La reconstruction mammaire tertiaire
La reconstruction mammaire tertiaire concerne les patientes qui souffrent d’une reconstruction mammaire source d’inconfort, de gêne ou de douleurs.
Elle concerne également les patientes déçues par l’apparence de leur reconstruction.
L’objectif de la reconstruction tertiaire est de remplacer une reconstruction mammaire par une autre : le plus souvent cela consiste à remplacer une prothèse mammaire par un lambeau.
La reconstruction mammaire tertiaire fait le plus souvent appel aux techniques de microchirurgie.
Il s’agit heureusement d’une procédure rare.

Reconstruction mammaire tertiaire
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A qui s’adresse la reconstruction mammaire tertiaire ?
La reconstruction mammaire tertiaire s’adresse aux patientes qui souffrent de leur reconstruction mammaire.
Le plus souvent, la reconstruction tertiaire concerne des patientes qui ont subi une mastectomie avec reconstruction mammaire par prothèse et qui sont gênées par leur prothèse. Il peut s’agir d’une gêne esthétique, d’inconfort au quotidien voire de douleurs chroniques. Dans ces cas, on peut retirer définitivement la prothèse et la remplacer par un lambeau.
Plus rarement, on peut aussi décider d’une reconstruction mammaire tertiaire pour les patientes qui ont eu un traitement conservateur du sein (tumorectomie et radiothérapie) sans geste d’oncoplastie, dans le cas où les séquelles de radiothérapie sont très importantes avec une rétraction complète du sein. Dans ce cas, il n’est alors pas possible de corriger les séquelles de la radiothérapie par de simples injections de graisse. La seule solution est retirer la glande mammaire restante (ablation de la glande mammaire ou mastectomie) et de réaliser un lambeau.
Il s’agit heureusement de situations rares.
Pourquoi une prothèse mammaire peut-elle devenir source de gêne, d’inconfort voire de douleurs ?
Cette situation délicate concerne le plus souvent des patientes qui ont eu une reconstruction mammaire par prothèse en reconstruction mammaire secondaire. Il s’agit généralement de la conjonction de plusieurs causes.
Manque de peau, séquelles de radiothérapie
Dans le cas d’une reconstruction mammaire secondaire, on reconstruit le sein un an après la fin des traitements du cancer. Cela signifie qu’on ne conserve pas la peau au moment de la mastectomie. En outre, il n’est pas rare que de la radiothérapie ait endommagé la peau restante après la mastectomie. La radiothérapie peut être source de douleurs chroniques en elle même. Ces douleurs peuvent s’installer plusieurs années après l’irradiation. La radiothérapie altère également la qualité de la peau restante qui perd son élasticité et devient plus rigide.
Dans le cas où une reconstruction mammaire secondaire par prothèse est décidée, cette reconstruction peut ainsi parfois se faire dans des conditions difficiles (manque de peau, douleurs secondaires à la radiothérapie). Plusieurs artifices permettent d’apporter de la peau lorsqu’une reconstruction mammaire secondaire par prothèse est effectuée : réalisation d’un lambeau d’avancement abdominal, expansion tissulaire après des injections de graisse. Néanmoins, il n’est pas rare que ces techniques ne soient pas suffisantes pour apporter la peau en quantité suffisante.
La conjonction du manque de peau, des séquelles de la radiothérapie sur la peau et la paroi thoracique et de la mise en place d’un corps étranger sous la peau contribuent à créer un environnement délétère qui peut être source de gène, d’inconfort voire de douleurs chroniques invalidantes. Cette gène ou ces douleurs peuvent être présentes d’emblée après la reconstruction ou bien s’installer à distance, très progressivement sur plusieurs années.
Coque péri-prothétique
Une coque péri prothétique (également appelée rétraction capsulaire ou contracture capsulaire) peut également survenir dans les suites d’une reconstruction mammaire par prothèse. Il s’agit d’une complication rare. Une coque épaisse se développe autour de la prothèse et vient la contraindre progressivement. La coque entraîne à terme une déformation du sein puis des douleurs. Une opération est indispensable pour changer la prothèse et retirer la coque, mais les récidives de coque sont fréquentes.


On a remplacé la prothèse mammaire et la coque par un lambeau de DIEP (graisse du ventre).


On a remplacé la prothèse mammaire et la coque par un lambeau de PAP (graisse de la cuisse).
Est-il possible d’envisager une reconstruction mammaire tertiaire pour une raison purement esthétique ?
Il est tout à fait possible de réaliser une reconstruction mammaire tertiaire car l’apparence du sein reconstruit n’est pas satisfaisant.
Il s’agit là le plus souvent d’une reconstruction par prothèse qui, sans être source de gène ou de douleurs, est simplement décevante sur le plan esthétique. Ce résultat esthétique insuffisant peut avoir plusieurs causes.
Toutes les morphologies ne se prêtent pas à une reconstruction mammaire par prothèse. La prothèse mammaire donne un aspect « juvénile » avec un sein haut et fixé qui peut être asymétrique avec le sein restant si celui-ci est volumineux et/ou tombant. Un lifting mammaire peut ne pas être suffisant pour corriger cette asymétrie.
Lorsque la prothèse mammaire est placée sous le muscle grand pectoral (en position rétro-pectorale), elle peut aussi être à l’origine d’une animation très disgracieuse qui peut être source de complexe. En effet, la contraction du muscle grand pectoral peut entraîner le déplacement de la prothèse vers l’extérieur avec l’impression que « le sein bouge ». Pour éviter ce phénomène, la prothèse mammaire peut être placée directement sous la peau (en position pré-pectorale). Néanmoins, lorsque la prothèse mammaire est placée directement sous la peau, elle est alors plus visible, et des « vaguelettes » peuvent apparaître à la surface de la peau. Des injections de graisse entre la peau et la prothèse sont utilisées pour essayer de camoufler avec plus ou moins de succès les contours de la prothèse.
Dans tous ces cas, ces phénomènes peuvent être source d’inconfort et justifier le remplacement d’une prothèse par un lambeau.
Quelles sont les techniques de reconstruction mammaire tertiaire ?
Dans la majorité des cas, il s’agit de remplacer une prothèse mammaire par un lambeau. On remplace donc une reconstruction mammaire par prothèse par une reconstruction mammaire autologue.
Réaliser un lambeau consiste à utiliser les propres tissus du corps pour reconstruire le sein et remplacer la prothèse mammaire.
On peut utiliser le ventre (lambeau de DIEP), la face interne de la cuisse (lambeau de PAP) ou le dos (lambeau de grand dorsal).
Les techniques les plus récentes de reconstruction mammaire autologue nécessitent des compétences en microchirurgie.
Les lambeaux présentent plusieurs avantages sur la prothèse mammaire :
- Le résultat est plus naturel : la graisse du ventre ressemble à la glande mammaire en terme de texture (bien plus que le silicone).
- Le résultat est durable : un lambeau n’a jamais besoin d’être remplacé (contrairement à une prothèse qui peut se rompre).
- Un lambeau peut améliorer la vitalité des tissus : le lambeau apporte sa propre vascularisation et donc du sang au niveau de la zone de mastectomie. Cela contribue à améliorer la trophicité des tissus autour qui ont pu être endommagés par la radiothérapie. Dans certains cas, cela peut même soulager les douleurs.
Néanmoins, il faut bien comprendre qu’entreprendre une reconstruction mammaire tertiaire, c’est accepter de nouvelles contraintes :
- Une nouvelle cicatrice : sa localisation va déprendre du type de lambeau utilisé.
- Une intervention lourde qui dure plusieurs heures, avec plusieurs jours d’hospitalisation.
- Et surtout le risque d’échec de la reconstruction : cela concerne les techniques par microchirurgie (DIEP, PAP).


La prothèse mammaire a été remplacée par un lambeau DIEP (tissus du ventre).


On a remplacé la prothèse mammaire et la coque par un lambeau de PAP (graisse de la cuisse).
Quels sont les risques de la reconstruction tertiaire ?
La reconstruction mammaire tertiaire est toujours une intervention délicate qui doit être effectuée par un chirurgien plasticien expérimenté. Cette chirurgie vise à corriger une reconstruction gênante sur le plan fonctionnel, ou dont l’aspect esthétique est décevant.
Elle comporte des risques de complications qui sont plus importants car les tissus ont déjà été opérés. Le risque le plus important est de perdre complètement la reconstruction et de se retrouver sans reconstruction.
La technique employée varie selon les besoins de chaque patiente, mais le plus souvent elle fait appel à de la microchirurgie pour transférer vos propres tissus au niveau du sein à reconstruire. Le principal risque est l’échec de la microchirurgie. Un échec peut survenir en cas de thrombose vasculaire (occlusion des vaisseaux qu’on a connecté par microchirurgie). Ce risque est heureusement faible.
LES INTERVENTIONS DE RECONSTRUCTION MAMMAIRE

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Spécialiste en chirurgie mammaire esthétique & réparatrice
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie du sein, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine









