Reconstruction mammaire immédiate à l’Institut Curie : guide complet et prise en charge à 100 %

Page rédigée et validée médicalement par le Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien inscrit au tableau de l’Ordre des médecins de Paris (numéro RPPS : 10101382645), membre de la SOFCPRE et de la SOFCEP · relue et mise à jour le 11 octobre 2026

La reconstruction mammaire immédiate permet de reconstruire le sein au cours de la même intervention que la mastectomie. Son objectif est de conserver la peau du sein et, si possible, l’aréole et le mamelon. Au cours de l’intervention, on retire la glande mammaire puis on recrée immédiatement le volume du sein à l’aide d’une prothèse mammaire ou d’un lambeau.

À l’Institut Curie, nous proposons une reconstruction immédiate chaque fois qu’une mastectomie est nécessaire et que la situation médicale le permet, après discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Cette reconstruction reste toujours un choix : elle n’est jamais obligatoire.

Cette page vous explique dans quelles situations une reconstruction immédiate est possible, quelles techniques peuvent être utilisées et l’impact que peuvent avoir la radiothérapie et la chimiothérapie. Elle détaille également les principaux risques, les limites de cette stratégie et les situations dans lesquelles il vaut mieux différer la reconstruction.

La reconstruction mammaire immédiate en bref

  • Le principe : reconstruire le sein pendant la mastectomie. On retire toute la glande mammaire en conservant la peau du sein, et si possible l’aréole et le mamelon, puis on recrée le volume dans le même temps opératoire, avec une prothèse ou un lambeau. Vous vous réveillez avec un sein reconstruit.
  • Elle n’est jamais obligatoire. Cette décision vous appartient. Si vous optez pour une mastectomie sans reconstruction, une reconstruction secondaire reste toujours possible après la fin des traitements, et donnera de bons résultats.
  • Elle ne compromet pas le traitement de votre cancer. Les études ne montrent pas d’augmentation du risque de récidive. La chimiothérapie comme la radiothérapie pourront avoir lieu après la reconstruction immédiate.
  • Lorsqu’une radiothérapie est prévue ou incertaine, je privilégie une prothèse d’attente. Cette prothèse est mise en place pendant la mastectomie pour préserver la peau du sein, puis remplacée environ un an après la fin de la radiothérapie, le plus souvent par un lambeau. On parle de reconstruction immédiate « différée ».
  • Ses limites : une intervention plus longue, une convalescence plus importante et des complications plus fréquentes qu’après une mastectomie seule, avec un risque d’échec de la reconstruction (souffrance de la peau du sein, infection d’une prothèse, coque péri-prothétique).
  • Prise en charge à 100 % au titre de l’ALD (affection de longue durée) : l’intervention est réalisée à l’Institut Curie, sans dépassement d’honoraires.

Informations pratiques

Reconstruction mammaire immédiate

La reconstruction mammaire immédiate consiste à reconstruire le sein dans le même temps opératoire que la mastectomie, en conservant la peau du sein et, lorsque c’est possible, l’aréole et le mamelon.

Elle suppose une mastectomie conservatrice de la peau, dont l’indication se décide en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) en fonction de votre cancer.

Le volume du sein est recréé soit par une reconstruction mammaire par prothèse, soit par une reconstruction mammaire autologue, avec un lambeau de vos propres tissus enfoui sous la peau conservée.

En cas de radiothérapie, on utilise une prothèse d’attente afin de préserver la peau du sein le temps des traitements.

Elle s’oppose à la reconstruction mammaire secondaire, réalisée à distance d’une mastectomie sans reconstruction, lorsque la peau du sein a été retirée.

Elle est systématique en chirurgie prophylactique, chez les femmes présentant une prédisposition génétique au cancer du sein.

La reconstruction immédiate exige l’arrêt complet du tabac au moins un mois avant et un mois après l’intervention.

Reconstruction mammaire immédiate

Qu’est-ce que la reconstruction mammaire immédiate ?

La reconstruction mammaire immédiate consiste à reconstruire le sein au cours de la même intervention que la mastectomie. Son principal intérêt est de préserver l’enveloppe cutanée du sein et, lorsque la situation le permet, l’aréole et le mamelon.

Cette conservation de la peau est essentielle. Lorsqu’on retire uniquement la glande mammaire, l’enveloppe cutanée du sein reste en place. Il ne manque alors que son volume. On le recrée immédiatement sous la peau, soit avec une prothèse mammaire, soit avec un lambeau, c’est-à-dire avec vos propres tissus, qu’on prélève le plus souvent au niveau du ventre, de la cuisse ou du dos.

Vous vous endormez ainsi avec votre sein et vous vous réveillez avec un sein déjà reconstruit, sans passer par une période avec un thorax plat.

Conserver la peau du sein pour le reconstruire immédiatement

Il est essentiel de distinguer la mastectomie qui nécessite de retirer toute la peau du sein de celle qui permet de conserver l’enveloppe cutanée et de n’enlever que la glande mammaire, avec ou sans l’aréole :

  • La mastectomie totale consiste à retirer la glande mammaire, toute la peau du sein ainsi que l’aréole et le mamelon. Dans ce cas, il n’y a aucune reconstruction au moment de la mastectomie. La reconstruction devra avoir lieu dans un second temps, mais il faudra alors recréer à la fois le volume du sein et son enveloppe cutanée. On parle de reconstruction mammaire secondaire.
  • La mastectomie avec conservation de la peau (skin-sparing mastectomy) retire la glande mammaire et emporte aussi l’aréole et le mamelon, par une incision autour de l’aréole, tout en conservant l’essentiel de la peau du sein. Dans ce cas, on peut reconstruire le volume du sein immédiatement. L’aréole et le mamelon pourront être reconstruits secondairement, après la fin des traitements.
  • La mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon (nipple-sparing mastectomy) préserve la peau du sein, l’aréole et le mamelon. L’incision est le plus souvent dissimulée dans le pli situé sous le sein. Cette technique n’est possible que lorsque la tumeur se situe suffisamment loin de l’aréole et que la forme du sein le permet. Pendant l’intervention, on prélève les tissus situés juste derrière le mamelon afin que le laboratoire vérifie l’absence de cellules tumorales. C’est la biopsie rétro-aréolaire.

Reconstruction immédiate, immédiate « différée » ou secondaire : quelles différences ?

Il est également important de distinguer la reconstruction réalisée dans le même temps que la mastectomie de celle qui est effectuée secondairement, après la fin des traitements.

  • La reconstruction immédiate a lieu en même temps que la mastectomie. On conserve la peau du sein et on reconstruit immédiatement son volume. Comme l’enveloppe cutanée du sein reste en place, cette situation favorise un résultat plus naturel.
  • La reconstruction immédiate « différée » se déroule en deux temps. Lors de la mastectomie, on conserve la peau du sein et on place une prothèse en silicone qui est temporaire. Après la fin de la radiothérapie, on réalise la reconstruction définitive en remplaçant cette prothèse temporaire, soit par une nouvelle prothèse, soit par un lambeau. Cette stratégie protège la reconstruction définitive des effets des rayons tout en préservant l’enveloppe du sein.
  • La reconstruction secondaire a lieu plusieurs mois après une mastectomie sans reconstruction immédiate. En cas de radiothérapie, on attend habituellement 12 mois après la fin de l’irradiation afin que les tissus puissent récupérer. On doit alors recréer le volume du sein, mais aussi remplacer une partie de la peau retirée lors de la mastectomie. Les différentes techniques sont détaillées sur la page consacrée à la reconstruction mammaire secondaire.

Enfin, la reconstruction mammaire tertiaire consiste à reprendre une reconstruction jugée insatisfaisante. Il s’agit le plus souvent de remplacer une prothèse mal tolérée par une reconstruction avec vos propres tissus (technique des lambeaux).

Pour qui est indiquée la reconstruction mammaire immédiate ?

La reconstruction mammaire immédiate est possible chaque fois qu’une mastectomie est nécessaire et que la situation oncologique, l’état général et le souhait de la patiente le permettent. Dans la majorité des cas, il est possible de proposer cette reconstruction immédiate.

En revanche, elle ne s’adresse pas aux patientes traitées par tumorectomie, lorsque l’on conserve le sein en retirant uniquement la tumeur. Dans cette situation, on remodèle la glande mammaire restante au cours de l’intervention afin de préserver au mieux la forme du sein. C’est le principe de l’oncoplastie.

