
Tout savoir sur la gynécomastie unilatérale :
Introduction
Vous êtes un homme et vous ressentez une gêne importante à cause d’une poitrine asymétrique ? Si l’un de vos seins est anormalement développé (avec une apparence féminine), vous souffrez probablement d’une gynécomastie unilatérale. Cette situation inconfortable affecte de nombreux hommes, et des solutions simples existent en chirurgie esthétique. Cet article vous explique précisément les causes de gynécomastie unilatérale, les examens à réaliser et les modalités du traitement chirurgical.
Points clés
- La gynécomastie unilatérale désigne le développement anormal de la poitrine d’un seul côté, chez l’homme.
- Son traitement est chirurgical dans l’immense majorité des cas.
- Il s’agit d’une intervention simple, qui se fait sous anesthésie générale, en ambulatoire.
- La cure de gynécomastie unilatérale peut bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité Sociale, néanmoins les dépassements d’honoraires restent à votre charge en privé.
Gynécomastie unilatérale : quelles sont les causes ?
La gynécomastie unilatérale correspond à l’hypertrophie de la glande mammaire chez l’homme, d’un seul côté. Cliniquement, elle donne une apparence féminine à la poitrine d’un homme, mais que d’un seul côté.
Gynécomastie unilatérale idiopathique
Dans l’immense majorité des cas, elle n’a pas de cause retrouvée. On dit qu’elle est idiopathique.
La gynécomastie unilatérale chez l’homme est le plus souvent liée à un déséquilibre hormonal entre les taux d’œstrogènes (hormones féminines) et de testostérone (hormone masculine). Ce déséquilibre peut survenir à la puberté, où une gynécomastie transitoire est fréquente. La plupart du temps, la gynécomastie régresse spontanément à la fin de la puberté. Lorsque ce n’est pas le cas, une opération peut être envisagée à l’âge adulte.
Gynécomastie unilatérale secondaire
La gynécomastie unilatérale peut, dans certains cas rares, être liée à une pathologie sous-jacente. Un bilan médical approfondi est donc nécessaire avant toute intervention chirurgicale.
Parmi les causes potentielles figurent les troubles hormonaux associés à une insuffisance testiculaire (hypogonadisme), ainsi que certaines tumeurs testiculaires ou hypophysaires (notamment les adénomes à prolactine).
Certains médicaments peuvent également être à l’origine d’une gynécomastie unilatérale. C’est le cas des traitements anti-androgènes, antidépresseurs, antihypertenseurs ou encore des stéroïdes anabolisants utilisés dans le milieu sportif, notamment en culturisme.
Plus rarement, des maladies endocriniennes telles que l’hyperthyroïdie ou des tumeurs hormonales sécrétantes peuvent être en cause.
Enfin, une consommation excessive d’alcool ou de cannabis peut favoriser l’apparition d’une gynécomastie unilatérale.
Une consultation médicale complète est donc indispensable pour déterminer précisément la cause de cette affection.
Quels sont les examens à réaliser en cas de gynécomastie unilatérale ?
Avant toute intervention chirurgicale pour traiter une gynécomastie, il est essentiel de réaliser certains examens afin d’identifier précisément la cause du problème. En effet, si ce bilan révèle une maladie sous-jacente, celle-ci devra être prise en charge en priorité.
Dans un premier temps, vous devrez réaliser une échographie mammaire et une mammographie. Ces examens permettent de confirmer la présence d’un excès de glande mammaire (gynécomastie), et de la distinguer d’une simple accumulation graisseuse (adipomastie). Ils visent également à écarter un éventuel cancer du sein, extrêmement rare chez l’homme, mais possible. À noter toutefois que la gynécomastie ne constitue pas un facteur de risque de cancer du sein.
On recommande également de réaliser une échographie testiculaire à la recherche d’une éventuelle tumeur testiculaire.
Une prise de sang sera également nécessaire pour détecter d’éventuels déséquilibres hormonaux.
Enfin, selon les résultats de ce bilan initial, une consultation auprès d’un endocrinologue pourra être envisagée.
