L’injection de graisse dans les seins — que l’on appelle aussi lipomodelage, lipostructure ou lipofilling mammaire — est une technique de chirurgie esthétique qui consiste à prélever votre propre graisse (le plus souvent au niveau du ventre, des hanches ou des cuisses), à la purifier, puis à la réinjecter dans les seins pour en augmenter le volume ou en corriger la forme. Il s’agit d’une autogreffe : le tissu transféré est le vôtre, sans prothèse ni corps étranger.
Sur cette page, je vous explique la technique elle-même : son histoire, ses indications en chirurgie esthétique, la manière dont je prélève et réinjecte la graisse, et les avancées scientifiques récentes qui améliorent la prise de greffe. Si votre objectif est précisément une augmentation mammaire naturelle sans prothèse, j’en détaille le déroulé, les résultats et le tarif sur ma page dédiée à l’augmentation mammaire par lipofilling.
L’essentiel sur l’injection de graisse dans les seins (lipomodelage)
- Est-ce définitif ? En partie. Une fraction de la graisse injectée se résorbe durant les premiers mois ; celle qui reste, revascularisée, s’installe durablement. Le résultat définitif s’apprécie 6 mois après l’intervention.
- Est-ce que ça fonctionne vraiment ? Oui, pour un gain de volume modéré et une amélioration de forme au rendu très naturel — c’est sa force. Ce n’est pas la bonne technique si vous recherchez un fort gain de volume en une seule intervention.
- Pour qui ? Pour les patientes disposant d’un capital graisseux suffisant à prélever (impossible si vous êtes mince), qui souhaitent un résultat naturel, une correction d’asymétrie ou une amélioration du galbe — sans prothèse.
- Y-a-il des cicatrices ? Oui, mais cicatrices imperceptibles : la graisse est réinjectée par de fines incisions punctiformes qui ne laissent pas de marque visible.
- Faut-il plusieurs interventions ? Souvent. Selon le volume visé et la résorption de la graisse (variable d’une patiente à l’autre), une seconde séance peut être nécessaire pour consolider le résultat.
Informations pratiques
- Consultation : 99 rue de Prony, 75017 Paris.
- Intervention : Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
- Rendez-vous : Prendre rendez-vous sur Doctolib ou au 01 42 94 19 88.
INJECTION DE GRAISSE DANS LES SEINS (LIPOMODELAGE) EN CHIRURGIE ESTHÉTIQUE
Le lipofilling mammaire consiste à prélever de la graisse dans différentes régions du corps afin de la réinjecter dans la poitrine.
Ses indications sont multiples : augmentation mammaire sans prothèse, correction de seins tubéreux, d’une asymétrie mammaire, chirurgie réparatrice après cancer du sein.
Plusieurs séances d’injections de graisse peuvent être nécessaires avant d’obtenir un résultat satisfaisant.
Les réserves de graisse doivent donc être suffisantes pour envisager un lipofilling mammaire, cette technique n’est pas possible chez une femme mince.
Le lipofilling mammaire peut bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité Sociale, au titre de la chirurgie réparatrice uniquement.

Tout savoir sur les injections de graisse dans les seins
Qu’est-ce que le lipomodelage des seins ?
Le lipomodelage des seins est une technique de chirurgie esthétique qui consiste à transférer votre propre graisse d’une zone où elle est en excès vers vos seins, afin d’en augmenter le volume ou d’en corriger la forme. Contrairement à une augmentation par implants, aucun corps étranger n’est utilisé : le seul « produit » injecté est votre tissu graisseux vivant. C’est ce qui explique le rendu particulièrement naturel, au toucher comme à la vue.
Le principe de l’autogreffe graisseuse
Le lipomodelage repose sur le principe de l’autogreffe : un tissu prélevé sur vous-même est réimplanté ailleurs sur votre corps. La graisse n’est pas un simple « produit de comblement ». C’est un tissu vivant, composé de cellules graisseuses (les adipocytes) et de cellules souches, qui doit se revasculariser pour survivre à son nouvel emplacement. Une fraction de la graisse transférée ne se connecte pas à ce nouveau réseau sanguin et se résorbe durant les premiers mois. L’autre fraction s’intègre définitivement. Toute la finesse de la technique consiste à maximiser la part de graisse qui « prend ». Parce qu’il s’agit de votre propre tissu, il n’existe aucun risque de rejet ni de réaction à un corps étranger.
Les trois temps de la technique : prélèvement, purification, réinjection
Une séance de lipomodelage se déroule en trois temps successifs :
- Le prélèvement consiste à recueillir la graisse par une liposuccion douce, à l’aide de fines canules, dans les zones où vous disposez d’un excès : le plus souvent l’abdomen, les flancs, les hanches ou l’intérieur des cuisses. Ce temps a un double bénéfice : il affine la silhouette au niveau de la zone donneuse tout en fournissant le matériau à greffer.
- La purification sépare les cellules graisseuses saines des éléments dont on ne veut pas : sérum, sang, huile issue des cellules rompues et résidus d’infiltration. Cette étape, réalisée par décantation, centrifugation ou filtration selon la technique, est déterminante : plus la graisse réinjectée est « propre » et concentrée en cellules intactes, meilleure sera sa prise.
- La réinjection dépose la graisse purifiée dans le sein à l’aide de microcanules, par de fines incisions punctiformes qui laissent des cicatrices très dicrètes. Je ne l’injecte jamais en un seul bloc. En effet, je la répartis plutôt en de multiples fins trajets, en un réseau tridimensionnel, pour que chaque microparticule de graisse soit au contact d’un tissu bien vascularisé. C’est cette réinjection « en pluie », minutieuse, qui conditionne le taux de survie du greffon.
Quelles sont les zones de graisse que l’on peut lipoaspirer ?
La graisse destinée au lipomodelage des seins est prélevée dans les zones où elle est naturellement en excès. En priorité : l’abdomen (le ventre), les flancs (les poignées d’amour), la culotte de cheval (face externe des hanches et des cuisses) et la face interne des cuisses. Ce prélèvement affine la silhouette de la zone donneuse, ce qui constitue un bénéfice complémentaire de l’intervention.
Point important : le lipomodelage n’est pas réalisable chez une femme trop mince, qui ne dispose pas d’un capital graisseux suffisant à prélever — c’est la principale limite de la technique.