Lorsque le traitement conservateur entraîne une déformation, une asymétrie ou une perte de volume, plusieurs techniques permettent de corriger secondairement ces séquelles. Elles sont détaillées sur la page consacrée à la reconstruction mammaire après une tumorectomie.

Le profil de la bonne candidate à une reconstruction immédiate

Pour vous proposer une reconstruction mammaire immédiate, il faudra réunir plusieurs conditions :

  • La mastectomie doit être décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), pour traiter un cancer du sein ou dans le cadre d’une chirurgie prophylactique, en validant la possibilité de conserver la peau du sein. Le choix de la technique de reconstruction dépend ensuite en grande partie de l’indication éventuelle d’une radiothérapie après l’intervention.
  • La forme et le volume du sein doivent également être compatibles avec une reconstruction mammaire immédiate. Lorsque le sein est très volumineux ou très ptôsé (tombant), la conservation de la peau peut exposer à un risque plus important de nécrose cutanée, mais aussi à un résultat esthétique moins satisfaisant. Dans certaines situations, il peut donc être préférable de différer la reconstruction.
  • L’arrêt complet du tabac est obligatoire. Dans ma pratique, le tabagisme actif contre-indique aussi bien la mise en place d’un implant que la réalisation d’un lambeau.
  • Votre état de santé doit être compatible avec l’intervention. Certaines situations nécessitent toutefois de reporter la reconstruction ; je les détaille plus bas dans la section consacrée aux contre-indications.

L’âge, à lui seul, ne constitue pas une contre-indication. La décision repose avant tout sur votre état de santé, les caractéristiques de votre cancer et votre souhait.

Le cas du carcinome canalaire in situ étendu

Le carcinome canalaire in situ étendu est l’une des situations les plus favorables à la reconstruction mammaire immédiate. Cette lésion reste limitée aux canaux du sein. Lorsqu’on traite ce cancer par une mastectomie, la radiothérapie n’est pas nécessaire après l’intervention.

Dans la plupart des cas, on peut conserver toute la peau du sein, ainsi que l’aréole et le mamelon. Comme aucune radiothérapie n’est nécessaire après la mastectomie, toutes les options de reconstruction sont d’emblée possibles : implant mammaire, lambeau DIEP, lambeau PAP ou grand dorsal.

Cette situation réunit ainsi deux conditions particulièrement favorables : la préservation de l’enveloppe du sein et l’absence d’irradiation des tissus reconstruits. C’est pourquoi elle offre une grande liberté dans le choix de la technique et permet souvent d’obtenir un résultat particulièrement naturel.

Malgré ces avantages, la reconstruction immédiate reste encore insuffisamment réalisée en France. En 2018, seules 54,3 % des femmes ayant subi une mastectomie pour carcinome canalaire in situ ont bénéficié d’une reconstruction mammaire immédiate (Houzard et al., 2022).

Quelles sont les contre-indications à une reconstruction immédiate ?

Les contre-indications à la reconstruction mammaire immédiate sont rares. Le plus souvent, l’absence de reconstruction immédiate relève avant tout d’un choix personnel. Il est tout à fait légitime de préférer différer la reconstruction mammaire et de prendre le temps d’y réfléchir après la fin des traitements.

Cancer du sein inflammatoire

Le cancer du sein inflammatoire, rare, atteint la peau du sein, qui devient rouge, chaude, s’épaissit et peut prendre un aspect en « peau d’orange ». Dans cette situation, on doit retirer la peau du sein en même temps que la glande mammaire, ce qui ne permet pas de réaliser de reconstruction immédiate. Nous pourrons envisager une reconstruction mammaire secondaire après la fin des traitements.

Tabac

Le tabac et la nicotine diminuent l’apport sanguin à la peau conservée lors de la mastectomie et augmentent le risque de souffrance cutanée, de nécrose, d’infection et d’échec de la reconstruction.

Je demande donc un arrêt complet du tabac avant l’intervention et au moins un mois après l’intervention, y compris la cigarette électronique et les substituts nicotiniques. Si cet arrêt n’est pas possible avant une mastectomie pour cancer, il est préférable de surseoir à la reconstruction immédiate. La reconstruction mammaire secondaire reste toujours possible après la fin des traitements et l’arrêt du tabac.

En chirurgie prophylactique, où il n’existe pas d’urgence oncologique, nous pourrons reporter l’intervention jusqu’à l’arrêt complet du tabac.

Maladie générale non contrôlée

Un diabète mal équilibré ou une obésité importante peuvent contre-indiquer une reconstruction immédiate, qu’il s’agisse d’une reconstruction par prothèse ou par lambeau, en raison d’un risque accru de complications et d’échec de la reconstruction. Dans ces situations, il peut être préférable de réaliser d’abord la mastectomie, puis de reconstruire le sein dans un second temps, une fois l’état général stabilisé et les facteurs de risque mieux contrôlés.

Et si je ne souhaite pas de reconstruction ?

Choisir de ne pas reconstruire le sein est une option à part entière. Certaines femmes souhaitent rester « à plat » après la mastectomie, tandis que d’autres ressentent le besoin d’une reconstruction plus tard, parfois plusieurs années après.

Ce choix peut évoluer avec le temps. Il est toujours possible d’envisager une reconstruction mammaire secondairement.

Avantages, inconvénients et risques de la reconstruction mammaire immédiate

La reconstruction immédiate n’est jamais une obligation. Certaines patientes préfèrent se concentrer d’abord sur le traitement du cancer et envisager la reconstruction plus tard. Cette possibilité reste toujours ouverte. Nous pourrons toujours reconstruire le sein secondairement, une fois les traitements terminés.

Avant de vous décider, il est important de bien comprendre les avantages de la reconstruction immédiate, mais aussi ses contraintes et ses risques.

Les avantages de la reconstruction immédiate

  • La peau du sein est conservée. C’est l’un de ses principaux avantages. L’enveloppe mammaire reste en place, avec sa forme, sa couleur et, lorsque cela est possible, l’aréole et le mamelon. La reconstruction consiste alors essentiellement à recréer le volume du sein, ce qui facilite l’obtention d’un résultat naturel.
  • Vous évitez une période sans sein, « à plat ». Au réveil, le sein est déjà reconstruit, même si son aspect continuera à évoluer au cours des mois suivants et nécessitera toujours des gestes complémentaires.

Reconstruction immédiate ou mastectomie seule : quel impact sur la qualité de vie ?

La reconstruction immédiate aide-t-elle réellement à mieux vivre une mastectomie ? L’étude française STIC-RMI, coordonnée par l’équipe de Jacques Dauplat au Centre Jean Perrin de Clermont-Ferrand, a suivi 595 femmes opérées d’une mastectomie dans 22 centres français, dont 407 avec reconstruction immédiate. Leur qualité de vie a été évaluée avant l’intervention, puis à 6 et 12 mois (Dauplat et al., 2017).

En un an, la qualité de vie globale n’a pas changé de façon significative, ni dans un groupe ni dans l’autre.

En revanche, chez les femmes jeunes et actives, les plus susceptibles de se voir proposer une reconstruction immédiate, la dimension fonctionnelle du questionnaire, qui porte sur l’image du corps, la vie intime et la confiance en l’avenir, s’améliorait légèrement après reconstruction immédiate et se dégradait après mastectomie seule. Ce bénéfice n’était néanmoins pas retrouvé chez toutes les patientes.

Dans ma pratique, ces données confortent l’intérêt de proposer une reconstruction immédiate lorsqu’elle est adaptée à la situation de la patiente, sans la présenter comme la garantie de mieux vivre la mastectomie. La reconstruction mammaire reste un parcours : le résultat final se construit souvent en plusieurs étapes et dépend autant des possibilités chirurgicales que des attentes et des priorités de chacune.

