La rupture d’une prothèse mammaire, qu’elle soit intra-capsulaire ou extra-capsulaire, n’est pas une urgence. Elle est le plus souvent asymptomatique, se confirme par une IRM mammaire et se traite chirurgicalement par le remplacement des implants. Une rupture de prothèse mammaire peut néanmoins évoluer vers une coque péri-prothétique.
Expert en chirurgie mammaire et chirurgien attaché à l’Institut Curie, je vous explique ici comment reconnaître, diagnostiquer et prendre en charge une prothèse mammaire rompue, ainsi que les conditions de remboursement par la Sécurité Sociale.
Rupture de prothèse mammaire : l’essentiel
- Ce n’est pas une urgence chirurgicale : une fois le diagnostic confirmé, le remplacement de la prothèse se programme sereinement, dans les semaines ou les mois qui suivent.
- Le gel de silicone cohésif des prothèses récentes limite fortement la fuite : le sein conserve le plus souvent un aspect naturel, même en cas de rupture.
- L’IRM mammaire est l’examen de référence pour confirmer la rupture et préciser si elle est intra- ou extra-capsulaire (la mammographie n’apporte rien dans ce contexte).
- Le traitement est chirurgical : retrait de la prothèse rompue et remplacement, les deux implants étant le plus souvent changés au cours de la même intervention.
- Une prise en charge par la Sécurité Sociale est parfois possible, sous conditions strictes et après entente préalable.
Informations pratiques
- Consultation : 99 rue de Prony, 75017 Paris.
- Intervention : Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
- Rendez-vous : Prendre rendez-vous sur Doctolib ou au 01 42 94 19 88.
RUPTURE DE PROTHÈSE MAMMAIRE
Une prothèse mammaire peut se rompre du fait de son usure ou à la suite d’un traumatisme.
La cohésivité du gel de silicone des prothèses mammaires de dernière génération limite néanmoins la fuite de silicone dans le sein.
La rupture d’une prothèse mammaire est le plus souvent silencieuse (sans symptôme) diagnostiquée sur un examen de surveillance. Elle peut aussi se manifester par une coque.
Le traitement repose sur le remplacement des prothèses mammaires. Il ne s’agit pas d’une urgence chirurgicale.
L’intervention peut parfois bénéficier d’un remboursement par la Sécurité Sociale, mais les conditions de prise en charge sont très strictes.

Tout savoir sur la rupture de prothèse mammaire
Qu’est-ce qu’une rupture de prothèse mammaire ?
Une rupture de prothèse mammaire correspond à une déchirure de l’enveloppe de l’implant, qui laisse s’échapper son contenu, gel de silicone ou sérum physiologique. C’est une complication attendue à long terme. Aucune prothèse n’est conçue pour durer toute la vie, et son enveloppe finit par s’user avec les années. Dans la majorité des situations que je prends en charge, la rupture ne s’accompagne d’aucune douleur. Cela explique qu’on parle souvent de rupture « silencieuse ». Dans la majorité des cas, la rupture d’implant est donc diagnostiquée sur un examen de suivi (échographie ou IRM mammaire).
Sérum physiologique ou gel de silicone cohésif : des conséquences différentes
Le type de remplissage de votre implant modifie la façon dont une rupture se manifeste et ses conséquences. Je n’utilise pour ma part que des prothèses en gel de silicone cohésif. Le terme « cohésif » signifie que les molécules du gel sont liées entre elles. Le gel se tient d’un seul bloc, au lieu de se comporter comme un liquide. C’est tout son intérêt en cas de rupture : même lorsque l’enveloppe cède, le gel ne s’écoule pas, il reste solidaire et le plus souvent en place. Le sein conserve sa forme, et c’est précisément ce qui rend ces ruptures imperceptibles à l’œil comme au toucher.
Les prothèses au sérum physiologique, elles, ne sont quasiment plus utilisées en France. En effet, leur toucher est moins naturel et la moindre fissure de l’enveloppe entraîne une déflation brutale. Lorsqu’elles se percent, le sérum (de l’eau salée, sans danger, résorbée par l’organisme) s’échappe en quelques heures et le sein se dégonfle de façon visible. La rupture est alors évidente, sans qu’aucun examen ne soit nécessaire.
Enfin, le gel de silicone se rompt également moins souvent. Dans la plus grande cohorte publiée à ce jour, portant sur près de 100 000 patientes (Coroneos et al., 2019), le taux de rupture à court terme était de 0,5 % pour les implants en silicone contre 2,5 % pour ceux au sérum physiologique.
Que signifie « cohésif » ?
Un gel de silicone cohésif est un gel dont les molécules sont liées entre elles : il se tient d’un seul bloc et garde sa forme, à la manière d’un bonbon gélifié, au lieu de s’écouler comme un liquide. Cette propriété (on parle de « cohésivité » du silicone) , comparée au sérum physiologique liquide des anciennes prothèses, présente deux avantages :
- Un résultat plus naturel au toucher. La consistance du gel cohésif est proche de celle de la glande mammaire, ce qui donne au sein un toucher souple et naturel, bien plus fidèle que le sérum physiologique.
- Une rupture mieux contenue. En cas de fissure de l’enveloppe, la cohésivité du gel fait que la majeure partie du silicone reste confinée à l’intérieur de l’implant, au lieu de se répandre. C’est ce qui explique que la plupart des ruptures restent asymptomatiques.
Rupture intra-capsulaire ou extra-capsulaire : quelle différence ?
Cette distinction concerne uniquement les implants mammaires remplis de gel de silicone. Pour les implants au sérum physiologique, la question ne se pose pas. Lorsque l’enveloppe se rompt, le sérum est en effet rapidement absorbé par l’organisme. À l’inverse, le gel de silicone cohésif persiste dans les tissus après une rupture.
Pour comprendre la différence entre une rupture intracapsulaire et extracapsulaire, il faut savoir ce qu’est la capsule péri-prothétique.
Après la pose d’un implant mammaire, l’organisme forme naturellement autour de celui-ci une fine membrane fibreuse appelée capsule péri-prothétique. Lorsqu’une rupture survient, la classification dépend de la localisation du silicone par rapport à cette capsule :
- La rupture intracapsulaire, de loin la plus fréquente, correspond à une rupture de l’enveloppe de l’implant alors que le gel de silicone demeure confiné à l’intérieur de la capsule péri-prothétique. Le sein conserve généralement un aspect normal et le diagnostic repose le plus souvent sur l’IRM.
- La rupture extracapsulaire est plus rare. Elle survient lorsque le silicone franchit la capsule péri-prothétique et diffuse dans les tissus mammaires environnants. Cette situation peut entraîner une réaction inflammatoire chronique, avec notamment la formation de siliconomes.
