Coque sur prothèse mammaire (rétraction capsulaire) : symptômes, diagnostic et traitement

Expert en chirurgie mammaire à Paris, chirurgien attaché à l’Institut Curie et opérant à la clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine), je prend en charge la coque sur prothèse mammaire — également appelée contracture capsulaire ou rétraction capsulaire. Sa sévérité s’évalue selon la classification de Baker et son traitement repose sur la capsulectomie totale, associée à un changement d’implants ou à un retrait d’implants.

Coque sur prothèse mammaire : l’essentiel

  • La coque (ou rétraction capsulaire) est un épaississement et un durcissement anormal de la capsule fibreuse qui se forme physiologiquement autour de tout implant mammaire.
  • Elle se manifeste par un sein qui durcit, se déforme, remonte sur le thorax et peut devenir douloureux.
  • Son traitement est exclusivement chirurgical : capsulectomie totale (ablation complète de la coque) associée à un changement d’implant.
  • La radiothérapie sur un implant est le principal facteur de risque en reconstruction, avec une incidence de coque supérieure à 50 %.
  • En cas de coque post-radiothérapie, la prothèse peut être remplacée par vos propres tissus (lambeau DIEP ou PAP) — une solution sans corps étranger et définitive.
  • Le traitement peut être pris en charge par la Sécurité Sociale selon le motif initial de pose des implants (reconstruction mammaire ou chirurgie esthétique).

Informations pratiques

COQUE SUR PROTHÈSE MAMMAIRE (RÉTRACTION CAPSULAIRE)

Une coque sur prothèse mammaire correspond à un épaississement anormal et à une rétraction de la capsule fibreuse développée autour de l’implant.

Elle peut survenir après une reconstruction mammaire par prothèse (surtout en cas d’irradiation d’un implant mammaire) ou plus rarement après une augmentation mammaire par prothèses à visée esthétique.

Le traitement repose sur la capsulectomie totale (ablation de la coque) et le changement d’implant.

Il existe un risque de récidive malgré un traitement bien conduit.

Le traitement d’une coque peut bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité Sociale, sous certaines conditions.

Photo d'illustration d'une coque sur prothèse mammaire

Qu’est-ce qu’une coque sur prothèse mammaire ?

Une coque sur prothèse mammaire est une complication qui peut apparaître après la pose d’un implant. On parle aussi de rétraction capsulaire ou de contraction capsulaire. Pour bien comprendre ce phénomène, il faut d’abord savoir comment votre corps réagit à une prothèse.

Lorsqu’on pose un implant mammaire, votre organisme l’entoure naturellement d’une fine membrane : la capsule péri-prothétique. Ce phénomène est tout à fait normal. Il est p En effet, le corps cherche ainsi à isoler tout élément étranger qu’il ne peut éliminer. Cette capsule est constituée de collagène, de vaisseaux sanguins et de cellules contractiles, les myofibroblastes.

Le plus souvent, cette capsule reste fine et souple. Vous ne la sentez pas et elle ne modifie en rien le résultat. Dans certains cas, cependant, elle s’épaissit et se rétracte de façon excessive. Elle se transforme alors en une véritable coque, rigide et dure.

Cette coque finit par comprimer l’implant. Le sein devient ferme, change de forme et peut devenir douloureux. Il s’agit en réalité d’une réaction inflammatoire qui s’emballe autour de la prothèse. En regroupant les données de 52 études, une revue de la littérature a montré récemment que la capsule s’épaissit et s’enflamme à mesure que la coque s’aggrave. (Larsen et al., 2021). C’est un phénomène progressif, qui s’installe peu à peu.

Une coque peut se former dès les premiers mois, mais aussi des années après l’intervention. C’est pourquoi je revois régulièrement mes patientes après toute pose d’implants mammaires.

Quel est le risque de coque après une pose d’implants mammaires ?

Le risque de développer une coque varie selon l’indication ayant conduit à la mise en place des implants mammaires. Il est plus faible dans le cadre d’une augmentation mammaire esthétique que dans celui d’une reconstruction mammaire après un cancer du sein.

Après une augmentation mammaire esthétique

Chez une patiente opérée pour des raisons esthétiques, la coque reste la complication la plus fréquente, mais elle n’est pas la règle. Une synthèse de la littérature situe son incidence globale autour de 10,6 %, soit environ une femme sur dix (Headon et al, 2015).

Après une reconstruction par prothèse

En reconstruction, le risque dépend avant tout de la radiothérapie. En son absence, il reste proche de celui de l’augmentation esthétique. Une étude portant sur 451 patientes a ainsi mesuré une incidence de coque de 7,5 % sans radiothérapie, contre 18,7 % après radiothérapie : l’irradiation multiplie ainsi le risque par trois environ (Hammond et al., 2021). Une étude plus récente retrouve des chiffres très proches, avec 18 % de coques après radiothérapie contre 4,3 % sans (Ostapenko et al., 2024).

En résumé, sans radiothérapie, le risque de coque est globalement comparable entre esthétique et reconstruction, autour d’une femme sur dix. C’est la radiothérapie qui change la donne et fait grimper ce risque à près d’une femme sur cinq. Voilà pourquoi, sur un sein irradié, je privilégie souvent une reconstruction par vos propres tissus, dont je parle plus loin.

Quels sont les symptômes d’une coque ?

Une coque n’apparaît jamais brutalement. Les signes apparaissent au contraire de façon progressive, et c’est vous qui les remarquerez en premier. Voici ce qui doit vous amener à consulter.

Un sein qui durcit

Le durcissement du sein est le tout premier signe, et le plus fréquent. Votre sein devient plus ferme au toucher. Ce durcissement du sein s’explique simplement : la capsule qui entoure l’implant s’épaissit et se resserre autour de lui. Au début, ce durcissement est discret. Il s’accentue ensuite à mesure que la coque évolue.

Un sein qui se déforme

À mesure que la coque progresse, la forme de votre sein change. Il a tendance à s’arrondir et à remonter sur le thorax. L’implant, comprimé par la capsule, est en effet repoussé vers le haut. Lorsqu’un seul sein est touché, cette déformation crée une asymétrie visible entre les deux côtés. C’est souvent à ce stade que la gêne devient esthétique autant que physique.

Une sensation de tension dans le sein

Beaucoup de patientes décrivent une impression de tiraillement ou de pression permanente. Le sein semble « serré », comme contraint de l’intérieur. Cette tension peut devenir inconfortable dans certaines positions, notamment lorsque vous êtes allongée sur le ventre ou pendant le sommeil.

Une douleur au sein

La douleur est un signe plus tardif. Elle traduit une coque déjà avancée. Elle va d’une simple gêne à des douleurs réellement invalidantes dans les formes sévères. Parfois permanente, elle est dans d’autres cas déclenchée par le mouvement ou la pression. Si vous ressentez ce type de douleur, je vous recommande de consulter sans tarder : une coque prise en charge tôt se traite plus facilement.

Classification de Baker : comment évalue-t-on la sévérité d’une coque ?

Pour décrire le degré de sévérité d’une coque, tous les chirurgiens plasticiens utilisent la même échelle de référence : la classification de Baker, proposée dans les années 1970 puis précisée par la suite (Spear et Baker, 1995). Elle distingue quatre grades, du sein parfaitement souple au sein dur et douloureux.

GradeÉtat du sein
Grade ILe sein est parfaitement souple. La capsule est normale : il n’y a pas de coque.
Grade IILe sein est un peu plus ferme, mais il garde un aspect normal.
Grade IIILe sein est ferme et son aspect est modifié : il s’arrondit, remonte ou se déforme franchement.
Grade IVLe sein est dur, déformé et douloureux. C’est la forme la plus sévère.

En pratique, les grades I et II correspondent à des situations sans réel retentissement. Ce sont les grades III et IV qui motivent une consultation, car ils s’accompagnent d’une déformation visible ou de douleurs.

Cette échelle a néanmoins ses limites. Une étude menée auprès de 60 patientes a montré que deux chirurgiens examinant la même poitrine n’attribuaient le même grade que dans 48 % des cas (de Bakker et al., 2020). Surtout, le grade ne change pas ma façon de vous traiter : qu’une coque soit gênante au grade III ou douloureuse au grade IV, la solution chirurgicale reste la même.

Comment diagnostique-t-on une coque ?

Le diagnostic d’une coque est avant tout clinique. Autrement dit, il repose sur l’examen de votre poitrine en consultation. Les examens d’imagerie sont inutiles pour le diagnostic.

Je vous reçois en consultation soit à mon cabinet, rue de Prony, dans le 17ème arrondissement à Paris, soit à l’Institut Curie, selon le contexte de votre prise en charge (chirurgie esthétique ou reconstruction mammaire après cancer).

L’examen clinique avant tout

Comme nous venons de le voir, une coque se reconnaît à plusieurs signes : un sein plus ferme, une prothèse qui remonte entraînant une déformation et une asymétrie mammaire. Ces éléments suffisent le plus souvent à confirmer la présence d’une coque, sans examen supplémentaire. Cet examen clinique permet en outre d’évaluer sa sévérité selon la classification de Baker.

Intérêt de l’IRM mammaire

Pour diagnostiquer la coque elle-même, l’imagerie n’apporte rien : l’examen clinique suffit. Si je prescris un bilan d’imagerie, c’est en vue de l’intervention.

Ce bilan poursuit deux objectifs. D’abord, éliminer un cancer du sein méconnu, comme avant toute chirurgie mammaire. Ensuite, rechercher une éventuelle rupture de l’implant. Ce second point a aussi son importance sur le plan administratif : une rupture de prothèse documentée facilite la prise en charge de l’intervention par la Sécurité Sociale.

Pour répondre à ces deux questions à la fois, l’IRM mammaire est l’examen de choix. Elle explore en effet le tissu mammaire et l’état des prothèses dans un même temps. C’est elle que je privilégie lorsqu’un bilan d’imagerie est nécessaire avant de traiter une coque.

Pourquoi une coque se forme-t-elle ? Causes et facteurs de risque

À l’heure actuelle, l’explication la plus largement admise est celle d’une inflammation chronique provoquée par la présence de bactéries en quantité infime autour de l’implant mammaire.

Par ailleurs, plusieurs facteurs favorisant la formation d’une coque péri-prothétique sont aujourd’hui bien connus.

Le rôle des bactéries et de l’inflammation

Il s’agit aujourd’hui de l’hypothèse la plus largement admise pour expliquer la formation des coques. Lors de la mise en place de l’implant, une quantité infime de bactéries naturellement présentes à la surface de la peau peut contaminer la prothèse. Ces bactéries sont alors capables de former un biofilm, une fine couche protectrice qui leur permet de persister autour de l’implant. La présence de ce biofilm entretient une inflammation chronique de faible intensité, susceptible d’entraîner progressivement l’épaississement et la rétraction de la capsule qui entoure l’implant.

Cette théorie est étayée par plusieurs travaux scientifiques. Dans une étude portant sur 65 patientes, Galdiero et ses collaborateurs ont montré que les femmes dont la peau était colonisée par certaines bactéries capables de produire un biofilm présentaient un risque plus élevé de développer une coque péri-prothétique (Galdiero et al., 2018).

La surface et le type d’implant

Pendant de nombreuses années, les implants texturés, dont la surface est rugueuse, ont été considérés comme moins susceptibles d’entraîner une coque que les implants lisses. Les données scientifiques les plus récentes remettent toutefois largement en question cette croyance. Dans une méta-analyse regroupant 23 études, aucune différence significative du risque de coque n’a été observée entre les implants lisses et les implants texturés (Christodoulou et al., 2024).

Cette même analyse a montré que les implants remplis de sérum physiologique étaient associés à un risque de coque plus faible que ceux contenant un gel de silicone. En pratique, les implants au sérum physiologique sont aujourd’hui peu utilisés en France, car leur aspect et leur toucher sont généralement considérés comme moins naturels.

La position de l’implant

La position de l’implant semble également influencer le risque de coque. Une revue de la littérature portant sur 7 731 patientes a montré que la mise en place de l’implant en position rétro-musculaire, c’est-à-dire sous le muscle pectoral, était associée à un risque plus faible de coque, indépendamment du type de surface de l’implant (Zhu et al., 2021).

Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. Dans le contexte particulier de la reconstruction mammaire, une méta-analyse plus récente publiée en 2024 n’a pas mis en évidence de différence significative entre les positions pré-pectorale (devant le muscle) et rétro-musculaire. Le choix de la position de l’implant ne repose donc pas uniquement sur le risque de coque, mais également sur de nombreux autres paramètres, tels que votre morphologie, l’épaisseur de vos tissus, vos antécédents et le résultat recherché.

Pour en savoir plus sur les différents types d’implants et leurs caractéristiques, vous pouvez consulter ma page consacrée aux implants mammaires.

Les suites de l’intervention

Certaines complications survenant dans les suites immédiates de l’intervention peuvent également augmenter le risque de coque. C’est notamment le cas des hématomes et des infections post-opératoires. En favorisant une réaction inflammatoire locale prolongée, ces complications créent un environnement propice à l’épaississement et à la rétraction de la capsule entourant l’implant.

C’est l’une des raisons pour lesquelles une attention particulière est portée à la prévention de ces complications, tant pendant l’intervention que durant la période post-opératoire.

Rupture de prothèse mammaire

La rupture d’une prothèse mammaire est une cause fréquente de coque.

Lorsqu’un implant en silicone se rompt, le gel peut progressivement s’échapper à travers l’enveloppe et entrer en contact avec les tissus environnants. Cette présence de silicone à l’extérieur de la prothèse entretient une inflammation chronique, qui stimule l’épaississement et la rétraction de la capsule cicatricielle entourant l’implant. Avec le temps, cette réaction peut entraîner l’apparition d’une coque, responsable d’une déformation du sein, d’une induration ou parfois de douleurs.

C’est pourquoi une rupture de prothèse confirmée doit généralement conduire à un remplacement de l’implant afin de limiter le risque de complications à long terme.

Un antécédent de coque

Les patientes ayant déjà développé une coque autour d’un implant mammaire présentent également un risque plus élevé d’en développer une nouvelle par la suite. Cette susceptibilité individuelle a notamment été mise en évidence dans l’étude de Galdiero (Galdiero et al., 2018).

Il semble donc exister une part de prédisposition propre à chaque patiente, indépendante de la technique chirurgicale ou du type d’implant utilisé, sur laquelle il est malheureusement impossible d’agir.

La radiothérapie

La radiothérapie constitue l’un des principaux facteurs de risque de coque dans le cadre de la reconstruction mammaire après un cancer du sein. Elle favorise les phénomènes inflammatoires responsables de l’épaississement de la capsule péri-prothétique (Galdiero et al., 2018).

Lorsqu’une coque se développe sur un sein ayant été irradié, sa prise en charge est souvent plus complexe et le risque de récidive plus élevé en cas de remplacement de l’implant. Dans cette situation, les techniques de reconstruction utilisant vos propres tissus prennent tout leur intérêt. Nous reviendrons sur ces solutions plus en détail dans la suite de cette page.

En définitive, certains facteurs de risque échappent à notre contrôle, comme les antécédents de radiothérapie ou votre prédisposition à développer une coque. D’autres, en revanche, peuvent être réduits grâce à une sélection rigoureuse des indications (de reconstruction mammaire par prothèse), au choix de la technique la plus adaptée et au respect de certaines mesures chirurgicales. C’est précisément tout l’enjeu de la prévention.

Peut-on prévenir l’apparition d’une coque ?

Il n’est pas possible d’éliminer totalement le risque de coque. En revanche, il est possible de le réduire de manière significative. Puisque le mécanisme le plus probable repose sur la contamination bactérienne de l’implant au moment de sa mise en place, l’essentiel de la prévention repose sur une technique chirurgicale rigoureuse. Plusieurs mesures sont ainsi mises en œuvre pour limiter ce risque :

  • Une asepsie rigoureuse et une antibioprophylaxie adaptée. Tout est mis en œuvre pour réduire au maximum la présence de bactéries au moment de l’intervention, grâce à une préparation cutanée minutieuse et à l’administration d’antibiotiques autour de l’acte chirurgical.
  • L’irrigation de la loge implantaire. Avant l’insertion de l’implant, la cavité qui l’accueillera est soigneusement rincée à l’aide de solutions antiseptiques ou antibiotiques afin de diminuer la charge bactérienne locale.
  • Une technique d’insertion limitant le contact avec la peau. La peau constitue la principale source de bactéries susceptibles de contaminer l’implant. Différentes précautions sont donc prises pour limiter au maximum ce contact : changement de gants avant la pose, protection des tissus et utilisation systématique d’un dispositif d’insertion dédié (voir encadré).
  • Une hémostase méticuleuse. La prévention des saignements est également essentielle. En limitant le risque d’hématome post-opératoire, on réduit un facteur reconnu comme favorisant l’apparition des coques.

Un dispositif d’insertion dédié pour limiter le contact avec la peau

La peau est la principale source des bactéries responsables de la coque. Réduire le contact entre l’implant et la peau au moment de la pose est donc une mesure de prévention logique. C’est tout l’intérêt des dispositifs d’insertion dédiés.

Dans ma pratique, j’utilise systématiquement le dispositif d’insertion Motiva Insertion Sleeve. Il s’agit d’un manchon stérile qui guide l’implant directement dans la loge, sans qu’il touche votre peau. L’implant passe ainsi de son emballage à votre poitrine en limitant au maximum toute contamination.

Cette approche s’inscrit dans la logique de la technique « sans contact ». Une revue de référence rappelle que limiter le contact entre l’implant et la peau fait partie des stratégies destinées à réduire la contamination bactérienne, même si aucune mesure ne l’élimine totalement (Myckatyn et al., 2023).

Controverses autour de l’irrigation antibiotique

Rincer la loge de l’implant avec une solution antibiotique est une pratique répandue. Son efficacité réelle reste toutefois débattue.

