du poids avant une reconstruction par lambeau ?

Parfois, oui. L’obésité augmente le risque de complications et, après un lambeau DIEP, celui de séquelles de la paroi abdominale, bombement du ventre, voire véritable éventration. Lorsqu’on envisage une reconstruction secondaire, une perte de poids préalable peut être demandée, avec un objectif fixé en consultation.

Peut-on tomber enceinte après une reconstruction par lambeau du ventre ?

Oui, une grossesse est possible après un lambeau DIEP. Le muscle abdominal a été préservé. Il est conseillé d’attendre un à deux ans après l’intervention, le temps que la paroi ait entièrement cicatrisé. Lorsqu’un projet de grossesse est proche, le lambeau de la cuisse peut être préféré, ce dont nous discutons en consultation.

Peut-on irradier un lambeau si une radiothérapie devient nécessaire après la reconstruction ?

Oui, un lambeau libre supporte la radiothérapie, mais ce n’est pas souhaitable. L’irradiation peut faire rétracter le lambeau et lui faire perdre du volume. C’est pourquoi, lorsqu’on prévoit de la radiothérapie ou qu’elle reste incertaine au moment de la mastectomie, on préfère mettre en place une prothèse d’attente et on effectue le lambeau après les rayons. Le lambeau de grand dorsal, lui, ne doit pas être irradié, car le muscle supporte mal la radiothérapie.

Un nodule dans le sein reconstruit par lambeau ou injections de graisse est-il inquiétant ?

Le plus souvent, non. Un nodule ferme apparu dans les semaines qui suivent l’intervention correspond généralement à une zone de graisse cicatricielle, la cytostéatonécrose. Tout nodule nouveau doit néanmoins être montré à votre chirurgien, qui demandera une échographie et, si nécessaire, une biopsie pour le confirmer.

Références scientifiques

Sensibilité du sein reconstruit et neurotisation

  • Tajziehchi P, Dayaratna N, Holten BE, Dusseldorp JR. Flap neurotisation improves sensation outcomes in abdominally based autologous breast reconstruction: A systematic review and meta-analysis. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2024. Lien PubMed | Lien DOI
  • Jagasia PM, Bagdady K, Jordan SW, Howard MA, Fracol ME. Meta-analysis of Objective Sensory Outcomes From 764 Breasts Shows Superior Sensation of Autologous Reconstruction With Neurotization. Plast Reconstr Surg Glob Open. 2025. Lien PubMed | Lien DOI
  • Beugels J, Cornelissen AJM, Spiegel AJ, Heuts EM, Piatkowski A, van der Hulst RRWJ, et al. Sensory recovery of the breast after innervated and non-innervated autologous breast reconstructions: A systematic review. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2017. Lien PubMed | Lien DOI

Évolution du lambeau dans le temps

  • Lee MK, Park HY, Park JW, Mun GH, Woo KJ. Three-dimensional Volume Changes of the Reconstructed Breast Following DIEP Flap Breast Reconstruction. J Reconstr Microsurg. 2023. Lien PubMed | Lien DOI

Surveillance du lambeau et facteurs de risque

  • Baltodano PA, Schalet G, Rezak K, Aliu O, Weinberg M, Ata A, et al. Early Discontinuation of Breast Free Flap Monitoring: A Strategy Driven by National Data. Plast Reconstr Surg. 2020. Lien PubMed | Lien DOI
  • Panayi AC, Agha RA, Sieber BA, Orgill DP. Impact of Obesity on Outcomes in Breast Reconstruction: A Systematic Review and Meta-Analysis. J Reconstr Microsurg. 2018. Lien PubMed | Lien DOI

Nécrose graisseuse du lambeau

  • Raman KS, Akdag A, Morel SBA, Chowdhury R, Kuper G, ElAbd R, et al. Fat necrosis following deep inferior epigastric artery perforator flap breast reconstruction: A systematic review and meta-analysis. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2026. Lien PubMed | Lien DOI

Pour citer cette page

Si vous êtes un professionnel de santé, un journaliste ou un étudiant, vous pouvez citer cette page selon l’un des formats suivants.

Auteur : Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien et reconstructeur, RPPS 10101382645, Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine) et Institut Curie (Paris/Saint-Cloud).