Une étude de référence (Hölmich et al., 2001), ayant suivi par IRM 271 femmes porteuses d’implants mammaires, a montré que seulement 22 % des ruptures étaient extracapsulaires. Autrement dit, dans près de 8 cas sur 10, le silicone reste contenu à l’intérieur de la capsule péri-prothétique.
En pratique, une rupture extracapsulaire justifie généralement une prise en charge chirurgicale plus rapide. L’objectif est de retirer l’implant rompu et de limiter les conséquences inflammatoires liées à la présence de silicone dans les tissus.
Enveloppe de l’implant et capsule péri-prothétique : deux choses à ne pas confondre
Deux « membranes » entourent le gel, et elles n’ont rien à voir :
- L’enveloppe de l’implant est la coque en silicone fabriquée industriellement, qui contient le gel cohésif. C’est elle qui se fissure lors d’une rupture.
- La capsule péri-prothétique est une fine membrane que votre corps fabrique naturellement autour de tout implant, pour l’isoler des tissus voisins. Elle est physiologique et normale.
Cette distinction est essentielle pour comprendre les deux formes de rupture. Lorsqu’une prothèse se rompt, c’est toujours l’enveloppe en silicone qui cède. La capsule péri-prothétique, elle, peut réagir de deux façons : le plus souvent elle reste intacte et retient le gel à l’intérieur — c’est la rupture intra-capsulaire ; plus rarement, lors d’un choc à haute intensité, elle se rompt à son tour et laisse le gel diffuser vers les tissus mammaires — c’est la rupture extra-capsulaire.
Quelles sont les causes de rupture d’une prothèse mammaire ?
Une rupture de prothèse mammaire résulte plus souvent de l’usure naturelle de l’implant. Les traumatismes violents peuvent aussi en être la cause, mais ils restent bien plus rares. Connaître l’origine d’une rupture aide à planifier l’intervention plus ou moins rapidement.
L’usure : la cause principale
La première cause de rupture est le vieillissement de l’enveloppe de l’implant. Avec le temps, la paroi en silicone subit des contraintes mécaniques répétées, à chaque mouvement et à chaque pression, qui finissent par la fragiliser et favoriser l’apparition de microfissures. C’est un phénomène inévitable : aucune prothèse n’est conçue pour durer toute la vie.
Les données le confirment nettement. Dans l’étude danoise de référence (Hölmich et al., 2001), l’âge de l’implant était le facteur le plus fortement associé à la rupture, avec un risque environ douze fois plus élevé de survenue d’une rupture dans l’année pour les implants âgés de 16 à 20 ans que pour ceux de 3 à 5 ans. C’est précisément pour cette raison que je recommande un suivi régulier de vos implants mammaires.
L’usure naturelle d’un implant entraîne une rupture intra-capsulaire. Seule l’enveloppe de la prothèse se rompt, tandis que la capsule fibreuse formée naturellement par l’organisme autour de l’implant reste intacte et contient le silicone.
Les traumatismes violents
Un traumatisme peut rompre une prothèse, mais il doit être direct et de forte intensité, comme un choc thoracique violent lors d’un accident de la route (cisaillement de l’implant par la ceinture de sécurité) ou une chute à ski par exemple.
Certains gestes médicaux ont aussi été identifiés comme des causes. La capsulotomie fermée — une manœuvre ancienne qui consistait à écraser manuellement une coque pour la rompre — était significativement associée aux ruptures, en particulier extra-capsulaires (Hölmich et al., 2001) ; cette pratique est aujourd’hui abandonnée pour cette raison.
La compression appuyée lors d’une mammographie peut elle aussi, plus rarement, être à l’origine d’une rupture : une analyse des signalements adressés à la FDA américaine a recensé des cas de prothèses rompues pendant l’examen (Brown et al., 2004). C’est la raison pour laquelle il faut toujours signaler le port d’implants au manipulateur radio, afin qu’il adapte sa technique (manœuvre de refoulement d’Eklund).
Un traumatisme violent peut provoquer une rupture extra-capsulaire, c’est-à-dire une rupture simultanée de l’implant et de la capsule péri-prothétique qui l’entoure, avec un risque de diffusion du silicone dans les tissus mammaires avoisinants.
Mammographie et implants mammaires
En pratique, vous pouvez passer vos mammographies de dépistage en toute confiance. Les manipulateurs en radiologie sont aujourd’hui formés et habitués à la présence d’implants : ils adaptent la compression et utilisent une technique dédiée, la manœuvre de refoulement d’Eklund, qui consiste à repousser l’implant vers l’arrière pour bien dégager et imager le tissu mammaire. Les ruptures provoquées par une mammographie sont, dans ce contexte, tout à fait exceptionnelles. Pensez simplement à signaler le port de vos prothèses lors de la prise de rendez-vous et le jour de l’examen.
Le sport peut-il provoquer une rupture de prothèse ?
Non, aucune donnée scientifique ne montre que la pratique sportive augmente le risque de rupture d’une prothèse mammaire. C’est une inquiétude fréquente en consultation, mais elle n’est pas fondée. L’activité physique, même intense ou répétée — course, musculation, tennis, padel —, ne génère pas sur l’implant des forces comparables à celles d’un traumatisme à haute énergie. Vous n’avez donc pas à renoncer au sport par crainte d’abîmer vos prothèses.
Le risque ne vient pas de l’effort, mais du choc. Un traumatisme direct et violent sur le thorax peut, lui, entraîner une rupture, typiquement lors d’une chute à ski, d’une chute en ski nautique ou d’un impact dans un sport de contact. Dans ces situations, la brutalité de l’impact peut rompre l’enveloppe et, parfois, faire céder en même temps la capsule péri-prothétique : on parle alors de rupture extra-capsulaire, où le gel diffuse au-delà de la capsule. C’est précisément ce mécanisme à haute énergie qui distingue le vrai facteur de risque de la simple pratique sportive, qui, elle, reste sans danger pour vos implants.
Pourquoi connaître la nature de la rupture de l’implant est-elle importante ?
Parce que l’origine présumée d’une rupture oriente directement le degré d’urgence de la prise en charge. Lors de la consultation, l’interrogatoire est donc une étape clé : retrouver, ou non, un événement déclenchant change la façon dont j’aborderai votre situation.
Lorsqu’un choc direct et violent a précédé les symptômes — une chute à ski, un accident —, je suspecte en priorité une rupture extra-capsulaire, dans laquelle le gel a pu franchir la capsule. Cette forme justifie une prise en charge plus rapide, car le silicone diffusé hors de la capsule peut, avec le temps, migrer vers les tissus voisins. Il ne s’agit pas pour autant d’une urgence vitale, mais d’une situation que je préfère ne pas laisser traîner.
