RUPTURE DE PROTHÈSE MAMMAIRE

Une prothèse mammaire peut se rompre du fait de son usure ou à la suite d’un traumatisme.

La cohésivité du gel de silicone des prothèses mammaires de dernière génération limite néanmoins la fuite de silicone dans le sein.

La rupture d’une prothèse mammaire entraine une déformation du sein.

Le traitement repose sur le remplacement des prothèses mammaires. Il ne s’agit pas d’une urgence chirurgicale.

L’intervention peut parfois bénéficier d’un remboursement par la Sécurité Sociale, mais les conditions de prise en charge sont très strictes.

Qu’est-ce qu’une rupture de prothèse mammaire ?

Les implants mammaires en gel de silicone sont constitués d’une enveloppe souple contenant un gel de silicone cohésif. Cette cohésivité rend le gel plus ferme et compact, ce qui limite fortement le risque de fuite en cas de rupture et permet au sein de garder un aspect naturel.

Malgré ces avancées, une prothèse mammaire peut se rompre pour deux raisons principales : l’usure progressive au fil des années ou un choc direct.

Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas de règle imposant de remplacer les prothèses tous les 10 ans. Leur durée de vie est variable et dépend de chaque patiente. Avec le temps, le gel peut perdre sa cohésivité et entraîner une rupture intra-capsulaire. Dans ce cas, le silicone reste contenu à l’intérieur de l’enveloppe de la prothèse et ne s’échappe pas, mais l’implant se déforme, imposant son remplacement.

La rupture extra-capsulaire, plus rare, survient lorsque l’enveloppe elle-même se déchire, le plus souvent à la suite d’un traumatisme violent (par exemple, la compression d’une ceinture de sécurité lors d’un accident). Le gel peut alors franchir l’enveloppe, mais grâce à la cohésivité des silicones modernes, il ne se disperse pas dans le sein. Le contact avec les tissus mammaires reste limité, ce qui réduit le risque de complications sévères.

Quelles sont les causes de rupture d’une prothèse mammaire ?

La rupture d’une prothèse mammaire peut survenir dans deux situations :

  • L’usure naturelle au fil du temps : avec les années, l’enveloppe de la prothèse se fragilise et finit par se rompre.
  • Un traumatisme direct : un choc violent (par exemple un accident de voiture avec compression de la poitrine par la ceinture de sécurité) peut entraîner une déchirure de l’implant.

Les prothèses en gel de silicone cohésif de dernière génération limitent fortement la dispersion du gel en cas de rupture, ce qui réduit les risques de complications.

Quels sont les symptômes devant faire suspecter une rupture de prothèse mammaire ?

Chez les patientes porteuses d’implants mammaires, le signe le plus évocateur de rupture est la modification de la forme du sein. Avec les prothèses de dernière génération, cette déformation reste souvent discrète, car le gel de silicone cohésif conserve partiellement sa forme.

Une rupture d’implant n’entraîne généralement ni douleur ni rougeur. En revanche, toute modification de l’aspect du sein doit conduire à consulter rapidement votre chirurgien plasticien, afin de confirmer le diagnostic et de décider de la conduite à tenir.

A noter que la rupture est beaucoup plus évidente avec les implants remplis de sérum physiologique. Le liquide contenu dans la prothèse percée s’échappe rapidement et est réabsorbé naturellement par l’organisme. Le sein perd donc brutalement son volume et paraît « dégonflé ». Ces prothèses ne sont plus utilisées de nos jours.

Quels sont les risques en cas de rupture de prothèse mammaire ?

La rupture d’un implant en silicone n’est pas une urgence chirurgicale, mais elle nécessite une prise en charge adaptée. On distingue deux situations :

  • Rupture intra-capsulaire : le gel reste contenu à l’intérieur de l’enveloppe de la prothèse. Il n’y a aucun risque mais une conséquence esthétique, avec une déformation du sein. Dans ce cas, la prothèse doit être remplacée, mais il n’y a pas de risque particulier.
  • Rupture extra-capsulaire : plus rare, elle se traduit par la fuite du gel de silicone en dehors de l’implant. Même si les gels modernes sont cohésifs, le contact direct avec les tissus peut entraîner :
    • la formation de siliconomes (petits nodules inflammatoires constitués de silicone), palpables dans le sein sous la forme de boules dures, visibles à l’imagerie ;
    • l’apparition d’adénopathies axillaires, c’est-à-dire une réaction inflammatoire des ganglions situés sous le bras, qui captent les particules de silicone qui ont migré.

La rupture extra-capsulaire n’est pas responsable de cancer. Néanmoins, l’apparition de nodules dans le sein (siliconomes) et d’adénopathies axillaires peut compliquer la lecture des examens d’imagerie (mammographie, échographie) et impose un geste chirurgical rapide pour retirer l’implant rompu et nettoyer les tissus atteints.

Comment faire le diagnostic de prothèse mammaire rompue ?

Le signe le plus caractéristique est une déformation du sein. Si vous constatez une modification de la forme de votre poitrine, cela peut traduire une rupture de l’implant. Encore une fois, une prothèse rompue ne provoque généralement ni douleur, ni rougeur cutanée.

Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique en consultation avec un chirurgien plasticien.

Un bilan d’imagerie est néanmoins indispensable pour confirmer la rupture avant d’organiser l’intervention et vérifier que les seins sont en bonne santé. L’IRM mammaire est l’examen de référence : plus fiable que l’échographie, elle permet de préciser s’il s’agit d’une rupture intra-capsulaire ou extra-capsulaire. La mammographie, en revanche, n’apporte aucune information utile dans ce contexte.

Y-a-t’il une urgence à remplacer une prothèse mammaire rompue ?

La rupture d’une prothèse mammaire n’est pas une urgence. Elle ne nécessite jamais d’intervention immédiate. Une fois le diagnostic confirmé, il n’existe aucune raison médicale de se précipiter pour remplacer l’implant.

Dans la grande majorité des cas, la rupture est intra-capsulaire : le gel de silicone reste contenu à l’intérieur de la capsule fibreuse qui entoure l’implant. Même lorsqu’il s’agit d’une rupture extra-capsulaire après un traumatisme, le contact entre le gel et les tissus mammaires reste limité et n’entraîne généralement pas de symptômes immédiats. Cela laisse le temps d’organiser sereinement la chirurgie dans les semaines ou les mois qui suivent.

Lorsqu’un implant rompu est remplacé, il est fréquent de changer les deux implants au cours de la même intervention. Cela permet de conserver une bonne symétrie et d’éviter un second geste chirurgical à court terme.

Quel traitement en cas de rupture de prothèse mammaire ?

En cas de rupture de prothèse mammaire, le traitement est toujours chirurgical. Néanmoins, il ne s’agit pas d’une urgence. Une fois la rupture confirmée (souvent par IRM), l’intervention peut être programmée sereinement.

L’intervention consiste à retirer la prothèse rompue pour la remplacer par une nouvelle prothèse et à nettoyer la loge. En cas de rupture extra-capsulaire, il faut également enlever les éventuels dépôts de silicone et d’éventuels siliconomes.

Le plus souvent, on profite de cette chirurgie pour remplacer les deux implants. Il est possible d’opter pour des implants de taille ou de forme différente en fonction de vos considérations esthétiques. On réutilise généralement les mêmes cicatrices que celles de la première intervention, on ne rajoute donc pas de nouvelles cicatrices sur le sein.

Lorsque la poitrine s’est affaissée avec le temps, il est également possible d’associer au remplacement des implants un lifting mammaire (mastopexie) pour corriger la ptôse mammaire. Selon le degré de relâchement, le lifting peut être réalisé par une cicatrice péri-aréolaire (round block) ou par une cicatrice en T inversé.

Puis-je simplement retirer mes implants mammaires ?

En cas de rupture d’un implant mammaire, la majorité des patientes optent pour un changement de prothèses mammaires afin de conserver le volume et l’apparence de la poitrine. 

Certaines femmes préfèrent toutefois ne pas remettre d’implant. Dans ce cas, le retrait des prothèses peut entraîner une ptôse mammaire, c’est-à-dire un affaissement du sein. Il est alors possible d’associer au retrait des implants un lifting mammaire (mastopexie) pour remonter la poitrine. Selon le degré de relâchement cutané, le lifting peut nécessiter soit une cicatrice autour de l’aréole (round block) pour les ptôses modérées, soit une cicatrice en T inversé, qu’on appelle aussi cicatrice en « ancre de marine », pour les ptôses plus marquées.

