Page rédigée et validée médicalement par le Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien inscrit au tableau de l’Ordre des médecins de Paris (numéro RPPS : 10101382645), membre de la SOFCPRE et de la SOFCEP · relue et mise à jour le 31 octobre 2026
Une mastectomie consiste à retirer la totalité de la glande mammaire pour traiter un cancer du sein ou pour prévenir sa survenue en cas de prédisposition génétique. Dans la majorité des cas, on peut aujourd’hui conserver la peau du sein, et souvent l’aréole et le mamelon. Cette conservation permet de reconstruire le sein au cours de la même intervention, sans modifier le traitement du cancer ni ses chances de guérison.
À l’Institut Curie, nous décidons du type de mastectomie et de la possibilité d’une reconstruction immédiate en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), en fonction de votre cancer, de la forme de votre sein et de vos souhaits. La reconstruction reste toujours un choix : elle n’est jamais obligatoire.
Cette page explique les différentes façons de réaliser une mastectomie et ce qu’on peut conserver, à quelles conditions, avec quels risques. Elle fait aussi le point sur la mastectomie robot-assistée et la mastectomie endoscopique, ces techniques dites « mini-invasives » dont on parle beaucoup.
La mastectomie en bref
- Ablation de la glande mammaire : toute la glande mammaire, jusqu’au muscle pectoral, qui est conservé. Si des ganglions de l’aisselle doivent être retirés, on le fait au cours de la même intervention.
- Ce qu’on peut conserver : la peau du sein dans la majorité des cas, l’aréole et le mamelon lorsque la tumeur en est suffisamment éloignée. On parle de mastectomie totale lorsque la peau et l’aréole sont retirées. On parle de mastectomie avec conservation de la peau, ou avec conservation de l’aréole et du mamelon, dans les autres cas.
- Conserver la peau et l’aréole ne diminue pas vos chances de guérison. Les études comparatives ne retrouvent pas plus de récidives. Cette pratique est admise, à condition de respecter certains critères validés en RCP.
- Conserver la peau n’a de sens que si le sein est reconstruit immédiatement. Dans ma pratique, je réalise moi-même la mastectomie et la reconstruction au cours de la même intervention, par prothèse ou par lambeau. Si vous ne souhaitez pas de reconstruction immédiate, on réalise une mastectomie totale, et une reconstruction secondaire restera possible plus tard.
- Le principal risque propre à la mastectomie avec conservation de la peau est la nécrose cutanée : une souffrance de la peau, qui peut compromettre la reconstruction. Le tabac en est le premier facteur de risque.
- Mastectomie robot-assistée et mastectomie endoscopique : on retire la glande mammaire par une cicatrice de 3 à 5 cm placée sous l’aisselle. Leur bénéfice le mieux établi est l’absence de cicatrice sur le sein.
- Prise en charge à 100 % : la mastectomie et sa reconstruction sont prises en charge au titre de l’ALD (affection de longue durée) et réalisées à l’Institut Curie, sans dépassement d’honoraires.
Informations pratiques
- Consultation : 99 rue de Prony, 75017 Paris, ou directement à l’Institut Curie.
- Intervention : Institut Curie (Saint-Cloud).
- Rendez-vous : prendre rendez-vous sur Doctolib ou au 01 42 94 19 88.
Mastectomie et reconstruction mammaire
La mastectomie est le point de départ de toute reconstruction mammaire : ce qu’on conserve de la peau du sein détermine ce qu’il faudra reconstruire.
Lorsqu’on conserve la peau du sein, on reconstruit le volume du sein dans le même temps opératoire. C’est la reconstruction mammaire immédiate.
On recrée ce volume soit par une prothèse mammaire, soit avec vos propres tissus par un lambeau DIEP ou un lambeau PAP. Les critères de ce choix sont comparés sur la page consacrée aux techniques de reconstruction mammaire.
Après une mastectomie totale, sans reconstruction immédiate, le sein est reconstruit à distance de la fin des traitements. C’est la reconstruction mammaire secondaire.
Lorsqu’on réalise une mastectomie pour prévenir un cancer chez une femme présentant une prédisposition génétique, on parle de mastectomie prophylactique, avec conservation de l’aréole et du mamelon.
Conserver la peau du sein et reconstruire immédiatement exigent l’arrêt complet du tabac avant l’intervention.
Le choix entre un traitement conservateur et une mastectomie est expliqué sur la page tumorectomie ou mastectomie.
Plusieurs reconstructions immédiates après mastectomie sont présentées sur la page consacrée aux photos avant-après de reconstruction mammaire.

Ablation du sein et reconstruction mammaire
Qu’est-ce qu’une mastectomie ?
La mastectomie consiste à retirer la totalité de la glande mammaire, c’est-à-dire le tissu qui produit le lait. Cette glande, entourée de graisse, se situe sous la peau du sein, devant le muscle grand pectoral. Lors de l’intervention, on retire l’ensemble du tissu mammaire et la graisse qui l’entoure, de la clavicule jusqu’au sillon sous-mammaire, et du sternum jusqu’à l’aisselle. Le muscle grand pectoral, situé derrière la glande, est conservé.
La mastectomie se distingue de la tumorectomie, qui consiste à retirer uniquement la tumeur avec une marge de tissu sain, tout en conservant le reste du sein.
Lorsque la tumorectomie n’est pas possible ou n’est pas adaptée à la situation, une mastectomie peut être nécessaire pour traiter le cancer. Le choix entre ces deux interventions repose sur les résultats de l’imagerie et des biopsies, ainsi que sur une discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire. Je détaille les critères qui guident cette décision sur ma page consacrée au choix entre tumorectomie et mastectomie.
Lors de la même intervention, on peut également prélever un ganglion de l’aisselle pour vérifier si le cancer s’y est propagé (ganglion sentinelle) ou retirer plusieurs ganglions lorsqu’un curage axillaire est nécessaire. Ces gestes s’effectuent par la même incision que la mastectomie ou par une courte incision supplémentaire dans l’aisselle.
Mastectomie « radicale », « totale », « simple » : de quoi parle-t-on ?
À la fin du XIXᵉ siècle, la mastectomie dite « radicale » consistait à retirer le sein, les muscles pectoraux et l’ensemble des ganglions de l’aisselle. Cette intervention très mutilante a progressivement été abandonnée : les études ont montré que retirer les muscles n’améliorait pas les chances de guérison. Le terme « radicale » reste parfois employé, à tort, pour désigner l’ablation complète du sein et de la peau, sans reconstruction.
Aujourd’hui, la mastectomie totale classique consiste à retirer toute la glande mammaire, ainsi que la peau du sein, l’aréole et le mamelon, tout en conservant le muscle pectoral. On parle aussi de mastectomie simple lorsqu’elle ne s’accompagne pas d’un curage ganglionnaire. Le traitement des ganglions de l’aisselle fait l’objet d’une décision distincte, adaptée à chaque situation.
Deux autres techniques permettent de préserver davantage les tissus : la mastectomie avec conservation de la peau et la mastectomie avec conservation de la peau, de l’aréole et du mamelon. Je détaille ces trois techniques plus bas.
Dans les statistiques nationales, le terme « mastectomie totale » désigne toute ablation complète de la glande mammaire, que la peau, l’aréole et le mamelon aient été conservés ou non.
Dans quelles situations une mastectomie est-elle nécessaire ?
Pour la majorité des cancers du sein, le traitement repose aujourd’hui sur une tumorectomie suivie d’une radiothérapie, qui permet de conserver le sein. La mastectomie reste néanmoins nécessaire dans certaines situations.
En France, 16 752 mastectomies pour cancer du sein ont été réalisées en 2024, toutes techniques confondues. Un tiers ont été accompagnées d’une reconstruction immédiate (INCa, 2026).
Plusieurs situations peuvent justifier une mastectomie :
- Une tumeur trop volumineuse par rapport au sein, même après une chimiothérapie destinée à la réduire.