Les inconvénients de la reconstruction immédiate

  • Une opération plus longue, car on réalise la mastectomie et la reconstruction au cours de la même intervention. En cas de reconstruction par lambeau, l’intervention dure généralement 4 à 5 heures et l’hospitalisation environ cinq jours.
  • Une récupération plus longue qu’après une mastectomie seule, surtout lorsque la reconstruction fait appel à un lambeau.
  • Un risque de complication ou d’échec de la reconstruction, parfois difficile à vivre alors que vous êtes déjà confrontée au diagnostic de cancer. Ce risque dépend de la technique choisie et est détaillé plus bas.
  • Le résultat obtenu après une reconstruction immédiate n’est pas le résultat final. Des gestes complémentaires sont toujours nécessaires : symétrisation de l’autre sein, reconstruction de l’aréole et du mamelon, remplacement d’un implant après radiothérapie ou injections de graisse pour améliorer les contours et le volume. La reconstruction immédiate permet souvent d’obtenir un meilleur résultat final, mais elle ne termine pas toute la reconstruction en une seule opération.
  • Une décision à prendre rapidement, au moment où vous devez déjà assimiler beaucoup d’informations sur le cancer et son traitement. C’est pourquoi je prends le temps de vous expliquer les différentes options en consultation, afin que vous puissiez choisir sans vous sentir obligée de vous faire reconstruire immédiatement.

Quelles différences entre le parcours d’une reconstruction immédiate et celui d’une reconstruction secondaire ?

Choisir une reconstruction mammaire immédiate ou secondaire n’implique pas les mêmes contraintes, les mêmes risques ni le même parcours de reconstruction. Le tableau ci-dessous résume les principales différences entre ces deux options.

Reconstruction immédiateReconstruction secondaire
MomentPendant la mastectomieÀ distance, généralement 12 mois après la dernière séance de radiothérapie lorsqu’une radiothérapie a été nécessaire
Peau du seinConservée, avec souvent l’aréole et le mamelonSacrifiée lors de la mastectomie : à compenser par la peau d’un lambeau ou au moyen d’une prothèse d’expansion
Nombre d’opérationsMastectomie et reconstruction en une seule opération, puis gestes complémentairesMastectomie, puis reconstruction lors d’une seconde opération, puis gestes complémentaires
Techniques possiblesProthèse ; lambeau DIEP (ventre) ou PAP (cuisse) ; prothèse d’attente si une radiothérapie est prévueLambeau le plus souvent, surtout après radiothérapie ; prothèse plus rarement ; injections de graisse seules (lipofilling exclusif)
Risques propresNécrose de la peau de mastectomie, infection de prothèseManque de peau, tissus parfois fragilisés par la radiothérapie
ConvalescenceCelle de la technique choisie, pendant la période des traitementsCelle de la technique choisie, à distance des traitements

En résumé

  • Je propose une reconstruction immédiate chaque fois qu’une mastectomie est nécessaire, que nous pouvons conserver la peau du sein et que votre état de santé autorise l’intervention. Si votre oncologue prévoit une radiothérapie, ou si son indication reste encore possible, nous mettrons en place une prothèse mammaire d’attente afin de préserver le volume et l’enveloppe du sein pendant les traitements. Nous la remplacerons après la fin de la radiothérapie.
  • Je propose une reconstruction secondaire lorsque la mastectomie impose de retirer la peau du sein, lorsque vous n’avez pas pu arrêter le tabac, lorsque votre état de santé augmente trop le risque opératoire — notamment en cas d’obésité importante ou de diabète mal équilibré — ou simplement si vous préférez attendre la fin des traitements avant de décider d’une reconstruction. Cette stratégie permet elle aussi d’obtenir de très bons résultats.

Les risques de la reconstruction mammaire immédiate

La reconstruction immédiate cumule les risques liés à la mastectomie et ceux propres à la technique de reconstruction choisie. Elle comporte entre autres un risque spécifique : la nécrose de la peau ou de l’aréole conservés après la mastectomie. Globalement, elle expose donc à davantage de complications qu’une mastectomie seule, ce qui justifie d’en discuter soigneusement l’indication en réunion de concertation pluridisciplinaire.

La nécrose de la peau ou de l’aréole

Lors de la mastectomie, l’ablation de la glande mammaire interrompt une grande partie des petits vaisseaux qui vascularisent la peau du sein. Si l’apport sanguin restant devient insuffisant, une partie de cette peau peut ne pas survivre à l’intervention. On parle alors de nécrose cutanée. Ce risque est directement lié à la conservation de l’enveloppe cutanée du sein et concerne aussi bien les reconstructions par prothèse que par lambeau.

Lorsqu’elle reste superficielle, une souffrance cutanée cicatrise le plus souvent avec de simples soins locaux. En revanche, une nécrose de pleine épaisseur expose la prothèse ou le lambeau situé en profondeur.

Les conséquences ne sont pas les mêmes selon que la reconstruction repose sur une prothèse ou sur un lambeau, comme détaillé plus bas.

À quelle fréquence la peau du sein souffre-t-elle après une mastectomie avec reconstruction ?

Il est important de vous donner des chiffres précis sur le risque de souffrance cutanée après une mastectomie. Une étude prospective du Memorial Sloan Kettering Cancer Center portant sur 606 mastectomies consécutives avec reconstruction immédiate a permis d’en préciser la fréquence (Matsen et al., 2016).

Une souffrance cutanée survient dans environ 14 % des cas : elle reste légère dans 8 % des cas, modérée dans 1 % et devient sévère dans 5 % des cas. Dans ma pratique à l’Institut Curie, j’observe des taux comparables.

Plusieurs facteurs étaient associés à une augmentation du risque, notamment le tabac, certaines chirurgies mammaires antérieures et la conservation de l’aréole et du mamelon. Après ajustement statistique, la conservation de l’aréole et du mamelon restait associée à un risque accru de nécrose, de même qu’une mastectomie plus longue et un antécédent de réduction mammaire. Un volume mammaire plus important augmentait également le risque de nécrose modérée ou sévère.

Les auteurs soulignent ainsi l’importance d’identifier les patientes qui cumulent plusieurs facteurs de risque, en particulier en cas de conservation de l’aréole.

C’est également ce que j’explique en consultation. Conserver l’aréole et le mamelon apporte un bénéfice esthétique important, mais cette possibilité doit être discutée au cas par cas. Il faudra tenir compte de la taille de votre sein, de la qualité de la peau, d’éventuelles chirurgies mammaires antérieures et de l’arrêt du tabac.

L’infection de prothèse

En cas de reconstruction par implant, l’infection constitue le principal risque d’échec. Lorsqu’elle survient, un sauvetage de la reconstruction est parfois possible. Il consiste à réopérer rapidement pour laver la loge, remplacer la prothèse et débuter une antibiothérapie prolongée, ensuite adaptée aux bactéries identifiées sur les prélèvements effectués au bloc opératoire. Malgré ce traitement, l’infection peut persister et imposer finalement le retrait de l’implant.

Ces complications, leur prévention et la possibilité de reconstruire à nouveau après la guérison sont détaillées sur la page consacrée à la reconstruction mammaire par prothèse.

Quel est le risque d’infection de prothèse après reconstruction mammaire immédiate ?

Lorsqu’on réalise la reconstruction avec une prothèse, l’infection est la complication la plus fréquente.

Dans la grande étude prospective multicentrique britannique iBRA, portant sur plus de 2 000 patientes ayant bénéficié d’une reconstruction mammaire immédiate par implant, 25 % ont nécessité un traitement pour une infection dans les trois mois suivant l’intervention (Potter et al., 2019).

Dans ma pratique, j’observe que la grande majorité des infections survient au cours des quatre premières semaines, avec une incidence plus faible que dans cette étude, inférieure à 5 %.

La perte de l’implant est néanmoins moins fréquente. Dans cette même étude, 9 % des patientes ont perdu leur implant dans les trois mois, toutes causes confondues. Une infection persistante peut conduire à son retrait, mais une nécrose de la peau du sein peut également exposer la prothèse et compromettre la reconstruction.

La thrombose d’un lambeau

Lorsqu’on réalise une reconstruction immédiate par un lambeau DIEP, qu’on prélève sur votre ventre, ou par un lambeau PAP, qu’on prélève à la face interne de votre cuisse, le principal risque précoce est la thrombose. Une thrombose est un caillot qui peut se former dans les petits vaisseaux reconnectés sous microscope et compromettre la circulation du lambeau.

Ce risque se concentre surtout au cours des cinq premiers jours, avec une surveillance particulièrement étroite pendant les 48 premières heures. En cas de thrombose, une opération en urgence peut parfois permettre de sauver le lambeau.

Le mécanisme de cette complication, sa surveillance et le risque d’échec sont détaillés sur la page consacrée à la reconstruction mammaire autologue.

Quel est le risque d’échec après une reconstruction immédiate par DIEP ?