Une autre alternative consiste à remplacer les implants par votre propre graisse, en effectuant un lipofilling mammaire. Pour cela, on prélève la graisse par lipoaspiration sur certaines zones du corps (dos, ventre, hanches, cuisses), puis on la réinjecte dans vos seins. Le résultat est plus naturel. En revanche, cette technique a ses limites : elle nécessite des réserves de graisse suffisantes, et plusieurs séances peuvent être nécessaires car une partie du tissu graisseux injecté se résorbe naturellement au cours des premiers mois.

Le traitement d’une prothèse mammaire rompue peut-il être pris en charge par la Sécurité Sociale ?

L’intervention peut parfois bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité Sociale.

La possibilité d’une prise en charge va dépendre du motif initial de la pose des implants et de la nature du geste réalisé :

  • Changement d’implants : la Sécurité Sociale peut intervenir uniquement si la pose initiale des prothèses avait été réalisée dans le cadre d’une chirurgie réparatrice, c’est-à-dire avec une prise en charge initiale. Néanmoins, une demande d’entente préalable auprès de la Sécurité Sociale reste indispensable avant toute intervention.
  • Retrait des implants : la prise en charge est possible si la rupture est confirmée par un examen d’imagerie (IRM ou échographie). Là encore, une entente préalable est obligatoire.
  • Gestes esthétiques associés (lifting mammaire, lipofilling mammaire, etc.) : ces interventions sont considérées comme actes de chirurgie esthétique et ne font l’objet d’aucune prise en charge. Dans ce cas, l’intervention ne sera donc pas remboursée, ni par la Sécurité Sociale, ni par la mutuelle.

Quel est le prix de la chirurgie en cas de prothèse mammaire rompue ?

Le coût de l’intervention dépend du type de geste réalisé et du lieu où la chirurgie est effectuée (hôpital public ou clinique privée).

Dans le secteur public hospitalier, les chirurgiens et anesthésistes sont rémunérés par la Sécurité Sociale : il n’y a donc aucun dépassement d’honoraires, mais les délais d’attente peuvent être plus longs et le choix du praticien est limité.

En privé, les honoraires varient selon le praticien, la clinique et la complexité de l’intervention. Le coût de l’intervention va dépendre des honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste. En cas de chirurgie non prise en charge, il faut rajouter le coût des implants mammaires, la location du bloc opératoire, les frais d’hospitalisation et la TVA à 20%.

En pratique :

  • Retrait simple des implants : à partir de 2 800 €, avec un remboursement partiel possible par la mutuelle en cas de prothèse mammaire rompue.
  • Changement d’implants : environ 3 800 € lorsque l’intervention bénéficie d’une prise en charge par la Sécurité Sociale (remboursement partiel par la mutuelle possible).
  • En l’absence de prise en charge (chirurgie esthétique) : le coût varie entre 5 000 et 6 000 €, selon le geste associé (lifting mammaire, lipofilling mammaire, etc.). Dans ce cas, aucun remboursement n’est possible, ni par la Sécurité Sociale, ni par les mutuelles, car il s’agit d’un acte de chirurgie esthétique.


LES INTERVENTIONS DE CHIRURGIE MAMMAIRE

Prothèses mammaires

Prothèses mammaires

Lipofilling mammaire

Lipofilling mammaire

Réduction mammaire

Réduction mammaire

Lifting mammaire

Lifting mammaire (mastopexie)

Lifting mammaire avec implants

Lifting mammaire avec implants

Symétrisation mammaire

Asymétrie mammaire

Changement de prothèses mamaires

Changement de prothèses

Retrait de prothèses mammaires

Retrait de prothèses

Dr Samuel Struk

DOCTEUR SAMUEL STRUK

Spécialiste en chirurgie mammaire esthétique & réparatrice

Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie du sein, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.

Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.

Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine

Pour en savoir plus sur les implants mammaires

Prothèses mammaires ergonomiques : le point 2026

Les prothèses mammaires ergonomiques représentent une avancée majeure en augmentation mammaire. Découvrez pourquoi elles surpassent les prothèses rondes et anatomiques.

Regret après une augmentation mammaire

Regretter le choix de se faire opérer d’une augmentation mammaire est une crainte fréquente. Découvrez comment éviter cette situation.

Augmentation mammaire : questions fréquentes avant l’opération

Peur de regretter l’opération, peur de la douleur, crainte pour la sexualité, l’allaitement, le sport, regard des autres : découvrez les réponses médicales aux interrogations que vous n’osez pas poser avant votre augmentation mammaire.

Un problème est survenu. Veuillez actualiser la page et/ou essayer à nouveau.