- Plusieurs tumeurs éloignées les unes des autres, rendant difficile la conservation du sein.
- Un carcinome canalaire in situ étendu, occupant une zone trop large pour permettre une tumorectomie. La mastectomie évite généralement la radiothérapie.
- Un cancer inflammatoire du sein, qui atteint la peau et impose de différer la reconstruction après les traitements (SENORIF, 2025).
- Une récidive après tumorectomie et radiothérapie, lorsqu’un nouveau traitement conservateur n’est pas envisageable.
- Une contre-indication à la radiothérapie, notamment certaines maladies ou une irradiation antérieure du thorax.
- Votre choix personnel, après une information complète sur les différentes possibilités.
Une prédisposition génétique peut également justifier une mastectomie préventive, détaillée sur ma page consacrée à la mastectomie prophylactique.
En revanche, retirer préventivement le sein opposé, lorsqu’il est sain, n’est généralement pas recommandé sans prédisposition génétique ou risque familial élevé (SENORIF, 2025).
Dans toutes ces situations, deux questions se posent : peut-on conserver la peau, l’aréole et le mamelon ? Et peut-on reconstruire le sein immédiatement ?
Choisir la mastectomie quand on a le choix entre mastectomie et tumorectomie
Lorsqu’une tumorectomie suivie d’une radiothérapie et une mastectomie sont toutes deux possibles, vous pouvez préférer une mastectomie, même si la conservation du sein est possible d’un point de vue oncologique.
Certaines femmes font ce choix par crainte d’une récidive, pour éviter la radiothérapie ou parce qu’elles se sentent plus rassurées à l’idée de retirer toute la glande mammaire.
Il faut toutefois savoir que la mastectomie n’améliore pas les chances de survie par rapport à une tumorectomie suivie d’une radiothérapie, lorsque les deux traitements sont adaptés. Elle réduit le risque de récidive dans le sein sans le supprimer et ne permet pas toujours d’éviter la radiothérapie.
La mastectomie entraîne également une perte totale et définitive de la sensibilité du sein, même lorsqu’une reconstruction immédiate permet d’en restaurer la forme et le volume.
Votre préférence compte dans la décision, après une information claire sur les avantages, les risques et les conséquences de chaque intervention. Ce choix se discute en consultation, conformément aux recommandations de l’Institut national du cancer.
En revanche, il n’est pas possible de retirer le sein opposé lorsqu’il est sain, en l’absence de risque génétique ou familial élevé.
Quels sont les différents types de mastectomie ?
Il existe trois types de mastectomie selon que l’on conserve la peau du sein, l’aréole et le mamelon. Ce choix détermine la cicatrice, la possibilité d’une reconstruction immédiate et les techniques de reconstruction possibles.
| Mastectomie totale | Mastectomie avec conservation de la peau | Mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon | |
|---|---|---|---|
| Ce qu’on retire | La glande, la peau du sein, l’aréole et le mamelon | La glande, l’aréole et le mamelon | La glande seulement |
| Cicatrice | Horizontale, sur le thorax, de 15 à 20 cm | À l’emplacement de l’aréole qu’on retire, horizontale de 5 à 7 cm | Dans le sillon sous le sein, de 8 à 15 cm |
| Reconstruction immédiate | Non | Oui, par prothèse ou par lambeau | Oui, par prothèse ou par lambeau |
| Situations | Cancer inflammatoire, atteinte de la peau, absence de reconstruction immédiate | Tumeur proche de l’aréole ou aréole atteinte | Tumeur à distance de l’aréole, mastectomie prophylactique |

À gauche : mastectomie totale.
Au centre : mastectomie avec conservation de la peau, sans l’aréole.
À droite : mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon.
La mastectomie totale
La mastectomie totale consiste à retirer l’ensemble de la glande mammaire, ainsi que la peau du sein, l’aréole et le mamelon. Elle laisse une cicatrice horizontale sur le thorax, qui est complètement plat après l’intervention car il n’y a pas de reconstruction immédiate.
La mastectomie est indiquée lorsqu’il n’est pas possible de conserver le sein dans de bonnes conditions : cancer trop étendu par rapport au volume mammaire, présence de plusieurs foyers cancéreux éloignés, cancer inflammatoire ou récidive après une chirurgie conservatrice suivie d’une radiothérapie. Vous pouvez également choisir de ne pas reconstruire votre sein après la mastectomie, selon vos préférences personnelles.
La décision de ne pas reconstruire immédiatement le sein est distincte de celle de réaliser une mastectomie. Elle peut correspondre à votre souhait personnel ou à la nécessité de différer la reconstruction, notamment en cas de tabagisme actif ou de diabète mal équilibré.
Une reconstruction reste possible dans un second temps, généralement environ un an après la fin de la radiothérapie. C’est la reconstruction mammaire secondaire. Il faut alors recréer le volume du sein, mais aussi remplacer la peau retirée lors de la mastectomie. Cette reconstruction fait souvent appel à un lambeau, qui apporte à la fois de la peau et de la graisse prélevées sur une autre partie du corps.

À quoi faut-il s’attendre après une mastectomie totale sans reconstruction ?
Au réveil, le thorax est plat du côté opéré et recouvert d’un pansement compressif. Un drain est laissé en place pendant quelques jours pour évacuer les liquides. La peau est généralement insensible, avec une sensation de tension ou de tiraillement. Les douleurs sont habituellement modérées et soulagées par les antalgiques habituels. On retire les drains avant la sortie ou dans les jours suivants. Une accumulation de liquide sous la peau, qu’on appelle un sérome, peut ensuite survenir et nécessiter une ou plusieurs ponctions.
Le lever est possible dès le lendemain. La mobilité de l’épaule se récupère progressivement, avec l’aide d’un kinésithérapeute, notamment lorsqu’un curage ganglionnaire a été réalisé. L’arrêt de travail dure généralement trois à quatre semaines après une mastectomie seule, selon votre activité professionnelle et les traitements complémentaires.
Après la période de cicatrisation, vous pourrez porter une prothèse mammaire externe en silicone, glissée dans un soutien-gorge adapté. Elle permet de retrouver une silhouette symétrique sous les vêtements et bénéficie d’une prise en charge par l’Assurance maladie sur prescription.
Les suites d’une mastectomie avec reconstruction sont décrites sur ma page consacrée à la reconstruction mammaire immédiate. Vous trouverez également des informations sur l’évolution et les soins de la cicatrice dans mon article consacré aux cicatrices de mastectomie.
La mastectomie avec conservation de la peau (skin-sparing mastectomy)
La mastectomie avec conservation de la peau consiste à retirer toute la glande mammaire, ainsi que l’aréole et le mamelon, tout en préservant le reste de la peau du sein. On réalise une incision autour de l’aréole, par laquelle on retire la glande mammaire. L’enveloppe cutanée reste en place, ce qui permet de reconstruire immédiatement le volume du sein, à l’aide d’une prothèse ou d’un lambeau. La cicatrice est horizontale et se situe à l’emplacement de l’ancienne aréole.
L’aréole et le mamelon peuvent être reconstruits dans un second temps, généralement après la fin des traitements, au cours d’une intervention courte sous anesthésie locale.
Cette technique est notamment indiquée lorsque la tumeur atteint l’aréole ou se situe trop près de celle-ci pour permettre sa conservation, à condition que le reste de la peau du sein ne soit pas atteint.

Reconstruction mammaire immédiate par DIEP (lambeau du ventre).
La peau du lambeau prend la place de l’aréole qui sera reconstruitre dans un second temps.
La mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon (nipple-sparing mastectomy)
La mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon consiste à retirer toute la glande mammaire en préservant l’ensemble de la peau du sein, y compris l’aréole et le mamelon. Dans ma pratique, je réalise une incision dans le sillon sous-mammaire, où la cicatrice est dissimulée par le sein reconstruit. Pendant l’intervention, on prélève un fragment de tissu situé derrière le mamelon : c’est la biopsie rétro-aréolaire, qui permet de rechercher d’éventuelles cellules cancéreuses.
