Article rédigé et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien inscrit au tableau de l’Ordre des médecins de Paris (numéro RPPS : 10101382645), membre de la SOFCPRE et de la SOFCEP · relu et mis à jour le 27 octobre 2026
Introduction
Le lipofilling mammaire, ou lipomodelage des seins, repose sur le prélèvement de graisse dans une autre zone du corps, comme l’abdomen ou les cuisses, pour l’injecter dans les seins ; contrairement à l’augmentation mammaire par implants, cette technique n’utilise pas de corps étranger. Son déroulement, ses résultats et son prix sont détaillés sur la page le lipofilling mammaire : déroulement, résultats, prix. Cette approche « naturelle » de l’augmentation mammaire présente plusieurs avantages, mais comme toute intervention de chirurgie esthétique, elle comporte aussi des risques. Si vous envisagez cette option, il est essentiel de bien comprendre les risques afin de prendre une décision éclairée : cet article détaille les principaux risques associés au lipofilling mammaire, en mettant l’accent sur les mesures à prendre pour les minimiser, et répond aux questions fréquentes sur la sécurité de cette intervention en comparaison des prothèses mammaires.

Points clés
- Les complications du lipofilling mammaire sont rares et le plus souvent bénignes : kystes de cytostéatonécrose (petites boules dures, sans danger mais parfois confondues avec un cancer), résorption partielle de la graisse, exceptionnellement une infection.
- Environ la moitié de la graisse injectée se résorbe dans les six premiers mois ; le volume se stabilise vers huit mois et dépend ensuite des variations de poids ; plusieurs séances, espacées de quatre à six mois, peuvent être nécessaires.
- La liposuccion expose à des ecchymoses, un gonflement, rarement une infection et des irrégularités de la peau, dont le risque augmente avec le nombre de séances.
- Le lipofilling n’augmente pas le risque de cancer du sein, mais la graisse injectée peut gêner la mammographie : signalez-le au radiologue, qui complétera au besoin par une échographie ou une IRM.
- Par rapport aux implants (infection, coque, rupture, remplacement), les risques du lipofilling sont différents et ses contraintes à long terme moindres ; arrêt du tabac un mois avant et après, et pas de sport pendant un mois pour que la graisse prenne.
Lipofilling mammaire : quels sont les risques ?
Risques du lipofilling mammaire au niveau des seins
Le lipofilling mammaire est une technique qui repose sur le transfert de graisse dans les seins. Bien que cette approche soit relativement sûre, il existe des risques. Les complications du lipofilling mammaire sont rares et le plus souvent bénignes (kystes, irrégularités des zones de prélèvement) ; des complications graves ont été décrites dans la littérature, mais elles restent exceptionnelles : dans une synthèse de 22 études regroupant 2 073 patientes, les complications majeures étaient rares (hématome 0,5 %, infection 0,6 %) et la plus fréquente des complications mineures était un kyste palpable, chez 2 % des patientes (Ørholt et al., 2020).
Kystes de cytostéatonécrose
L’un des risques les plus fréquents du lipofilling mammaire est la formation de kystes dans les seins. On parle de kystes de cytostéatonécrose (« kystes huileux »).
Ces kystes se forment lorsque la graisse qu’on injecte ne prend pas bien dans le tissu mammaire et nécrose (meurt). Ce phénomène est imprévisible et le risque augmente avec la quantité de graisse que l’on injecte.
Cliniquement, un kyste de cytostéatonécrose se traduit par une petite boule dure dans le sein. Bien que ces kystes ne soient pas dangereux, ils peuvent être source d’inquiétude pour les patientes. En effet, ils peuvent être confondus à tort avec un cancer du sein.
Ces kystes ne disparaissent généralement pas tout seul. On peut éventuellement les ponctionner si ceux-ci deviennent gênants. Néanmoins, ils ne présentent aucun risque pour la santé.
Résorption de la graisse
Après tout lipofilling mammaire, une partie de la graisse que l’on injecte dans les seins va se résorber. Il ne s’agit pas d’une complication mais plutôt d’un effet secondaire inévitable de cette technique.
Cette résorption est partielle dans la plupart des cas. Son importance varie d’une patiente à l’autre. Ce phénomène est toutefois imprévisible. Plus rarement, la résorption de la graisse est totale. Cela reste heureusement exceptionnel.
L’avis du Dr Samuel Struk
Je préviens mes patientes qu’environ 40 % de la graisse injectée se résorbe, avec de grandes variations d’une femme à l’autre (de 20 à 55 % selon les études ; Groen et al., 2016).
La résorption de la graisse survient dans les 6 premiers mois. Au-delà du 6ème mois, on considère que la graisse qui a pris va définitivement rester dans les seins ; dans une étude par IRM de 28 patientes suivies jusqu’à trois ans, le volume s’est stabilisé vers huit mois (253 jours), avec 46 % de la graisse conservée, et le résultat dépendait fortement des variations de poids ultérieures (Ørholt et al., 2025).
La résorption de la graisse entraine donc une diminution du volume apporté par le lipofilling mammaire au cours des premiers mois. Pour limiter ce phénomène, il est essentiel de respecter certaines précautions, détaillées plus bas.
Il faut enfin garder à l’esprit que la quantité de graisse que l’on peut injecter dans la poitrine n’est pas illimitée. En fonction de votre morphologie, il peut être nécessaire de réaliser plusieurs séances de lipofilling pour atteindre le volume souhaité.
Infection de la graisse
L’infection de la graisse que l’on injecte au niveau des seins est une complication exceptionnelle.
Des antibiotiques suffisent dans la plupart des cas. La formation d’un véritable abcès peut néanmoins nécessiter une reprise chirurgicale.
La survenue d’une infection entraîne la plupart du temps la perte de la totalité de la graisse injectée au niveau du sein.
Risques du lipofilling mammaire au niveau des zones de liposuccion
Le lipofilling mammaire nécessite une liposuccion préalable de certaines régions du corps pour récupérer la graisse. Cette lipoaspiration comporte des risques au niveau des zones de prélèvement :
- Ecchymoses et gonflement : ces effets secondaires sont fréquents après une liposuccion, mais ils disparaissent généralement en quelques jours. Le port du vêtement de contention limite ces phénomènes.
- Infection : il existe un risque d’infection au niveau des sites de prélèvement de la graisse. Cependant, ce risque est faible si les précautions appropriées sont prises.
- Irrégularités de la peau : Si la graisse est prélevée de manière inégale ou trop superficielle, il peut y avoir des irrégularités visibles dans la zone de prélèvement.
Est-il dangereux de faire plusieurs lipofilling mammaires ?
Certaines femmes choisissent de réaliser plusieurs lipofilling mammaire pour obtenir le volume souhaité ou pour améliorer la symétrie entre les seins. Bien que chaque intervention présente des risques, faire plusieurs lipofilling mammaire ne multiplie pas nécessairement ces risques de manière significative.
Néanmoins, chaque nouvelle session de prélèvement de graisse peut avoir un impact sur les zones de liposuccion. Le risque de voir des irrégularités apparaître sur les zones de prélèvement augmente avec le nombre de lipofilling. La consultation avec le chirurgien plasticien est essentielle pour refaire le point entre chaque intervention et s’assurer que les réserves de graisse sont suffisantes pour refaire un lipofilling.
En outre, il est essentiel de respecter un intervalle suffisant entre chaque intervention pour permettre la bonne prise de la graisse dans les seins. Un intervalle de quatre à six mois entre deux séances permet de juger le volume réellement conservé avant de réinjecter ; le minimum réglementaire en reconstruction est de deux à trois mois (ATIH, 2026).
Le lipofilling mammaire augmente-t-il les risques de cancer du sein ?
Des études récentes ont montré que le lipomodelage des seins n’augmentait pas le risque de cancer du sein : dans une synthèse de 15 études portant sur 8 541 femmes opérées d’un cancer du sein, le lipofilling n’a modifié ni la survie globale ni la survie sans récidive (Goncalves et al., 2022). La Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE) a validé cette technique en 2011, et la Haute Autorité de Santé (HAS) a confirmé son avis en 2015.
Toutefois, la graisse injectée dans le sein peut parfois compliquer les examens de dépistage, comme la mammographie. En effet, la graisse peut masquer des anomalies dans le tissu mammaire, ce qui peut rendre plus difficile la détection précoce de lésions cancéreuses. Il est essentiel d’informer votre médecin ou radiologue que vous avez subi un lipofilling mammaire afin d’adopter la bonne approche pour la mammographie ou d’autres examens de suivi. Des techniques comme l’échographie ou l’IRM mammaire peuvent être utilisées pour mieux analyser les tissus mammaires.
Le lipofilling mammaire est même couramment utilisé en reconstruction mammaire après une mastectomie totale ou une tumorectomie. Cette intervention permet de reconstruire le sein en utilisant sa propre graisse. Après un traitement conservateur, le lipofilling mammaire permet ainsi de corriger les séquelles de la radiothérapie en comblant un éventuel creux dans le sein. Après une mastectomie, le lipofilling mammaire est souvent utilisé en complément d’une reconstruction par prothèse ou lambeau pour parfaire le résultat. On peut même l’utiliser seul pour reconstruire le sein (lipofilling exclusif).
L’avis du Dr Samuel Struk
Un antécédent de cancer du sein traité et en rémission n’interdit pas le lipofilling, qui est d’ailleurs un outil majeur de la reconstruction ; la HAS impose toutefois des conditions (rémission confirmée, délai de deux ans après la fin des traitements dans certaines situations, bilan d’imagerie préalable) que je vérifie avec l’oncologue (Haute Autorité de Santé, 2015).
Le lipofilling mammaire comporte-t-il plus de risques que les prothèses mammaires ?
Le choix entre un lipofilling mammaire et des implants mammaires dépend de vos objectifs et de votre morphologie. Néanmoins, les risques des implants sont également un facteur à prendre en compte avant de prendre sa décision.
Les prothèses mammaires sont des corps étrangers que l’on va implanter dans l’organisme. Une augmentation mammaire par prothèses comporte donc des risques spécifiques liés à la présence de ces corps étrangers. Les complications les plus fréquentes sont l’infection de la prothèse, la survenue d’une contracture capsulaire (coque) et la rupture de l’implant. La survenue de l’une de ces complications implique souvent de ré-opérer. Enfin, il est nécessaire de changer les implants au bout d’un certain temps car ils s’usent avec le temps.
Les résultats d’une augmentation par prothèses sont présentés sur mes photos avant/après d’augmentation mammaire.
En comparaison, le lipofilling mammaire est une technique moins risquée, car elle utilise votre propre graisse. Cependant, comme indiqué plus haut, elle comporte des risques liés à la résorption de la graisse, à la formation de kystes et à la liposuccion. De plus, le gain de volume n’est jamais aussi important qu’avec des implants mammaires. Sur le long terme, le lipofilling mammaire présente également moins de contraintes par rapport aux implants mammaires, car il ne nécessite pas de remplacement régulier.
Cependant, les résultats d’un lipomodelage peuvent être moins prévisibles que ceux de prothèses mammaires, et plusieurs séances peuvent être nécessaires pour obtenir le volume souhaité.
Quelles sont vos recommandations pour que la graisse prenne bien dans les seins ?
Le succès du lipofilling mammaire repose sur une bonne prise de graisse dans les seins. Pour cela, voici quelques recommandations importantes :
- Suivre les recommandations post-opératoires : Il est essentiel de respecter toutes les recommandations de votre chirurgien après l’intervention. Cela inclut des précautions pour éviter tout traumatisme ou toute pression sur les seins pendant la période de récupération. On recommande notamment d’éviter le sport pendant 1 mois après l’intervention.
- Adopter un mode de vie sain : Une alimentation équilibrée et une hydratation suffisante sont importantes pour favoriser la prise de graisse. On préconise également d’éviter de fumer, car cela peut affecter la circulation sanguine et la capacité des cellules graisseuses à bien prendre. L’arrêt du tabac un mois avant et un mois après l’opération est indispensable.
- Patience et suivi régulier : Le résultat définitif d’un lipofilling mammaire est obtenu après plusieurs mois. Dans cet intervalle, un suivi régulier est important pour diagnostiquer précocement d’éventuelles complications.
Conclusion
Le lipofilling mammaire offre des résultats naturels et durables. Cependant, comme pour toute intervention chirurgicale, ce geste comporte certains risques. Les complications d’un lipofilling mammaire sont néanmoins rares et le plus souvent bénignes ; dans une synthèse de 36 études portant sur 1 453 patientes opérées sur sein sain, 6 % ont présenté une complication majeure ayant nécessité une intervention chirurgicale ou une hospitalisation (Largo et al., 2014). Le principal risque de cette intervention est d’obtenir un volume insuffisant du fait de la résorption de la graisse.
Une discussion approfondie avec votre chirurgien plasticien est indispensable afin de bien cerner vos objectifs et de déterminer si ces objectifs sont atteignables avec une ou plusieurs séances de lipofilling mammaire.
Foire aux questions (FAQ) sur les risques du lipofilling mammaire
1. Le lipofilling mammaire est-il une intervention douloureuse ?
Le lipofilling mammaire n’est généralement pas douloureux au niveau de la poitrine. Vous pourrez néanmoins ressentir des douleurs modérées pendant les premiers jours au niveau des zones de liposuccion.
2. Peut-on faire un lipofilling mammaire en cas de ptôse mammaire (seins qui tombent) ?
En cas de ptôse mammaire, il est préférable d’opter pour des prothèses mammaires seules ou en association avec un lifting mammaire.
3. Peut-on avoir un lipofilling mammaire après une mastectomie ?
Oui, le lipofilling mammaire est souvent utilisé pour la reconstruction mammaire après une mastectomie. Il peut être réalisé seul ou en complément d’une reconstruction par prothèse ou lambeau.
4. Le lipofilling mammaire est-il plus risqué que les implants mammaires ?
Les risques du lipofilling mammaire sont généralement moins importants que ceux des implants mammaires, bien que la résorption de la graisse et la formation de kystes puissent survenir. Les implants nécessitent un suivi et un remplacement régulier, ce qui n’est pas le cas pour le lipofilling.
5. Le lipofilling mammaire est-il recommandé pour toutes les femmes ?
Le lipofilling mammaire n’est pas adapté à toutes les femmes. En effet, les réserves de graisse doivent être suffisantes pour obtenir un bon résultat. Cette technique n’est donc pas possible chez une femme particulièrement mince. En outre, les objectifs en terme d’augmentation mammaire doivent être raisonnables car le lipofilling mammaire ne permet qu’une augmentation d’un bonnet environ.
6. Peut-on associer lipofilling mammaire et implants mammaires ?
Oui, on peut combiner lipofilling mammaire et implants mammaires. On parle d’augmentation mammaire composite. Dans ce cas, on place les implants devant le muscle pectoral. Cela permet d’obtenir un résultat plus naturel tout en préservant le muscle pectoral.
Les questions sur la convalescence, le délai d’apparition des résultats, le nombre de séances et la durée du résultat sont traitées dans la foire aux questions de la page lipofilling mammaire.
Références scientifiques
- Ørholt M et al. Complications after Breast Augmentation with Fat Grafting: A Systematic Review. Plastic and Reconstructive Surgery, 2020. DOI | PubMed
- Ørholt M et al. Long-Term Volume Retention of Breast Augmentation with Fat Grafting Depends on Weight Changes: A 3-Year Prospective Magnetic Resonance Imaging Study. Plastic and Reconstructive Surgery, 2025. DOI | PubMed
- Goncalves R et al. The oncological safety of autologous fat grafting: a systematic review and meta-analysis. BMC Cancer, 2022. DOI | PubMed
- Largo RD et al. Efficacy, safety and complications of autologous fat grafting to healthy breast tissue: a systematic review. Journal of Plastic, Reconstructive & Aesthetic Surgery, 2014. DOI | PubMed
- Groen JW et al. Autologous Fat Grafting in Cosmetic Breast Augmentation: A Systematic Review on Radiological Safety, Complications, Volume Retention, and Patient/Surgeon Satisfaction. Aesthetic Surgery Journal, 2016. DOI | PubMed
- Haute Autorité de Santé — Évaluation de la sécurité et des conditions de réalisation de l’autogreffe de tissu adipeux dans la chirurgie reconstructrice, réparatrice et esthétique du sein (conditions, contre-indications, bilan d’imagerie préalable et contrôle à un an), 2015.
- ATIH, Classification commune des actes médicaux descriptive à usage PMSI 2026 (annexe d’arrêté parue au Journal officiel) — Classification commune des actes médicaux descriptive à usage PMSI 2026, actes QEEB317 et QEEB152 (autogreffe de tissu adipeux au sein : indications thérapeutiques, bilan d’imagerie préalable, actes à visée esthétique non facturables), pages 1129 et 1130, 2026.

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique
Spécialiste exclusif en chirurgie mammaire, le Dr Samuel Struk accompagne les patientes dans leur parcours de chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il vous reçoit en consultation pour un diagnostic sur-mesure au sein de son cabinet situé au 99, rue de Prony, 75017 Paris.
Ancien Assistant Spécialiste du prestigieux Institut Gustave Roussy (1er centre européen de lutte contre le cancer), il exerce aujourd’hui en tant que Praticien Attaché à l’Institut Curie (Saint-Cloud) pour la reconstruction mammaire complexe (microchirurgie DIEP, PAP) et réalise ses interventions de chirurgie esthétique du sein à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
- Inscrit au Conseil de l’Ordre des Médecins de Paris sous le n° 1410.
- Numéro RPPS : 10101382645.
- Titulaire du D.E.S.C de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (Université Paris-Cité).
- Lauréat du Concours National de Praticien des Etablissements Publics de Santé (CNPH).
- Membre de la SOFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique).
- Membre de la SOFCEP (Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens).
- Membre du SNCPRE (Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique).
Déclaration de fiabilité :
Cet article a été intégralement rédigé, revu et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, conformément aux données acquises de la science et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale personnalisée.
