CORRECTION DE CHIRURGIE MAMMAIRE (CHIRURGIE SECONDAIRE)
La correction d’une chirurgie mammaire peut être envisagée lorsque l’intervention initiale n’a pas permis d’obtenir le résultat attendu ou lorsque ce résultat s’est altéré avec le temps.
Il est possible d’améliore le résultat de tout type de chirurgie mammaire, qu’il s’agisse d’une augmentation mammaire, d’une réduction mammaire ou d’un lifting mammaire.
La chirurgie mammaire secondaire est souvent plus complexe que l’intervention initiale et peut comporter davantage de risques.
Il faut considérer cette intervention comme un nouveau projet chirurgical à part entière, et non comme un simple geste de retouche.
Dans ce contexte, une expertise spécifique en chirurgie mammaire est indispensable.

Tout savoir sur la reprise ou la correction d’une chirurgie mammaire
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En quoi peut consister la correction d’une chirurgie mammaire ?
La reprise ou la correction d’une chirurgie mammaire peut être envisagée après tout type de chirurgie mammaire, qu’il s’agisse d’une augmentation mammaire, d’une mastopexie ou d’une réduction mammaire. La chirurgie secondaire requiert une expertise spécifique. En effet, les tissus ont déjà été opérés, les attentes sont souvent élevées et le parcours a pu être difficile.
Les motifs de reprise sont multiples. Il peut s’agir d’une altération du résultat avec le temps, liée au vieillissement, à des variations de poids ou à une grossesse. Dans d’autres situations, la reprise est motivée par une insatisfaction après la première intervention, une asymétrie devenue plus visible, une récidive de ptôse mammaire ou une modification de la position ou du volume des seins. Parfois, la correction répond à une complication, comme une coque péri-prothétique, une malposition d’implant ou la rupture d’une prothèse mammaire.
La chirurgie mammaire secondaire est toujours plus complexe que l’intervention initiale. Les tissus sont souvent plus fragiles, la vascularisation peut être plus précaire, en particulier au niveau de l’aréole après une réduction mammaire ou un lifting mammaire, et les possibilités de correction sont parfois plus limitées qu’on ne l’imagine. Il est donc essentiel d’avoir des attentes réalistes. Une reprise chirurgicale vise à améliorer une situation existante. Néanmoins, elle ne permet pas toujours d’atteindre le résultat idéalement envisagé lors de la première intervention.
Quand envisager la reprise ou la correction d’une chirurgie mammaire ?
Envisager la reprise ou la correction d’une chirurgie mammaire ne doit jamais se faire dans la précipitation. Il s’agit d’une chirurgie secondaire, exigeante, qui nécessite à ce titre une expertise spécifique en chirurgie mammaire. Plusieurs situations peuvent conduire à la réalisation d’un nouveau geste chirurgical au niveau de la poitrine.
En cas d’insatisfaction
Une reprise peut être envisagée lorsque la première intervention n’a pas permis d’obtenir le résultat attendu. Il peut s’agir, par exemple, d’une réduction mammaire laissant un volume jugé excessif ou au contraire insuffisant, d’un lifting mammaire n’ayant pas suffisamment corrigé l’affaissement de la poitrine, d’implants de volume inadapté, d’une forme de sein qui ne correspond pas aux attentes, ou encore d’une asymétrie mammaire persistante. Il est toutefois essentiel d’attendre au moins un an après la première intervention avant d’envisager une correction, car le résultat peut continuer à évoluer durant cette période.
Lorsque le résultat a évolué avec le temps
Une reprise peut également se discuter lorsque le résultat initial s’est altéré progressivement et n’est plus satisfaisant. Le vieillissement naturel, les variations de poids ou une grossesse peuvent modifier l’aspect des seins plusieurs années après une chirurgie mammaire. Une récidive ou l’apparition d’une ptôse mammaire, une perte de galbe ou une asymétrie peuvent ainsi survenir. Lorsque ces modifications deviennent source de gêne ou d’inconfort au quotidien, il est légitime d’envisager une nouvelle intervention.
En cas de complication
Certaines situations justifient une reprise pour des raisons médicales. C’est notamment le cas d’une coque péri-prothétique, d’une malposition d’implant ou d’une rupture de prothèse mammaire. Dans ces contextes, la reprise ne répond pas uniquement à un objectif esthétique. Des examens complémentaires sont alors nécessaires afin d’analyser la situation et de planifier une correction chirurgicale adaptée.