D’un côté, une revue de 7 études portant sur l’augmentation esthétique a observé un taux de coque le plus souvent inférieur à 2 % avec irrigation antibiotique. Mais ses auteurs soulignent eux-mêmes que le niveau de preuve est faible et les études hétérogènes (Samargandi et al., 2018). De l’autre, un éditorial publié dans une grande revue de chirurgie plastique conteste ouvertement l’intérêt de cette irrigation (Swanson, 2022).

En somme, la science n’a pas tranché. J’applique néanmoins cette mesure, sans la présenter comme une garantie.

Les prothèses en polyuréthane : une option interdite en France

Les implants recouverts de polyuréthane ont longtemps été présentés comme la piste la plus efficace contre la coque. Et les données vont effectivement dans ce sens : une revue systématique a rapporté un taux de coque de seulement 0,4 à 1 % en augmentation esthétique avec ces implants, contre 2 à 15 % avec les implants en silicone texturé (Duxbury et Harvey, 2016). Leur surface rugueuse limiterait donc le risque de coque autour de la prothèse.

En France, cette option n’est toutefois plus disponible. Par une décision du 2 avril 2019, l’ANSM a interdit la mise sur le marché, la distribution et l’utilisation des implants mammaires en polyuréthane, et ordonné leur retrait du marché. En cause : la texturation de leur surface, considérée comme un facteur de risque du lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (LAGC-AIM), un risque rare mais grave. La décision relève du principe de précaution, la France étant alors le seul pays européen à l’avoir prise.

Je ne propose donc pas d’implants en polyuréthane dans ma pratique.

Que faut-il retenir ?

La prévention de la coque repose sur un ensemble de précautions prises pendant l’intervention, et non sur une seule mesure miracle. Asepsie rigoureuse, irrigation de la loge, technique « sans contact » et hémostase soigneuse agissent ensemble pour limiter la contamination de l’implant. Une revue de 2023 confirme que ces mesures comptent parmi les principaux leviers reconnus pour réduire le risque de coque (Giuzio et al, 2023).

Il faut toutefois rester lucide. Aucune de ces précautions ne garantit l’absence de coque. Une revue de référence rappelle que ces stratégies réduisent la contamination de l’implant, sans jamais l’éliminer complètement (Myckatyn et al., 2023). Une coque peut donc apparaître malgré une intervention parfaitement conduite.

L’essentiel à retenir est simple : je mets tout en œuvre pour réduire ce risque, et un suivi régulier reste votre meilleur atout pour repérer une coque tôt, au stade où elle se traite le plus facilement.

Peut-on traiter une coque sans chirurgie ?

Aucun traitement médical ne peut aujourd’hui remplacer la chirurgie lorsqu’une coque péri-prothétique est installée. Certaines approches ont toutefois été étudiées pour les formes débutantes ou dans l’espoir de réduire le risque de survenue. Il est important de connaître leurs limites et de ne pas en attendre des résultats miraculeux.

Les massages et manœuvres externes

On entend parfois dire qu’il serait possible de faire disparaître une coque en massant le sein ou en exerçant une forte pression sur l’implant. Cette technique, appelée autrefois « capsulotomie fermée », a été largement abandonnée. Non seulement elle expose à un risque de rupture de l’implant, mais elle ne traite pas durablement le problème. Quant aux massages doux, ils peuvent parfois améliorer le confort de certaines patientes, mais ils ne permettent pas de faire régresser une coque déjà constituée.

Les médicaments : l’exemple du montélukast

Le montélukast (Singulair®), un médicament habituellement prescrit dans l’asthme, appartient à la famille des antileucotriènes. Son action anti-inflammatoire a conduit plusieurs équipes à évaluer son intérêt dans le traitement de la coque péri-prothétique.

Les résultats sont relativement encourageants pour les formes précoces. Une étude brésilienne ayant suivi 82 patientes pendant au moins deux ans a comparé 37 femmes traitées par montélukast à 45 femmes non traitées. Les auteurs ont observé une fréquence plus faible de coques ainsi qu’une sévérité moindre chez les patientes ayant reçu le traitement (Graf et al., 2015).

Ces observations ont ensuite été confirmées par deux méta-analyses. La première, regroupant cinq études et 1 710 implants, concluait à une diminution significative du risque de coque sous antileucotriènes (Wang et al., 2020). La seconde, portant sur six études et 2 276 seins, apportait une précision importante : l’effet semblait surtout bénéfique pour le traitement des coques déjà présentes, sans efficacité démontrée en prévention. Parmi les différentes molécules étudiées, seul le montélukast montrait un bénéfice statistiquement significatif (Pașca et al., 2022).

Ces résultats doivent néanmoins être interprétés avec prudence. Le montélukast n’est pas autorisé officiellement dans cette indication, le niveau de preuve scientifique reste modéré et le traitement peut être associé à des effets secondaires, notamment neuropsychiatriques. Surtout, son efficacité paraît limitée aux formes débutantes : il ne permet pas de faire disparaître une coque sévère, douloureuse ou responsable d’une déformation du sein.

En France, l’utilisation des antileucotriènes dans cette indication ne fait pas partie de la pratique courante et n’est généralement pas proposée en dehors de protocoles de recherche.

Que faut-il retenir sur ces traitements médicamenteux ?

Lorsqu’une coque est débutante et peu symptomatique, une simple surveillance est souvent suffisante. Dans certains cas très sélectionnés, un traitement médical peut être discuté. En revanche, dès que la coque devient visible, déforme le sein, provoque une gêne importante ou des douleurs, la chirurgie reste à ce jour le seul traitement dont l’efficacité est clairement démontrée.

En quoi consiste le traitement chirurgical d’une coque ?

Lorsqu’une coque péri-prothétique devient gênante, la chirurgie constitue le traitement de référence. Son objectif est de supprimer la capsule fibreuse responsable des symptômes et de recréer les meilleures conditions possibles pour limiter le risque de récidive.

Je traite chirurgicalement les coques péri-prothétiques sur deux sites : à la clinique Ambroise Paré, à Neuilly-sur-Seine, lorsque la coque fait suite à une augmentation mammaire, et à l’Institut Curie, sur le site de Saint-Cloud, lorsqu’elle survient après une reconstruction mammaire par prothèse consécutive à une mastectomie.

L’intervention associe généralement plusieurs gestes chirurgicaux, adaptés à chaque situation.

La capsulectomie totale

Il s’agit de l’étape essentielle du traitement. La capsulectomie consiste à retirer la capsule fibreuse qui s’est formée autour de l’implant mammaire.

Dans la majorité des cas, je privilégie une capsulectomie totale, c’est-à-dire l’ablation complète de cette membrane cicatricielle, plutôt qu’une simple incision ou un relâchement partiel de la capsule. Cette approche permet de réduire le risque de récidive en éliminant le tissu responsable de la rétraction. Il s’agit d’un geste minutieux qui nécessite une dissection précise afin de préserver les tissus mammaires.

Le remplacement de l’implant

Après l’ablation de la capsule, un nouvel implant est mis en place. Cette stratégie présente plusieurs avantages : elle permet de repartir sur un environnement tissulaire assaini, mais aussi d’adapter si nécessaire le volume, la projection ou le type de prothèse à vos attentes actuelles.

Pour de nombreuses patientes, cette intervention constitue également l’occasion de réévaluer leur projet esthétique plusieurs années après leur première augmentation mammaire. Le déroulé complet de ce geste est détaillé sur ma page dédiée au changement de prothèses mammaires.

Le changement de loge

Dans certaines situations, il peut être préférable de modifier la position de l’implant. Par exemple, une prothèse initialement placée devant le muscle peut être repositionnée derrière celui-ci, ou inversement.

Cette technique permet de créer une nouvelle loge chirurgicale, indemne de capsule fibreuse. Lorsqu’elle est réalisable, elle constitue l’un des moyens les plus efficaces pour diminuer le risque de récidive de la coque.

Le retrait définitif des implants

Certaines patientes souhaitent profiter de cette intervention pour retirer définitivement leurs implants mammaires.

Dans ce cas, la capsule et la prothèse sont retirées sans remplacement. Selon votre morphologie et le résultat souhaité, cette explantation peut être associée à un lipofilling mammaire, permettant de restaurer une partie du volume grâce à votre propre graisse. En présence d’un relâchement cutané, un lifting mammaire (mastopexie) peut également être réalisé afin de redonner au sein une forme plus harmonieuse et de corriger l’affaissement qui peut survenir après le retrait des implants.

Des résultats généralement durables

La chirurgie de la coque péri-prothétique permet d’obtenir de très bons résultats dans la grande majorité des cas. Les situations les plus complexes concernent les seins ayant reçu une radiothérapie, car celle-ci favorise la formation d’une fibrose importante.

Même dans ce contexte difficile, les résultats restent encourageants. Une étude récente a montré que l’association d’une capsulectomie et d’un remplacement d’implant permettait de résoudre durablement le problème dans plus de 70 % des cas. Ce taux atteignait 86 % lorsqu’un lipofilling était associé à l’intervention (Haran et al., 2021).

Lorsque plusieurs récidives surviennent malgré ces traitements, une autre solution existe : reconstruire le sein avec vos propres tissus. C’est l’objet de la section suivante.

Coque péri-prothétique droite (rétraction capsulaire) après reconstruction mammaire par prothèse, photographie avant traitement chirurgical, Dr Struk Paris
Coque péri-prothétique droite.
Coque péri-prothétique droite (rétraction capsulaire) après reconstruction mammaire par prothèse, photographie après traitement chirurgical par capsulectomie totale, changement d'implant avec changement de loge et lipofilling mammaire, Dr Struk Paris
Traitement de la coque.
Capsulectomie totale, changement d’implant, changement de loge, lipofilling.

Quel est le risque d’échec du traitement chirurgical ?

Quel est le risque de récidive après capsulectomie totale et changement d’implant, en chirurgie esthétique ?

En chirurgie esthétique, le risque de récidive est généralement faible lorsqu’on retire la capsule dans son intégralité et qu’on remplace l’implant.

Dans une étude portant sur 51 patientes opérées d’une coque sévère (grade III ou IV), la récidive n’a été observée que dans 1,96 % des cas après capsulectomie totale et remplacement de l’implant, avec un suivi pouvant atteindre neuf ans (Serra et al., 2024). D’autres séries rapportent néanmoins des taux de récidive plus élevés, de l’ordre de 10 % (Hung, 2020). Une revue systématique regroupant 34 études conclut que l’association d’une capsulectomie, d’un changement d’implant et, lorsque cela est possible, d’un changement de loge constitue l’une des stratégies les plus efficaces pour limiter le risque de récidive (Boyd et al., 2024).

Le risque de récidive est-il plus élevé après une reconstruction mammaire ?

Oui. Les coques péri-prothétiques sont plus fréquentes et plus difficiles à traiter après une reconstruction mammaire, en particulier lorsque le sein a été irradié. La radiothérapie favorise en effet la fibrose des tissus et augmente le risque de récidive. Malgré cela, les résultats chirurgicaux restent encourageants : chez les patientes irradiées, l’association d’une capsulectomie et d’un remplacement d’implant permet d’obtenir la disparition durable de la coque dans plus de 70 % des cas (Haran et al., 2021). Lorsque plusieurs récidives surviennent malgré ces traitements, la reconstruction autologue représente une alternative particulièrement efficace.

Quel est l’intérêt du lipofilling dans le traitement d’une coque ?

Le lipofilling, c’est à dire l’injection de votre propre graisse dans le sein, joue deux rôles. Sur un sein irradié, l’ajouter au traitement chirurgical fait passer le taux de réussite de 70 % à 86 % (Haran et al., 2021) ; une étude récente confirme qu’il réduit la sévérité de la coque après radiothérapie (Barone Adesi et al., 2024). Il permet aussi de redonner du galbe après un retrait d’implant sans repose : dans une série de 52 patientes, 80 % se déclaraient satisfaites du résultat (Abboud et al., 2021).

Quel est l’intérêt de changer la loge de l’implant (devant ou derrière le muscle) ?

Pour bien comprendre, il faut savoir qu’un implant peut être placé à deux endroits : soit devant le muscle pectoral, juste sous la glande, soit derrière ce muscle. Cet espace qui accueille la prothèse, c’est ce qu’on appelle la loge.

Changer de loge consiste à déplacer l’implant d’un plan à l’autre. Concrètement, si votre prothèse était placée derrière le muscle, je la repositionne devant ; et si elle était devant, je la replace derrière. L’implant se retrouve ainsi dans un espace neuf, vierge de toute capsule.

C’est précisément là que réside l’intérêt de la manœuvre. En abandonnant l’ancienne loge, marquée par la coque, et en créant un nouvel espace sain, on réduit le risque que la coque ne se reforme. Une revue systématique de 34 études classe d’ailleurs ce changement de loge parmi les gestes qui diminuent le risque de récidive, aux côtés de la capsulectomie et du changement d’implant (Boyd et al., 2023).

Remplacer la prothèse par ses propres tissus : les lambeaux DIEP et PAP

Dans certaines situations, la meilleure solution n’est plus de remettre un implant, mais de s’en passer définitivement. C’est le cas lorsqu’une coque récidive malgré plusieurs interventions, ou lorsqu’elle survient sur un sein irradié, où les implants tolèrent mal la radiothérapie. L’idée est alors simple : reconstruire le sein avec vos propres tissus. Sans implant, il n’y a plus de capsule, donc plus de coque possible.

Cette voie est d’ailleurs celle vers laquelle on s’oriente quand la chirurgie classique ne suffit pas. Dans l’étude déjà citée sur les seins irradiés, c’est précisément la solution proposée aux patientes dont la coque ne s’améliorait pas (Haran et al., 2021). Reconstruire par tissus autologues fait appel à la microchirurgie, qui est l’un de mes domaines d’expertise.

Le lambeau DIEP

Le lambeau DIEP utilise la peau et la graisse du bas du ventre, sans sacrifier le muscle. Ce tissu est prélevé puis transféré vers le thorax, où il reconstruit un sein souple, naturel et chaud, qui évolue avec vous au fil du temps. C’est une option particulièrement intéressante après une radiothérapie, car elle apporte des tissus neufs et bien vascularisés. Je détaille cette technique sur ma page dédiée au lambeau DIEP.

Coque péri-prothétique droite avec menace cutanée après reconstruction mammaire par prothèse, photo avant, vue de face, Dr Struk Paris
Coque péri-prothétique droite avec menace cutanée (peau rouge en interne, la prothèse est prête à s’exposer).
Reconstruction mammaire tertiaire droite par lambeau DIEP pour coque, capsulectomie totale, reconstruction autologue par DIEP, vue de face, Dr Struk Paris
Reconstruction mammaire tertiaire droite par DIEP.
On a remplacé la prothèse mammaire et la coque par un lambeau de DIEP (graisse du ventre).

Coque péri-prothétique gauche après reconstruction mammaire par prothèse, photo avant, vue de face, Dr Struk Paris
Coque péri-prothétique gauche.
Reconstruction mammaire tertiaire gauche par lambeau DIEP pour coque, capsulectomie totale, reconstruction autologue par DIEP, vue de face, Dr Struk Paris
Reconstruction mammaire tertiaire gauche par DIEP.
La prothèse mammaire a été remplacée par un lambeau DIEP (tissus du ventre).

Coque péri-prothétique droite après reconstruction mammaire par prothèse, photo avant, vue de face, Dr Struk Paris
Coque péri-prothétique droite.
Reconstruction mammaire tertiaire par lambeau DIEP à droite pour coque avec capsulectomie totale, photo après, vue de face, Dr Struk Paris
Reconstruction mammaire tertiaire droite par DIEP.
La prothèse mammaire a été remplacée par un lambeau DIEP (tissus du ventre).

Le lambeau PAP

Lorsque le ventre ne fournit pas assez de tissu, par exemple chez une patiente mince ou déjà opérée de l’abdomen, la face interne de la cuisse offre une excellente alternative. C’est le principe du lambeau PAP. Le sein est alors reconstruit à partir de ce tissu, selon le même principe microchirurgical. Vous trouverez tous les détails sur ma page dédiée au lambeau PAP.

Coque péri-prothétique gauche après reconstruction mammaire par prothèse, photo avant, vue de face, Dr Struk Paris
Coque péri-prothétique gauche sévère (rétraction capsulaire).
Reconstruction mammaire tertiaire gauche par lambeau PAP pour coque, capsulectomie totale, reconstruction autologue par PAP, vue de face, Dr Struk Paris
Reconstruction mammaire tertiaire gauche par PAP.
On a remplacé la prothèse mammaire et la coque par un lambeau de PAP (graisse de la cuisse).

Coque péri-prothétique gauche après reconstruction mammaire par prothèse bilatérale, photo avant, vue de face, Dr Struk Paris
Coque péri-prothétique gauche douloureuse (rétraction capsulaire).
Patiente ayant bénéficié d’une double mastectomie avec reconstruction par prothèses.
Reconstruction mammaire tertiaire bilatérale par lambeaux PAP, reconstruction autologue par double PAP, vue de face, Dr Struk Paris
Reconstruction mammaire tertiaire bilatérale par PAP.
Les deux prothèses mammaires ont été remplacées par des lambeaux PAP.

Reconstruction mammaire tertiaire à l’Institut Curie

Chaque semaine, je réalise des reconstructions mammaires autologues par microchirurgie, principalement par lambeau DIEP et lambeau PAP, à l’Institut Curie. Cet établissement est l’un des principaux centres de lutte contre le cancer en Europe, et offre un cadre idéal pour ce type de chirurgie complexe : plateau technique de pointe, équipes pluridisciplinaires et prise en charge globale du cancer du sein.

Il s’agit par ailleurs d’une activité hospitalière publique, sans aucun dépassement d’honoraires.

Une partie de cette activité est consacrée à ce que l’on appelle la reconstruction mammaire tertiaire. Pour comprendre ce terme, il faut distinguer les différents moments d’une reconstruction. La reconstruction immédiate est réalisée en même temps que la mastectomie. La reconstruction secondaire intervient plus tard, une fois les traitements terminés. Enfin, la reconstruction tertiaire, elle, consiste à remplacer une reconstruction existante qui ne donne pas satisfaction, que ce soit sur le plan esthétique ou parce qu’elle est devenue source de gêne ou de douleurs, une situation fréquente après les reconstructions par prothèse.

La coque fait précisément partie de ces complications qui conduisent à une reconstruction tertiaire. Lorsqu’un implant a déjà été posé, parfois changé à plusieurs reprises, et que la coque persiste ou récidive, reconstruire le sein avec vos propres tissus reste la seule option possible. Ces interventions complexes, qui demandent une réelle expertise microchirurgicale, font partie de mon activité privilégiée à l’Institut Curie.

La chirurgie de la coque est-elle remboursée par la Sécurité Sociale ?

La possibilité d’une prise en charge par la Sécurité Sociale va dépendre la raison pour laquelle vous portez des implants (chirurgie esthétique vs chirurgie réparatrice). On distingue trois cas.

Après une augmentation mammaire esthétique

Si vos implants ont été posés pour des raisons purement esthétiques, le traitement de la coque n’est en principe pas pris en charge par la Sécurité Sociale, car il découle d’une chirurgie esthétique. Les frais restent alors à votre charge.

Le retrait des implants peut néanmoins être remboursé par la Sécurité Sociale, après entente préalable. Dans ce cas, vous devrez déposer une demande auprès de l’Assurance Maladie, qui doit donner son accord avant l’intervention. L’acte réalisé correspond alors au code CCAM QEGA004 (ablation d’implants avec capsulectomie).

Après une augmentation mammaire initialement prise en charge par la Sécurité Sociale

Certaines augmentations mammaires ne sont pas esthétiques mais réparatrices. C’est le cas lorsqu’elles corrigent une hypoplasie mammaire sévère, une malformation mammaire sévère comme les seins tubéreux ou le syndrome de Poland, ou encore une asymétrie mammaire sévère. Dans ces situations, la pose initiale des implants a pu être prise en charge par la Sécurité Sociale au titre de la chirurgie réparatrice, après entente préalable.

Lorsque cela a été le cas, le traitement de la coque suit la même logique. Le remplacement des implants avec capsulectomie peut alors bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité Sociale, là encore après entente préalable. L’acte réalisé correspond au code CCAM QEKA001 (changement d’implants avec capsulectomie).

Après une reconstruction par prothèse

Ce cas concerne uniquement les femmes ayant bénéficié d’une reconstruction mammaire par prothèses après un cancer du sein, ou dans le cadre d’une chirurgie prophylactique du cancer du sein. Le traitement de la coque s’inscrit alors dans votre parcours de soins. L’acte réalisé correspond au code CCAM QEKA001 (changement d’implant prothétique mammaire avec capsulectomie), et la prise en charge est intégrale, à 100 %, au titre de l’affection de longue durée (ALD).

Dans un centre de lutte contre le cancer comme l’Institut Curie, cette chirurgie relève par ailleurs du secteur public. Vous n’avez donc aucun dépassement d’honoraires à régler.

Qu’est-ce qu’un code CCAM ?

La CCAM, ou Classification Commune des Actes Médicaux, est la liste officielle de tous les actes médicaux et chirurgicaux reconnus en France. Chaque acte y porte un code unique, comme QEKA001 ou QEGA004. C’est ce code qui décrit précisément le geste réalisé.

Cette nomenclature est importante pour vous, car c’est elle qui détermine la prise en charge. À chaque code sont en effet associés un tarif de référence, un taux de remboursement et des conditions précises (chirurgie esthétique vs chirurgie réparatrice dans le cas du traitement d’une coque). Cette nomenclature précise aussi si une entente préalable avec la Sécurité Sociale est nécessaire avant l’intervention.

Ainsi, un même geste, comme le changement d’implants avec capsulectomie, sera pris en charge s’il correspond à une indication réparatrice reconnue, mais restera à votre charge s’il découle d’une chirurgie esthétique. C’est pourquoi le motif initial de la pose de vos implants joue un rôle déterminant.

Qu’est-ce qu’une entente préalable (ou demande d’accord préalable) ?

L’entente préalable, aussi appelée demande d’accord préalable, est une démarche par laquelle on sollicite l’accord de l’Assurance Maladie avant de réaliser certains actes. Pour quelques interventions, la Sécurité Sociale veut en effet valider l’indication médicale avant l’opération, et non après.

Cette démarche se prépare à deux. De mon côté, je remplis le formulaire CERFA et je réalise les photographies de votre poitrine. De votre côté, vous complétez la partie du formulaire qui vous revient, puis vous adressez l’ensemble à la CPAM de votre département : le formulaire, les photos de votre poitrine imprimées au format A4 et en couleur, ainsi que le compte-rendu de votre IRM mammaire.

Il ne reste alors qu’à attendre la réponse du médecin-conseil de la CPAM. Celui-ci examine votre dossier et peut, s’il l’estime nécessaire, vous convoquer afin de vous examiner. Sa réponse conditionne le remboursement : si l’accord est donné, l’intervention est prise en charge dans les conditions prévues.

Quel est le prix du traitement d’une coque ?

Le coût de l’intervention dépend entièrement de votre situation, et plus précisément de sa prise en charge ou non par la Sécurité Sociale. On retrouve ici les trois cas évoqués plus haut.

Après une augmentation mammaire esthétique

Si vos implants ont été posés pour des raisons esthétiques, le traitement chirurgical de la coque, c’est-à-dire la capsulectomie associée au changement d’implants, reste entièrement à votre charge. Son prix se situe entre 6 650 et 7 150 euros. Cette somme n’est remboursée ni par la Sécurité Sociale, ni par votre mutuelle.

Ce prix comprend toute la prise en charge : dépassements d’honoraires du chirurgien, de l’anesthésiste, les honoraires de l’aide opératoire, la location du bloc opératoire, le forfait d’hospitalisation en chirurgie ambulatoire à la clinique, le coût des implants mammaires, la TVA à 20% qui s’applique en France sur les actes de chirurgie esthétique et toutes les consultations post-opératoires de suivi.

Je vous remettrai systématiquement un devis détaillé lors de la consultation, afin que vous connaissiez le coût exact avant toute décision. À noter que le retrait seul des implants peut, lui, faire l’objet d’une prise en charge après entente préalable, comme indiqué plus haut.

Après une augmentation mammaire initialement prise en charge

Si votre augmentation avait été prise en charge au titre de la chirurgie réparatrice (hypoplasie sévère, seins tubéreux, syndrome de Poland, asymétrie sévère), une prise en charge par la Sécurité Sociale est possible, une fois l’entente préalable accordée.

Un dépassement d’honoraires de 3 800 euros s’applique néanmoins. Il correspond aux honoraires de chirurgie et d’anesthésie, qui ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale. En revanche, votre mutuelle peut en prendre en charge une partie, selon votre contrat.

Après une reconstruction par prothèse

Si votre coque survient après une reconstruction par prothèse, dans le cadre d’un cancer du sein ou d’une chirurgie prophylactique, le traitement est intégralement pris en charge. À l’Institut Curie, qui relève du secteur public, vous n’avez rien à régler et aucun dépassement d’honoraires ne s’applique.

Devis et délai de réflexion

Pour toute intervention à visée esthétique, la loi impose deux garanties qui vous protègent. Un devis détaillé et nominatif doit obligatoirement vous être remis. Et un délai de réflexion de quinze jours doit être respecté entre la remise de ce devis et l’intervention.

Foire Aux Questions (FAQ) sur les coques péri-prothétiques

Une coque sur prothèse mammaire est-elle dangereuse pour la santé ?

Non. Une coque n’est pas dangereuse pour votre santé en elle-même : il s’agit d’un phénomène bénin, sans lien avec un cancer. Elle peut en revanche être inconfortable, douloureuse ou déformer le sein. Ce sont donc la gêne et le retentissement esthétique qui motivent un traitement, et non un risque pour votre santé.

Une coque peut-elle disparaître toute seule, sans traitement ?

Non. Une fois la coque formée, la capsule épaissie ne se relâche pas spontanément. La situation peut rester stable ou bien s’aggraver lentement avec le temps. Un médicament peut parfois aider sur une forme tout à fait débutante, mais une coque installée, gênante ou douloureuse, relève d’un traitement chirurgical.

Faut-il opérer une coque qui ne fait pas mal ?

Pas nécessairement. Une coque discrète, indolore et sans déformation peut simplement être surveillée. L’intervention se discute lorsqu’elle devient gênante, douloureuse ou qu’elle modifie la forme du sein. La décision se prend ensemble, en fonction de votre ressenti et de vos attentes.

Quelle est la durée de convalescence après le traitement d’une coque ?

La récupération est en général rapide. La plupart des patientes reprennent leurs activités quotidiennes en une semaine environ, portent un soutien-gorge de maintien pendant quelques semaines et évitent le sport durant quatre à six semaines. La durée exacte dépend de l’ampleur de l’intervention. Je vous remets des consignes personnalisées adaptées à votre cas.

Le traitement d’une coque laisse-t-il de nouvelles cicatrices ?

Le plus souvent, j’interviens en passant par la cicatrice de votre opération précédente, sans ajouter de nouvelle cicatrice visible. En cas de reconstruction par vos propres tissus, des cicatrices supplémentaires existent à l’endroit du prélèvement ; je les détaille sur mes pages dédiées au lambeau DIEP et au lambeau PAP.


Références bibliographiques

L’ensemble du contenu de cette page s’appuie sur des sources scientifiques de référence et sur les recommandations officielles des autorités sanitaires françaises et internationales. Vous trouverez ci-dessous la liste exhaustive des publications scientifiques citées, classées par thème, avec leurs liens directs.

Définition, physiopathologie et classification de Baker

  • de Bakker E, Rots M, Buncamper ME, Niessen FB, Smit JM, Winters HAH, Özer M, de Vet HCW, Mullender MG. The Baker Classification for Capsular Contracture in Breast Implant Surgery Is Unreliable as a Diagnostic Tool. Plast Reconstr Surg. 2020;146(5):956-962. DOI : 10.1097/PRS.0000000000007238
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  • Spear SL, Baker JL. Classification of capsular contracture after prosthetic breast reconstruction. Plast Reconstr Surg. 1995;96(5):1119-1123. PubMed : 7568488

Épidémiologie et facteurs de risque

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Prévention

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Pour citer cette page

Si vous êtes un professionnel de santé, un journaliste ou un étudiant souhaitant citer cette page dans un article, un mémoire ou une publication, voici les éléments de référence.

Format académique (style Vancouver) :

Struk S. Coque sur prothèse mammaire (rétraction capsulaire) : symptômes, diagnostic et traitement. docteurstruk.fr [Internet]. Paris : Cabinet du Dr Samuel Struk ; mis à jour le 14 juin 2026. Disponible sur : https://docteurstruk.fr/chirurgie-esthetique-mammaire/augmentation-mammaire-par-protheses/implants-mammaires/coque-prothese-mammaire/

Format APA :

Struk, S. (2026, 14 juin). Coque sur prothèse mammaire (rétraction capsulaire) : symptômes, diagnostic et traitement. docteurstruk.fr. https://docteurstruk.fr/chirurgie-esthetique-mammaire/augmentation-mammaire-par-protheses/implants-mammaires/coque-prothese-mammaire/

Auteur : Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien et reconstructeur, RPPS 10101382645, Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine) et Institut Curie (Paris/Saint-Cloud).


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Dr Samuel Struk

DOCTEUR SAMUEL STRUK

Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique

Spécialiste exclusif en chirurgie mammaire, le Dr Samuel Struk accompagne les patientes dans leur parcours de chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il vous reçoit en consultation pour un diagnostic sur-mesure au sein de son cabinet situé au 99, rue de Prony, 75017 Paris.

Ancien Assistant Spécialiste du prestigieux Institut Gustave Roussy (1er centre européen de lutte contre le cancer), il exerce aujourd’hui en tant que Praticien Attaché à l’Institut Curie (Saint-Cloud) pour la reconstruction mammaire complexe (microchirurgie DIEP, PAP) et réalise ses interventions de chirurgie esthétique du sein à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).

Déclaration de fiabilité :

Cet article a été intégralement rédigé, revu et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, conformément aux données acquises de la science et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale personnalisée.

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