Le principal risque précoce d’une reconstruction par lambeau DIEP est la thrombose. On parle de thrombose lorsqu’un caillot se forme dans l’une des petites artères ou veines raccordées sous microscope et compromet la circulation sanguine du lambeau.

Dans une grande étude multicentrique portant sur 1 136 reconstructions mammaires immédiates par DIEP, une reprise chirurgicale pour thrombose veineuse a été nécessaire dans 3,3 % des cas, et pour thrombose artérielle dans 1,2 % des cas. Le taux de perte complète du lambeau était de 2,3 % (Prantl et al., 2020).

Une thrombose ne signifie donc pas nécessairement la perte du lambeau. Lorsqu’elle est détectée rapidement, une ré-intervention en urgence permet souvent de rétablir la circulation et de sauver la reconstruction. Le risque d’échec dépend directement de l’expérience du chirurgien, mais aussi de celle de toute l’équipe qui assure la surveillance post-opératoire et doit reconnaître rapidement les premiers signes de souffrance du lambeau.

Dans ma pratique, j’observe des taux comparables à ceux rapportés dans cette étude. À l’Institut Curie, nous réalisons des reconstructions mammaires par lambeau DIEP chaque semaine, avec une équipe habituée à la surveillance rapprochée de ces lambeaux.

Nécrose de la peau du sein : quelles conséquences selon la technique de reconstruction ?

En cas de reconstruction par prothèse, une nécrose de la peau du sein peut exposer l’implant et compromettre la reconstruction. Une prothèse étant un corps étranger, elle ne peut pas rester à nu ni cicatriser spontanément avec les tissus environnants. Lorsqu’elle est réellement exposée, son retrait est indispensable.

La situation est différente après une reconstruction par lambeau. Le lambeau apporte sous la peau un tissu vivant et bien vascularisé, capable de servir de support à la cicatrisation. Ainsi, même de pleine épaisseur, la nécrose cutanée ne remet pas en cause la reconstruction par lambeau. La cicatrisation va se faire progressivement à partir des tissus du lambeau situés en profondeur.

Quel est le risque de nécrose cutanée après une mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon ?

La conservation de l’aréole et du mamelon améliore nettement le résultat esthétique, mais elle expose à un risque supplémentaire de nécrose cutanée. Une méta-analyse regroupant près de 10 000 mastectomies avec conservation de l’aréole retrouvait une nécrose partielle de l’aréole ou du mamelon dans 4,6 % des cas et une nécrose complète dans 2,5 % des cas (Daar et al., 2019).

Ce risque dépend de plusieurs facteurs, notamment de la taille et de la ptôse du sein, du tabac et de la technique de mastectomie. L’emplacement de l’incision joue un rôle important : les incisions péri-aréolaires sont associées à davantage de nécrose que les incisions placées à distance de l’aréole.

Dans ma pratique, je ne réalise jamais d’incision autour de l’aréole. Lorsque la conservation de l’aréole et du mamelon est possible, j’utilise une incision placée dans le sillon sous-mammaire, afin de préserver au maximum leur vascularisation et de limiter le risque de nécrose.

Que faire en cas d’échec de la reconstruction immédiate ?

L’échec de la reconstruction ne compromet pas le traitement de votre cancer. La priorité est de permettre aux tissus de cicatriser correctement puis de poursuivre les traitements complémentaires. Dans la majorité des cas, ceux-ci peuvent être maintenus dans les délais prévus ; un décalage de quelques semaines peut parfois être nécessaire, en concertation avec votre oncologue.

Une reconstruction secondaire reste ensuite tout à fait possible. Elle est envisagée une fois les traitements terminés et les tissus complètement cicatrisés, généralement environ 12 mois après la dernière séance de radiothérapie lorsqu’une radiothérapie a été nécessaire. Dans l’intervalle, une prothèse mammaire externe, glissée dans le soutien-gorge, permet de retrouver un volume sous les vêtements.

La sensibilité du sein reconstruit

Après une mastectomie, la sensibilité fine de la peau du sein est en grande partie perdue, même lorsque la peau, l’aréole et le mamelon ont été conservés. En effet, les petits nerfs sensitifs qui traversent la glande mammaire sont sectionnés au cours de l’intervention.

Aucune des techniques que je pratique ne permet de préserver complètement cette sensibilité. Avec le temps, une sensibilité au toucher ou à la pression peut néanmoins réapparaître partiellement, de façon variable selon les patientes. Ce phénomène est commun à toutes les techniques de reconstruction et est détaillé sur la page consacrée à la reconstruction mammaire autologue.

La reconstruction immédiate peut-elle retarder ou gêner le traitement de mon cancer ?

Non, en règle générale. Lorsqu’elle est validée en RCP et bien organisée, la reconstruction immédiate ne retarde pas les traitements du cancer, et les études disponibles ne montrent pas d’augmentation du risque de récidive.

La chimiothérapie après une reconstruction immédiate

Lorsqu’une chimiothérapie est nécessaire après la mastectomie, elle débute dans les semaines qui suivent l’intervention, selon le calendrier fixé par votre oncologue. Le fait d’avoir bénéficié d’une reconstruction mammaire immédiate ne doit pas retarder ce traitement.

Les études sont également rassurantes sur le plan oncologique. Une étude publiée dans JAMA Surgery, et portant sur 646 patientes ayant reçu une chimiothérapie néoadjuvante, n’a retrouvé aucune différence significative de récidive locale ni de survie à cinq ans, entre les femmes ayant bénéficié d’une reconstruction mammaire immédiate et celles ayant eu une mastectomie sans reconstruction (Wu et al., 2020).

Autrement dit, reconstruire le sein au moment de la mastectomie ne compromet pas l’efficacité du traitement du cancer. D’autres études confirmant ces résultats sont présentées sur la page consacrée à la reconstruction mammaire après un cancer du sein.

La radiothérapie après une reconstruction immédiate

Lorsqu’une radiothérapie est nécessaire, elle débute généralement 5 semaines après la mastectomie, avec ou sans reconstruction immédiate. Elle reste possible après la mise en place d’une prothèse ou d’un lambeau, mais elle peut en altérer le résultat. C’est pourquoi, lorsqu’elle est prévue ou incertaine, je privilégie une prothèse d’attente. Cette stratégie de reconstruction mammaire immédiate « différée » est expliquée plus bas.

La surveillance du cancer après une reconstruction immédiate

La reconstruction immédiate, par prothèse ou par lambeau, ne gêne pas la surveillance de votre cancer. Les examens et leur rythme sont les mêmes qu’en l’absence de reconstruction. Ils sont fixés par votre oncologue.

Reconstruire tout de suite augmente-t-il le risque de récidive du cancer ?

Certaines patientes craignent qu’une reconstruction immédiate puisse favoriser une récidive ou en retarder le diagnostic. Les données disponibles ne vont pas dans ce sens.

L’équipe de Claudia Bargon, à Utrecht, a analysé 55 études portant sur 14 217 patientes afin de comparer le risque de récidive après reconstruction mammaire immédiate ou différée (Bargon et al., 2022).

Après une reconstruction utilisant les propres tissus de la patiente, le taux de récidive locale était de 3 % après reconstruction immédiate contre 2 % après reconstruction différée, sans différence statistiquement démontrée. Le taux de récidive régionale, notamment ganglionnaire, était de 2 % dans les deux groupes.

À ce jour, rien ne montre qu’une reconstruction immédiate augmente le risque de récidive du cancer du sein. Le risque oncologique ne constitue donc pas une raison de refuser une reconstruction immédiate.

Comment se déroule une reconstruction mammaire immédiate à l’Institut Curie ?

Consultation au cabinet ou à l’Institut Curie

La reconstruction immédiate se décide avant la mastectomie. Dès que celle-ci est envisagée par l’équipe qui vous suit, je vous reçois en consultation, à mon cabinet (99 rue de Prony, Paris 17ᵉ) ou directement à l’Institut Curie, le plus souvent dans les jours qui suivent l’annonce.

Je ferai d’abord le point sur votre cancer et sur les traitements prévus, en particulier sur la probabilité d’une radiothérapie, qui conditionne la stratégie de reconstruction. J’examinerai ensuite votre poitrine : le volume et la forme du sein à reconstruire, la qualité de la peau, l’existence d’une ptôse et sa sévérité, ainsi que les zones de prélèvement possibles pour un lambeau, sur le ventre et les cuisses.