Vancouver : Struk S. Reconstruction mammaire autologue (par lambeau) à l’Institut Curie : guide complet et prise en charge à 100 %. docteurstruk.fr [Internet]. Paris : Cabinet du Dr Samuel Struk ; mis à jour le 19 septembre 2026. Disponible sur : https://docteurstruk.fr/reconstruction-mammaire/reconstruction-mammaire-autologue/

APA : Struk, S. (2026, 19 septembre). Reconstruction mammaire autologue (par lambeau) à l’Institut Curie : guide complet et prise en charge à 100 %. docteurstruk.fr. https://docteurstruk.fr/reconstruction-mammaire/reconstruction-mammaire-autologue/


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Dr Samuel Struk

DOCTEUR SAMUEL STRUK

Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique

Spécialiste exclusif en chirurgie mammaire, le Dr Samuel Struk accompagne les patientes dans leur parcours de chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il vous reçoit en consultation pour un diagnostic sur-mesure au sein de son cabinet situé au 99, rue de Prony, 75017 Paris.

Ancien Assistant Spécialiste du prestigieux Institut Gustave Roussy (1er centre européen de lutte contre le cancer), il exerce aujourd’hui en tant que Praticien Attaché à l’Institut Curie (Saint-Cloud) pour la reconstruction mammaire complexe (microchirurgie DIEP, PAP) et réalise ses interventions de chirurgie esthétique du sein à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).

Déclaration de fiabilité :

Cet article a été intégralement rédigé, revu et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, conformément aux données acquises de la science et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale personnalisée.

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Ma femme a été opérée par le Dr. Struk en fin 2024 et début 2026 pour une double mastectomie prophylactique, puis un premier lipofilling. Très bonne expérience, le Dr Struk est bien professionnel, responsable, et rassurant, l'ayant accompagnée tout au long du processus et restant toujours très rapidement disponible pour répondre à chaque question. Nous sommes très contents du résultat et du suivi post-opératoire. Nous recommandons fortement le Chirurgien Dr Struk pour son professionnalisme.
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Je tiens à remercier le chirurgien Dr Struck pour m'avoir rassuré tout au long de mon opération de réduction mammaire et pour son travail soigné. Vous pouvez y aller les yeux fermés.
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J'ai été opérée il y a un mois par le Dr Struck pour une reconstruction par lambeau Diep. Je suis ravie. J'ai récupéré un sein qui ressemble vraiment à un sein, avec une certaine souplesse. Rien à voir avec une prothèse. Le travail est magnifique. Le sein est naturel, n'est pas lourd comme avec une prothèse. Le docteur Struck a également pris le temps de me rassurer sur l’intervention, en amont, mais surtout le matin même, juste avant de passer au bloc. L’hospitalisation s’est très bien passée. Peu de douleurs, une mobilité dès le lendemain. Cerise sur le gâteau, mon ventre a fondu. Je n’étais pas venue pour ça mais c’est une suite très agréable. L’intervention est lourde, c’est vrai, mais elle en vaut vraiment la peine !
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Opéré d'une correction d'adipomastie en octobre 2025 par le Dr Struk, je suis pleinement satisfait. Le suivi post-opératoire est rigoureux et le résultat est tout simplement parfait !
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Il y’a bientôt 3 ans j’ai été opéré par le docteur Struk pour un lifting mammaire. J’avais seulement 25 ans et fait un métier dans l’image c’était donc un vrai pas à franchir pour moi. A cause de perte et de prise de poids succincte, ma poitrine ne tenait pas comme celle d’une jeune femme de 25 ans et cela me complexait beaucoup. Grace à cette opération et au Dr Struk , je peux maintenant porter fièrement des hauts ainsi que des maillots que je n’osais plus porter. Je suis extrêmement heureuse du résultats, mes cicatrices ne se voit quasiment plus du tout. De plus j’ai souvenir de mon passage à la clinique le jour de l’opération : je suis arrivée à 7h30 et à 12h j’étais déjà repartie. Tout le monde a été absolument adorable et tout est allée très vite. J’avais toujours quelqu’un pour s’occuper de moi. Je recommande très vivement
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Retrait prothèses mammaire Le Dr Struk est de très bon conseil, à notre écoute sur nos doutes,répond a toutes nos questions,rassurant par son calme et son professionnalisme.... L intervention c est tres bien déroulée,pas de problème post op ,un suivi très serieux. Le résultat est parfait.... Un énorme merci au Dr Struk que je recommande les yeux fermés
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nazha ait
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J’ai été opéré par Dr Struk et tout s’est extrement bien passé . Le Dr Struk est rassurant dès le premier rdv jusqu’à l’opération . Le petit plus de Dr STruk est qu’il explique tout le déroulé de l’opération et qu’après l’opération vous avez un suivi pour savoir si tout se passe bien au niveau de la cicatrisation . Je recommande +++++
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Je me suis faite opérer d’un lipome assez volumineux dans le dos avec Dr Struk. C’était une intervention que je repoussais depuis des années mais il s’est montré très professionnel et rassurant sur l’intervention. J’ai été très bien suivie et la cicatrice est très propre. Mention spéciale pour la réactivité et la disponibilité de Dr Struk. Je recommande !

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