Je ne réalise jamais d’incision autour de l’aréole lorsqu’on doit la conserver, car cette voie d’abord risque de compromettre sa vascularisation. Une méta-analyse de 51 études portant sur près de 10 000 mastectomies a retrouvé un taux de nécrose partielle ou complète de l’aréole de 18,1 % avec une incision péri-aréolaire, contre 6,8 % avec une incision sous-mammaire (Daar et al., 2019).
Cette technique est privilégiée pour les mastectomies prophylactiques. Elle est également de plus en plus proposée en cas de cancer, lorsque la tumeur est suffisamment éloignée de l’aréole et du mamelon. Elle exige une dissection minutieuse pour retirer toute la glande sans endommager la peau ni compromettre sa vascularisation.
C’est la technique qui préserve le mieux l’aspect naturel du sein, puisque son enveloppe cutanée, son aréole et son mamelon restent en place. Le mamelon perd toutefois sa sensibilité et peut perdre en volume ou se dépigmenter (SENORIF, 2025).

Reconstruction mammaire immédiate par prothèses.
Les cicatrices se situent sous le sein (cicatrices sous-mammaires).
Lorsque le sein est volumineux ou tombant
La conservation de la peau d’un sein très volumineux ou très ptôsé (tombant) présente deux difficultés. Après le retrait de la glande, la vascularisation de cette grande enveloppe cutanée devient plus fragile, ce qui augmente le risque de nécrose. Par ailleurs, l’excès de peau peut compromettre le résultat esthétique, car l’enveloppe est trop grande pour le volume reconstruit.
Une mastectomie avec réduction de peau permet de retirer cet excès cutané, au prix d’une cicatrice en T inversé, comme lors d’une réduction mammaire. Cette technique expose toutefois à davantage de complications. Dans une étude française, l’incision en T inversé était associée à un risque de complication significativement plus élevé (odds ratio : 10,5) (Houvenaeghel et al., 2021).
Dans ma pratique, je privilégie la reconstruction secondaire lorsque le sein est très volumineux ou très tombant, le plus souvent à l’aide d’un lambeau. L’alternative est de réaliser une mastectomie avec réduction de peau (cicatrices en T) et mise en place d’une prothèse d’expansion afin de limiter la tension sur la peau. Cette option est détaillée sur ma page consacrée à la reconstruction mammaire par prothèse.
En chirurgie prophylactique, je privilégie une intervention en deux temps : une réduction mammaire initiale, suivie quatre à six mois plus tard d’une mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon. Ce délai permet à la peau de cicatriser et à sa vascularisation de s’adapter. Cette stratégie est détaillée sur ma page consacrée à la mastectomie prophylactique.

Reconstruction mammaire par implants.
Quelle cicatrice après une mastectomie ?
La cicatrice dépend du type de mastectomie.
Après une mastectomie totale, la fait de retirer toute la peau du sein laisse une grand cicatrice horizontale, au milieu du thorax. Le thorax est plat.
Après une mastectomie avec conservation de la peau, elle est horizontale et se situe à l’emplacement de l’aréole qu’on a retirée, en travers du sein. Elle sera en partie masquée par la reconstruction de l’aréole dans un second temps.
Après une mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon, elle est cachée dans le sillon sous le sein. Sa localisation dans le sillon sous-mammaire la rend discrète.
Après une mastectomie robot-assistée ou endoscopique, elle se situe sous l’aisselle, sur le côté du thorax. Elle est recouverte par le bras.
Toute cicatrice reste rouge et un peu épaisse pendant plusieurs mois, puis s’éclaircit et s’assouplit progressivement, sur 12 à 24 mois. Les soins, l’évolution et les complications des cicatrices de mastectomie sont détaillés dans mon article consacré aux cicatrices de mastectomie.
Peut-on conserver la peau du sein, l’aréole et le mamelon en cas de cancer ?
Oui, dans de nombreux cas. La peau du sein peut être conservée lorsqu’elle n’est pas atteinte par le cancer. La conservation de l’aréole et du mamelon nécessite des conditions supplémentaires. Cette décision est prise en réunion de concertation pluridisciplinaire, à partir de l’imagerie et des biopsies.
Quatre critères orientent ce choix :
- La distance entre la tumeur et la peau. Lorsque le cancer atteint la peau, celle-ci doit être retirée. Une tumeur très superficielle peut également imposer le retrait de la peau située en regard.
- La distance entre la tumeur et l’aréole. Une distance supérieure à un centimètre sur l’imagerie est un critère favorable à sa conservation, sous réserve d’une biopsie rétro-aréolaire négative.
- Le type de cancer. Un cancer inflammatoire contre-indique la conservation de la peau.
- Le volume et la forme du sein. Un sein très volumineux ou très tombant augmente le risque de nécrose cutanée et peut conduire à modifier la stratégie chirurgicale.
Le référentiel SENORIF 2025-2026 précise les conditions de conservation de l’aréole et du mamelon : tumeur située à plus d’un centimètre de l’aréole, absence de microcalcifications suspectes à proximité du mamelon, d’écoulement mamelonnaire et de maladie de Paget. Il rappelle également que l’aréole et le mamelon peuvent devoir être retirés secondairement si l’analyse révèle des cellules cancéreuses (SENORIF, 2025).
La biopsie rétro-aréolaire
Lorsque l’aréole et le mamelon sont conservés, on prélève pendant l’intervention un fragment de tissu situé juste derrière le mamelon. C’est la biopsie rétro-aréolaire, que le laboratoire analyse dans les jours suivant l’intervention. Dans la grande majorité des cas, cette analyse ne retrouve aucune cellule cancéreuse, ce qui permet de conserver définitivement l’aréole et le mamelon.
Si l’analyse révèle des cellules cancéreuses, une seconde intervention est nécessaire quelques semaines après la mastectomie pour retirer l’aréole et le mamelon. La reconstruction mammaire reste possible, mais elle peut nécessiter certains ajustements. En cas de reconstruction par prothèse, il peut notamment être nécessaire de réduire le volume de l’implant ou de le remplacer par une prothèse d’expansion, afin d’éviter une tension excessive sur la peau.
L’aréole et le mamelon pourront être reconstruits ultérieurement, une fois les traitements du cancer terminés.
La reconstruction immédiate reste un choix
La conservation de la peau du sein implique une reconstruction immédiate. En effet, sans volume pour la soutenir, la peau du sein se rétracterait progressivement de façon irréversible. Il est donc nécessaire de reconstruire le sein au cours de la même intervention, à l’aide d’une prothèse ou d’un lambeau.
En revanche, la reconstruction immédiate n’est jamais obligatoire. Si vous ne souhaitez pas reconstruire votre sein, ou si vous préférez prendre le temps de réfléchir, nous réalisons une mastectomie totale sans reconstruction. Une reconstruction mammaire secondaire restera envisageable, quelques mois ou même plusieurs années plus tard.
Je détaille les avantages de chaque approche et la possibilité de différer votre décision sur ma page consacrée à la reconstruction mammaire immédiate, notamment dans la rubrique « Et si je ne souhaite pas de reconstruction ? ».
Conserver la peau et l’aréole modifie-t-il le pronostic du cancer ?
Non, à condition de respecter les indications de chaque technique. Les études comparant les mastectomies avec et sans conservation de la peau ne montrent pas d’augmentation du risque de récidive locale. De même, chez les patientes correctement sélectionnées, la conservation de l’aréole et du mamelon ne semble augmenter ni le risque de récidive ni celui de décès lié au cancer.
La conservation de la peau, de l’aréole et du mamelon ne compromet donc pas la sécurité oncologique, dès lors que la tumeur permet de les préserver. La glande mammaire est retirée selon les mêmes principes carcinologiques, et les indications des traitements complémentaires restent inchangées.
Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. Aucun essai randomisé n’a directement comparé ces différentes techniques. Les données proviennent principalement d’études observationnelles, dans lesquelles les patientes bénéficiant d’une conservation de la peau ou de l’aréole avaient été sélectionnées selon des critères oncologiques précis.
Que dit la littérature scientifique sur la sécurité oncologique de la conservation de la peau et de l’aréole ?
La conservation de la peau ne semble pas augmenter le risque de récidive locale. Une méta-analyse publiée dans Annals of Surgery a regroupé neuf études portant sur 3 739 patientes. Parmi les 3 436 patientes des sept études ayant évalué la récidive locale, son taux atteignait 6,2 % après conservation de la peau, contre 4,0 % après mastectomie classique, sans différence statistiquement significative (Lanitis et al., 2010).
Les résultats sont également rassurants pour la conservation de l’aréole et du mamelon. Une revue systématique publiée en 2026 a analysé 60 études réunissant 7 752 patientes. Dans les onze études comparatives, les auteurs n’ont retrouvé ni diminution de la survie globale ni augmentation significative des récidives locales. Parmi les 391 patientes suivies pendant dix ans, 15 % avaient présenté une récidive locale. En revanche, seulement 1,1 % des patientes avaient développé une récidive sur l’aréole ou le mamelon conservés (Rohrich et al., 2026).
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Aucun essai randomisé n’a comparé ces techniques. Les études sont observationnelles : les chirurgiens réservaient généralement la conservation aux tumeurs les plus favorables. La revue Cochrane, portant sur onze cohortes et 6 502 patientes, juge ainsi le niveau de preuve très faible, notamment en raison de ce biais de sélection (Mota et al., 2016).
En pratique, la conservation de la peau, de l’aréole et du mamelon ne semble pas compromettre la sécurité oncologique chez les patientes correctement sélectionnées. C’est précisément cette sélection, discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui permet de limiter les risques.
Quels sont les risques d’une mastectomie ?
Les risques d’une mastectomie se répartissent en deux catégories :
- Les premiers sont liés à la mastectomie elle-même : souffrance de la peau du sein, hématome, sérome, douleurs et troubles de la sensibilité. Je les détaille ci-dessous.
- Les seconds sont propres à la reconstruction mammaire réalisée dans le même temps, notamment l’infection d’une prothèse ou la thrombose d’un lambeau. Vous retrouverez ces complications et leur fréquence sur ma page consacrée à la reconstruction mammaire immédiate.
La nécrose de la peau du sein que l’on conserve
La nécrose cutanée est le principal risque d’une mastectomie avec conservation de la peau. Lors de l’ablation de la glande mammaire, on sectionne la plupart des petits vaisseaux qui nourrissent la peau du sein. Celle-ci dépend alors essentiellement des vaisseaux qui arrivent par sa périphérie. Si cet apport sanguin devient insuffisant, une partie de la peau, de l’aréole ou du mamelon peut souffrir, voire nécroser. Les premiers signes apparaissent généralement dans les jours qui suivent l’intervention.
Dans une étude prospective portant sur 606 mastectomies avec reconstruction immédiate, 14 % présentaient une souffrance cutanée, dont 5 % une forme sévère (Matsen et al., 2016). Je retrouve des taux comparables dans ma pratique à l’Institut Curie. Le tabagisme, un sein volumineux ou tombant, la conservation de l’aréole et du mamelon, une incision péri-aréolaire et les antécédents de chirurgie mammaire augmentent ce risque.
Lorsque la souffrance reste superficielle, de simples soins locaux suffisent généralement à obtenir la cicatrisation. Une nécrose plus profonde, qui touche toute l’épaisseur de la peau, peut en revanche exposer la reconstruction sous-jacente et nécessiter une nouvelle intervention. Les conséquences diffèrent selon que le sein a été reconstruit par prothèse ou par lambeau. Je détaille ces complications et les moyens de les prévenir sur ma page consacrée à la reconstruction mammaire immédiate.
L’hématome et le sérome
Un hématome est une accumulation de sang sous la peau, qui peut survenir dans les heures suivant l’intervention. Il se manifeste par un sein qui gonfle, devient tendu et douloureux. Une nouvelle intervention est nécessaire pour évacuer le sang et arrêter le saignement. Ce risque justifie notamment une surveillance étroite à l’hôpital pendant la première nuit et la mise en place d’un drain.
Un sérome est une accumulation de liquide clair dans l’espace laissé par le retrait de la glande mammaire. Un drain est généralement mis en place à la fin de l’intervention pour évacuer ce liquide et limiter son accumulation. Si un sérome se forme après le retrait du drain, une ponction à l’aiguille fine, réalisée en consultation, permet de l’évacuer. Plusieurs ponctions peuvent parfois être nécessaires. Je détaille son évolution et sa prise en charge dans mon article consacré aux cicatrices de mastectomie.
Les douleurs persistantes et les troubles de la sensibilité
Après une mastectomie, la peau du sein perd sa sensibilité, même lorsque l’aréole et le mamelon ont été conservés. En effet, l’ablation de la glande mammaire impose de sectionner la plupart des nerfs qui assurent cette sensibilité. Ce phénomène concerne toutes les techniques de reconstruction mammaire. Je l’explique plus en détail sur ma page consacrée à la reconstruction mammaire autologue.
Certaines patientes présentent également des douleurs persistantes, plusieurs mois, voire plusieurs années après l’intervention. Ces douleurs touchent le thorax, l’aisselle ou le bras et prennent la forme de tiraillements, de brûlures, de décharges électriques ou parfois d’une sensation de sein fantôme. Elles sont favorisées par les lésions nerveuses liées à la chirurgie, en particulier en cas de curage axillaire, ainsi que par la radiothérapie.
Aurai-je des douleurs durables après ma mastectomie ?
Une étude nationale danoise a interrogé 3 253 femmes opérées d’un cancer du sein, deux à trois ans après leur intervention. Près d’une femme sur deux (47 %) présentait encore des douleurs dans la région opérée.
Ces douleurs étaient légères dans environ la moitié des cas, modérées dans 39 % des cas et sévères dans 13 % des cas. Elles étaient plus fréquentes chez les femmes jeunes (odds ratio de 3,6), après un curage ganglionnaire de l’aisselle plutôt qu’une biopsie du ganglion sentinelle (odds ratio de 1,8), ainsi qu’après une radiothérapie (odds ratio de 1,5). En revanche, la chimiothérapie n’était pas associée à une augmentation du risque (Gärtner et al., 2009).
Cette étude porte sur l’ensemble des interventions chirurgicales du cancer du sein, et pas uniquement sur les mastectomies. Elle montre néanmoins que les douleurs persistantes après une chirurgie mammaire sont fréquentes et ne doivent pas être négligées. Si vous ressentez encore des douleurs plusieurs mois après votre mastectomie, parlez-en en consultation. De la kinésithérapie, des médicaments adaptés aux douleurs d’origine nerveuse ou, si nécessaire, une prise en charge spécialisée de la douleur à l’Institut Curie peuvent contribuer à les soulager.
Qu’est-ce que le bloc paravertébral systématiquement proposé avant une mastectomie à l’Institut Curie ?
Le bloc paravertébral thoracique est une technique d’anesthésie locorégionale qui permet de diminuer les douleurs après une mastectomie. Il est systématiquement proposé aux patientes opérées à l’Institut Curie, en complément de l’anesthésie générale.
Comment se déroule-t-il ? Avant l’intervention, le médecin anesthésiste injecte un anesthésique local à proximité des nerfs qui transmettent la douleur du sein et de la paroi thoracique, juste à côté de la colonne vertébrale. Le geste est réalisé sous contrôle échographique, généralement après une légère sédation. Il insensibilise temporairement le côté du thorax qui sera opéré, pendant plusieurs heures.
Quel est son intérêt ? Il réduit les douleurs au réveil et le recours à la morphine, limitant ainsi ses effets indésirables, notamment les nausées. Une étude randomisée multicentrique menée par les anesthésistes de l’Institut Curie a confirmé son efficacité sur les douleurs immédiates, sans toutefois démontrer de réduction des douleurs chroniques à trois mois (Albi-Feldzer et al., 2021).
Existe-t-il des risques ? Ils sont rares : hématome, infection, pneumothorax ou passage accidentel de l’anesthésique dans un vaisseau sanguin. Le guidage échographique permet de sécuriser le geste.
Le bloc reste facultatif et sa réalisation dépend de votre accord et de l’évaluation du médecin anesthésiste. Il ne remplace pas l’anesthésie générale ni les antalgiques prescrits après l’intervention.
Pourquoi est-il indispensable d’arrêter le tabac ?
Le tabac est, dans ma pratique, le principal facteur de risque évitable de nécrose cutanée après une mastectomie. La nicotine provoque une contraction des petits vaisseaux sanguins, tandis que le monoxyde de carbone contenu dans la fumée réduit l’oxygénation des tissus. La peau du sein, dont la vascularisation est déjà fragilisée par la mastectomie, est particulièrement vulnérable à ces effets.
Une méta-analyse portant sur 140 études et près de 480 000 patients, toutes interventions chirurgicales confondues, retrouvait une association importante entre le tabagisme et la nécrose cutanée (odds ratio de 3,6) (Sørensen, 2012).
Je ne réalise pas de reconstruction mammaire immédiate chez les patientes qui continuent à fumer, qu’il s’agisse d’une reconstruction par implant ou par lambeau.
Je demande donc un arrêt complet du tabac et de toute consommation de nicotine pendant au moins un mois avant et un mois après l’intervention, y compris sous forme de cigarette électronique ou de substituts nicotiniques. Si ce sevrage n’est pas possible, il est préférable de différer la reconstruction. La mastectomie est alors réalisée sans reconstruction immédiate, et celle-ci pourra être envisagée secondairement, après l’arrêt du tabac.
Mastectomie robot-assistée et mastectomie endoscopique : que valent les techniques « mini-invasives » ?
La mastectomie robot-assistée et la mastectomie endoscopique permettent de retirer la totalité de la glande mammaire par une incision de 3 à 5 cm, dissimulée sur le côté du thorax, près de l’aisselle, plutôt que dans le sillon sous le sein.
Leur principal avantage est esthétique : elles évitent toute cicatrice visible sur le sein. Les autres bénéfices rapportés restent modestes et reposent sur des études de faible niveau de preuve. En contrepartie, ces techniques allongent la durée de l’intervention, augmentent son coût et s’adressent aux femmes ayant des seins de petit ou moyen volume, peu tombants. Les études disponibles ne démontrent aucune amélioration du pronostic du cancer, de la sensibilité du sein ou des douleurs à long terme.
J’ai participé, au sein de l’équipe de Gustave Roussy, aux premiers travaux sur la mastectomie robot-assistée, notamment à la description de la technique chirurgicale et à la première étude prospective française. J’y ai également consacré ma thèse. Cette expérience me permet aujourd’hui de porter un regard critique sur ces techniques, en distinguant leurs avantages réels de leurs limites. J’explique ici ce qu’elles apportent par rapport à une mastectomie conventionnelle, ce qu’elles ne changent pas et pourquoi, près de dix ans après les premières interventions, la mastectomie robot-assistée reste peu pratiquée en France.
En quoi consistent la mastectomie robot-assistée et la mastectomie endoscopique ?
Les deux techniques partagent le même principe. Au lieu d’ouvrir le sillon sous le sein, on pratique une courte incision à la partie latérale du thorax, sous l’aisselle, que le bras masque en position debout. Par cette incision, on introduit une caméra et de fins instruments, et on gonfle l’espace entre la peau et la glande avec un peu de gaz carbonique, ou on le maintient ouvert avec un écarteur. On décolle la glande de la peau, puis du muscle pectoral, en la regardant sur un écran, et on la retire en entier par la même incision. Lorsqu’une reconstruction par prothèse est prévue, on introduit l’implant par cette ouverture. On prélève les ganglions de l’aisselle par la même voie.
La différence entre les deux techniques tient aux instruments utilisés et à leur maniement.
La mastectomie endoscopique
Cette technique utilise des instruments droits, tenus par le chirurgien, comme en chirurgie cœlioscopique, la chirurgie du ventre par de petits orifices. Les premières séries japonaises datent du début des années 2000 (Sakamoto et al., 2009). Les équipes asiatiques l’ont ensuite simplifiée. Elles utilisent une incision unique dans l’aisselle et, plus récemment, une caméra en trois dimensions introduite par un dispositif à orifice unique.
La mastectomie robot-assistée
Elle reprend la même voie d’abord, mais les instruments sont portés par les bras d’un robot chirurgical que le chirurgien commande depuis une console, à quelques mètres de la patiente.
Le robot n’est pas autonome. Il reproduit les gestes du chirurgien en les démultipliant, avec une vision en trois dimensions, des instruments articulés et la suppression du tremblement.
La technique a été mise au point presque simultanément à Milan, où les premiers cas ont été opérés en 2014 (Toesca et al., 2017), et à Gustave Roussy, où l’étude prospective a débuté fin 2015 après une phase de mise au point sur cadavre (Sarfati et al., 2018). Une nouvelle génération de robots à bras unique, dits mono-port, permet depuis peu de faire passer la caméra et les instruments par une seule incision.
Dans les deux cas, l’intervention est plus longue qu’une mastectomie conventionnelle car il faut installer le matériel, travailler dans un espace étroit et retirer la glande par une petite ouverture.
Que montre la littérature sur la mastectomie robot-assistée ?
Plusieurs milliers de mastectomies robot-assistées ont aujourd’hui été rapportées dans la littérature scientifique. Un essai randomisé et plusieurs méta-analyses permettent de dégager trois conclusions :
- La technique est réalisable et semble sûre à court terme, avec des taux de complications globalement comparables à ceux de la chirurgie conventionnelle.
- Elle augmente la durée et le coût de l’intervention, en raison notamment de l’utilisation du robot.
- Ses bénéfices cliniques restent modestes et leur niveau de preuve est faible. Au-delà d’une cicatrice plus discrète, certaines études rapportent une diminution du risque de nécrose de l’aréole et du mamelon, ainsi que des complications graves dans une méta-analyse.
Une question essentielle reste toutefois sans réponse : la sécurité oncologique à long terme. Le recul disponible est encore insuffisant pour déterminer si le risque de récidive du cancer est comparable à celui d’une mastectomie conventionnelle.
La mastectomie robot-assistée est-elle aussi sûre qu’une mastectomie conventionnelle ?
Les premières études. À Gustave Roussy, j’ai participé à une étude prospective de sécurité portant sur 63 mastectomies robot-assistées chez 33 patientes. Celle-ci n’avait retrouvé aucune nécrose de la peau ou de l’aréole et 4,8 % d’infections (Sarfati et al., 2018). La série élargie à 138 mastectomies retrouvait 1,5 % de nécroses de pleine épaisseur, 6,5 % d’infections et 6,5 % de pertes d’implant, avec des résultats esthétiques satisfaisants (Lherm et al., 2026).
Le seul essai randomisé. À Milan, 80 femmes ont été réparties entre chirurgie robot-assistée et conventionnelle. Les complications étaient comparables, mais l’intervention robotisée durait 78 minutes de plus. La satisfaction des patientes était meilleure avec le robot. Aucune récidive locale n’était observée après un suivi médian de 28 mois (Toesca et al., 2022).
La comparaison française. À Marseille, une étude comparant 87 mastectomies robot-assistées à 142 conventionnelles retrouvait des complications comparables (21,8 % contre 27,5 %), mais un surcoût de 1 749 € par intervention, supporté par l’établissement, sans amélioration significative de la satisfaction des patientes, par rapport à des patientes opérées sans le robot (Houvenaeghel et al., 2021).
Les méta-analyses. Celle de 2024 retrouvait moins de nécroses du mamelon avec le robot (Nessa et al., 2024). Deux analyses de 2026, regroupant jusqu’à 3 985 patientes, rapportent légèrement moins de complications, mais aucune différence significative concernant les infections, les pertes d’implant ou les récidives locales (Wang et al., 2026 ; Lorentzen et al., 2026).
Que peut-on en conclure sur l’utilisation du robot en chirurgie mammaire ?
Ces résultats sont encourageants, mais doivent être interprétés avec prudence. La plupart des études concernent des patientes soigneusement sélectionnées, notamment des femmes présentant des seins de petit volume, chez lesquelles le risque de nécrose cutanée est dans l’absolu très faible, et qui sont opérées dans des centres experts.
Un seul essai randomisé a été réalisé, auprès de 80 femmes seulement, et le recul reste limité. À court terme, la mastectomie robot-assistée semble néanmoins présenter un risque de complications comparable à celui de la chirurgie conventionnelle.
En revanche, ses bénéfices au-delà d’une cicatrice plus discrète restent modestes et insuffisamment démontrés. Surtout, sa sécurité oncologique à long terme reste à confirmer, notamment en ce qui concerne le risque de récidive du cancer à dix ans.
Pourquoi la mastectomie robot-assistée ne s’est-elle pas démocratisée en France ?
Décrite il y a une dizaine d’années à Milan et à Gustave Roussy, la mastectomie robot-assistée reste aujourd’hui pratiquée dans un nombre très limité de centres en France. Cette diffusion restreinte s’explique par plusieurs obstacles techniques, économiques et organisationnels, plutôt que par une réticence des chirurgiens à adopter cette technique.
Son bénéfice clinique reste modeste
Le principal avantage démontré de la mastectomie robot-assistée est esthétique. La cicatrice est dissimulée dans un pli de l’aisselle plutôt que dans le sillon sous-mammaire. Toutefois, avec la technique conventionnelle, cette cicatrice est déjà largement masquée par le sein reconstruit (qui retombe dessus).
Un autre bénéfice potentiel serait une meilleure préservation de la vascularisation cutanée, grâce à l’absence d’incision sur le sein et à une moindre traction sur la peau. Cet avantage est théoriquement plausible, mais les méta-analyses ne retrouvent pas de réduction constante du risque de nécrose cutanée. Ce risque est par ailleurs déjà faible avec la chirurgie conventionnelle : dans notre expérience, lorsque l’incision sous-mammaire est correctement réalisée, moins de 5 % des patientes présentent une nécrose de l’aréole.
Elle ne s’adresse qu’à une minorité de patientes
Les critères de sélection sont stricts : un sein de petit ou moyen volume (bonnet A, B ou C), peu ou pas tombant, une tumeur située à plus de 2 cm de l’aréole et l’absence de radiothérapie prévue. Ces conditions excluent une grande partie des femmes nécessitant une mastectomie pour un cancer.
En pratique, la mastectomie robot-assistée s’adresse principalement aux femmes bénéficiant d’une mastectomie prophylactique et à certaines patientes présentant un cancer de petite taille.
Elle coûte plus cher, sans financement dédié
Le surcoût de la mastectomie robot-assistée s’explique principalement par une durée opératoire prolongée d’environ une heure, l’utilisation d’instruments à durée de vie limitée et le coût du robot, dont l’achat et la maintenance représentent plusieurs millions d’euros. Selon les études, ce surcoût varie de 1 749 € par intervention dans la série marseillaise à 3 700–4 000 € dans un centre italien à très forte activité (Pozzi et al., 2026).
Comme nous l’avons vu, ce surcoût est supporté par l’hôpital. À cela s’ajoute une contrainte d’organisation : le robot est partagé entre plusieurs spécialités, notamment l’urologie, la chirurgie digestive et la gynécologie, qui l’utilisent depuis plus longtemps et disposent déjà d’indications bien établies.
Les autorités de santé restent prudentes
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a publié deux communications de sécurité, en février 2019 puis en août 2021 (FDA, 2021). Elle rappelle qu’aucun dispositif de chirurgie robot-assistée n’a reçu d’autorisation spécifique pour la prévention ou le traitement du cancer du sein, faute de données suffisantes sur sa sécurité et son efficacité dans cette indication. Elle recommande que son utilisation s’inscrive dans le cadre d’essais cliniques rigoureusement encadrés.
En France, les premières expériences ont également été conduites dans un cadre de recherche : l’étude de Gustave Roussy avec l’autorisation des autorités de santé et d’un comité d’éthique, et la série marseillaise dans le cadre d’une étude prospective.
Enfin, le référentiel SENORIF 2025-2026 ne formule aucune recommandation spécifique concernant la mastectomie robot-assistée. Son chapitre consacré à la chirurgie plastique laisse le choix de la voie d’abord au chirurgien, sans mentionner la technique robotisée (SENORIF, 2025).
L’incision sous l’aisselle complique les ré-interventions
Après une reconstruction mammaire par prothèse, une nouvelle intervention peut être nécessaire, parfois plusieurs années plus tard : remplacement de l’implant, évacuation d’un hématome ou traitement d’une coque. Ces gestes sont techniquement difficiles à réaliser par une incision sous l’aisselle. Il faut alors souvent pratiquer une nouvelle incision dans le sillon sous-mammaire. L’avantage esthétique initial de la voie axillaire est ainsi perdu, puisque vous vous retrouvez avec deux cicatrices : l’une sous l’aisselle, l’autre sous le sein.
Elle demande une formation et une pratique régulière
La courbe d’apprentissage est estimée à une quinzaine d’interventions, même pour des équipes déjà expérimentées dans la mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon. Ce nombre de procédures permet principalement de réduire la durée opératoire, sans garantir à lui seul la maîtrise de la technique. Une activité régulière est ensuite indispensable pour entretenir cette expertise, ce qui est difficile dans un centre ne réalisant que quelques mastectomies robot-assistées par an.
Le recul oncologique reste court
Le recul des études publiées reste limité, avec un suivi compris entre 18 et 30 mois. Aucune récidive inhabituelle n’a été rapportée, et le principe de l’intervention reste identique : retirer la totalité de la glande mammaire. Cependant, la sécurité oncologique à dix ans de la mastectomie robot-assistée reste à démontrer. Ce recul est indispensable avant d’envisager une diffusion plus large de la technique.
En France, le développement de cette technique a connu plusieurs interruptions. À Gustave Roussy, les inclusions se sont achevées en janvier 2020, après 138 interventions. À Marseille, l’activité a été interrompue en mars 2020 par la pandémie. En 2025 et 2026, plusieurs centres, dont Gustave Roussy, se sont équipés de robots mono-port. Un centre marseillais a également annoncé la reprise des mastectomies robot-assistées. Ces programmes pourraient permettre de recueillir les données à long terme qui manquent encore, sans modifier pour l’instant les conclusions des études disponibles.
Je ne pratique pas actuellement la mastectomie robot-assistée. Je privilégie l’incision dans le sillon sous-mammaire, qui offre une bonne exposition opératoire, permet de contrôler précisément l’ablation de la glande et peut être réutilisée si une nouvelle intervention devient nécessaire.
Si vous souhaitez néanmoins bénéficier d’une mastectomie robot-assistée, je pourrai vous orienter vers une équipe qui la pratique dans le cadre d’une étude. Je vous expliquerai ses avantages, ses limites et les incertitudes qui persistent, afin que vous puissiez faire un choix éclairé.
La mastectomie endoscopique : quels bénéfices réels ?
La mastectomie endoscopique suscite un regain d’intérêt, porté par le développement de la chirurgie dite « mini-invasive » et par les progrès techniques, notamment l’arrivée des caméras tridimensionnelles et des dispositifs permettant d’opérer par une incision unique. Mais ces innovations améliorent-elles réellement les résultats d’une mastectomie ? Pour le savoir, il faut examiner les études publiées.
Les premières publications japonaises invitaient à la prudence. En 2009, Sakamoto et son équipe rapportaient un taux de nécrose du mamelon de 18 %, atteignant 41 % lorsque les canaux galactophores étaient évidés (Sakamoto et al., 2009). La même équipe a ensuite publié les résultats de 421 seins opérés par voie endoscopique. Après un suivi médian de cinq ans, le taux de récidive locale était de 2,6 %, un résultat jugé acceptable par les auteurs. Les récidives étaient toutefois plus fréquentes chez les femmes de moins de 40 ans, en présence d’une tumeur avancée ou de marges d’exérèse insuffisantes (Sakamoto et al., 2016).
Les techniques récentes, associant incision unique et vision tridimensionnelle, semblent avoir amélioré les résultats. Dans une série taïwanaise de 80 interventions, 1,3 % des patientes ont présenté une nécrose complète du mamelon et 3,7 % une nécrose partielle. La durée opératoire était d’environ 2 h 40, avec une courbe d’apprentissage estimée à quinze interventions (Lai et al., 2021). Ces résultats sont encourageants, mais ne suffisent pas à démontrer la supériorité de ces techniques dites « mini-invasives ».
La mastectomie endoscopique fait-elle mieux qu’une mastectomie conventionnelle ?
Une étude prospective multicentrique taïwanaise a comparé 74 mastectomies conventionnelles, 84 endoscopiques et 73 robot-assistées, toutes avec conservation de l’aréole et reconstruction par prothèse. La cicatrice mesurait 9 cm en chirurgie conventionnelle, contre 4 cm avec les deux autres techniques. Les complications et les premiers résultats oncologiques étaient comparables. Les patientes opérées par endoscopie ou avec le robot étaient plus satisfaites de leur cicatrice et souffraient moins les premiers jours, sans différence concernant les douleurs chroniques ou la mobilité de l’épaule. Les interventions duraient respectivement 175, 222 et 195 minutes (Lai et al., 2024).
Une méta-analyse de 2025, regroupant dix études comparatives et 36 séries, confirmait ces résultats : pas de différence significative concernant les complications ou les résultats oncologiques, mais une meilleure satisfaction esthétique après endoscopie, au prix de 43 minutes opératoires supplémentaires. Les techniques à incision unique semblaient également réduire le risque de nécrose (Carroll et al., 2025). Ces conclusions restent fragiles : aucune étude n’était randomisée, le recul oncologique demeure limité et les deux premiers auteurs de cette méta-analyse travaillent pour un fabricant de matériel endoscopique.
Mais la mastectomie est-elle réellement moins invasive ? Contrairement à la chirurgie abdominale, une incision plus courte ne réduit pas l’étendue du geste : l’ablation de la glande mammaire impose toujours de sectionner les nerfs et les vaisseaux. La perte de sensibilité n’est donc pas moindre (Lai et al., 2023).
Le principal bénéfice est donc esthétique : une cicatrice plus courte, dissimulée dans l’aisselle. C’est un avantage légitime, mais qui ne doit pas être présenté comme une réduction du traumatisme chirurgical. La diminution possible du risque de nécrose reste à confirmer par des études de meilleure qualité.
Mastectomie robot-assistée vs mastectomie endoscopique : quelle technique est la meilleure ?
À ce jour, rien ne démontre que la mastectomie robot-assistée soit supérieure à la mastectomie endoscopique pour les patientes. Les deux techniques poursuivent le même objectif : retirer la glande mammaire par une incision discrète, généralement située près de l’aisselle, sans inciser la peau du sein.
Le robot offre un réel avantage technique au chirurgien. Sa vision tridimensionnelle et ses instruments articulés facilitent certains gestes de dissection dans un espace étroit. Mais une meilleure maniabilité ne signifie pas nécessairement un meilleur résultat pour la patiente. L’endoscopie moderne, notamment avec une caméra 3D, permet elle aussi une dissection précise.
Le robot coûte beaucoup plus cher et mobilise davantage de ressources. Son installation et son utilisation peuvent également allonger la durée opératoire. En contrepartie, aucune étude comparative suffisamment solide n’a démontré qu’il réduisait les complications, améliorait le résultat esthétique ou diminuait le risque de récidive par rapport à l’endoscopie. Les données restent principalement rétrospectives et le recul oncologique demeure limité (Maes-Carballo et al., 2025 ; An et al., 2025).
Mon avis : le robot est certes technologiquement plus sophistiqué, mais sa supériorité clinique n’est pas démontrée. À ce stade, son surcoût est difficile à justifier par un bénéfice tangible pour les patientes. L’expérience de l’équipe chirurgicale et la qualité de la dissection comptent davantage que le choix entre robot et endoscope. Le véritable progrès reste de démontrer que ces nouvelles voies d’abord apportent un bénéfice par rapport à la mastectomie conventionnelle.
L’avis du Dr Struk : que faut-il en retenir ?
Ces techniques ont un point commun : elles évitent toute incision sur la peau du sein. À mon sens, leur principal intérêt pourrait se trouver dans les situations où cette peau est fragilisée, plutôt que dans la seule volonté de dissimuler une cicatrice.
Sur une peau déjà irradiée, lorsqu’une mastectomie est nécessaire pour traiter une récidive. La peau irradiée est moins bien vascularisée et cicatrise plus difficilement. Une incision sous-mammaire peut fragiliser davantage sa vascularisation, tandis qu’un abord axillaire évite de l’inciser. Dans une série de 775 reconstructions immédiates, prolonger une ancienne cicatrice sur un sein irradié multipliait le risque de nécrose par près de dix (odds ratio : 9,5, à la limite de la significativité) (Frederick et al., 2015).
Après une tumorectomie ayant laissé une cicatrice mal placée, notamment autour de l’aréole. Cette première incision a déjà interrompu une partie des vaisseaux qui alimentent la peau et l’aréole. Ajouter une incision sous-mammaire pourrait compromettre davantage leur vascularisation, alors qu’un abord axillaire éviterait une nouvelle incision sur le sein.
Il s’agit d’une hypothèse anatomique, et non d’un bénéfice démontré. Aucune étude n’a comparé les voies d’abord dans ces situations. Les séries de mastectomies robot-assistées ont inclus des patientes irradiées, près d’un quart dans la série marseillaise, sans analyse spécifique de leurs complications.
C’est chez ces patientes présentant une vascularisation cutanée fragilisée qu’une étude comparative me semblerait particulièrement pertinente, davantage que chez les femmes jeunes aux seins de petit volume qui constituent l’essentiel des séries publiées.
Quelle reconstruction après une mastectomie ?
Le moment et la technique de reconstruction dépendent principalement de deux facteurs : la nécessité d’une radiothérapie et la possibilité de conserver la peau du sein.
Quatre situations peuvent se présenter :
Les différentes techniques — prothèse, lambeaux DIEP, PAP ou grand dorsal, lipofilling exclusif — sont comparées sur ma page consacrée aux techniques de reconstruction mammaire.
La radiothérapie est-elle possible après une reconstruction immédiate ?
Oui. La radiothérapie peut être réalisée après une reconstruction mammaire immédiate. En règle générale, la reconstruction ne modifie pas le traitement et ne retarde pas son début, même en cas de complication postopératoire.
La radiothérapie peut toutefois altérer le résultat de la reconstruction. Elle augmente le risque de coque autour d’une prothèse, c’est-à-dire la formation d’une capsule fibreuse qui durcit et déforme le sein. Lorsqu’un lambeau est utilisé, elle peut entraîner une rétraction des tissus et une perte de volume.
C’est pourquoi, lorsqu’une radiothérapie est prévue ou probable, je privilégie souvent la mise en place d’une prothèse d’attente, remplacée après l’irradiation par une reconstruction définitive. La nécessité d’une radiothérapie est donc l’un des principaux critères qui guident le choix de la technique de reconstruction.
Prix et prise en charge par la Sécurité sociale
La mastectomie et la reconstruction mammaire sont prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie, dans le cadre de l’affection de longue durée (ALD) ou d’une prise en charge spécifique pour les interventions préventives.
À l’Institut Curie, centre de lutte contre le cancer conventionné en secteur 1, aucun dépassement d’honoraires n’est facturé. Vous n’avez donc aucun reste à charge pour l’intervention elle-même, quelle que soit la technique de reconstruction choisie. Les prothèses mammaires externes, utilisées après une mastectomie sans reconstruction, sont également remboursées sur prescription médicale, dans les limites des tarifs prévus.
Les mastectomies robot-assistées et endoscopiques bénéficient de la même prise en charge que les mastectomies conventionnelles. Leur surcoût technique est supporté par l’établissement, sans supplément à votre charge.
Dans le secteur privé à Paris, la situation est différente : les interventions complexes de reconstruction mammaire s’accompagnent souvent de dépassements d’honoraires importants, dont le remboursement dépend de votre complémentaire santé.
Vous trouverez toutes les explications sur ma page consacrée aux tarifs et remboursements de la reconstruction mammaire.
Foire aux questions (FAQ) sur la mastectomie
Une mastectomie est-elle douloureuse ?
Les douleurs des premiers jours sont modérées et bien contrôlées par les antalgiques habituels. La peau du sein est insensible après l’opération, car les nerfs qui la traversent ont été sectionnés. En revanche, des douleurs ou des sensations désagréables, tiraillements ou brûlures, persistent chez près d’une femme sur deux plusieurs mois après l’intervention, surtout après une chirurgie de l’aisselle ou une radiothérapie. Elles se traitent : parlez-en en consultation.
Va-t-on retirer le muscle pectoral ?
Non, le muscle pectoral est conservé. On retire seulement la glande mammaire et la fine membrane qui recouvre le muscle. L’ablation du muscle, pratiquée au siècle dernier, n’améliore pas la guérison et a été abandonnée. La force de votre bras et de votre épaule est préservée. Une raideur de l’épaule est possible après un curage des ganglions ; la kinésithérapie la corrige.
Si la tumeur est proche de l’aréole, perd-on toute la peau du sein ?
Non, seule l’aréole est retirée. Conserver l’aréole et le mamelon suppose une distance suffisante entre la tumeur et le mamelon, et une biopsie des tissus situés derrière lui qui ne retrouve aucune cellule cancéreuse. Lorsque ce n’est pas possible, on conserve la peau du sein, on retire l’aréole, et on la reconstruit plus tard.
Quand aurai-je le résultat de la biopsie rétro-aréolaire ?
Dans les jours qui suivent l’intervention, en même temps que l’analyse de la glande. Si elle retrouve des cellules cancéreuses, il faudra retirer l’aréole et le mamelon lors d’une seconde intervention, quelques semaines plus tard. La reconstruction du sein n’est pas remise en cause, même si elle peut nécessiter un ajustement de la prothèse, et l’aréole sera reconstruite après la fin des traitements.
Faut-il retirer les deux seins ?
Non, pas en l’absence de prédisposition génétique ou de risque familial. Retirer le sein opposé, sain, n’a pas d’indication dans ce cas : cela ne change pas le risque de récidive du cancer traité et n’a pas démontré de bénéfice sur la survie. Une mastectomie des deux seins se discute en cas de mutation génétique prédisposante, confirmée en consultation d’oncogénétique, ou dans certaines situations particulières, toujours en RCP.
Pratiquez-vous la mastectomie robot-assistée ?
Non, je ne la pratique pas aujourd’hui. J’ai participé à sa mise au point à Gustave Roussy, et je connais ses limites : elle n’apporte pas de bénéfice clinique net en dehors de l’emplacement de la cicatrice, elle allonge l’intervention et ne s’adresse qu’aux seins de petit ou moyen volume. Si vous y tenez, je vous orienterai vers une équipe qui la pratique dans le cadre d’une étude.
La mastectomie endoscopique est-elle « sans cicatrice » ?
Non, elle déplace la cicatrice sous l’aisselle. Cette cicatrice mesure 3 à 5 cm et reste visible bras levé. La glande que l’on retire, la perte de sensibilité du sein, les drains et les risques de la reconstruction sont les mêmes qu’avec une incision sous le sein, et l’intervention dure en moyenne trois quarts d’heure de plus.
Combien de temps dure l’hospitalisation après une mastectomie ?
Une nuit après une mastectomie seule ou avec reconstruction par prothèse, cinq jours avec un lambeau. Un drain reste en place pendant quelques jours ; on le retire avant la sortie ou en consultation. Vous pourrez vous lever dès le lendemain.
Quand pourrai-je reprendre le travail et le sport ?
Après trois à quatre semaines pour le travail, après une mastectomie seule. Ce délai se prolonge en cas de reconstruction par lambeau, de chimiothérapie ou de radiothérapie. Les activités douces reprennent à six semaines, les efforts intenses à deux ou trois mois. La reprise est adaptée avec vous en consultation.
Références scientifiques
Données officielles et réglementaires
Sécurité oncologique de la conservation de la peau et de l’aréole
Nécrose de la peau conservée, incisions et tabac
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Mastectomie robot-assistée
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Comparaison mastectomie au robot vs mastectomie conventionnelle
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Comparaison mastectomie au robot vs mastectomie endoscopique
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Pour citer cette page
Auteur : Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien et reconstructeur, RPPS 10101382645, Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine) et Institut Curie (Paris/Saint-Cloud).
Vancouver : Struk S. Mastectomie (ablation du sein) : types de mastectomie, conservation de l’aréole et techniques mini-invasives. docteurstruk.fr [Internet]. Paris : Cabinet du Dr Samuel Struk ; mis à jour le 31 octobre 2026. Disponible sur : https://docteurstruk.fr/reconstruction-mammaire/mastectomie/
APA : Struk, S. (2026, 31 octobre). Mastectomie (ablation du sein) : types de mastectomie, conservation de l’aréole et techniques mini-invasives. docteurstruk.fr. https://docteurstruk.fr/reconstruction-mammaire/mastectomie/
LES INTERVENTIONS DE RECONSTRUCTION MAMMAIRE

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique
Spécialiste exclusif en chirurgie mammaire, le Dr Samuel Struk accompagne les patientes dans leur parcours de chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il vous reçoit en consultation pour un diagnostic sur-mesure au sein de son cabinet situé au 99, rue de Prony, 75017 Paris.
Ancien Assistant Spécialiste du prestigieux Institut Gustave Roussy (1er centre européen de lutte contre le cancer), il exerce aujourd’hui en tant que Praticien Attaché à l’Institut Curie (Saint-Cloud) pour la reconstruction mammaire complexe (microchirurgie DIEP, PAP) et réalise ses interventions de chirurgie esthétique du sein à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
- Inscrit au Conseil de l’Ordre des Médecins de Paris sous le n° 1410.
- Numéro RPPS : 10101382645.
- Titulaire du D.E.S.C de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (Université Paris-Cité).
- Lauréat du Concours National de Praticien des Etablissements Publics de Santé (CNPH).
- Membre de la SOFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique).
- Membre de la SOFCEP (Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens).
- Membre du SNCPRE (Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique).
Déclaration de fiabilité :
Cet article a été intégralement rédigé, revu et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, conformément aux données acquises de la science et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale personnalisée.