Après combien de temps peut-on envisager la correction d’une chirurgie mammaire ?
Une chirurgie mammaire secondaire ne doit jamais être envisagée trop précocement. Le facteur temps est déterminant, tant pour la sécurité de l’intervention que pour la qualité du résultat après la reprise. Il est en effet fondamental d’attendre que le résultat de la première chirurgie soit définitif, c’est-à-dire que l’aspect des seins n’évolue plus.
En dehors des situations urgentes, on recommande d’attendre entre six et douze mois après la chirurgie mammaire initiale avant d’envisager une reprise. Ce délai permet aux tissus de cicatriser correctement, de s’assouplir et à l’œdème postopératoire de disparaître complètement. Durant cette période, la forme des seins continue d’évoluer, parfois de manière significative.
Intervenir trop tôt expose à plusieurs risques. Le résultat initial peut encore se modifier, rendant la correction chirurgicale inadaptée ou inutile. Par ailleurs, les tissus restent fragiles et la vascularisation, notamment au niveau de l’aréole, peut être transitoirement altérée, ce qui augmente le risque de complications.
Comment se préparer avant la correction d’une chirurgie mammaire ?
La préparation avant une chirurgie mammaire secondaire ne doit jamais être négligée. Elle conditionne à la fois la sécurité de l’intervention, la qualité du résultat et la satisfaction à long terme. Contrairement à la première intervention, une reprise chirurgicale nécessite davantage de réflexion, car elle comporte généralement plus de risques.
Ne pas se précipiter
Avant toute décision, il est essentiel de prendre le temps de la réflexion. Une chirurgie secondaire ne doit jamais se décider de façon précipitée. Le résultat de la première intervention doit être parfaitement stable et vos attentes doivent rester réalistes. Dans ce contexte, il peut être utile de solliciter plusieurs avis spécialisés afin de mieux comprendre les options envisageables, leurs limites et ce qui est possible compte tenu de l’état actuel de votre poitrine.
Arrêter de fumer
L’arrêt du tabac constitue une condition indispensable. Le tabagisme altère la vascularisation de tissus déjà fragilisés par une première chirurgie et augmente significativement le risque de complications, notamment les retards de cicatrisation, les désunions et les nécroses cutanées ou de l’aréole. Un arrêt strict du tabac est recommandé au minimum un mois avant l’intervention et un mois après.
Avoir un poids stable
Votre poids doit être stable. Les variations pondérales influencent directement l’aspect de la poitrine et peuvent compromettre le résultat de la reprise chirurgicale. Une prise ou une perte de poids après l’intervention expose à une nouvelle évolution défavorable. De la même manière, aucun projet de grossesse ne doit être envisagé à court ou moyen terme. En effet, les variations de volume mammaire liées à la grossesse peuvent rapidement altérer le bénéfice de la chirurgie secondaire.
S’organiser avec son entourage et sur le plan professionnel
Il faudra également vous organiser sur le plan personnel et professionnel. Après l’intervention, le port de charges lourdes est contre-indiqué pendant plusieurs semaines. Il est donc nécessaire d’anticiper une aide au quotidien, en particulier en présence de jeunes enfants, afin d’éviter toute mise en tension excessive des cicatrices.
Sur le plan professionnel, il convient de rappeler qu’il s’agit le plus souvent d’une chirurgie esthétique. Aucun arrêt de travail ne peut être prescrit. Il est donc indispensable de s’organiser en amont, en posant des congés ou en prévoyant une période de télétravail compatible avec les suites opératoires. Une reprise trop précoce d’une activité physiquement contraignante expose à un risque accru de complications cicatricielles.
Arrêt du sport
Enfin, toute activité sportive doit être interrompue pendant au moins un mois après l’intervention. La reprise progressive du sport est ensuite décidée lors des consultations postopératoires, en fonction de l’évolution de la cicatrisation.
Quels sont les examens à faire avant la correction d’une chirurgie mammaire ?
Un bilan d’imagerie récent est indispensable avant toute intervention de chirurgie mammaire.
Chez la majorité des patientes, ce bilan repose sur une échographie mammaire associée à une mammographie. Ces examens permettent de vérifier l’absence d’anomalie mammaire sous-jacente, notamment l’absence de cancer du sein méconnu.