À l’inverse, lorsqu’aucune cause n’est retrouvée à l’interrogatoire, la rupture est le plus souvent liée à l’usure progressive de l’implant. Elle est alors typiquement intra-capsulaire : le gel cohésif reste confiné à l’intérieur de la capsule, sans diffuser. C’est de loin le cas le plus fréquent — dans l’étude de référence, près de huit ruptures sur dix étaient intra-capsulaires (Hölmich et al., 2001) — et c’est aussi le moins urgent : le remplacement de la prothèse peut alors se programmer sereinement.
Dans tous les cas, seule une IRM mammaire, permettra de confirmer le type de rupture avec exactitude.
À quelle fréquence une prothèse mammaire se rompt-elle ?
Le risque de rupture est faible dans les premières années et augmente progressivement avec l’ancienneté de l’implant. Il dépend principalement du type de prothèse et du contexte — chirurgie esthétique ou reconstruction après cancer.
Taux de rupture après augmentation mammaire esthétique
Après une augmentation esthétique, le risque de rupture se compte en quelques % sur les dix premières années avec les prothèses actuelles. Les données les plus solides proviennent du suivi à long terme de modèles précis d’implants. À 10 ans, le taux de ruptures confirmées par IRM était de 5,7 % pour le modèle Natrelle 410 d’Allergan/AbbVie (Maxwell et al., 2015) ; une autre grande étude retrouvait 3,1 % de ruptures à 8 ans pour les implants anatomiques Mentor (Caplin et al., 2014).
Une précision importante s’impose ici. Ces deux implants, le Natrelle 410 et le Mentor MemoryShape, sont des modèles texturés d’ancienne génération. Le premier, macrotexturé, a été retiré du marché français en 2019 ; le second est un implant anatomique aujourd’hui très peu utilisé en France, où la pratique s’est orientée vers les implants lisses et ronds. Ces chiffres fournissent donc une estimation utile du risque de rupture des prothèses mammaires en silicone, mais il faut garder à l’esprit qu’ils concernent des implants d’ancienne génération, aujourd’hui largement remplacés par des modèles plus récents.
Le facteur déterminant reste le temps. Pour des implants de génération plus ancienne, 98 % des implants étaient encore intacts à 5 ans, et 83-85 % à 10 ans (McLaughlin et al., 2007) : le risque grimpe nettement au-delà d’une dizaine d’années. En pratique, je préfère recommander une surveillance régulière de vos implants au fil du temps plutôt que d’imposer une « date de péremption » qui ne repose sur aucune réalité scientifique.
Et les implants Motiva ?
Les implants Motiva, que je pose dans la grande majorité de mes augmentations esthétiques, affichent dans les études actuelles des taux de rupture très faibles — mais avec un recul encore limité. Ce sont des implants à surface lisse de dernière génération (classés « lisses » selon la norme ISO-14607:2018), introduits en 2010 et conçus pour réduire la réaction inflammatoire autour de la prothèse.
Les données publiées sont rassurantes. Dans l’étude pivot soumise à la FDA, à 3 ans, la rupture et la coque ne sont plus les principales causes de réintervention, au profit de motifs esthétiques (Glicksman et al., 2024). Un suivi prospectif à 6 ans ne rapportait aucune rupture (Quirós et al., 2019), tout comme de larges séries de praticiens portant sur plusieurs centaines d’implants (Botti et al., 2022 ; Huemer et al., 2018).
Je reste néanmoins prudent : ces implants étant récents, nous ne disposons pas encore d’un taux de rupture validé à 10 ans, comme c’est le cas pour des modèles plus anciens. Les résultats à court et moyen terme sont excellents, mais il serait prématuré d’affirmer une supériorité définitive sur la durée. Mon choix se porte aujourd’hui préférentiellement sur ces implants pour deux raisons principales : leur surface lisse, qui n’est pas concernée par les mesures ayant conduit au retrait des implants macrotexturés en 2019 par l’ANSM en France, et leur forme ergonomique, qui offre un galbe naturel aussi bien en position debout qu’allongée.
Taux de rupture après reconstruction mammaire (cancer du sein)
Après une reconstruction par prothèse, le risque de rupture d’implant est comparable à celui de la chirurgie esthétique.
En effet, de grandes études retrouvent des taux de rupture proches de ceux qu’on observe après une augmentation mammaire esthétique — de l’ordre de 3,8 % des implants dans un suivi à 6 ans (Maxwell et al., 2012). En revanche, le taux de réintervention à 7 ans atteignait 25 % après reconstruction, contre 11,7 % après augmentation mammaire esthétique, et la coque (contracture capsulaire) y était plus fréquente (12,7 % contre 7,2 %) (Coroneos et al., 2019). Ce qui différencie la reconstruction mammaire de l’augmentation esthétique n’est pas tant le risque de rupture de l’implant que la fréquence plus élevée des autres complications liées à un terrain plus fragile.
La radiothérapie, souvent nécessaire après un cancer du sein, joue ici un rôle clé : elle augmente significativement les complications majeures et les coques (Ibraheem et al., 2024). Le sein reconstruit, surtout après irradiation, demande donc un suivi plus attentif. C’est un point que j’aborde systématiquement avec les patientes que je suis à l’Institut Curie, où reconstruction et parcours oncologique vont de pair.
Là encore, une partie des données de reconstruction provient d’implants aujourd’hui retirés du marché, comme le modèle Natrelle 410 d’Allergan/AbbVie (Maxwell et al., 2012). En reconstruction, j’utilise pour ma part des implants Eurosilicone et Arion, microtexturés et disponibles via le marché Unicancer, ce qui permet leur prise en charge par la Sécurité Sociale. Leur surface microtexturée n’est pas concernée par le retrait de 2019, qui ne visait que les implants macrotexturés et en polyuréthane.
Que faut-il retenir ?
Avec les implants mammaires modernes, la rupture survient le plus souvent à distance de l’intervention. Elle apparaît après de nombreuses années, lorsque l’enveloppe de l’implant commence à se fragiliser naturellement, plutôt que dans les premières années suivant la pose.
Lorsqu’une rupture survient, elle est le plus souvent intra-capsulaire et ne provoque aucun symptôme. Grâce à la cohésivité élevée des gels de silicone actuels, le silicone demeure généralement confiné à l’intérieur de l’enveloppe de la prothèse. Le sein conserve alors son aspect habituel, sans douleur ni modification visible. C’est pourquoi la plupart des ruptures sont découvertes lors d’un examen d’imagerie réalisé dans le cadre du suivi, et non parce qu’elles entraînent des manifestations cliniques.
Il s’agit donc d’une complication souvent silencieuse qu’une surveillance régulière permet de détecter et de prendre en charge dans de bonnes conditions.
Quels sont les symptômes d’une rupture de prothèse mammaire ?
Une rupture de prothèse en gel de silicone ne s’accompagne le plus souvent d’aucun symptôme.
Dans ma pratique, la plupart des patientes qui me consultent pour une rupture le font ainsi après sa découverte sur une imagerie mammaire de surveillance, alors qu’elles ne présentaient aucun symptôme. Lorsque des signes existent, ils sont discrets et tiennent surtout à une modification de la forme ou de la consistance du sein.
Comprendre ce qu’il faut surveiller, et ce qui n’est pas un signe de rupture, permet d’éviter autant l’inquiétude inutile que le retard de diagnostic.
Une rupture le plus souvent silencieuse, sans aucun symptôme
Dans la majorité des cas, une rupture de prothèse en gel de silicone cohésif ne provoque donc aucun symptôme. Le gel de silicone étant cohésif, il reste confiné à l’intérieur de l’enveloppe de l’implant. Le sein conserve donc sa forme et son volume, et vous ne ressentez rien de particulier. C’est précisément pourquoi on parle de rupture « silencieuse ».
Cette réalité est bien documentée : dans les grandes études d’imagerie, une part importante des ruptures sont découvertes par hasard sur une IRM, chez des femmes qui n’avaient remarqué aucun signe (Hölmich et al., 2001). De même, des ruptures non traitées restent le plus souvent asymptomatiques pendant plusieurs années (Hölmich et al., 2004).
Comment savoir si une prothèse mammaire est rompue ? Les signes à connaître
Lorsqu’une rupture se manifeste, le signe le plus évocateur est une modification de la forme ou de la consistance du sein. Ces signes ne sont jamais spécifiques, mais ils doivent vous conduire à consulter :
- un changement de forme ou de galbe, ou une asymétrie nouvelle entre les deux seins ;
- un durcissement du sein, qui devient plus ferme ou se déforme : dans ma pratique, j’ai observé qu’une rupture peut parfois entraîner la formation d’une coque (contracture capsulaire), la capsule se rétractant autour de l’implant rompu. Ce durcissement est alors le signe qui révèle la rupture ;
- une boule palpable dans le sein ou au niveau de l’aisselle, qui peut témoigner d’une migration de silicone hors de la capsule (siliconome), surtout en cas de rupture extra-capsulaire ;
- une gêne ou une sensation de tension, plus rarement une douleur véritable (là encore, en cas de coque secondaire à la rupture).
Ces deux situations ne sont pas que cliniques : une rupture, une coque sévère et un siliconome sont fréquemment retrouvés ensemble, le contact du gel avec la capsule entretenant une réaction inflammatoire (Rosenthal et al., 2024).
À l’inverse, une rougeur, une fièvre ou une douleur intense et brutale ne sont pas des signes habituels d’une simple rupture : ils orientent vers une autre cause et justifient une consultation rapide. Dans tous les cas, seule une imagerie permettra de confirmer la rupture d’une prothèse mammaire.
Le cas particulier des prothèses au sérum physiologique
Pour les prothèses au sérum physiologique, la rupture est au contraire évidente : le sein se dégonfle, partiellement ou totalement, en quelques heures à quelques jours. Le sérum (de l’eau salée sans danger) est résorbé par l’organisme, et la perte de volume, bien visible, signe la rupture sans qu’aucun examen soit nécessaire. Ce cas reste toutefois rare en France, où ces implants ne sont quasiment plus utilisés.
Quand et à quelle fréquence faire une imagerie de surveillance ?
La recommandation officielle, portée par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) et la SoFCPRE (Société française de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique), repose sur une surveillance annuelle associant un examen clinique et une échographie mammaire. L’examen clinique peut être réalisé chez votre chirurgien plasticien, votre gynécologue ou votre médecin traitant.
L’IRM, examen le plus fiable pour la rupture, est réalisée au moindre doute clinique ou échographique.
De son côté, la HAS encadre le dépistage du cancer du sein, qui suit son calendrier propre selon votre âge et vos facteurs de risque, indépendamment de la surveillance des implants.
Une imagerie doit en revanche être réalisée sans attendre dans certaines situations précises : l’apparition d’un changement de forme ou de volume du sein, d’une masse, d’une douleur, d’une inflammation, d’un épanchement, ou à la suite d’un traumatisme du thorax. C’est aussi l’imagerie qui guide la décision lorsqu’un remplacement est envisagé — une question qui, selon l’ANSM, se pose à partir de la dixième année après la pose.
Mes recommandations pour la surveillance de vos implants
Pour ma part, je préconise au minimum un examen clinique annuel et, à partir de la dixième année suivant la pose de vos implants, une imagerie de contrôle annuelle — une échographie, complétée d’une IRM en cas de doute. C’est en effet à partir de cette dixième année que le risque de rupture commence à augmenter : cette surveillance annuelle permet alors de repérer à temps une rupture silencieuse, avant tout symptôme et avant qu’elle ne se complique.
En revanche, je ne préconise pas de remplacement systématique des implants à dix ans en l’absence de rupture prouvée à l’imagerie. Le seuil de dix ans n’est pas une date de péremption : c’est un repère à partir duquel renforcer la surveillance, non un motif de réintervention automatique. Une chirurgie de changement d’implants n’est jamais anodine et expose elle-même à des risques, notamment infectieux : une infection de prothèse impose le retrait des implants. Tant que vos prothèses sont intactes et bien tolérées, la balance bénéfice/risque penche donc en faveur de la surveillance plutôt que d’un remplacement préventif. La décision se prend au cas par cas, avec vous, en fonction de l’état de vos implants et de votre situation personnelle.
Comment diagnostiquer une rupture de prothèse mammaire ?
Seule l’imagerie permet de confirmer le diagnostic de rupture de prothèse mammaire. L’échographie mammaire est l’examen de première intention, et l’IRM reste l’examen de référence, le plus fiable, réalisé en cas de doute ou pour confirmer le diagnostic. La mammographie, elle, n’est pas adaptée à la recherche d’une rupture d’implant.
L’examen clinique en consultation
L’examen clinique est la première étape, mais il a ses limites. En consultation, je recherche une modification de la forme ou du volume du sein, un durcissement, une asymétrie nouvelle ou une masse palpable, dans le sein ou au niveau de l’aisselle. Deux éléments sont en outre importants : l’ancienneté de vos implants et l’existence éventuelle d’un traumatisme sur les seins.