Je vous exposerai enfin les techniques envisageables dans votre situation, leurs avantages et leurs inconvénients, et nous déciderons ensemble de la meilleure stratégie. Si une radiothérapie est prévisible, je vous expliquerai pourquoi je privilégie dans ce cas une prothèse d’attente.

La validation en réunion de concertation pluridisciplinaire

Votre dossier sera présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui réunit chirurgiens, oncologues, radiothérapeutes et radiologues. La RCP valide la mastectomie, la possibilité de conserver la peau et l’aréole, et le principe de la reconstruction immédiate. Pour les situations de reconstruction complexes, nous organisons chaque mercredi une réunion dédiée à l’Institut Curie.

La reconstruction immédiate est programmée sur le calendrier de votre mastectomie, fixé en fonction de votre cancer. Elle ne le retarde pas. Si l’on opte pour une reconstruction par lambeau DIEP ou PAP, vous devrez réaliser un angioscanner, c’est-à-dire un scanner des vaisseaux, à l’Institut Curie avant l’intervention afin de repérer les vaisseaux du lambeau. Une consultation d’anesthésie est également nécessaire.

Qui réalise la mastectomie et la reconstruction ?

Dans la plupart des centres, deux chirurgiens interviennent au cours de la même opération : l’un réalise la mastectomie, l’autre la reconstruction, car tous les chirurgiens ne sont pas formés aux deux spécialités. Cette coordination est l’une des conditions de la reconstruction immédiate.

À l’Institut Curie, je réalise moi-même la mastectomie et la reconstruction au cours de la même intervention, qu’il s’agisse d’une reconstruction par prothèse ou par lambeau.

Lorsqu’une reconstruction par lambeau DIEP ou PAP nécessite une microchirurgie, nous opérons en double équipe avec le Dr Jean-Baptiste Schaff. Pendant que l’un réalise la mastectomie et prépare les vaisseaux du thorax, l’autre prélève le lambeau. Cette organisation permet de mener plusieurs temps opératoires en parallèle et de réduire la durée totale de l’intervention.

L’intervention et l’hospitalisation

L’intervention se déroule à l’Institut Curie, sur le site de Saint-Cloud, sous anesthésie générale. Sa durée et l’hospitalisation dépendent de la technique de reconstruction.

  • Avec une prothèse, la reconstruction ajoute environ une heure à la mastectomie. Vous sortez le lendemain, avec un drain, c’est-à-dire un petit tuyau souple qui évacue les liquides, retiré en consultation dans les jours suivants.
  • Avec un lambeau DIEP ou PAP, l’intervention dure 4 à 5 heures grâce au travail en double équipe. Le lambeau est surveillé en continu pendant les 48 premières heures, et l’hospitalisation dure cinq jours environ.
  • Avec une prothèse d’attente, le déroulement est celui d’une reconstruction par prothèse. La reconstruction définitive est reportée après la radiothérapie.

Le déroulement détaillé de chaque technique, la surveillance du lambeau et les soins des premiers jours sont décrits sur les pages de chaque technique, accessibles depuis le comparatif des techniques de reconstruction mammaire.

À quoi faut-il s’attendre après une reconstruction immédiate ?

Dans la majorité des cas, lorsqu’une radiothérapie est prévue ou qu’elle reste encore incertaine au moment de la mastectomie, le sein est d’abord reconstruit avec une prothèse d’attente. Cette prothèse permet de préserver l’enveloppe du sein pendant la radiothérapie, avant d’envisager secondairement la reconstruction définitive.

Au réveil, l’aspect du sein peut être assez éloigné du résultat final. Je mets systématiquement en place des drains aspiratifs, qui évacuent les liquides et plaquent temporairement la peau conservée contre la prothèse. Le sein peut donc paraître aplati, plissé ou « ratatiné » sur l’implant dans les premiers jours. Cet aspect est habituel et s’améliore progressivement après le retrait des drains, à mesure que les tissus se détendent et que le gonflement post-opératoire diminue.

Le sein reste souvent gonflé, tendu et marqué par des ecchymoses pendant quelques semaines. La peau doit également être surveillée attentivement, car certaines zones peuvent cicatriser plus lentement ou présenter une souffrance cutanée.

Point essentiel, le résultat d’une reconstruction immédiate n’est jamais celui des premiers jours. La forme et la souplesse du sein évoluent pendant plusieurs mois, et des gestes complémentaires sont toujours nécessaires pour aboutir au résultat définitif.

La convalescence et les traitements qui suivent

La convalescence va bien sûr dépendre de la technique de reconstruction. Après une reconstruction par prothèse, la récupération est rapide. Après un lambeau, il faut compter 4 à 6 semaines avant de reprendre une activité normale.

Les traitements complémentaires du cancer, chimiothérapie, radiothérapie ou hormonothérapie, débutent selon le calendrier fixé par votre oncologue.

Les gestes complémentaires

Un sein se reconstruit toujours en plusieurs étapes, qu’une reconstruction ait été réalisée immédiatement ou secondairement. En pratique, il faut généralement compter deux à trois interventions au total pour reconstruire le sein et parvenir au résultat final. Des gestes complémentaires seront donc toujours nécessaires afin de parfaire le résultat :

  • Le remplacement d’une prothèse d’attente par une prothèse définitive ou un lambeau, environ un an après la fin de la radiothérapie.
  • La symétrisation de l’autre sein, par lifting, réduction ou augmentation, afin d’obtenir deux seins semblables. Elle est détaillée sur la page consacrée à la symétrisation mammaire.
  • La reconstruction de l’aréole et du mamelon, lorsque ceux-ci ont dû être sacrifiés lors de la mastectomie. Les techniques sont décrites sur la page consacrée à la reconstruction de l’aréole et du mamelon.
  • Des injections de graisse, pour corriger un creux ou adoucir les contours d’une prothèse ou d’un lambeau.

Quelle technique et quelle stratégie en reconstruction mammaire immédiate ?

En reconstruction immédiate, la peau du sein est conservée : il s’agit donc essentiellement de recréer le volume. Le choix entre une prothèse, un lambeau ou une prothèse d’attente dépend d’abord de la radiothérapie, puis du volume et de la forme du sein, des tissus dont vous disposez et de vos souhaits.

Quelle technique de reconstruction en l’absence de radiothérapie ?

Lorsqu’aucune radiothérapie n’est prévue après la mastectomie, la reconstruction définitive peut être réalisée d’emblée :

  • La reconstruction par prothèse est particulièrement adaptée en chirurgie prophylactique ou en reconstruction immédiate sans radiothérapie, lorsque le sein est de volume modéré, peu tombant et que la peau conservée est de bonne qualité. C’est la technique la plus simple et elle n’ajoute pas de cicatrice sur une autre partie du corps.
  • Le lambeau DIEP, qu’on prélève au niveau du ventre, est particulièrement indiqué lorsque le sein est volumineux ou tombant, ou lorsque vous souhaitez une reconstruction entièrement réalisée avec vos propres tissus, sans implant. C’est une technique de premier choix en reconstruction autologue.
  • Le lambeau PAP, prélevé à la face interne de la cuisse, constitue une alternative pour reconstruire un sein de petit à moyen volume lorsque les tissus du ventre ne sont pas disponibles ou ne peuvent pas être utilisés.
  • Le lambeau de grand dorsal et le lipofilling exclusif sont plus rarement utilisés en reconstruction immédiate dans ma pratique. Je les réserve à des situations particulières, lorsque les techniques précédentes sont moins adaptées.

Les critères de choix et le comparatif complet des techniques sont présentés sur la page consacrée aux techniques de reconstruction mammaire.

Lorsqu’une radiothérapie est prévue : la reconstruction immédiate différée

La radiothérapie détruit les cellules cancéreuses qui pourraient persister au niveau du thorax ou des ganglions, mais elle agit également sur les tissus sains.

Après une reconstruction par prothèse, elle augmente le risque de coque : la capsule fibreuse qui entoure naturellement l’implant peut s’épaissir et se rétracter, rendant le sein plus dur, parfois douloureux et déformé. Après une reconstruction par lambeau, elle peut entraîner une nécrose graisseuse (cytostéatonécrose), une rétraction des tissus et une perte de volume.

C’est pourquoi, lorsqu’une radiothérapie est prévue ou que son indication reste incertaine au moment de la mastectomie, je privilégie souvent une prothèse d’attente. Placée sous la peau conservée du sein, elle maintient le volume et préserve l’enveloppe mammaire pendant les traitements.