En présence d’implants mammaires, ou en cas de doute sur leur intégrité, une IRM mammaire est indiquée. Cet examen permet d’évaluer précisément l’état des prothèses mammaires, de rechercher une rupture, une fuite intracapsulaire ou une anomalie de la capsule péri-prothétique.
D’autres examens peuvent être prescrits lors de la consultation d’anesthésie. Ils ne sont pas systématiques et sont décidés au cas par cas par l’anesthésiste. Il peut s’agir d’un bilan sanguin ou d’un électrocardiogramme, en fonction de votre âge et de vos antécédents médicaux.
Quelle prise en charge par la Sécurité Sociale pour la reprise ou la correction d’une chirurgie mammaire ?
La reprise ou la correction d’une chirurgie mammaire relève le plus souvent de la chirurgie esthétique et, à ce titre, n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale. Toutefois, certaines situations très spécifiques peuvent ouvrir droit à une prise en charge, sous conditions strictes et, dans la majorité des cas, après une entente préalable avec la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM).
Dans la majorité des cas, aucune prise en charge par la Sécurité sociale
Il est essentiel de comprendre que le simple fait d’être insatisfaite d’un résultat, de constater une évolution esthétique défavorable avec le temps, ou de souhaiter une correction de forme, de volume ou de symétrie n’ouvre jamais droit à un remboursement. Une chirurgie secondaire motivée par une gêne esthétique, même en présence de véritables séquelles esthétiques après une intervention ratée, reste considérée comme un acte de chirurgie esthétique.
La prise en charge par la Sécurité sociale n’est envisageable que dans des situations clairement définies.
Nouvelle réduction mammaire
Une nouvelle réduction mammaire peut, dans certains cas, bénéficier d’une prise en charge. La condition est stricte : le volume de glande mammaire qu’on retire doit être d’au moins 300 grammes par sein. Cela correspond généralement à une perte de 2 bonnets dans le soutien-gorge. On évalue ce critère cliniquement lors de la consultation. Si le volume retiré est inférieur à ce seuil, alors l’intervention est considérée comme esthétique, même lorsqu’il s’agit d’une reprise après une réduction mammaire antérieure, qu’on juge insuffisante.
Changement de prothèses mammaires en chirurgie réparatrice
Le changement de prothèses mammaires peut être pris en charge uniquement si la pose initiale des implants avait bénéficié d’une prise en charge par la Sécurité Sociale au titre de la chirurgie réparatrice. Cela a pu être le cas après une mastectomie ou dans le cadre d’une malformation mammaire reconnue.
Dans ce contexte, une demande d’entente préalable est indispensable. La décision finale appartient au médecin conseil de la Sécurité sociale. La prise en charge ne peut donc jamais être garantie à l’avance.
Retrait de prothèses mammaires en cas de complication
Le retrait de prothèses mammaires peut également être pris en charge lorsqu’il existe une complication objectivée, telle qu’une coque péri-prothétique ou une rupture d’implant.
Là encore, une entente préalable est obligatoire. La prise en charge concerne uniquement le retrait des prothèses. En revanche, les gestes associés à visée esthétique, comme une mastopexie ou des injections de graisse dans les seins destinées à corriger le volume ou la forme, ne sont pas pris en charge.
Ce qui n’est jamais pris en charge
Ne sont jamais pris en charge :
- la correction esthétique de la forme des seins, même en cas de séquelles esthétiques avérées après une chirurgie initiale ;
- la reprise pour asymétrie mammaire ;
- la mastopexie pour corriger une ptôse mammaire ;
- un changement de volume d’implant à visée esthétique.
En pratique
La prise en charge par la Sécurité sociale dans le cadre d’une reprise de chirurgie mammaire reste exceptionnelle. Elle nécessite le plus souvent l’accord préalable du médecin conseil de la Sécurité sociale. Lorsqu’une prise en charge peut être envisagée, il faudra constituer un dossier d’entente préalable. Il devra comprendre des photographies de votre poitrine, les comptes rendus opératoires des interventions précédentes et, si nécessaire, certains examens d’imagerie.
Dans tous les autres cas, l’intervention relève de la chirurgie esthétique et reste intégralement à votre charge.