Lipomodelage, lipofilling, lipostructure : parle-t-on de la même chose ?
Oui : lipomodelage, lipofilling, lipostructure, greffe de graisse, transfert autologue de graisse ou encore injection de graisse dans les seins désignent tous le même geste — prélever votre graisse pour la réinjecter dans vos seins.
Les différences sont surtout d’usage et d’origine.
Lipomodelage est le terme privilégié en France, popularisé par l’école française de chirurgie plastique. Lipofilling est un terme anglo-saxon qui étonnament n’est pas utilisé en dehors de la France. Lipostructure renvoie historiquement à la méthode codifiée par le chirurgien américain Sydney Coleman, qui a standardisé la technique moderne. Dans le langage courant comme dans ma pratique, ces mots sont interchangeables : ne soyez pas surprise de les voir employés indifféremment d’un praticien à l’autre.
« Lipofilling » : un terme vraiment français ?
Le mot lipofilling — littéralement « remplissage par la graisse » — est un néologisme d’usage surtout francophone. Il est très répandu en France dans le langage des patientes comme des praticiens, mais on ne le retrouve quasiment pas dans la littérature scientifique anglo-saxonne de référence.
Dans les grandes revues internationales de chirurgie plastique, on parle de fat grafting (greffe de graisse) ou de fat transfer (transfert de graisse). Ces expressions désignent exactement le même geste que le lipofilling, le lipomodelage ou la lipostructure : prélever votre propre graisse pour la réinjecter. Il ne faut donc pas s’étonner de rencontrer des termes différents d’une source à l’autre — ils recouvrent une seule et même technique.
L’histoire du lipofilling mammaire
L’idée de réinjecter de la graisse pour remodeler le corps n’est pas récente. Elle traverse plus d’un siècle de chirurgie plastique, ponctué d’un long abandon puis d’une réhabilitation spectaculaire. Comprendre cette histoire aide à saisir pourquoi le lipomodelage mammaire est aujourd’hui une technique codifiée et sûre, là où elle fut longtemps regardée avec méfiance.
Des premières greffes de graisse à Neuber et Czerny (fin XIXᵉ)
La greffe de graisse autologue est l’une des plus anciennes idées de la chirurgie plastique. La littérature moderne fait remonter les premières tentatives à la fin du XIXᵉ siècle. Dès 1893, le chirurgien allemand Gustav Neuber rapporte le transfert de petits fragments de graisse pour combler une dépression cicatricielle. Puis en 1895, son compatriote Vincenz Czerny réalise ce qui est considéré comme la première greffe graisseuse au sein, en transférant un lipome pour en corriger la forme — un historique retracé notamment par Delay et al., 2009. Ces gestes pionniers posent le principe, mais se heurtent d’emblée au problème qui hantera la technique pendant un siècle : l’imprévisibilité de la résorption de la graisse qu’on injecte.
Le moratoire de 1987 : quand le lipofilling mammaire fut déconseillé
Tout au long du XXᵉ siècle, les greffes de graisse restent artisanales et aux résultats aléatoires. Le tournant survient en 1987 : la société savante américaine de chirurgie plastique (ASPRS) publie une prise de position déconseillant l’injection de graisse dans le sein. La crainte alors serait que l’injection de graisse dans les seins ne génère des calcifications gênant l’interprétation des mammographies et le dépistage du cancer du sein (Coleman & Saboeiro, 2007 ; Gutowski et al., 2009). Cette mise en garde, largement suivie, gèle presque totalement la pratique du lipofilling mammaire pendant près de vingt ans. C’est un point important à connaître, car la crainte qu’elle a semée continue parfois d’alimenter des inquiétudes aujourd’hui dépassées. Nous y reviendrons dans la partie consacrée à la sécurité.
Coleman et la réhabilitation moderne (années 1990-2000)
La renaissance du lipofilling doit beaucoup au chirurgien américain Sydney Coleman. Dans les années 1990, il codifie une méthode rigoureuse et reproductible — la lipostructure — reposant sur un prélèvement atraumatique, une purification par centrifugation, et une réinjection de la graisse en très petites quantités réparties en multiples microtrajets. En 2007, Coleman et Saboeiro publient une série appliquant cette technique au sein et concluent qu’il n’existe aucune preuve que la greffe graisseuse mammaire soit moins sûre qu’une autre chirurgie du sein, appelant à en finir avec la discrimination héritée du texte de 1987 (Coleman & Saboeiro, 2007). En France, l’école lyonnaise autour d’Emmanuel Delay établit en parallèle le lipomodelage. Une série de 880 procédures sur 10 ans en précise la technique, les indications et la sécurité, avec un recul oncologique inédit (Delay et al., 2009).
La validation par les sociétés savantes (2007-2015)
Le revirement institutionnel se concrétise à la fin des années 2000. En 2009, un groupe de travail dédié de la société américaine de chirurgie plastique (ASPS Fat Graft Task Force) réévalue l’ensemble des données et reconnaît le transfert de graisse comme une excellente option pour l’augmentation mammaire et la correction de défects, à condition que la technique soit maîtrisée (Gutowski et al., 2009). Cette position sera reprise et consolidée les années suivantes, inscrivant définitivement le lipomodelage dans la pratique courante de la chirurgie esthétique du sein (Coleman & Saboeiro, 2015). C’est cette base scientifique solide qui fait aujourd’hui du lipomodelage une intervention parfaitement établie.
Illouz et la naissance du prélèvement moderne de la graisse
Si l’histoire moderne du lipofilling est souvent racontée à travers les travaux américains de Sydney Coleman, un chirurgien français y a joué un rôle déterminant en amont : Yves-Gérard Illouz.
Au début des années 1980, à Paris, Illouz a révolutionné la liposuccion. Sa contribution décisive fut de remplacer les instruments tranchants, dangereux, par une canule mousse reliée à une aspiration douce — rendant le prélèvement de graisse sûr, reproductible et respectueux des cellules graisseuses (Khanna & Filobbos, 2013 ; Pascal, 2010). Cette avancée est fondamentale pour le lipomodelage : on ne peut réinjecter de la graisse que si l’on sait d’abord la prélever en douceur, sous forme de fines particules viables.