L’échographie mammaire, examen de première intention
L’échographie est l’examen de première intention pour vérifier l’intégrité de vos implants : simple, non irradiante, sans injection et peu coûteuse. Longtemps considérée comme moins fiable que l’IRM, elle s’est révélée bien plus performante qu’on ne le pensait dans les études récentes, lorsqu’elle est réalisée par un radiologue expérimenté.
Comparée à l’IRM, l’échographie atteignait une sensibilité de 95 % et une spécificité de 96 % pour détecter une rupture (Spit et al., 2024). Une autre étude retrouvait une sensibilité de 98 % et une spécificité de 89 % (Rukanskienė et al., 2021). Mieux : l’échographie s’est montrée supérieure à l’IRM pour repérer les dépôts de silicone dans les ganglions de l’aisselle (Spit et al., 2024). C’est ce qui justifie de commencer par elle, et de ne recourir à l’IRM qu’en cas de résultat douteux.
Sensibilité et spécificité, qu’est-ce que c’est ?
Ce sont les deux mesures qui disent si un examen est fiable :
- La sensibilité est sa capacité à détecter les ruptures réelles. Une sensibilité de 95 % signifie que sur 100 prothèses rompues, l’examen en repère 95 (et en manque 5).
- La spécificité est sa capacité à reconnaître les prothèses intactes. Une spécificité de 95 % signifie que sur 100 prothèses intactes, l’examen en confirme 95 comme saines (et en signale 5 à tort comme rompues).
En résumé : une sensibilité élevée évite de passer à côté d’une rupture, une spécificité élevée évite les fausses alertes. Les deux examens de référence ici, l’échographie et l’IRM, obtiennent des scores élevés sur ces deux plans.
L’IRM mammaire, examen de référence
L’IRM mammaire reste l’examen de référence pour confirmer une rupture, en particulier lorsque l’échographie n’est pas concluante. C’est l’examen le plus fiable, capable de distinguer une rupture intra-capsulaire d’une rupture extra-capsulaire.
Sa précision est élevée et c’est un examen reproductible : en prenant les constatations chirurgicales comme référence, l’IRM atteignait une sensibilité et une spécificité de 93 %, avec une concordance excellente entre radiologues (Maijers et al., 2014). Contrairement à l’échographie, dont la fiabilité dépend beaucoup de l’expérience du radiologue qui la réalise, l’IRM est un examen peu « opérateur-dépendant » : ses résultats sont plus reproductibles d’un praticien à l’autre, ce qui explique l’excellente concordance observée entre radiologues.
Chez des patientes opérées d’une reconstruction mammaire par prothèse, son exactitude globale était de 94 %, contre 72 % pour l’échographie dans cette même série (Rietjens et al., 2014). Sur les images, certains signes sont caractéristiques d’une rupture intra-capsulaire, comme le « signe du linguine » (l’enveloppe effondrée flottant dans le gel) ou le « signe de la goutte d’eau ». La valeur prédictive négative de l’IRM étant très élevée, un examen normal est particulièrement rassurant.
Son inconvénient majeur reste son coût, nettement plus élevé que celui de l’échographie, auquel s’ajoutent un accès parfois plus difficile et des délais de rendez-vous plus longs. C’est une raison supplémentaire de réserver l’IRM aux situations de doute, là où l’échographie, plus simple et plus accessible, suffit le plus souvent en première intention.
Pourquoi la mammographie n’est pas adaptée
La mammographie n’est pas l’examen à réaliser pour rechercher une rupture de prothèse. Elle ne permet pas d’évaluer l’intégrité de l’enveloppe de l’implant. De plus, la compression qu’elle exerce peut, dans de rares cas, abîmer un implant fragilisé.
Cela ne veut pas dire que vous ne devez pas faire de mammographie : elle reste indispensable pour le dépistage du cancer du sein, selon votre âge et vos facteurs de risque, mais dans cet autre objectif. Lorsqu’elle est réalisée chez une femme porteuse d’implants, le manipulateur emploie une technique adaptée (la manœuvre de refoulement d’Eklund) pour bien visualiser la glande. Pour la recherche d’une rupture, en revanche, ce sont l’échographie et l’IRM qui font référence.
Pour le calendrier précis de cette surveillance — quand et à quelle fréquence réaliser ces examens —, reportez-vous à la section dédiée plus haut.
Quels sont les risques en cas de rupture de prothèse mammaire ?
La rupture d’un implant mammaire ne constitue pas une urgence médicale. Néanmoins, si on la négligle trop longtemps, le silicone peut migrer dans les tissus voisins et entraîner la formation de siliconomes ou de ganglions dans les aisselles (qu’on appelle adénopathies). À plus long terme, cette irritation chronique peut également favoriser l’apparition d’une coque, responsable d’un durcissement du sein.
Siliconomes et adénopathies de l’aisselle
Le principal risque local concerne les ruptures extra-capsulaires, où le gel franchit la capsule et vient au contact des tissus voisins. Le silicone peut alors former un nodule inflammatoire appelé siliconome, voire migrer vers les ganglions de l’aisselle (adénopathie), qui peuvent augmenter de volume et devenir douloureux (Rosenthal et al., 2024).
Ces situations demeurent généralement bénignes, mais elles peuvent conduire à recommander un remplacement ou un retrait plus rapide de l’implant afin de limiter la diffusion plus large du silicone. Dans de rares cas, une rupture extra-capsulaire ancienne peut en effet être à l’origine de dépôts de silicone en dehors du sein (Teuber et al., 1999). Cette situation est aujourd’hui tout à fait exceptionnelle. L’étude citée, réalisée il y a plusieurs décennies, concernait des implants contenant un gel de silicone peu cohésif, susceptible de se disperser largement en cas de rupture. Les implants modernes utilisent au contraire un gel hautement cohésif, qui tend à rester en place même lorsque l’enveloppe est rompue, limitant considérablement le risque de migration du silicone à distance, y compris en cas de rupture extra-capsulaire.
Réalisée par un radiologue expérimenté, l’échographie constitue l’examen le plus performant pour rechercher et cartographier les dépôts de silicone au sein des ganglions axillaires, à l’origine d’adénopathies réactionnelles (Spit et al., 2024).
La rupture favorise-t-elle une coque (contracture capsulaire) ?
Oui, une rupture peut favoriser l’apparition d’une coque — mais ce risque concerne surtout les implants d’ancienne génération, peu cohésifs. Le mécanisme est désormais bien compris : lorsque du silicone s’échappe au contact de la capsule, il entretient une réaction inflammatoire qui épaissit cette dernière.
Une étude récente a apporté un argument particulièrement convaincant grâce à une méthodologie originale. Les chercheurs ont analysé des patientes consultant pour une rupture unilatérale d’implant mammaire et souhaitant un remplacement ou un retrait de leurs prothèses. Chaque femme présentait ainsi un implant rompu d’un côté et un implant intact de l’autre. Cette comparaison au sein d’une même patiente permet d’éliminer les différences individuelles et d’évaluer spécifiquement l’impact de la rupture. Les résultats sont éloquents : une contracture capsulaire était observée deux fois plus souvent autour de l’implant rompu que de l’implant intact (environ une patiente sur deux contre une sur quatre). De plus, lorsque du silicone avait diffusé hors de l’implant, la capsule péri-prothétique apparaissait plus épaisse et davantage marquée par l’inflammation (Bak et al., 2025).
Un élément mérite toutefois d’être souligné : cette augmentation du risque de coque concernait principalement les anciennes générations d’implants contenant un gel peu cohésif. Avec les implants modernes en gel hautement cohésif que j’utilise aujourd’hui, cette association semble moins marquée, car le silicone conserve sa cohésion même en cas de rupture et diffuse beaucoup moins dans les tissus. Dans ma pratique, il m’arrive néanmoins de découvrir une rupture à l’occasion de l’apparition d’une coque.
Le message essentiel est donc le suivant : tout durcissement progressif d’un sein, qu’il soit lié ou non à une rupture de l’implant, doit vous conduire à consulter rapidement et à réaliser une imagerie adaptée.
Une rupture présente-t-elle un risque pour la santé en général ?
Non. À ce jour, aucune donnée scientifique robuste ne permet d’affirmer qu’une rupture de prothèse mammaire, ni même le port d’implants en silicone, soit à l’origine d’une maladie générale.
La grande étude prospective sur les ruptures non traitées n’a montré aucune élévation des auto-anticorps chez les femmes concernées, comparées à celles aux implants intacts (Hölmich et al., 2004). La revue systématique la plus complète sur les effets à long terme des implants en silicone conclut que les preuves restent insuffisantes pour affirmer un lien avec les maladies du tissu conjonctif ou auto-immunes ; quelques associations possibles (polyarthrite rhumatoïde, syndrome de Sjögren, syndrome de Raynaud) sont évoquées, mais à partir d’études peu nombreuses et mal ajustées, donc non concluantes (Balk et al., 2015).
Certaines patientes rapportent un ensemble de symptômes généraux — fatigue, douleurs articulaires, troubles de la concentration ou encore brouillard cérébral — regroupés sous les termes de « breast implant illness » (maladie des implants mammaires) ou de syndrome ASIA. Ces symptômes sont réels et doivent être pris en considération. Toutefois, à ce jour, les études scientifiques n’ont pas permis d’établir de lien de causalité entre ces manifestations et la présence d’implants mammaires, qu’ils soient rompus ou intacts. Ces signalements font néanmoins l’objet d’une surveillance attentive par les autorités sanitaires et de nombreuses recherches sont en cours. Enfin, il convient de distinguer ces symptômes du lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (LAGC-AIM), une maladie rare liée à certaines surfaces d’implants texturés et sans rapport avec la rupture d’une prothèse.
Y a-t-il une urgence à opérer une prothèse rompue ?
Non, une rupture de prothèse mammaire n’est pas une urgence chirurgicale. Une fois le diagnostic confirmé, l’intervention se programme sereinement, dans les semaines ou les mois qui suivent, le temps de l’organiser dans les meilleures conditions. Rien n’impose d’opérer dans la précipitation.
Combien de temps peut-on attendre avec une prothèse rompue ?
Dans l’immense majorité des cas, il est possible d’attendre plusieurs semaines, voire quelques mois, avant l’intervention, afin de l’organiser dans de bonnes conditions. Une rupture de prothèse — en particulier lorsqu’elle est intra-capsulaire — est une situation stable : le gel de silicone cohésif demeure contenu à l’intérieur de la capsule péri-prothétique et ne diffuse pas dans les tissus environnants.
Les ruptures extra-capsulaires, plus souvent observées après un traumatisme important du sein, conduisent en revanche à recommander une prise en charge plus rapide afin de limiter la migration du silicone. Il ne s’agit toutefois pas d’une urgence chirurgicale et quelques semaines de délai restent habituellement sans conséquence.
C’est ce que confirme l’étude de référence sur le sujet, qui a suivi par IRM, à deux ans d’intervalle, des femmes dont l’implant rompu avait été laissé en place : dans la grande majorité des cas, la rupture n’avait pas évolué, et seule une minorité (environ une sur dix) montrait des symptômes mineurs. Aucune anomalie biologique (auto-anticorps) n’a par ailleurs été détectée (Hölmich et al., 2004). Autrement dit, une prothèse rompue laissée quelques mois en place ne met pas votre santé en danger.
Je ne recommande toutefois pas de différer le remplacement de l’implant trop longtemps. Une prise en charge dans un délai raisonnable permet de limiter l’exposition prolongée de la capsule au silicone, susceptible d’entretenir une réaction inflammatoire chronique et de favoriser, à terme, l’apparition d’une contracture capsulaire (coque).
Quel est le traitement d’une rupture de prothèse mammaire ?
Le traitement d’une rupture de prothèse est chirurgical : il consiste à retirer l’implant rompu, le plus souvent pour le remplacer. L’intervention, réalisée sous anesthésie générale, est programmée sans urgence (voir plus haut).
Selon votre situation et votre souhait, plusieurs options sont possibles : le remplacement des implants, leur retrait sans remplacement, et, en cas de coque associée, l’ablation de la capsule pathologique. Nous choisirons ensemble la solution la mieux adaptée lors de la consultation.
Le remplacement des implants
C’est l’option la plus fréquente : l’implant rompu est retiré et remplacé par un implant neuf. En pratique, je propose le plus souvent de changer les deux prothèses au cours de la même intervention, même si une seule est rompue, car elles ont le même âge et donc le même niveau d’usure. C’est aussi l’occasion de faire évoluer le volume ou la forme si vous le souhaitez.
Le retrait des implants, avec ou sans lifting
Certaines patientes préfèrent profiter de cette intervention pour retirer définitivement leurs implants, sans les remplacer. Après le retrait, selon la qualité et la quantité de peau et de glande, le sein peut nécessiter un lifting mammaire (mastopexie) pour retrouver une forme harmonieuse et corriger un éventuel relâchement. Cette décision se prend au cas par cas, en fonction de votre morphologie et de vos attentes.
En cas de coque associée (Baker III ou IV)
Lorsqu’une coque gênante (de grade Baker III ou IV) accompagne la rupture, le simple changement d’implant ne suffit pas. Il faut alors retirer la capsule épaissie autour de l’implant : c’est la capsulectomie totale. Il est parfois nécessaire de changer l’implant de loge (en le repositionnant soit devant soit derrière le muscle) pour réduire le risque de récidive.
Où a lieu l’intervention ?
Le lieu de l’intervention dépend du contexte (chirurgie esthétique ou reconstruction mammaire après cancer). Lorsqu’il s’agit d’une rupture sur des implants posés en chirurgie esthétique, j’opère à la Clinique Ambroise Paré, à Neuilly-sur-Seine. Lorsque la rupture, ou la coque qui l’accompagne, survient sur une reconstruction mammaire par prothèse après un cancer du sein, la prise en charge se poursuit dans le cadre de mon activité de reconstruction à l’Institut Curie (Saint-Cloud). Dans les deux cas, l’intervention mais aussi son suivi s’organisent dans un cadre adapté à votre situation.
Peut-on retirer les siliconomes et les ganglions douloureux de l’aisselle ?
Un siliconome est un petit nodule inflammatoire qui se forme lorsque du silicone s’est échappé de l’implant et s’est déposé dans les tissus, en cas de rupture extra-capsulaire. Le silicone peut aussi migrer dans les ganglions de l’aisselle en formant des adénopathies douloureuses.
Dans le sein, un siliconome bien localisé peut être retiré au cours de l’intervention, en même temps que l’implant.
Dans l’aisselle, en revanche, la situation est plus délicate. Les ganglions inflammatoires y sont entourés de structures fragiles et importantes (vaisseaux et nerfs), ce qui rend leur ablation risquée et souvent difficile. Lorsqu’ils ne sont pas gênants, on préfère donc le plus souvent les surveiller plutôt que de les retirer, en mettant en balance le bénéfice réel et les risques du geste. Le retrait n’est envisagé qu’au cas par cas, lorsque les symptômes le justifient.
Prise en charge et prix du traitement d’une rupture de prothèse mammaire
La prise en charge d’une rupture de prothèse par la Sécurité Sociale dépend de deux éléments : le contexte dans lequel vos implants ont été posés (reconstruction après cancer ou chirurgie esthétique) et le type d’intervention réalisée (changement ou retrait des implants). Voici, le plus clairement possible, ce à quoi vous pouvez vous attendre.
Comprendre la nomenclature CCAM
En France, chaque acte chirurgical correspond à un code précis, issu d’une liste officielle appelée CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux). C’est ce code qui détermine si un acte est reconnu par l’Assurance Maladie et selon quelles conditions il peut être remboursé. Connaître le code de votre intervention permet donc de savoir exactement de quel acte on parle et quelle prise en charge s’y applique. Pour certains de ces actes, l’Assurance Maladie exige une entente préalable : une demande adressée à votre caisse (CPAM) avant l’opération, qui doit donner son accord pour le remboursement. Dans ce cas, ce n’est donc pas moi qui déciderai de la possibilité d’une prise en charge, mais le médecin conseil de la CPAM.
En cas de reconstruction mammaire après un cancer
Si la rupture concerne une prothèse posée dans le cadre d’une reconstruction mammaire après un cancer du sein (ou dans le cadre d’une chirurgie prophylactique), la situation est simple. Le changement des implants est pris en charge à 100 %, sans entente préalable, dans le cadre de votre suivi à l’Institut Curie. Pour cette chirurgie, je ne pratique aucun dépassement d’honoraires. Vous n’avez donc pas de reste à charge à anticiper pour l’intervention.
Pour des implants posés dans un autre contexte
Si vos implants ont été posés en dehors d’une reconstruction après cancer (ou chirurgie prophylactique), la prise en charge est loin d’être systématique.
Elle dépend de l’intervention envisagée — changement ou retrait — et de la façon dont vos implants avaient initialement été pris en charge. Dans tous les cas, une entente préalable auprès de la CPAM est obligatoire.
Si vous changez vos implants (retrait de la prothèse rompue et pose d’une nouvelle) :
| Acte | Code CCAM | Condition de prise en charge |
|---|---|---|
| Changement sans capsulectomie | QEKA002 | Uniquement si la pose initiale des prothèses était réparatrice + entente préalable |
| Changement avec capsulectomie (en cas de coque) | QEKA001 | Uniquement si la pose initiale des prothèses était réparatrice + entente préalable |
Autrement dit, si vos implants avaient été posés dans un but purement esthétique, leur remplacement n’est pas pris en charge par la Sécurité Sociale.
Si vous retirez vos implants sans les remplacer :
| Acte | Code CCAM | Condition de prise en charge |
|---|---|---|
| Ablation bilatérale sans capsulectomie | QEGA002 | Possible même après chirurgie esthétique + entente préalable + rupture confirmée à l’imagerie |
| Ablation bilatérale avec capsulectomie (en cas de coque) | QEGA001 | Possible même après chirurgie esthétique + entente préalable + rupture confirmée à l’imagerie |
La différence est importante : contrairement au remplacement, le retrait des implants peut être pris en charge même si vos prothèses avaient été posées pour des raisons esthétiques — à condition que la rupture soit confirmée par un examen d’imagerie, idéalement une IRM mammaire, et après accord de l’entente préalable.
Quel est le prix de l’intervention ?
Le prix dépend avant tout de votre situation : reconstruction après cancer, ou implants posés dans un autre contexte avec ou sans prise en charge par la Sécurité Sociale.
Après une reconstruction mammaire par prothèse, je le rappelle, le changement d’un implant rompu n’entraîne aucun frais pour vous : la prise en charge est intégrale à l’Institut Curie et je ne pratique aucun dépassement d’honoraires.
Dans les autres situations (implants posés hors reconstruction), le coût dépend de la possibilité ou non d’un remboursement par la Sécurité Sociale, et il faut bien distinguer deux cas de figure :
- Lorsque l’intervention est prise en charge par la Sécurité Sociale (retrait, ou changement si la pose initiale était réparatrice, après entente préalable), l’acte chirurgical lui-même est remboursé. Il reste toutefois à votre charge un dépassement d’honoraires : les honoraires du chirurgien et de son aide opératoire, ainsi que ceux de l’anesthésiste, qui ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale. Une bonne partie de ce dépassement peut en revanche être prise en charge par votre mutuelle, selon votre contrat — c’est un point à vérifier avec elle en amont.
- Lorsque l’intervention n’est pas prise en charge (changement d’implants posés à visée esthétique), s’ajoutent au dépassement d’honoraires les frais de clinique, la TVA, ainsi que le coût des implants s’il s’agit d’un remplacement. L’ensemble est alors entièrement à votre charge.
Prix du retrait ou du changement d’implants selon le contexte
Voici les tarifs applicables, hors reconstruction après cancer :
| Intervention | Prise en charge Sécurité Sociale | Prix |
|---|---|---|
| Retrait d’implants | Oui | 2 800 € |
| Retrait d’implants | Non | 4 500 € |
| Changement d’implants | Oui | 3 800 € |
| Changement d’implants | Non (esthétique pure) | 5 250 € |
| Changement avec lifting et/ou capsulectomie | Non (esthétique pure) | 6 650 € |
Dans tous les cas, un devis personnalisé et détaillé vous est remis lors de la consultation, précisant ce qui relève ou non du remboursement, avant toute décision.
Pourquoi me confier le traitement de votre rupture de prothèse ?
En tant que chirurgien plasticien à Paris, j’ai fait le choix de consacrer ma pratique exclusivement à la chirurgie du sein, qu’elle soit esthétique ou reconstructrice. Cette spécialisation est précisément ce qui compte dans la prise en charge d’une rupture de prothèse : c’est une chirurgie qui demande de maîtriser à la fois l’implant, la glande mammaire et toutes les options de réparation.
Une expertise centrée sur le sein
Parce que je n’opère que le sein, je prends en charge tous les aspects d’une rupture d’implant : le diagnostic, le simple changement d’implant, le retrait avec ou sans lifting, le traitement d’une coque par capsulectomie, et jusqu’aux techniques les plus avancées en reconstruction mammaire. Quelle que soit votre situation, je peux vous proposer la solution la plus adaptée, et non la seule que je saurais réaliser.
Deux cadres d’intervention adaptés
J’opère les ruptures sur implants esthétiques à la Clinique Ambroise Paré, à Neuilly-sur-Seine. Pour les patientes suivies après un cancer du sein, je poursuis la prise en charge dans le cadre de mon activité de reconstruction mammaire à l’Institut Curie, où je pratique notamment la microchirurgie (lambeaux DIEP et PAP). Cette double activité me permet d’accompagner aussi bien une rupture esthétique qu’une complication survenue sur une reconstruction.
Une approche mesurée et transparente
Vous l’aurez lu tout au long de cette page : je ne considère pas une rupture comme une urgence, et je ne recommande pas de remplacement systématique des implants lorsqu’ils sont intègres. Chaque décision se prend avec vous, en pesant le bénéfice et le risque, et avec un devis clair lorsque l’intervention n’est pas prise en charge.
Prendre rendez-vous
Si vous vous interrogez sur une possible rupture, ou si elle a été découverte sur une imagerie, je vous reçois en consultation pour faire le point et vous proposer une prise en charge adaptée.
Foire Aux Questions (FAQ) sur la rupture de prothèses
Une rupture de prothèse mammaire est-elle une urgence ?
Non, une rupture de prothèse n’est pas une urgence chirurgicale et ne met pas votre vie en danger. Une fois le diagnostic confirmé par imagerie, l’intervention se programme sereinement, dans les semaines ou les mois qui suivent.
Comment savoir si une prothèse mammaire est percée ?
Le plus souvent, on ne peut pas le savoir sans imagerie : avec le gel de silicone cohésif actuel, une rupture est généralement silencieuse, sans douleur ni signe visible. Lorsque des signes apparaissent, il s’agit surtout d’un changement de forme, d’un durcissement ou d’une asymétrie du sein. Seule une échographie ou une IRM permet de confirmer le diagnostic.
Une rupture de prothèse est-elle dangereuse pour la santé ?
Non, aucune donnée scientifique solide n’établit qu’une rupture menace votre santé générale. Ses conséquences, quand il y en a, restent locales : migration de silicone, durcissement du sein, plus rarement des ganglions dans l’aisselle. Aucun lien prouvé n’existe avec les maladies auto-immunes ou du tissu conjonctif.
Le changement d’une prothèse rompue est-il remboursé ?
Cela dépend du contexte de la pose. Après une reconstruction mammaire consécutive à un cancer, le changement est pris en charge à 100 %. Pour des implants posés à visée esthétique, le remplacement n’est pas remboursé ; en revanche, le retrait des implants peut l’être, sous entente préalable et à condition que la rupture soit confirmée à l’imagerie.
À quelle fréquence faut-il surveiller ses prothèses mammaires ?
La recommandation française repose sur un suivi annuel associant examen clinique et échographie, avec une IRM au moindre doute. Pour ma part, je conseille au minimum un examen clinique annuel et, à partir de la dixième année suivant la pose, une imagerie de contrôle annuelle pour dépister une éventuelle rupture silencieuse.
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Pour citer cette page
Si vous êtes un professionnel de santé, un journaliste ou un étudiant souhaitant citer cette page dans un article, un mémoire ou une publication, voici les éléments de référence.
Format académique (style Vancouver) :
Struk S. Rupture de prothèse mammaire : symptômes, diagnostic et traitement. docteurstruk.fr [Internet]. Paris : Cabinet du Dr Samuel Struk ; mis à jour le 21 juin 2026. Disponible sur : https://docteurstruk.fr/chirurgie-esthetique-mammaire/augmentation-mammaire-par-protheses/implants-mammaires/rupture-prothese-mammaire/
Format APA :
Struk, S. (2026, 21 juin). Rupture de prothèse mammaire : symptômes, diagnostic et traitement. docteurstruk.fr. https://docteurstruk.fr/chirurgie-esthetique-mammaire/augmentation-mammaire-par-protheses/implants-mammaires/rupture-prothese-mammaire/
Auteur : Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien et reconstructeur, RPPS 10101382645, Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine) et Institut Curie (Paris/Saint-Cloud).
LES INTERVENTIONS DE CHIRURGIE MAMMAIRE

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique
Spécialiste exclusif en chirurgie mammaire, le Dr Samuel Struk accompagne les patientes dans leur parcours de chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il vous reçoit en consultation pour un diagnostic sur-mesure au sein de son cabinet situé au 99, rue de Prony, 75017 Paris.
Ancien Assistant Spécialiste du prestigieux Institut Gustave Roussy (1er centre européen de lutte contre le cancer), il exerce aujourd’hui en tant que Praticien Attaché à l’Institut Curie (Saint-Cloud) pour la reconstruction mammaire complexe (microchirurgie DIEP, PAP) et réalise ses interventions de chirurgie esthétique du sein à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
- Inscrit au Conseil de l’Ordre des Médecins de Paris sous le n° 1410.
- Numéro RPPS : 10101382645.
- Titulaire du D.E.S.C de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (Université Paris-Cité).
- Lauréat du Concours National de Praticien des Etablissements Publics de Santé (CNPH).
- Membre de la SOFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique).
- Membre de la SOFCEP (Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens).
- Membre du SNCPRE (Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique).
Déclaration de fiabilité :
Cet article a été intégralement rédigé, revu et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, conformément aux données acquises de la science et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale personnalisée.