Correction après augmentation mammaire
Une correction peut être envisagée après une augmentation mammaire lorsque le résultat n’est pas, ou n’est plus, satisfaisant, ou lorsqu’une complication est apparue.
Un résultat esthétique insuffisant est une cause fréquente de reprise. Il peut s’agir d’un volume d’implant inadapté, d’une forme de sein qui ne correspond pas aux attentes, d’une asymétrie mammaire ou de la dégradation du résultat avec le temps. Dans d’autres cas, la correction est motivée par un problème lié aux implants, comme une coque péri-prothétique, une malposition d’implant, une rupture de prothèse ou une gêne chronique.
La correction d’une augmentation mammaire est souvent plus complexe que l’intervention initiale. Elle nécessite donc une expertise spécifique en chirurgie mammaire. Sur le plan chirurgical, la stratégie dépend du problème identifié lors de la consultation. Elle peut associer un changement de prothèses (volume, forme ou position), une reprise de la loge de l’implant, un retrait des implants, ou l’association à une mastopexie lorsque la poitrine présente une ptôse. Dans certains cas, un lipofilling mammaire peut également être envisagé en complément.
Décolleté excessivement large
Des seins trop écartés traduisent le plus souvent un mauvais positionnement des implants, placés trop en externe. La correction repose sur un remodelage de la loge de chaque implant afin de les recentrer. Il est également possible de choisir des implants de taille ou de forme différentes, mieux adaptées à votre morphologie.
Synmastie ou « unisein »
La synmastie correspond à la disparition de l’espace intermammaire, c’est-à-dire de l’espace situé entre les deux seins. Elle résulte généralement d’un décollement excessif des tissus en interne ou de l’utilisation d’implants trop larges. La correction nécessite également de retravailler la loge de chaque implant afin de les recentrer. Le choix d’implants moins larges peut également être envisagé.
Double sillon sous-mammaire
Le double sillon sous-mammaire se manifeste par l’apparition d’un pli anormal sous l’aréole ou en-dessous du sillon sous-mammaire. Il peut résulter d’un implant positionné trop bas, d’un affaissement secondaire de l’implant avec le temps (bottoming out), ou d’une correction insuffisante de seins tubéreux avec persistance de l’ancien sillon sous-mammaire. La correction repose sur le repositionnement de l’implant ou la suppression du sillon persistant dans le cas des seins tubéreux.
Plis ou vagues (« rippling »)
Les plis ou vagues visibles correspondent à une couverture insuffisante de l’implant. Cette situation est plus fréquente chez les patientes minces, lorsque la peau est fine, avec des implants placés devant le muscle, surtout lorsqu’ils sont volumineux. Ces irrégularités peuvent être visibles ou simplement palpables. La correction peut associer un changement de plan de pose, le plus souvent derrière le muscle pectoral, le choix d’un implant différent ou un lipofilling mammaire en complément afin d’améliorer la couverture.
Ptôse mammaire
Une ptôse mammaire peut apparaître secondairement après une intervention, en raison d’une perte de poids, d’une grossesse ou simplement avec le temps. Dans ce contexte, les seins paraissent plus tombants, avec des aréoles trop basses et qui regardent vers le bas. Des implants de volume important peuvent également accentuer ce phénomène.
Lorsque cette ptôse devient gênante, un geste de mastopexie permet de remonter la poitrine, sans qu’il soit nécessaire, dans tous les cas, de remplacer les implants. Il est toutefois possible d’associer un changement de prothèses lors de la même intervention, afin de choisir des implants mieux adaptés à votre morphologie.
Complications : coque, rupture, déplacement secondaire
Certaines reprises chirurgicales sont motivées par de véritables complications. La survenue d’une coque péri-prothétique, la rupture d’un implant ou un déplacement secondaire imposent une prise en charge chirurgicale adaptée.
Changement de prothèses mammaires
Un changement de prothèses mammaires est nécessaire lorsque les implants en place ne sont plus adaptés ou en cas de complication. Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire de remplacer les implants de manière systématique après un certain nombre d’années. Les prothèses mammaires n’ont pas de « date de péremption ». En revanche, lorsque le résultat esthétique n’est plus satisfaisant ou lorsque l’examen clinique met en évidence une complication, il est légitime d’envisager un changement d’implants.