Illouz a donc rendu possible le prélèvement de la graisse, et Coleman a ensuite standardisé sa réinjection. Le lipomodelage mammaire d’aujourd’hui repose sur ces deux avancées complémentaires.
Les indications du lipomodelage en chirurgie esthétique
Le lipomodelage est une technique particulièrement polyvalente. Il permet aussi bien d’augmenter le volume des seins que de corriger certaines malformations ou irrégularités. Son principal atout réside dans sa précision : la graisse est injectée progressivement, zone par zone, afin de sculpter le sein de manière très fine. Contrairement à un implant, qui apporte un volume global, le lipomodelage permet de remodeler chaque région du sein de façon ciblée. Voici les principales indications esthétiques pour lesquelles je le propose.
La reconstruction mammaire après un cancer, qui répond à des problématiques spécifiques, est abordée sur une autre page de mon site.
Augmentation mammaire modérée et naturelle sans implant
C’est l’indication la plus connue : augmenter le volume des seins en utilisant votre propre graisse, sans implant. Le lipomodelage convient particulièrement si vous souhaitez un gain modéré — de l’ordre d’un bonnet — avec un résultat très naturel au toucher comme à l’aspect, et si vous disposez d’un capital graisseux suffisant à prélever. Il ne permet pas d’obtenir une forte augmentation en une seule intervention : au-delà d’un certain volume, la prothèse reste plus adaptée.
Si votre projet est précisément une augmentation mammaire naturelle sans prothèse, j’en détaille le déroulé, les résultats et le tarif sur ma page dédiée à l’augmentation mammaire par lipofilling.
Correction des asymétries mammaires
Une légère asymétrie mammaire est normale, mais chez certaines patientes, la différence de volume ou de forme est suffisamment marquée pour devenir source de gêne. Le lipomodelage constitue alors une solution particulièrement adaptée. En injectant la graisse de manière ciblée, il permet d’augmenter progressivement le volume du sein le plus petit et d’affiner sa forme afin d’obtenir une meilleure symétrie. Cette approche offre un degré de précision difficile à égaler avec un implant, qui apporte un volume plus global. Son efficacité dans la correction des asymétries mammaires et des déformations thoraciques est bien démontrée, notamment par la grande série française de référence (Delay et al., 2009).
Correction du syndrome de Poland
Le syndrome de Poland est une malformation congénitale rare caractérisée par une absence partielle ou complète du muscle grand pectoral, associée à un développement insuffisant du sein du côté atteint. Le lipomodelage a profondément modifié sa prise en charge. Grâce à des transferts de graisse réalisés de manière progressive, il permet de reconstruire le volume et les contours du sein, d’améliorer la symétrie thoracique et, dans de nombreux cas, d’éviter le recours à une prothèse ou à un lambeau, avec des cicatrices très limitées.
Dans la série de référence publiée par l’équipe lyonnaise, le lipomodelage seul permet de corriger cette malformation mammaire avec un taux de satisfaction élevé. Les auteurs le considèrent même comme leur traitement de première intention chez les patientes disposant d’un capital graisseux suffisant (La Marca et al., 2012). Dans les formes les plus sévères ou chez les patientes très minces, une technique composite combinant pose d’un implant et lipomodelage peut être nécessaire (Delay et al., 2016).
Traitement des seins tubéreux
Le sein tubéreux est une malformation congénitale caractérisée par le développement incomplet de la glande mammaire, avec une base mammaire étroite, un pôle inférieur insuffisamment développé et, selon les cas, une aréole élargie et saillante. Le lipomodelage occupe une place importante dans sa correction. Il permet d’apporter du volume au pôle inférieur déficient, d’assouplir les tissus et d’élargir progressivement la base du sein afin de lui redonner une forme plus harmonieuse. Selon la sévérité de la malformation, on peut utiliser n’utiliser que le lipomodelage ou bien l’associer à d’autres techniques chirurgicales. Les seins tubéreux comptent parmi les indications historiques et les mieux établies du transfert graisseux mammaire (Coleman & Saboeiro, 2007).
Amélioration du décolleté et du pôle supérieur
Avec le temps, les grossesses ou une perte de poids importante, le pôle supérieur du sein — qui dessine le décolleté — peut perdre de son galbe et paraître creusé. Le lipomodelage permet de restaurer spécifiquement le volume de cette région afin de redonner un décolleté plus harmonieux, sans augmenter de manière significative le volume global du sein. Il s’agit d’une indication très ciblée, dans laquelle l’objectif est d’améliorer la forme plutôt que d’obtenir une poitrine plus volumineuse.
Cette technique est toutefois réservée aux seins dont la ptôse reste limitée. Lorsque les seins sont trop tombants, un lifting mammaire est nécessaire pour obtenir un résultat satisfaisant.
Augmentation mammaire composite ou hybride
Le lipomodelage n’est pas toujours une alternative à la prothèse : il peut aussi la compléter. Dans une augmentation mammaire « composite », on associe un implant — qui apporte le volume et la projection — à une injection de graisse en surface, qui masque les bords de la prothèse, adoucit le pôle supérieur et améliore le camouflage de l’implant, en particulier chez les patientes minces. Cette technique permet de cumuler les avantages des deux techniques : le volume fiable de l’implant et le naturel de la graisse. C’est une option que j’évalue au cas par cas selon votre morphologie et votre objectif.
Les situations où le lipomodelage n’est pas indiqué
Le lipomodelage a aussi ses limites, et l’honnêteté impose de les poser:
- Il n’est pas adapté si vous recherchez une forte augmentation de volume en une seule fois, ni si vous manquez de graisse à prélever. Une patiente très mince ne dispose pas de zones donneuses suffisantes, ce qui constitue la principale limite de la technique.
- Le lipomodelage n’est pas non plus la bonne réponse à un sein vidé ou très tombant. Après un amaigrissement important ou des grossesses, le sein perd du volume et sa peau se distend : c’est la ptôse, c’est-à-dire un sein qui tombe. Or le lipomodelage ne corrige pas la ptôse — il ajoute du volume mais ne remonte pas le sein ni ne retend la peau. Injectée dans un sein déjà distendu, la graisse peut même alourdir le sein et accentuer la chute. Dans cette situation, c’est un lifting mammaire (cure de ptôse), éventuellement associé secondairement à un lipomodelage, qui permet d’obtenir le bon résultat.
- Il faut également accepter le principe d’une résorption partielle de la graisse et, souvent, la perspective de plusieurs séances pour atteindre le volume souhaité.
Dans certaines situations, la prothèse ou une autre technique reste le meilleur choix. C’est précisément l’objet de la consultation que de déterminer la solution la mieux adaptée pour vous.
Les avancées scientifiques sur la prise de greffe
Le principal défi du lipomodelage a toujours été le même : faire en sorte que la graisse qu’on injecte survive et persiste définitivement. C’est sur ce point que la recherche des vingt dernières années a le plus progressé. Comprendre ces avancées permet de saisir pourquoi les résultats du lipomodelage mammaire sont aujourd’hui bien plus fiables et prévisibles qu’à ses débuts.
Pourquoi une partie de la graisse se résorbe : néo-angiogenèse et modèle des trois zones
Quand on injecte de la graisse, celle-ci n’apporte pas ses propres vaisseaux. Elle doit être « revascularisée » par les tissus environnants, qui vont faire pousser de nouveaux vaisseaux sanguins vers elle. C’est ce mécanisme qui décide de la part de graisse qui survivra.
La néo-angiogenèse : comment la graisse greffée se revascularise
La graisse injectée ne survit que si les tissus receveurs font pousser vers elle un nouveau réseau de vaisseaux sanguins : c’est la néo-angiogenèse, la formation d’une nouvelle vascularisation. Tant que ces vaisseaux ne se sont pas développés, dans les tout premiers jours, la graisse ne survit que grâce à l’oxygène qui diffuse depuis les tissus voisins — et cette diffusion ne porte que sur une très courte distance. C’est cette course entre la mort des cellules privées d’oxygène et l’arrivée des nouveaux vaisseaux qui détermine le résultat final.
Le modèle des trois zones du greffon
Les travaux histologiques ont précisément décrit ce phénomène en distinguant, du bord vers le centre du greffon, trois zones (Eto et al., 2012). En périphérie, une zone de survie : les cellules graisseuses assez proches d’un tissu vascularisé restent vivantes — dans cette étude, seuls les adipocytes situés à moins de 300 micromètres du bord survivent réellement. Plus au centre, une zone de régénération : les cellules graisseuses meurent, mais les cellules souches, plus résistantes, survivent et régénèrent progressivement du nouveau tissu. Et au cœur, si le greffon est trop volumineux, une zone de nécrose : trop loin de tout apport sanguin, cellules graisseuses et cellules souches meurent, et cette graisse est définitivement perdue.
La règle d’or : injecter de fines particules, jamais de gros amas
Ce modèle explique le principe fondamental du lipomodelage : il faut injecter la graisse en fines particules réparties en multiples trajets, et non en gros amas. Un gros dépôt de graisse a un centre trop éloigné des vaisseaux : il se nécrose, se résorbe, et peut même laisser des zones de graisse morte. À l’inverse, de fines gouttelettes disséminées en maillage offrent à chaque particule un contact maximal avec les tissus vascularisés, ce qui maximise la survie. La qualité du résultat tient donc moins à la quantité injectée qu’à la façon dont la graisse est répartie.
Une limite fixée par le tissu receveur (la glande mammaire)
Ce même principe impose d’injecter dans un tissu receveur bien vascularisé. Au niveau du sein, il s’agit essentiellement la glande mammaire, riches en vaisseau. Il en découle une limite concrète : la quantité de graisse que l’on peut greffer en une seule séance dépend du volume de tissu receveur capable de la « nourrir » et donc de la taille du sein.
Plus la glande mammaire est développée, et donc plus le sein est volumineux, plus il peut recevoir une quantité importante de graisse dans de bonnes conditions. À l’inverse, un sein de petit volume, pauvre en tissu glandulaire, ne peut accueillir qu’une quantité plus limitée de graisse à chaque séance. C’est l’une des raisons pour lesquelles on apporte le volume progressivement, séance après séance, plutôt qu’en une seule fois.
Optimiser le prélèvement et la préparation de la graisse
La façon dont la graisse est prélevée puis préparée avant réinjection influence directement le taux de prise. Ce sont deux étapes techniques distinctes, sur lesquelles la recherche a permis de dégager des principes concrets.
Un prélèvement doux : la basse pression protège les cellules
La graisse est un tissu fragile : une aspiration trop violente rompt les cellules graisseuses (les adipocytes) avant même qu’elles ne soient réinjectées. C’est pourquoi le prélèvement doit être atraumatique, à faible pression d’aspiration et avec des canules adaptées.
Une étude a comparé directement un prélèvement à forte dépression (-760 mmHg) et à basse dépression (-250 mmHg) : le prélèvement à basse pression fournit 47 % d’adipocytes vivants en plus juste après le recueil, et une viabilité cellulaire significativement meilleure à sept jours (Cheriyan et al., 2014).
Purifier la graisse : décantation, centrifugation ou filtration
Une fois prélevée, la graisse doit être séparée des éléments indésirables — sérum, sang, huile issue des adipocytes rompus, résidus d’anesthésie locale — avant d’être réinjectée. Il existe trois techniques distinctes :
- La décantation laisse simplement la graisse se séparer par gravité, en attendant que les couches se stratifient.
- La centrifugation, popularisée par Coleman, fait tourner la graisse pour la concentrer plus rapidement et plus fortement.
- La filtration (systèmes de lavage-filtration, type Puregraft) rince la graisse et retient les particules utiles sur un tamis.
Chacune a ses partisans, et longtemps aucune n’a fait consensus.
Que dit la science sur la meilleure méthode ?
Plusieurs études comparatives ont cherché à départager ces techniques, et leurs conclusions convergent sur un point : la décantation donne les résultats les plus faibles.
Une étude comparant quatre protocoles commerciaux a montré que le prélèvement manuel doux associé à des centrifugations légères et à des étapes de lavage offrait la meilleure efficacité de greffe (Hivernaud et al., 2016). Une analyse plus récente, comparant cinq techniques, confirme que la décantation est inférieure à toutes les autres, que la centrifugation classique et la centrifugation douce avec lavage donnent des résultats équivalents, et que les systèmes de filtration produiraient moins d’huile résiduelle et une meilleure efficacité de greffe (Nelissen et al., 2023).
Il faut toutefois rester mesuré : ces résultats montrent des différences réelles mais souvent modestes, et il n’existe pas à ce jour de protocole universellement reconnu comme supérieur dans toutes les situations. Ce qui compte, au-delà de l’outil, c’est la rigueur de chaque étape — un principe qui reste au cœur de ma pratique.
Faut-il payer pour un système de filtration ?
Les systèmes de filtration en circuit fermé (comme Puregraft ou Adipure) sont des dispositifs à usage unique séduisants sur le papier. En laboratoire, ils produisent une graisse un peu plus « propre », avec moins d’huile résiduelle. Mais il faut rester lucide : ce bénéfice mesuré en éprouvette ou sur modèle animal ne s’est pas traduit par une supériorité clinique clairement démontrée chez les patientes, en termes de prise de greffe réelle ou de qualité du résultat final. Or ces dispositifs sont coûteux — de l’ordre de 500 à 1 000 euros par intervention, une somme non prise en charge par la Sécurité sociale en France, même en reconstruction mammaire après cancer.
Une centrifugation douce associée à un lavage soigneux permet d’obtenir une graisse d’excellente qualité sans ce surcoût, ce qui explique pourquoi je privilégie cette approche (voir encadré ci-dessous).
Ma pratique : lavage et centrifugation douce
Pour ma part, je prépare la graisse par centrifugation douce combinée à un lavage. Ce choix n’est pas arbitraire : il correspond à ce que les études comparatives identifient aujourd’hui comme l’une des approches les plus efficaces pour préserver les cellules graisseuses tout en éliminant l’huile et les débris. La centrifugation, menée à faible vitesse pour ne pas léser les adipocytes, concentre la graisse ; le lavage la débarrasse des résidus sanguins et huileux. Cette combinaison m’offre une graisse propre, concentrée et de bonne qualité, dans des conditions optimales de prise pour le lipomodelage mammaire.
Utilisation de cellules souches
L’une des pistes les plus étudiées consiste à enrichir la graisse en cellules souches présentes dans le tissu adipeux. Dans la technique dite de cell-assisted lipotransfer (CAL), on isole la fraction vasculaire stromale (SVF) — riche en cellules souches issues de la graisse — à partir d’une partie du prélèvement, puis on la recombine avec la graisse à injecter, transformant une graisse « pauvre » en cellules en une graisse « enrichie » (Yoshimura et al., 2007). L’idée est de favoriser la revascularisation et donc la survie du greffon.
Les données restent toutefois à nuancer. Une méta-analyse récente conclut que le lipomodelage enrichi améliore globalement le taux de prise par rapport à la technique conventionnelle, mais sans supériorité clairement démontrée pour la SVF isolée, et souligne le besoin de protocoles standardisés (Li & Chen, 2021). C’est une voie prometteuse, pas encore un standard.
Pourquoi je n’utilise pas l’enrichissement cellulaire
L’enrichissement de la graisse par cellules souches est une piste de recherche prometteuse, mais je ne l’utilise pas en pratique courante pour le lipomodelage mammaire esthétique.
La raison est simple : son bénéfice clinique réel n’est pas démontré à ce jour. Les études disponibles ne montrent pas de supériorité clairement établie de la SVF isolée par rapport à une technique conventionnelle bien menée, et soulignent l’absence de protocoles standardisés (Li & Chen, 2021). À cela s’ajoutent une complexité et un coût supplémentaires, ainsi qu’un cadre réglementaire strict encadrant la manipulation des cellules en France.
Tant qu’un avantage clinique net n’aura pas été démontré, je considère qu’une graisse prélevée en douceur, purifiée avec soin et réinjectée en fines particules dans un tissu bien vascularisé offre à mes patientes le meilleur compromis entre sécurité et résultat.
L’expansion externe préopératoire (systèmes type BRAVA)
Une autre approche agit non pas sur la graisse, mais sur le sein receveur, avant l’intervention. Les systèmes d’expansion externe — dont le plus connu est le dispositif BRAVA — appliquent une dépression douce et prolongée sur les seins pendant plusieurs semaines en préopératoire. Cette mise en tension mécanique augmente le volume et surtout la vascularisation du site receveur, créant un « terrain » plus accueillant pour la graisse. En abaissant la pression interstitielle et en améliorant l’interface greffon-receveur, cette préparation permet d’injecter de plus grands volumes de graisse avec une meilleure rétention à long terme (Khouri et al., 2014). La contrainte est l’observance : le dispositif doit être porté de façon assidue, ce qui ne convient pas à toutes les patientes.
Cette technique n’est utilisée bien entendu que dans le cadre de la reconstruction mammaire après cancer.
Pourquoi la technique BRAVA n’a jamais vraiment percé en France
Malgré des résultats intéressants dans la littérature anglo-saxonne, l’expansion externe par BRAVA n’a jamais trouvé sa place dans la pratique française. En France, son usage est resté confidentiel et surtout circonscrit à quelques équipes hospitalières au cours des années 2010, notamment à l’hôpital Saint-Louis à Paris, sans jamais se diffuser dans le reste du pays.
Plusieurs raisons l’expliquent. La première tient à la contrainte imposée aux patientes : le dispositif doit être porté plusieurs heures par jour, pendant plusieurs semaines avant l’intervention, ce qui suppose une observance rigoureuse et une tolérance à un appareillage encombrant et peu discret. Cette exigence s’accorde mal avec les attentes de la plupart des patientes en chirurgie esthétique.
La seconde raison est que l’école française avait déjà, à la même époque, une technique de lipomodelage fiable et codifiée, permettant d’obtenir de bons résultats sans recourir à l’expansion externe ni viser des mégavolumes en une seule fois. La logique française privilégie plutôt, lorsque le volume souhaité est important, de fractionner l’apport de graisse sur plusieurs séances — une approche jugée plus simple, mieux tolérée et tout aussi efficace.
BRAVA est ainsi resté une curiosité technique davantage qu’une pratique répandue de ce côté-ci de l’Atlantique.
Résorption, résultats et stabilité dans le temps
Le lipomodelage a une particularité importante à connaître : toute la graisse injectée ne reste pas dans le sein. Au cours des premiers mois, une partie se résorbe naturellement, tandis que l’autre s’intègre durablement aux tissus. Cette diminution de volume est normale et ne signifie pas que l’intervention a échoué.
Il faut donc attendre plusieurs mois avant de juger le résultat définitif. Selon la quantité de graisse qui s’est maintenue et le volume souhaité, une deuxième séance peut être proposée.
Quel taux de prise attendre ?
Après l’intervention, toute la graisse injectée ne survit pas. La partie qui parvient à développer une nouvelle vascularisation s’intègre définitivement au sein. En revanche, celle qui ne se revascularise pas est progressivement éliminée par l’organisme au cours des premières semaines. C’est pourquoi le résultat évolue dans le temps : les seins paraissent d’abord plus volumineux juste après l’intervention, puis perdent naturellement une partie de ce volume avant de se stabiliser. Le résultat définitif ne peut être apprécié qu’environ six mois après le lipomodelage.
La quantité de graisse qui s’intègre définitivement au sein n’est jamais parfaitement prévisible et varie d’une patiente à l’autre. Selon les études, entre 40 et 80 % de la graisse injectée est généralement conservée à long terme (Tocco et al., 2014). Cette variabilité dépend de nombreux facteurs, notamment de la qualité du prélèvement et de la préparation de la graisse, de la richesse en vaisseaux sanguins des tissus receveurs (la radiothérapie réduit par exemple la vascularisatio du sein), du volume injecté et de la technique utilisée par le chirurgien pour répartir la graisse.
Une fois la période de cicatrisation terminée, la graisse qui s’est intégrée au sein est définitivement acquise. Le résultat est donc durable dans le temps. Il faut toutefois garder à l’esprit que cette graisse reste un tissu vivant : comme le reste de votre tissu graisseux, elle peut augmenter ou diminuer de volume en cas de prise ou de perte de poids.
Tabac et lipomodelage : pourquoi il faut arrêter de fumer
Si vous fumez, l’arrêt du tabac avant un lipomodelage n’est pas une simple précaution de principe. Le tabac réduit la microvascularisation des tissus — or c’est précisément de cette vascularisation que dépend la survie de la graisse greffée, qui doit se reconnecter à un apport sanguin pour prendre. En compromettant cette irrigation et la cicatrisation, le tabagisme dégrade les conditions dans lesquelles la graisse s’installe.
Les données cliniques sont sans ambiguïté. Dans une large étude multicentrique portant sur plus de 76 000 patientes, le tabagisme ressort comme le seul facteur de risque indépendant de complications après augmentation mammaire par lipofilling, avec un risque de complication et d’infection très nettement majoré chez les fumeuses (Nguyen et al., 2022). L’infection, en particulier, est plus fréquente après lipomodelage qu’après pose d’implants, et le tabac en est le principal déterminant.
C’est pourquoi je demande systématiquement un arrêt du tabac avant l’intervention et durant la période de cicatrisation. Cet arrêt améliore la qualité du résultat, réduit le risque de complications, et met toutes les chances de votre côté pour que la graisse transférée s’installe durablement.
Pourquoi plusieurs séances sont parfois nécessaires
Comme une partie de la graisse qu’on injecte se résorbe naturellement et qu’il n’est pas possible d’injecter un volume illimité en une seule intervention, une deuxième séance est parfois nécessaire pour obtenir le volume souhaité ou parfaire le résultat.
En effet, au-delà d’une certaine quantité, les cellules graisseuses qu’on transfère dans le sein ne sont plus suffisamment au contact de tissus bien vascularisés pour être correctement oxygénées. Leur survie diminue alors, ce qui réduit le taux de prise de la greffe (Khouri et al., 2014). En d’autres termes, injecter davantage de graisse en une seule fois n’améliore pas le résultat. Au contraire, cela augmente le risque qu’une partie importante de la graisse ne survive pas.
La meilleure stratégie consiste donc à augmenter le volume progressivement. Une première séance permet de greffer une quantité de graisse compatible avec une bonne prise, puis une deuxième, voire une troisième séance si nécessaire, vient compléter le résultat. Les tissus sont alors déjà plus souples et mieux préparés à recevoir une nouvelle greffe.
Cette approche progressive, largement privilégiée par les équipes françaises spécialisées dans le lipomodelage, permet d’optimiser la survie de la graisse à chaque intervention tout en atteignant progressivement le volume souhaité (Delay et al., 2009). Le nombre de séances nécessaires varie donc d’une patiente à l’autre. Il va dépendre de votre objectif de volume, de la quantité de graisse disponible pour le prélèvement et de la façon dont votre organisme intègre la graisse greffée. J’évalue avec vous tous ces éléments lors de la consultation afin d’établir la meilleure stratégie.
Sécurité du lipomodelage : cancer du sein et surveillance radiologique
C’est la question qui inquiète le plus les patientes, en grande partie en raison du moratoire de 1987 qui avait suscité de nombreuses interrogations : injecter de la graisse dans le sein peut-il favoriser un cancer ou compliquer son dépistage ? Les nombreuses études publiées depuis plus de quinze ans permettent aujourd’hui d’apporter une réponse rassurante, à condition que le lipomodelage soit réalisé selon des indications et des techniques bien codifiées.
Le lipomodelage augmente-t-il le risque de cancer du sein ?
A ce jour, aucune étude n’a montré que le lipomodelage mammaire augmentait le risque de développer un cancer du sein.
Cette inquiétude est née d’expériences réalisées en laboratoire, où certaines cellules présentes dans la graisse étaient capables de stimuler la croissance de cellules cancéreuses dans des conditions expérimentales. Toutefois, ces résultats n’ont jamais été confirmés chez les patientes.
Au contraire, les données cliniques disponibles sont aujourd’hui très rassurantes. Une méta-analyse regroupant les résultats de nombreuses études, représentant plus de 10 000 patientes, conclut que le lipomodelage n’augmente pas le risque de récidive d’un cancer du sein (Wang et al., 2022).
Il est important de souligner que ces travaux concernent principalement des femmes ayant déjà été traitées pour un cancer du sein, c’est-à-dire une population particulièrement à risque. Si la sécurité du lipomodelage est démontrée dans ce contexte, elle est d’autant plus rassurante chez une femme sans antécédent de cancer souhaitant une augmentation mammaire esthétique.
Par mesure de prudence, un bilan sénologique récent (mammographie et/ou échographie selon votre âge et vos facteurs de risque) reste néanmoins indispensable avant toute intervention.
Les microcalcifications et l’interprétation de la mammographie
Après un lipomodelage, une petite partie de la graisse qui ne survit pas nécroser et former des kystes dans le sein. On parle de kystes de cytostéatonécroses. Avec le temps, ces zones peuvent parfois se calcifier et devenir visibles sur une mammographie.
Il s’agit d’un phénomène bien connu des radiologues et relativement fréquent. Dans une revue systématique consacrée au lipomodelage esthétique du sein, des microcalcifications étaient observées chez environ 9 % des patientes et des macrocalcifications chez environ 7 % (Groen et al., 2016).
La bonne nouvelle est que ces calcifications présentent, dans la grande majorité des cas, un aspect radiologique caractéristique, très différent des microcalcifications suspectes pouvant évoquer un cancer. Un radiologue habitué à l’imagerie mammaire sait les reconnaître sans difficulté.
Enfin, si un doute persiste malgré la mammographie, il est toujours possible de réaliser des examens complémentaires, comme une échographie, une IRM ou, plus rarement, une microbiopsie. Ces examens permettent de distinguer avec certitude une simple modification liée au lipomodelage d’une anomalie nécessitant une prise en charge.
Quel suivi radiologique après un lipomodelage esthétique ?
En pratique, la sécurité du lipomodelage repose sur deux principes simples. Le premier est la réalisation d’un bilan d’imagerie mammaire avant l’intervention, afin de vérifier l’absence d’anomalie et de disposer d’un examen de référence pour les comparaisons futures.
Le second est d’informer systématiquement votre radiologue que vous avez bénéficié d’un lipomodelage. Cette information lui permet d’interpréter correctement les éventuelles modifications observées sur les examens d’imagerie, notamment les calcifications liées à la greffe de graisse.
Il peut parfois être difficile de distinguer avec certitude une image parfaitement bénigne d’une anomalie nécessitant des investigations complémentaires. C’est pourquoi une bonne communication entre la patiente, le chirurgien et le radiologue est essentielle pour garantir une interprétation fiable des examens (Rijkx et al., 2024).
Lorsqu’il est réalisé dans ce cadre, le lipomodelage ne compromet pas le dépistage du cancer du sein. Vous pourrez continuer à bénéficier d’une surveillance mammaire tout à fait normale tout au long de votre vie, selon les recommandations habituelles.
Lipofilling mammaire et antécédent de cancer du sein : ce que vous devez savoir
Si vous avez été traitée pour un cancer du sein et que vous envisagez un lipofilling mammaire esthétique dans l’autre sein — celui qui n’a pas été touché par le cancer —, cette section vous concerne directement.
Une interrogation légitime qui mérite une réponse sans ambiguïté
Je reçois régulièrement en consultation des patientes guéries d’un cancer du sein qui souhaitent améliorer le volume ou la symétrie de leur sein « sain ». La demande est tout à fait légitime : après un parcours de soins éprouvant, vouloir retrouver une poitrine harmonieuse est une aspiration naturelle. Mais en France, les recommandations officielles sont formelles sur ce point.
Ce que disent les autorités de santé
La Haute Autorité de Santé a publié deux rapports d’évaluation sur le lipofilling mammaire. Dans les deux cas, la même conclusion s’impose : l’injection de graisse dans le sein controlatéral — c’est-à-dire le sein opposé au côté opéré pour cancer — n’est pas recommandée dans le cadre d’une symétrisation au décours d’une chirurgie carcinologique mammaire, sauf dans le cadre strict d’un protocole de recherche clinique (HAS, 2015 ; HAS, 2020).
Cette position est également celle du référentiel Sénorif, le référentiel de sénologie commun à l’Institut Curie, à l’Institut Gustave Roussy et à l’AP-HP, qui fait autorité en France pour la prise en charge des cancers du sein (Sénorif, 2025).
Pourquoi cette contre-indication ?
Il est important de comprendre que cette restriction ne repose pas sur la preuve que le lipofilling provoquerait un cancer ou une récidive. À ce jour, aucune étude clinique n’a démontré que l’injection de graisse autologue favorise l’apparition d’un cancer du sein (HAS, 2015).
Elle repose sur un principe de précaution, fondé sur l’insuffisance de données scientifiques spécifiques à cette situation. Les études disponibles dans la littérature médicale internationale concernent le sein opéré pour cancer — reconstruction, correction de séquelles de radiothérapie —, et non le sein controlatéral sain à visée esthétique. Plusieurs études de bon niveau ont montré que le lipofilling ne semble pas augmenter le risque de récidive chez les patientes en reconstruction mammaire (Gale et al., 2015 ; De Decker et al., 2016 ; Sorotos et al., 2022). Néanmoins, il n’est pas possible de transposer directement ces résultats à une indication esthétique pour l’autre sein, indemne de cancer.
L’essai clinique GRATSEC, ouvert en France en 2010 pour tenter de répondre précisément à ces questions, a dû être interrompu en 2015 faute d’un nombre suffisant de patientes incluses — sans avoir pu apporter de réponse définitive (CNGOF, 2023).
Ce que cela change concrètement pour vous
Si vous avez un antécédent personnel de cancer du sein, je ne réalise pas de lipofilling à visée esthétique dans le sein controlatéral. Ce n’est pas une décision arbitraire : c’est la position officielle de la HAS, 2015, confirmée en 2020, et du Sénorif.
En revanche, si vous êtes dans une démarche de reconstruction mammaire et qu’une asymétrie importante vous affecte au quotidien, d’autres solutions chirurgicales sont possibles — notamment une plastie du sein controlatéral par réduction ou mastopexie.
Le transfert de graisse dans les seins peut-il bénéficier d’un remboursement par la Sécurité Sociale ?
Le lipofilling mammaire n’est jamais remboursé pour corriger une hypoplasie mammaire (seins jugés trop petits).
En revanche, il peut bénéficier d’une prise en charge (et donc d’un remboursement partiel) dans le cadre d’une chirurgie réparatrice :
- Reconstruction mammaire après mastectomie partielle ou totale pour cancer du sein.
- Asymétrie mammaire majeure nécessitant une compensation dans le soutien-gorge (> 2 bonnets).
- Syndromes malformatifs : seins tubéreux ou syndrome de Poland.
Aucune entente préalable n’est nécessaire dans ces situations.
Questions fréquentes sur l’injection de graisse dans les seins
Quel volume peut-on gagner avec un lipomodelage mammaire ?
Le gain réaliste est modéré : de l’ordre d’un bonnet par séance dans de bonnes conditions. Le lipomodelage ne permet pas d’obtenir en une seule fois une forte augmentation, car la quantité de graisse injectable est limitée par le volume de tissu receveur capable de la revasculariser. Pour un objectif plus ambitieux, on procède par séances successives, ou l’on s’oriente vers une autre technique.
L’injection de graisse dans les seins est-elle douloureuse ?
L’intervention se déroule sous anesthési générale, sans douleur. Dans les jours qui suivent, les suites sont généralement modérées : la gêne la plus importante concerne souvent les zones de prélèvement (là où la graisse a été aspirée), qui peuvent être sensibles comme après un « bleu », plus que les seins eux-mêmes. Ces désagréments sont temporaires et bien soulagés par les traitements habituels.
La graisse injectée peut-elle disparaître si je maigris ?
Oui. La graisse greffée reste un tissu vivant, qui se comporte comme le reste de votre graisse corporelle : elle grossit si vous prenez du poids et fond si vous maigrissez. C’est pourquoi il est conseillé d’avoir un poids stable avant l’intervention, et de le maintenir ensuite pour préserver le résultat. Une perte de poids importante après un lipomodelage peut en réduire le bénéfice.
Le lipomodelage laisse-t-il des traces sur les zones de prélèvement ?
Le prélèvement se fait par de fines canules, à travers de minuscules incisions qui ne laissent pas de cicatrice visible. Au contraire, la liposuccion des zones donneuses (ventre, flancs, cuisses) affine la silhouette : c’est un bénéfice secondaire souvent apprécié. Un œdème ou des ecchymoses transitoires sur ces zones sont normaux dans les premières semaines.
Peut-on associer le lipomodelage à une prothèse mammaire ?
Oui, c’est ce qu’on appelle l’augmentation composite : un implant apporte le volume et la projection, tandis que la graisse injectée en surface adoucit les contours et masque les bords de la prothèse. Cette association est particulièrement utile chez les patientes minces, pour un résultat plus naturel que l’implant seul.
À partir de quel âge peut-on faire un lipomodelage des seins ?
Le lipomodelage esthétique s’adresse à des patientes adultes dont la poitrine a terminé son développement. Il n’y a pas d’âge maximal en soi : ce qui compte est l’état de santé général, la stabilité pondérale, la disponibilité d’un capital graisseux suffisant et un bilan mammaire normal. Chaque situation s’évalue individuellement en consultation.
Le lipomodelage gêne-t-il l’allaitement ?
Non, le lipomodelage n’a pas de raison d’empêcher un allaitement futur : la graisse est injectée autour et à distance des canaux glandulaires, sans détruire la glande mammaire. Cela dit, il est préférable d’attendre la fin d’un projet de grossesse et d’allaitement avant d’envisager un lipomodelage à visée esthétique, car la grossesse modifie le volume et la forme des seins et pourrait altérer le résultat obtenu.
Références scientifiques
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Recommandations et cadre réglementaire (France)
- Haute Autorité de Santé. Évaluation de la sécurité et des conditions de réalisation de l’autogreffe de tissu adipeux dans la chirurgie reconstructrice, réparatrice et esthétique du sein. HAS, 2015. Lien
- Haute Autorité de Santé. Reconstruction mammaire (rapport d’évaluation). HAS, 2020. Lien
- Référentiel Sénorif (Institut Curie, Institut Gustave Roussy, AP-HP). Référentiel de sénologie 2025-2026. Lien
Pour citer cette page
Si vous êtes un professionnel de santé, un journaliste ou un étudiant souhaitant citer cette page dans un article, un mémoire ou une publication, voici les éléments de référence.
Format académique (style Vancouver) :
Struk S. Injection de graisse dans les seins : indications, technique et avancées du lipomodelage. docteurstruk.fr [Internet]. Paris : Cabinet du Dr Samuel Struk ; mis à jour le 11 juillet 2026. Disponible sur : https://docteurstruk.fr/chirurgie-esthetique-mammaire/injection-de-graisse-dans-les-seins/
Format APA :
Struk, S. (2026, 11 juillet). Injection de graisse dans les seins : indications, technique et avancées du lipomodelage. docteurstruk.fr. https://docteurstruk.fr/chirurgie-esthetique-mammaire/injection-de-graisse-dans-les-seins/
Auteur : Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien et reconstructeur, RPPS 10101382645, Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine) et Institut Curie (Paris/Saint-Cloud).
LES INTERVENTIONS DE CHIRURGIE MAMMAIRE

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique
Spécialiste exclusif en chirurgie mammaire, le Dr Samuel Struk accompagne les patientes dans leur parcours de chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il vous reçoit en consultation pour un diagnostic sur-mesure au sein de son cabinet situé au 99, rue de Prony, 75017 Paris.
Ancien Assistant Spécialiste du prestigieux Institut Gustave Roussy (1er centre européen de lutte contre le cancer), il exerce aujourd’hui en tant que Praticien Attaché à l’Institut Curie (Saint-Cloud) pour la reconstruction mammaire complexe (microchirurgie DIEP, PAP) et réalise ses interventions de chirurgie esthétique du sein à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
- Inscrit au Conseil de l’Ordre des Médecins de Paris sous le n° 1410.
- Numéro RPPS : 10101382645.
- Titulaire du D.E.S.C de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (Université Paris-Cité).
- Lauréat du Concours National de Praticien des Etablissements Publics de Santé (CNPH).
- Membre de la SOFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique).
- Membre de la SOFCEP (Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens).
- Membre du SNCPRE (Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique).
Déclaration de fiabilité :
Cet article a été intégralement rédigé, revu et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, conformément aux données acquises de la science et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale personnalisée.