Environ un an après la fin de la radiothérapie, lorsque les tissus se sont assouplis, cette prothèse peut être remplacée par la reconstruction définitive : soit une nouvelle prothèse, soit un lambeau, qui apporte des tissus sains et bien vascularisés n’ayant pas été irradiés.

Cette stratégie en deux temps est appelée reconstruction mammaire immédiate différée. Elle permet de préserver la reconstruction définitive des effets de la radiothérapie, tout en conservant le bénéfice psychologique et esthétique d’une reconstruction immédiate, sans période « à plat ».

C’est également la stratégie retenue par le référentiel SENORIF 2025-2026 lorsqu’une reconstruction autologue est souhaitée malgré une radiothérapie prévue ou possible. (SENORIF, 2025)

Si la radiothérapie n’est finalement pas nécessaire, la prothèse d’attente peut être conservée ou remplacée secondairement par un lambeau.

Le détail est présenté sur la page consacrée à la reconstruction mammaire par prothèse.

D’où vient la reconstruction immédiate différée ?

Pendant longtemps, lorsqu’une radiothérapie pouvait être nécessaire après une mastectomie, deux options étaient possibles : reconstruire le sein immédiatement, avec le risque d’irradier la reconstruction, ou attendre la fin des traitements, ce qui faisait perdre une partie du bénéfice de la conservation de la peau du sein.

En 2004, l’équipe de Steven Kronowitz au MD Anderson Cancer Center de Houston a proposé une troisième stratégie : la reconstruction mammaire immédiate différée (Kronowitz et al., 2004).

Le principe est simple : lors de la mastectomie, on conserve la peau du sein et on met immédiatement en place une prothèse temporaire pour maintenir son volume et son enveloppe. On attend ensuite de savoir si une radiothérapie est réellement nécessaire pour décider de la suite de la reconstruction. L’équipe de Kronowitz utilisait une prothèse d’expansion (expandeur) au moment de la mastectomie, qu’ils remplaçaient ensuite par une prothèse définitive en silicone.

Si la radiothérapie n’est pas indiquée, la reconstruction définitive peut être réalisée rapidement. Si elle l’est, la prothèse temporaire permet de conserver la forme générale du sein pendant les traitements, puis la reconstruction définitive est réalisée secondairement, une fois les tissus récupérés.

Cette approche permet donc de préserver l’enveloppe cutanée du sein sans exposer inutilement la reconstruction définitive à la radiothérapie.

Ma pratique repose sur le même principe, avec deux différences :

  • j’utilise une prothèse classique en gel de silicone plutôt qu’une prothèse d’expansion,
  • et je réalise la reconstruction définitive environ un an après la fin de la radiothérapie, afin de laisser aux tissus le temps de s’assouplir et de se stabiliser.

Qu’est-ce que la séquence inversée ?

Habituellement, lorsqu’une radiothérapie est nécessaire après une mastectomie, elle est réalisée après la chirurgie. Si une reconstruction immédiate a été effectuée, la prothèse ou le lambeau est donc exposé aux rayons.

Dans certaines situations très sélectionnées, une stratégie différente peut être proposée dans des centres spécialisés : réaliser la radiothérapie avant la mastectomie, sur le sein encore en place. Quelques semaines plus tard, la mastectomie est associée à une reconstruction définitive immédiate par lambeau, le plus souvent un DIEP.

L’objectif est d’éviter d’irradier le lambeau, tout en conservant autant que possible l’enveloppe cutanée du sein. Les premières études internationales montrent que cette stratégie est techniquement réalisable, avec des résultats reconstructifs encourageants. Des essais prospectifs sont néanmoins encore nécessaires pour préciser ses bénéfices et ses risques.

Cette approche n’est pas aujourd’hui un traitement standard. Le référentiel SENORIF 2025-2026 de l’Institut Curie, Gustave Roussy et l’AP-HP estime que les données sont encore insuffisantes pour la recommander en routine et qu’elle doit être discutée au cas par cas en RCP, idéalement dans le cadre d’essais thérapeutiques. (SENORIF, 2025)

Elle impose par ailleurs une reconstruction immédiate par lambeau et n’est pas adaptée à toutes les patientes. Elle est notamment déconseillée pour les cancers HER2 positifs ou triple négatifs, car l’analyse de la réponse à la chimiothérapie sur la pièce opératoire peut modifier les traitements complémentaires.

La séquence inversée reste donc une option prometteuse, réservée à des patientes soigneusement sélectionnées dans des centres experts.

Radiothérapie avant la mastectomie et reconstruction immédiate par DIEP : que montre l’étude PRADA ?

L’étude PRADA est l’une des principales études ayant évalué la « séquence inversée » : réaliser la radiothérapie avant la mastectomie afin de pouvoir reconstruire immédiatement le sein avec un lambeau qui, lui, ne sera pas irradié.

Cette étude prospective britannique a inclus 33 patientes devant recevoir une mastectomie et une radiothérapie. Après leur chimiothérapie, elles ont d’abord reçu la radiothérapie sur le sein et, si nécessaire, les ganglions. Une mastectomie avec conservation de la peau et une reconstruction immédiate par lambeau DIEP ont ensuite été réalisées 2 à 6 semaines plus tard (Thiruchelvam et al., 2022).

Quatre semaines après l’intervention, 4 patientes sur 33 (12 %) présentaient encore une plaie de plus d’un centimètre nécessitant un pansement. Aucune complication grave liée au traitement ni aucun décès lié au traitement n’ont été observés.

Les résultats esthétiques sont également encourageants. À un an, chez les 17 patientes qui ont participé à cette évaluation, 93 % des reconstructions étaient jugées bonnes ou excellentes par un panel indépendant, et la satisfaction des patientes était supérieure à celle d’un groupe de femmes dont le DIEP avait été irradié après sa réalisation (Godden et al., 2023).

Ces résultats ont depuis été confortés par d’autres séries. Une revue systématique de 2025 portant sur 1 199 patientes conclut que cette stratégie semble réalisable, avec peu d’échecs reconstructifs, mais souligne le manque d’études comparatives de haut niveau (Nelissen et al., 2025).

La séquence inversée reste donc une stratégie prometteuse mais encore en cours d’évaluation. Dans ma pratique, la prothèse d’attente reste actuellement la stratégie de référence lorsqu’une radiothérapie est prévue.

Pourquoi ne m’a-t-on pas proposé de reconstruction mammaire immédiate ?

Cette question m’est souvent posée lors d’un second avis, parfois des années après la mastectomie. Plusieurs raisons peuvent expliquer qu’une reconstruction immédiate n’ait pas été proposée, et toutes ne sont pas médicales.

  • Une radiothérapie prévue après la mastectomie. C’est la raison médicale la plus fréquente. Certaines équipes préfèrent alors différer toute reconstruction après les rayons, plutôt que de mettre en place une prothèse d’attente. Les deux attitudes se défendent. La prothèse d’attente a l’avantage de conserver la peau du sein.
  • Un cancer qui ne permet pas de conserver la peau, comme un cancer inflammatoire ou une tumeur atteignant la peau.
  • Le tabac, ou un état de santé qui impose une intervention courte, comme expliqué plus haut.
  • La nécessité de ne pas retarder le traitement. Lorsque la mastectomie doit être réalisée rapidement et qu’aucun chirurgien plasticien n’est disponible à cette date, la reconstruction est reportée. Dans de nombreux établissements, la reconstruction immédiate suppose en effet une coordination entre le chirurgien qui réalise la mastectomie et un chirurgien plasticien, que tous ne peuvent pas organiser.
  • Votre propre choix, à ce moment-là. Beaucoup de femmes préfèrent, au moment du diagnostic, se consacrer au traitement.

Que faire en pratique ?

Si votre chirurgien vous propose une mastectomie sans avoir abordé la reconstruction immédiate, posez la question avant l’intervention. Le projet de reconstruction peut modifier le type de mastectomie, notamment la possibilité de conserver la peau et parfois l’aréole et le mamelon. Si besoin, demandez un second avis auprès d’une équipe spécialisée ou d’un centre de référence.

Si vous avez déjà eu votre mastectomie, il n’est jamais trop tard : vous pouvez envisager une reconstruction secondaire plusieurs mois ou même plusieurs années après le traitement du cancer.

Combien de femmes bénéficient d’une reconstruction immédiate en France ?

La reconstruction mammaire immédiate progresse nettement en France. Une analyse nationale publiée par l’Institut national du cancer (INCa) en 2026, à partir du Système national des données de santé (SNDS), a étudié 176 303 femmes ayant eu une mastectomie totale pour cancer du sein entre 2014 et 2024. (INCa, 2026)

En dix ans, la proportion de reconstructions immédiates a plus que doublé, passant de 14,7 % en 2014 à 32,4 % en 2024. Cette année-là, sur 16 752 mastectomies totales, 5 436 ont été associées à une reconstruction immédiate.

Cette progression traduit surtout un changement du moment de la reconstruction. Parmi les femmes suivies pendant trois ans, la proportion ayant finalement eu une reconstruction, immédiate ou secondaire, n’est passée que de 29,4 % en 2014 à 34,3 % en 2021. Autrement dit, les femmes reconstruites le sont aujourd’hui plus souvent dès la mastectomie. (INCa, 2026)

L’accès reste toutefois inégal. En 2024, 57,1 % des femmes de 30 à 39 ans bénéficiaient d’une reconstruction immédiate, contre 16,4 % des 70 à 79 ans. L’INCa observe aussi des différences selon la région, le type d’établissement et le niveau social.

Avant une mastectomie, chaque patiente devrait donc pouvoir discuter d’une reconstruction immédiate, des techniques possibles et de l’impact éventuel de la radiothérapie. Si elle n’est pas envisageable d’emblée, les options de reconstruction secondaire doivent être expliquées dès le début du parcours.

Prix et prise en charge par la Sécurité sociale

Après un cancer du sein, la reconstruction mammaire immédiate est prise en charge à 100 % au titre de l’ALD (affection de longue durée), comme la mastectomie elle-même. L’intervention, l’anesthésie, l’hospitalisation et les soins qui suivent sont couverts, de même que les gestes complémentaires de symétrisation et de reconstruction de l’aréole. La mastectomie prophylactique et sa reconstruction bénéficient de la même prise en charge dès lors que la mutation ou le haut risque familial ont été validés en RCP.

À l’Institut Curie, centre de lutte contre le cancer conventionné en secteur 1, aucun dépassement d’honoraires n’est appliqué. Vous n’avez pas de reste à charge sur l’intervention elle-même, quelle que soit la technique de reconstruction choisie. Le coût n’entre pas dans le choix de la stratégie.

Le détail des règles de prise en charge est présenté sur la page consacrée au tarif de la reconstruction mammaire.

Foire aux questions (FAQ) sur la reconstruction mammaire immédiate

Faut-il décider de la reconstruction avant la mastectomie ?

Oui, parce que la technique de mastectomie en dépend. Pour reconstruire immédiatement, le chirurgien doit conserver la peau du sein, et parfois l’aréole, ce qui se décide avant l’opération et se valide en RCP. Si vous n’êtes pas encore sûre de vouloir une reconstruction, parlez-en avant la date de l’intervention.

Vais-je me réveiller avec un sein reconstruit ?

Oui, avec un volume reconstruit, mais pas encore avec le résultat final. Le sein reconstruit évolue pendant plusieurs mois, et des gestes complémentaires sont le plus souvent nécessaires, comme la symétrisation de l’autre sein ou la reconstruction de l’aréole. Avec une prothèse d’attente, la reconstruction définitive intervient après la radiothérapie.

Peut-on conserver l’aréole et le mamelon ?

Oui, lorsque la tumeur se situe à distance de l’aréole. L’équipe discute cette possibilité en RCP, puis le chirurgien prélève pendant l’intervention les tissus situés derrière le mamelon pour les faire analyser. Conserver l’aréole et le mamelon augmente toutefois le risque de souffrance cutanée. Nous évaluerons donc cette option au cas par cas, en fonction notamment de la taille de votre sein, de sa forme et de la qualité de la peau.

Que se passe-t-il si la radiothérapie est décidée après l’opération ?

On conserve la reconstruction et on réalise la radiothérapie. Si une prothèse est déjà en place, elle joue alors le rôle de prothèse d’attente. Environ un an après la fin des rayons, on peut la conserver si elle reste bien tolérée, mais on la remplace le plus souvent par une nouvelle prothèse ou par un lambeau.

Combien de temps durent l’opération et l’hospitalisation ?

Avec une prothèse, la reconstruction ajoute environ une heure à la mastectomie et vous sortez le lendemain. Avec un lambeau DIEP ou PAP, l’intervention dure 4 à 5 heures en double équipe, et l’hospitalisation est de cinq jours environ, avec une surveillance continue du lambeau pendant les 48 premières heures.

Dois-je arrêter de fumer avant une reconstruction immédiate ?

Oui, complètement, au moins un mois avant et un mois après l’intervention. Le tabac diminue la vascularisation de la peau conservée et augmente le risque de nécrose, d’infection et d’échec. Dans ma pratique, un tabagisme actif contre-indique la pose d’un implant comme la réalisation d’un lambeau. Si l’arrêt n’est pas envisageable, il faudra reporter la reconstruction.

Puis-je avoir une chimiothérapie après une reconstruction immédiate ?

Oui, selon le calendrier fixé par votre oncologue. La chimiothérapie débute dans les semaines qui suivent l’intervention, que vous ayez eu ou non une reconstruction. Seule une complication, comme une infection, peut la retarder de quelques semaines, ce qui reste peu fréquent.

Pourrai-je choisir un sein plus gros ou plus petit qu’avant ?

Dans une certaine mesure, oui. Une prothèse peut être un peu plus volumineuse que le sein d’origine, dans la limite de l’élasticité de votre peau. Un lambeau apporte le volume disponible sur le ventre ou la cuisse. Le plus souvent, c’est la symétrisation de l’autre sein, dans un second temps, qui permet d’ajuster les volumes.

Que faire si je ne suis pas sûre de vouloir une reconstruction ?

Prenez le temps, la reconstruction n’est jamais obligatoire. Si vous préférez vous consacrer au traitement, la mastectomie est réalisée sans reconstruction et une reconstruction secondaire reste possible plus tard, à tout moment. Dans l’intervalle, vous pourrez glisser une prothèse externe dans votre soutien-gorge.

Références scientifiques

Qualité de vie et accès à la reconstruction immédiate

  • Dauplat J, Kwiatkowski F, Rouanet P, Delay E, Clough K, Verhaeghe JL, et al. Quality of life after mastectomy with or without immediate breast reconstruction. Br J Surg. 2017. Lien PubMed | Lien DOI
  • Houzard S, Courtois E, Le Bihan Benjamin C, Erbault M, Arnould L, Barranger E, et al. Monitoring Breast Cancer Care Quality at National and Local Level Using the French National Cancer Cohort. Clin Breast Cancer. 2022. Lien PubMed | Lien DOI
  • Institut national du cancer (INCa). Reconstruction mammaire après mastectomie totale en France – Analyse nationale à partir du SNDS. Fiche « Données » (réf. DONNEESMT26). 2026. Lien INCa

Sécurité oncologique de la reconstruction immédiate

  • Bargon CA, Young-Afat DA, Ikinci M, Braakenburg A, Rakhorst HA, Mureau MAM, et al. Breast cancer recurrence after immediate and delayed postmastectomy breast reconstruction-A systematic review and meta-analysis. Cancer. 2022. Lien PubMed | Lien DOI
  • Wu ZY, Kim HJ, Lee JW, Chung IY, Kim JS, Lee SB, et al. Long-term Oncologic Outcomes of Immediate Breast Reconstruction vs Conventional Mastectomy Alone for Breast Cancer in the Setting of Neoadjuvant Chemotherapy. JAMA Surg. 2020. Lien PubMed | Lien DOI

Complications de la reconstruction immédiate

  • Matsen CB, Mehrara B, Eaton A, Capko D, Berg A, Stempel M, et al. Skin Flap Necrosis After Mastectomy With Reconstruction: A Prospective Study. Ann Surg Oncol. 2016. Lien PubMed | Lien DOI
  • Potter S, Conroy EJ, Cutress RI, Williamson PR, Whisker L, Thrush S, et al. Short-term safety outcomes of mastectomy and immediate implant-based breast reconstruction with and without mesh (iBRA): a multicentre, prospective cohort study. Lancet Oncol. 2019. Lien PubMed | Lien DOI
  • Prantl L, Moellhoff N, von Fritschen U, Giunta RE, Germann G, Kehrer A, et al. Immediate versus secondary DIEP flap breast reconstruction: a multicenter outcome study. Arch Gynecol Obstet. 2020. Lien PubMed | Lien DOI
  • Daar DA, Abdou SA, Rosario L, Rifkin WJ, Santos PJ, Wirth GA, et al. Is There a Preferred Incision Location for Nipple-Sparing Mastectomy? A Systematic Review and Meta-Analysis. Plast Reconstr Surg. 2019. Lien PubMed | Lien DOI

Radiothérapie, reconstruction immédiate différée et séquence inversée

  • Kronowitz SJ, Hunt KK, Kuerer HM, Babiera G, McNeese MD, Buchholz TA, et al. Delayed-immediate breast reconstruction. Plast Reconstr Surg. 2004. Lien PubMed | Lien DOI
  • Thiruchelvam PTR, Leff DR, Godden AR, Cleator S, Wood SH, Kirby AM, et al. Primary radiotherapy and deep inferior epigastric perforator flap reconstruction for patients with breast cancer (PRADA): a multicentre, prospective, non-randomised, feasibility study. Lancet Oncol. 2022. Lien PubMed | Lien DOI
  • Godden AR, Micha A, O’Connell RL, Mohammed K, Kirby AM, Thiruchelvam PTR, et al. Pre-operative Radiotherapy And Deep Inferior Epigastric Artery Perforator (DIEP) flAp study (PRADA): Aesthetic outcome and patient satisfaction at one year. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2023. Lien PubMed | Lien DOI
  • Nelissen SH, Young-Afat DA, van den Bongard HJGD, Coert JH, Boersma LJ, Maarse W. Neoadjuvant radiotherapy and immediate breast reconstruction: A systematic review of literature of the last decade. Radiother Oncol. 2025. Lien PubMed | Lien DOI
  • Institut Curie, Gustave Roussy, AP-HP. Référentiel diagnostique et thérapeutique SEIN – SENORIF 2025-2026 (anciennement REMAGUS). Chapitre « Chirurgie plastique et reconstructrice » (reconstruction immédiate et traitements adjuvants, séquence inversée), p. 95-99. Lien Institut Curie

Pour citer cette page

Si vous êtes un professionnel de santé, un journaliste ou un étudiant, vous pouvez citer cette page selon l’un des formats suivants.

Auteur : Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien et reconstructeur, RPPS 10101382645, Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine) et Institut Curie (Paris/Saint-Cloud).

Vancouver : Struk S. Reconstruction mammaire immédiate à l’Institut Curie : guide complet et prise en charge à 100 %. docteurstruk.fr [Internet]. Paris : Cabinet du Dr Samuel Struk ; mis à jour le 11 octobre 2026. Disponible sur : https://docteurstruk.fr/reconstruction-mammaire/reconstruction-mammaire-immediate/

APA : Struk, S. (2026, 11 octobre). Reconstruction mammaire immédiate à l’Institut Curie : guide complet et prise en charge à 100 %. docteurstruk.fr. https://docteurstruk.fr/reconstruction-mammaire/reconstruction-mammaire-immediate/


LES INTERVENTIONS DE RECONSTRUCTION MAMMAIRE

Reconstruction mammaire par DIEP

Lambeau DIEP (ventre)

Reconstruction mammaire par PAP

Lambeau PAP (cuisse)

Reconstruction mammaire par grand dorsal

Reconstruction par grand dorsal

Reconstruction mammaire par prothèse

Reconstruction par prothèse

Lipofilling exclusif

Lipofilling exclusif (graisse)

Mastectomie prophylactique du cancer du sein

Mastectomie prophylactique

Symétrisation mammaire

Symétrisation mammaire

Reconstruire l'aréole et le mamelon

Reconstruction de l’aréole

Corriger des séquelles de tumorectomie

Séquelles de tumorectomie

Dr Samuel Struk

DOCTEUR SAMUEL STRUK

Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique

Spécialiste exclusif en chirurgie mammaire, le Dr Samuel Struk accompagne les patientes dans leur parcours de chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il vous reçoit en consultation pour un diagnostic sur-mesure au sein de son cabinet situé au 99, rue de Prony, 75017 Paris.

Ancien Assistant Spécialiste du prestigieux Institut Gustave Roussy (1er centre européen de lutte contre le cancer), il exerce aujourd’hui en tant que Praticien Attaché à l’Institut Curie (Saint-Cloud) pour la reconstruction mammaire complexe (microchirurgie DIEP, PAP) et réalise ses interventions de chirurgie esthétique du sein à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).

Déclaration de fiabilité :

Cet article a été intégralement rédigé, revu et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, conformément aux données acquises de la science et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale personnalisée.

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Ma femme a été opérée par le Dr. Struk en fin 2024 et début 2026 pour une double mastectomie prophylactique, puis un premier lipofilling. Très bonne expérience, le Dr Struk est bien professionnel, responsable, et rassurant, l'ayant accompagnée tout au long du processus et restant toujours très rapidement disponible pour répondre à chaque question. Nous sommes très contents du résultat et du suivi post-opératoire. Nous recommandons fortement le Chirurgien Dr Struk pour son professionnalisme.
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Je tiens à remercier le chirurgien Dr Struck pour m'avoir rassuré tout au long de mon opération de réduction mammaire et pour son travail soigné. Vous pouvez y aller les yeux fermés.
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J'ai été opérée il y a un mois par le Dr Struck pour une reconstruction par lambeau Diep. Je suis ravie. J'ai récupéré un sein qui ressemble vraiment à un sein, avec une certaine souplesse. Rien à voir avec une prothèse. Le travail est magnifique. Le sein est naturel, n'est pas lourd comme avec une prothèse. Le docteur Struck a également pris le temps de me rassurer sur l’intervention, en amont, mais surtout le matin même, juste avant de passer au bloc. L’hospitalisation s’est très bien passée. Peu de douleurs, une mobilité dès le lendemain. Cerise sur le gâteau, mon ventre a fondu. Je n’étais pas venue pour ça mais c’est une suite très agréable. L’intervention est lourde, c’est vrai, mais elle en vaut vraiment la peine !
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Opéré d'une correction d'adipomastie en octobre 2025 par le Dr Struk, je suis pleinement satisfait. Le suivi post-opératoire est rigoureux et le résultat est tout simplement parfait !
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Il y’a bientôt 3 ans j’ai été opéré par le docteur Struk pour un lifting mammaire. J’avais seulement 25 ans et fait un métier dans l’image c’était donc un vrai pas à franchir pour moi. A cause de perte et de prise de poids succincte, ma poitrine ne tenait pas comme celle d’une jeune femme de 25 ans et cela me complexait beaucoup. Grace à cette opération et au Dr Struk , je peux maintenant porter fièrement des hauts ainsi que des maillots que je n’osais plus porter. Je suis extrêmement heureuse du résultats, mes cicatrices ne se voit quasiment plus du tout. De plus j’ai souvenir de mon passage à la clinique le jour de l’opération : je suis arrivée à 7h30 et à 12h j’étais déjà repartie. Tout le monde a été absolument adorable et tout est allée très vite. J’avais toujours quelqu’un pour s’occuper de moi. Je recommande très vivement
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Retrait prothèses mammaire Le Dr Struk est de très bon conseil, à notre écoute sur nos doutes,répond a toutes nos questions,rassurant par son calme et son professionnalisme.... L intervention c est tres bien déroulée,pas de problème post op ,un suivi très serieux. Le résultat est parfait.... Un énorme merci au Dr Struk que je recommande les yeux fermés
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nazha ait
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J’ai été opéré par Dr Struk et tout s’est extrement bien passé . Le Dr Struk est rassurant dès le premier rdv jusqu’à l’opération . Le petit plus de Dr STruk est qu’il explique tout le déroulé de l’opération et qu’après l’opération vous avez un suivi pour savoir si tout se passe bien au niveau de la cicatrisation . Je recommande +++++
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Katell Le Hir
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Je me suis faite opérer d’un lipome assez volumineux dans le dos avec Dr Struk. C’était une intervention que je repoussais depuis des années mais il s’est montré très professionnel et rassurant sur l’intervention. J’ai été très bien suivie et la cicatrice est très propre. Mention spéciale pour la réactivité et la disponibilité de Dr Struk. Je recommande !