Les complications susceptibles de conduire à un remplacement des prothèses après une augmentation mammaire comprennent notamment la survenue d’une coque péri-prothétique, une rupture d’implant, un déplacement secondaire ou une malposition de la prothèse. Le changement d’implants peut également être discuté lorsque le résultat esthétique s’est altéré avec le temps, par exemple en raison du vieillissement, de variations de poids ou d’une grossesse.
Sur le plan chirurgical, le changement de prothèses consiste à retirer les implants, avec ou sans capsulectomie selon la situation (ablation de la capsule), puis à mettre en place de nouvelles prothèses. Il est alors possible soit de remettre des prothèses équivalentes, sot de choisir des implants de forme et de volume différents. Lorsque la peau s’est relâchée et que la poitrine présente une ptôse, une mastopexie associée peut s’avérer nécessaire afin d’obtenir un meilleur résultat.
Coque sur prothèse mammaire
Une coque péri-prothétique correspond à un durcissement anormal des tissus autour d’un implant mammaire. Après la pose d’une prothèse, l’organisme forme naturellement une capsule fibreuse autour de l’implant. Cette réaction est normale. On parle de coque lorsque cette capsule devient excessivement épaisse et rétractile, entraînant une déformation du sein et parfois des douleurs. Une coque est également appelée rétraction capsulaire ou contracture capsulaire.
La coque peut apparaître des mois ou des années après une augmentation mammaire. Les causes sont mal connues. Néanmoins, des facteurs de risque ont été identifiés. Elle peut être favorisée par un un saignement postopératoire, une infection infraclinique, ou encore certains facteurs individuels. Dans la majorité des cas, aucune cause précise n’est retrouvée.
Cliniquement, la coque se manifeste par un sein plus dur au toucher. Le sein peut paraître remonté, déformé, asymétrique, voire douloureux. On distingue en effet plusieurs stades de sévérité d’une coque, allant d’un simple durcissement sans gêne à une déformation marquée avec douleurs.
Il n’existe aucun traitement médical efficace pour faire disparaître une coque constituée. Les massages, crèmes ou traitements externes n’ont pas démontré leur efficacité. Lorsque la coque est débutante et peu gênante, une simple surveillance peut être proposée.
En revanche, lorsque la coque est gênante sur le plan esthétique ou franchement douloureuse, une prise en charge chirurgicale est nécessaire. Elle repose sur le retrait de la capsule (capsulectomie), associé au changement ou au retrait de la prothèse mammaire.
Rupture d’une prothèse mammaire
La rupture d’une prothèse mammaire correspond à une altération de l’enveloppe de l’implant. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas d’une urgence et elle peut survenir sans symptôme évident, parfois plusieurs années après la pose.
Les implants mammaires actuels sont remplis d’un gel de silicone cohésif. En cas de rupture, le gel ne diffuse donc pas dans l’organisme. Il reste le plus souvent contenu à l’intérieur de la capsule fibreuse formée naturellement autour de l’implant. Il n’y a donc pas de migration du silicone, ni de toxicité générale.
Cliniquement, une rupture peut passer totalement inaperçue. Dans d’autres cas, elle peut se manifester par une modification progressive de la forme du sein ou, plus rarement, une gêne locale. La douleur n’est pas un signe constant.
Le diagnostic repose essentiellement sur l’imagerie, en particulier l’IRM mammaire, qui est l’examen de référence pour évaluer l’intégrité des implants. L’échographie peut parfois orienter le diagnostic, mais elle est moins fiable pour confirmer une rupture.
En cas de rupture avérée, le remplacement de la prothèse est recommandé, même en l’absence de symptômes. Même s’il n’y a aucun danger immédiat, l’implant rompu ne remplit plus sa fonction et peut favoriser, à terme, une réaction inflammatoire locale voire une véritable coque.
Malposition d’une prothèse mammaire
La malposition d’une prothèse mammaire est la conséquence d’un déplacement anormal de l’implant par rapport à sa position initiale. Elle peut survenir précocement après l’intervention ou apparaître à distance, parfois plusieurs années plus tard. L’implant peut descendre excessivement, situation qu’on appelle bottoming out, remonter trop haut, se déplacer vers l’extérieur ou vers l’intérieur (notamment en position allongée), ou encore présenter une asymétrie de position entre les deux seins. Une malposition d’implant modifie l’aspect et la forme de la poitrine et peut être très gênante au quotidien.
Les causes sont multiples. Une malposition peut résulter d’une faute technique initiale, notamment lorsque la loge de l’implant est trop large, laissant la prothèse se déplacer de façon anormale dans le sein. Elle peut également être favorisée par un implant trop volumineux, la survenue d’une coque péri-prothétique ou la reprise trop précoce des activités sollicitant le haut du corps.
Cliniquement, la malposition d’implant se manifeste par un sein dont la forme n’est pas satisfaisante, un sillon sous-mammaire mal positionné, une impression de sein « vide » dans certaines zones ou une prothèse qui se déplace anormalement dans le sein dans certaines positions. Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique.
Lorsque cette malposition est source de gêne ou d’inconfort, une correction chirurgicale est nécessaire. Elle consiste à retravailler la loge de l’implant dans le sein, et le plus souvent à remplacer la prothèse par un implant de forme et de volume plus adaptés.
Retrait de prothèses mammaires
Le retrait de prothèses mammaires peut être envisagé pour des raisons médicales ou personnelles. Dans certains cas, les implants deviennent gênants, la silhouette a évolué, ou ils ne correspondent plus aux attentes.
Le retrait des implants peut également être indiqué en présence d’une complication, comme une coque péri-prothétique ou une rupture de prothèse.
Selon la situation, une capsulectomie partielle ou complète peut être réalisée au moment du retrait des prothèses. Cela correspond à l’ablation de tout ou partie de la capsule fibreuse qui s’est formée naturellement autour de la prothèse, afin de favoriser le ré-accolement des tissus.
Après le retrait des implants, la poitrine sera nécessairement moins volumineuse. Lorsque les prothèses ont été portées pendant plusieurs années, la peau s’est adaptée à ce volume. Leur retrait peut alors entraîner une ptôse mammaire secondaire. Dans ce contexte, il est possible d’associer le retrait des implants à une mastopexie afin de corriger la ptôse et de repositionner l’aréole. Il est possible de réaliser ce geste dans le même temps opératoire ou secondairement, généralement six à douze mois plus tard.
Dans certains cas, un lipofilling mammaire peut aussi être envisagé dans un second temps afin de compenser la perte de volume mammaire.
Refaire une réduction mammaire
Plusieurs situations peuvent conduire à envisager de refaire une réduction mammaire. Il peut s’agir d’une réduction initiale qu’on juge insuffisante, avec un volume résiduel trop important, responsable de douleurs cervicales ou dorsales, ou d’une gêne persistante. Dans d’autres cas, le volume mammaire peut avoir augmenté secondairement, notamment à la suite d’une prise de poids ou d’une grossesse. La récidive éventuelle de la ptôse mammaire peut également donner l’impression de seins redevenus trop volumineux.
La réduction mammaire secondaire comporte davantage de risques que l’intervention initiale. La vascularisation de la glande mammaire et de l’aréole est souvent plus fragile, les cicatrices préexistantes doivent être prises en compte, et les possibilités de remodelage glandulaire sont plus limitées. C’est pourquoi une expertise spécifique est indispensable.
Refaire un lifting mammaire
Il est possible de réaliser un nouveau lifting mammaire lorsque les résultats de l’intervention initiale sont insuffisants, avec une correction incomplète de la ptôse mammaire laissant une poitrine encore trop tombante. Dans d’autres situations, le résultat était initialement satisfaisant, mais s’est altéré secondairement sous l’effet du vieillissement, d’une perte de poids ou d’une grossesse. La ptôse mammaire peut alors réapparaître progressivement.
Une mastopexie secondaire est plus complexe qu’un premier lifting mammaire. Les tissus ont déjà été opérés, la peau et la glande mammaire peuvent être plus fragiles, et la vascularisation, notamment au niveau de l’aréole, peut être plus précaire. Les cicatrices existantes doivent également être prises en compte, ce qui limite parfois les options techniques. Pour ces raisons, le risque de complications est légèrement plus élevé que lors d’une première intervention, et une expertise en chirurgie mammaire est indispensable.
LES INTERVENTIONS DE CHIRURGIE MAMMAIRE

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Spécialiste en chirurgie mammaire esthétique & réparatrice
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie du sein, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine








