Reconstruction mammaire après tumorectomie
Les séquelles esthétiques sont fréquentes après une chirurgie conservatrice du sein pour cancer. Un geste de reconstruction mammaire peut donc être nécessaire, même après un traitement conservateur du sein.
Le traitement conservateur du sein associe tumorectomie (ablation d’une partie de la glande mammaire) et radiothérapie.
Si le traitement conservateur permet d’éviter la mastectomie (ablation de toute la glande mammaire) en cas de cancer du sein, il peut néanmoins être à l’origine de déformations importantes au niveau du sein.
Ces séquelles esthétiques apparaissent surtout lorsqu’aucun geste d’oncoplastie n’a été associé à la tumorectomie.
Le traitement des séquelles de tumorectomie repose essentiellement sur des injections de graisse autologues (votre propre graisse), technique qu’on appelle aussi lipofilling mammaire ou lipomodelage du sein.
Les déformations sévères peuvent exceptionnellement nécessiter la réalisation de lambeaux.

Correction des séquelles esthétiques de tumorectomie
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Comprendre l’origine des déformations du sein après un traitement conservateur
Le traitement conservateur du sein associe tumorectomie et radiothérapie en cas de cancer du sein.
La tumorectomie consiste à réaliser l’ablation de la tumeur avec des marges glandulaires de sécurité et de conserver le reste de la glande. L’irradiation de la glande restante est néanmoins indispensable pour prévenir le risque de récidive locale. Elle a généralement lieu quelques semaines après la tumorectomie. C’est pourquoi le traitement conservateur du sein associe toujours tumorectomie et radiothérapie sur le sein.
Un traitement conservateur permet comme son nom l’indique de conserver le sein et donc d’éviter une mastectomie (ablation complète de la glande mammaire). C’est la taille de la tumeur rapportée à la taille du sein qui permet de décider entre tumorectomie ou mastectomie. Cependant, la tumorectomie va créer un défect glandulaire au niveau du sein. Ce défect, s’il est important, peut entraîner des déformations du sein en post-opératoire. Par ailleurs, la radiothérapie entraine toujours des phénomènes de rétraction des tissus ce qui peut aggraver les déformations induites par la tumorectomie.
Comment prévenir la survenue de ces déformations du sein après tumorectomie ?
Le seul moyen de prévenir la survenue de déformations du sein après un traitement conservateur est de réaliser un geste d’oncoplastie au moment de la tumorectomie.
L’oncoplastie est un geste de chirurgie plastique qui consiste à remodeler le sein pour combler le défect glandulaire laissé par la tumorectomie.
Il existe différents types d’oncoplastie. Selon les cas, on peut réaliser :
- Soit un simple remodelage glandulaire : dans ce cas, la glande est mobilisée pour venir combler le défect glandulaire, sans retirer de peau donc sans rajouter de cicatrice supplémentaire à celle de la tumorectomie.
- Soit une mastopexie voire une réduction mammaire : dans ce cas, on combine la tumorectomie à un geste de chirurgie esthétique du sein. On retire la tumeur et on en profite pour faire un lifting mammaire voire une réduction mammaire, au prix de cicatrices supplémentaires. On parle d’oncoplastie en T inversé.
Un geste de symétrisation du sein controlatéral est nécessaire si une oncoplastie en T inversé est effectuée. Dans ce cas, il est préférable d’attendre un an après la fin de la radiothérapie avant de réaliser ce geste. Cela permet au sein irradié d’obtenir sa forme définitive avant d’entreprendre la symétrisation du sein controlatéral.
Il est important de souligner que des déformations du sein sont possibles même en cas d’oncoplastie. L’oncoplastie permet de surtout de limiter leur importance.
Un geste d’oncoplastie, qu’il s’agisse d’un simple remodelage glandulaire ou d’une oncoplastie en T inversé, doit donc toujours être associé à la tumorectomie pour limiter la sévérité des déformations du sein après un traitement conservateur.
Quelles sont les techniques permettant de corriger ces déformations du sein ?
L’injection de graisse dans les seins, également appelée lipofilling mammaire ou lipomodelage des seins, est la principale technique permettant de corriger les déformations du sein après traitement conservateur.
Elle consiste à prélever de la graisse par lipoaspiration dans diverses régions du corps (l’abdomen, les hanches, les cuisses) et à la réinjecter directement dans le sein déformé pour corriger ces déformations.
Plus rarement, on pourra effectuer des techniques de plastie mammaire – une réduction mammaire ou un lifting mammaire – pour corriger la séquelle du traitement conservateur.
Comment se déroule une séance d’injection de graisse (lipofilling) ?
Une séance de lipofilling s’effectue sous anesthésie générale et dure moins d’1 heure.
On prélève la graisse dans différentes régions du corps : l’abdomen, les hanches et les cuisses principalement. Il s’agit d’un geste simple de liposuccion (qu’on appelle aussi lipoaspiration).
La graisse prélevée est ensuite purifiée par diverses techniques (décantation, centrifugation ou filtration à travers une membrane). Cela permet d’éliminer le sang, le liquide d’infiltration utilisé lors de la lipoaspiration et les débris cellulaires. La graisse purifiée est alors uniquement constituée d’adipocytes, c’est à dire de cellules graisseuses.
La graisse purifiée est enfin réinjectée dans le sein au niveau de déformation à corriger. On réalise donc une greffe d’adipocytes.
Quelles sont les suites opératoires après une séance d’injection de graisse ?
Le lipofilling n’est pas une chirurgie lourde. Chaque séance a lieu en ambulatoire, c’est à dire que l’entrée et la sortie de l’hôpital se font le jour de l’intervention.
Comme pour une lipoaspiration effectuée à visée esthétique, une gaine de contention devra être portée pendant une durée de 6 semaines après l’intervention. Elle a pour objectif de limiter les oedèmes secondaires à la lipoaspiration.
La reprise des activités quotidiennes peut se faire le lendemain.
On prescrit un arrêt de travail pour une durée de 2 semaines.
Il faudra éviter le sport pendant une durée d’1 mois.
Combien de séances de lipofilling sont en général nécessaires ?
Plusieurs séances seront le plus souvent nécessaires pour corriger efficacement une déformation après tumorectomie.
En effet, on estime qu’entre 40 et 60% de la graisse injectée va disparaître dans les 3 mois qui vont suivre l’intervention.
C’est pourquoi il faut généralement 2 à 3 séances, selon l’importance de la déformation à corriger, pour obtenir un résultat satisfaisant.
On espace ces séances de 4 à 6 mois.
Quand est-il possible de débuter les séances d’injections de graisse ?
Il est indispensable d’attendre au moins 2 ans après la fin de la radiothérapie avant de débuter les injections de graisse dans le sein.
Que faire si les injections de graisse sont insuffisantes ?
Lorsque les séquelles esthétiques du traitement conservateur sont trop sévères, le sein déformé est parfois irrécupérable. Les injections de graisse sont dans ce cas inutiles car la rétraction des tissus est trop importante.
Dans ce cas, heureusement rare, la seule solution est de retirer tout le sein déformé en faisant une mastectomie. La reconstruction nécessite l’utilisation d’un lambeau. On parle de reconstruction mammaire tertiaire.
Reconstruction mammaire, tumorectomie, prise en charge par la Sécurité Sociale
On rappelle que la reconstruction du sein est intégralement prise en charge par la Sécurité Sociale en France.
Toute intervention de reconstruction mammaire après cancer du sein, que ce soit après une mastectomie ou après une tumorectomie, est remboursée par la Sécurité Sociale.
L’Assurance Maladie prend donc en charge la correction de séquelles de tumorectomie par lipofilling.
LES INTERVENTIONS DE RECONSTRUCTION MAMMAIRE

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Spécialiste en chirurgie mammaire esthétique & réparatrice
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie du sein, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine








