
Introduction
Vous avez découvert une boule sous l’aisselle et vous vous inquiétez ? Il est possible qu’il s’agisse d’une glande mammaire accessoire de l’aisselle. Elle peut être source de gêne esthétique et d’inconfort au quotidien, notamment pour la pratique de certains sports. Cet article vous apportera toutes les informations nécessaires pour comprendre ce qu’est une glande mammaire accessoire axillaire et comment s’en débarrasser.
Qu’est-ce qu’une glande mammaire accessoire de l’aisselle ?
Une glande mammaire accessoire de l’aisselle est un tissu mammaire anormalement présent dans le creux de l’aisselle chez une femme. Comme la présence d’un mamelon ou d’une aréole surnuméraire, elle apparaît le plus souvent au moment de la puberté. Les fluctuations hormonales peuvent favoriser sa croissance, parfois plus tardivement au cours de la vie.
Il est fréquent de confondre cette glande mammaire accessoire avec un lipome sous l’aisselle. Un lipome est une masse graisseuse bénigne qui peut apparaître n’importe où sur le corps. Cependant, les lipomes de l’aisselle sont très rares. La principale différence entre une glande mammaire accessoire et un lipome réside dans leur nature. La glande mammaire accessoire est constituée de tissu mammaire, tandis qu’un lipome est composé de cellules graisseuses (adipocytes).
Comment faire le diagnostic de glande mammaire accessoire de l’aisselle ?
Le diagnostic de glande mammaire accessoire de l’aisselle est principalement clinique. Elle se présente généralement sous la forme d’une boule sous l’aisselle. Parfois, cette masse est présente des deux côtés. Cette masse sous l’aisselle est généralement molle et indolore. Elle peut causer une gêne esthétique et, dans certains cas, une gêne lors de la pratique sportive.
Une patiente présentant une boule dans la région de l’aisselle a donc de très fortes probabilité d’avoir une glande mammaire accessoire (et non un lipome).
Pour confirmer le diagnostic, on prescrit généralement une IRM. Cette imagerie permet de visualiser la nature exacte de la masse et de différencier la glande mammaire accessoire d’autres types de masses, comme un lipome.
Y-a-t’il un risque de cancer au niveau d’une glande mammaire accessoire ?
Oui, un cancer peut se développer au niveau d’une glande mammaire accessoire, car il s’agit de tissu mammaire ectopique. Cependant, le risque de cancer n’est pas plus élevé dans une glande mammaire accessoire que dans le sein. Dit autrement, les femmes présentant une (ou plusieurs) glandes mammaires accessoires n’ont pas plus de risque de développer un cancer du sein. On ne recommande donc pas de retirer systématiquement les glandes mammaires accessoires par précaution.
Avant toute intervention chirurgicale, il est obligatoire de réaliser une échographie mammaire ou une IRM pour s’assurer qu’il n’y a pas de lésions suspectes dans la glande mammaire accessoire.
Comment se débarrasser d’une glande mammaire accessoire axillaire ?
La seule solution pour se débarrasser d’une glande mammaire accessoire axillaire est la chirurgie. Cette intervention se déroule au bloc opératoire, sous anesthésie générale. Elle dure environ une heure, en ambulatoire, ce qui signifie que vous pouvez rentrer chez vous le jour même.
L’intervention laisse une cicatrice dans l’aisselle, qui est généralement discrète. L’objectif est de retirer le tissu mammaire en excès au niveau de l’aisselle pour faire disparaître la boule. Une fois le tissu retiré, on suture l’incision à l’aide fils résorbables. Il n’y a donc aucun fil à retirer après l’opération.
Quels sont les risques de l’opération ?
Comme toute intervention chirurgicale, l’opération pour retirer une glande mammaire accessoire comporte des risques. L’une des complications possibles est la lésion de nerfs sensitifs, ce qui peut entraîner des paresthésies (sensations anormales) au niveau de la face interne du bras. Cette complication est généralement temporaire, mais peut être gênante. Une anesthésie définitive de la face interne du bras est également possible mais heureusement très rare.
Une autre complication possible est la raideur de l’épaule. Pour prévenir l’enraidissement de l’épaule, quelques séances de kinésithérapie sont nécessaires en post-opératoire.
Enfin, il existe un risque de cicatrice inesthétique, bien que cela soit rare. Les cicatrices au niveau des aisselles sont souvent épaisses et boursouflées les premiers mois du fait de l’inflammation locale. Leur aspect s’améliore néanmoins ensuite et elles sont généralement discrètes au-delà de la première année. En cas de cicatrice hypertrophique ou chéloïde, un traitement spécifique pourra être débuté.
Est-ce que la chirurgie de la glande mammaire accessoire est prise en charge par la Sécurité Sociale ?
Oui, la Sécurité Sociale rembourse la chirurgie des glandes mammaires accessoires. Cependant, si vous choisissez de réaliser cette intervention en privé, des dépassements d’honoraires peuvent s’appliquer. Ces frais supplémentaires peuvent être partiellement couverts par votre mutuelle, en fonction du contrat que vous avez souscrit.
Lors de la consultation, le chirurgien vous remettra un devis personnalisé détaillant le coût de l’intervention. Ce devis pourra être soumis à votre mutuelle pour connaître le reste à charge.
Conclusion
La glande mammaire accessoire de l’aisselle est la cause la plus fréquente de masse au niveau de l’aisselle. On la confond souvent avec un banal lipome de l’aisselle, qui est très rare. Le diagnostic est clinique, mais un examen d’imagerie est nécessaire avant l’opération. La chirurgie est la seule solution pour enlever une glande mammaire accessoire. La glande mammaire accessoire est une pathologie qui donne droit à un remboursement par l’Assurance Maladie.

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.