Quel est le traitement d’une gynécomastie unilatérale ?
La chirurgie esthétique, appelée cure de gynécomastie, constitue le seul traitement efficace pour une gynécomastie unilatérale.
Cette intervention se déroule au bloc opératoire sous anesthésie générale et dure environ 1h30. Elle consiste à retirer l’excès graisseux par lipoaspiration, puis à enlever la glande mammaire en excès située derrière l’aréole. Pour ce faire, on pratique une incision discrète autour de la moitié inférieure de l’aréole (incision hémi-péri-aréolaire inférieure).
Afin d’optimiser la symétrie entre les deux côtés du thorax, une lipoaspiration légère du côté non atteint est souvent réalisée, permettant ainsi d’harmoniser visuellement la poitrine.
On met en place un drain à la fin de l’intervention afin d’évacuer d’éventuelles sérosités. Celui-ci est retiré dès le lendemain lors d’une rapide consultation postopératoire. La mise en place d’un drain n’est pas systématique et va dépendre de l’importance de la gynécomastie. Les cicatrices laissées par la chirurgie sont généralement très discrètes et s’atténuent progressivement avec le temps.
L’opération se déroule en chirurgie ambulatoire. Cela signifie que vous ne dormirez pas à l’hôpital. Vous pourrez rentrer chez vous le jour même.
Après l’intervention, il faudra porter un vêtement de contention afin de limiter l’oedème post-opératoire. On prescrit également un arrêt de travail d’une à deux semaines. Vous pourrez reprendre le sport progressivement au bout d’un mois.
La cure de gynécomastie permet ainsi de retrouver une poitrine masculine au moyen d’une intervention simple. Cette opération comporte par ailleurs peu de risques comme nous allons le voir.


Quels sont les risques de la chirurgie d’une gynécomastie d’un seul côté ?
Comme toute opération chirurgicale, la cure de gynécomastie comporte certains risques, bien qu’ils restent rares.
La survenue d’un hématome (accumulation de sang dans le sein) est la complication la plus fréquente. Un hématome peut survenir dans les jours qui suivent l’opération. Une nouvelle intervention (reprise chirurgicale) sera nécessaire pour évacuer le sang.
Une légère asymétrie peut également persister après l’opération. Dans ce cas, on pourra discuter d’une retouche chirurgicale.
Par ailleurs, la diminution de la sensibilité du mamelon est systématique et constitue un effet secondaire inévitable de l’intervention.
Enfin, bien que minimes, les risques liés à l’anesthésie générale existent. Votre anesthésiste vous expliquera précisément ces risques lors de votre consultation préopératoire.
Une prise en charge par la Sécurité Sociale est-elle possible ?
La chirurgie de la gynécomastie unilatérale peut être prise en charge par la Sécurité Sociale sous certaines conditions spécifiques.
Cette intervention correspond au code QEFA011 dans la Classification Commune des Actes Médicaux (CCAM), nomenclatures officielle qui permet à la Sécurité Sociale d’identifier et de rembourser précisément les actes médicaux.
L’examen clinique suffit à déterminer si vous répondez aux critères requis pour bénéficier de cette prise en charge.
Contrairement à d’autres interventions de chirurgie plastique, aucune demande d’entente préalable n’est nécessaire auprès de la Sécurité Sociale.
Toutefois, même en cas de prise en charge, les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste resteront à votre charge si l’intervention se déroule en secteur privé. Cependant, la prise en charge par la Sécurité Sociale exonère certains frais tels que l’hospitalisation en ambulatoire, la location du bloc opératoire, ainsi que la TVA sur les actes chirurgicaux. En fonction de votre contrat, votre mutuelle pourra éventuellement rembourser tout ou partie de ces dépassements d’honoraires.
Si vous optez pour une intervention à l’hôpital public, il n’y aura pas de dépassements d’honoraires dans la majorité des cas.
Quel est le prix de la chirurgie d’une gynécomastie unilatérale ?
Le tarif habituel d’une chirurgie pour gynécomastie unilatérale en secteur privé est d’environ 2800 euros. Ce montant inclut les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste.
À l’inverse, lorsqu’elle est réalisée en hôpital public, l’intervention est intégralement prise en charge par la Sécurité Sociale, sans dépassement d’honoraires.
En secteur privé, les dépassements d’honoraires permettent aux médecins de rémunérer leur expertise ainsi que leur disponibilité. Votre mutuelle peut alors intervenir en prenant en charge une partie ou l’intégralité de ces frais supplémentaires, en fonction des garanties prévues par votre contrat. Cependant, il est important de noter que le remboursement des dépassements d’honoraires par les mutuelles est souvent limité.
En résumé, l’intervention est entièrement prise en charge à l’hôpital public, alors qu’elle reste payante en secteur privé, avec un remboursement variable selon votre complémentaire santé.
Conclusion
Une gynécomastie unilatérale peut être source d’inconfort au quotidien. La chirurgie est le seul traitement possible pour corriger ce problème. Il s’agit d’une intervention simple, dont le résultat est immédiat et qui comporte peur de risques. Cette opération bénéficie de plus d’une prise en charge par la Sécurité Sociale.
FAQ : les questions fréquentes sur la gynécomastie unilatérale.
Est-ce que l’apparition d’une gynécomastie unilatérale peut être grave ?
Dans l’immense majorité des cas, la gynécomastie unilatérale est la conséquence d’un déséquilibre hormonal survenu à l’adolescence. Elle n’est donc pas grave. On prescrira néanmoins un bilan complet afin de rechercher des causes plus rares de gynécomastie unilatérale.
La gynécomastie unilatérale peut-elle traduire l’apparition d’un cancer ?
La survenue d’une gynécomastie unilatérale ne traduit jamais l’apparition d’un cancer du sein. La gynécomastie unilatérale n’est donc pas un signe de cancer du sein. De plus, avoir une gynécomastie unilatérale n’augmente pas le risque de cancer du sein. On prescrira néanmoins systématiquement une imagerie mammaire avant d’envisager tout geste chirurgical.
Est-ce que la gynécomastie peut régresser d’elle-même (notamment si elle touche un seul côté) ?
Dans certains cas, surtout chez les adolescents, la gynécomastie unilatérale peut régresser spontanément. Si la gynécomastie persiste néanmoins à l’âge adulte, il y a alors peu de chances qu’elle disparaisse d’elle même.
Est-ce que le traitement de la gynécomastie unilatérale est nécessairement chirurgical ?
Le traitement d’une gynécomastie unilatérale va dépendre de sa cause. Si une cause médicamenteuse ou hormonale est identifiée, l’arrêt du médicament en cause ou le traitement du trouble hormonal sous-jacent peuvent suffire. En revanche, il faut savoir que dans la plupart des cas, aucune n’est retrouvée. Le traitement repose donc le plus souvent sur la chirurgie.
La chirurgie de la gynécomastie unilatérale est-elle douloureuse ?
La douleur postopératoire est modérée et facilement contrôlée par des antalgiques simples. Il ne s’agit pas d’une intervention lourde. L’opération se déroule par ailleurs en ambulatoire (entrée et sortie le même jour).
Combien de temps vais-je devoir arrêter le sport après la chirurgie ?
On recommande d’arrêter le sport un mois après l’intervention. Au-delà de ce délai, vous pourrez reprendre le sport de façon progressive.
Quand peut-on reprendre le travail après l’opération ?
En général, la reprise du travail peut se faire sous 5 à 7 jours, selon la nature de votre activité professionnelle. Les métiers nécessitant un effort physique important peuvent nécessiter une période d’arrêt plus longue (jusqu’à 2 semaines).
Est-ce qu’il y a un risque que la gynécomastie réapparaisse après la chirurgie ?
La réapparition de la gynécomastie après chirurgie est rare si la cause initiale a été correctement prise en charge. Toutefois, un déséquilibre hormonal persistant ou la reprise de certains médicaments peuvent entraîner une récidive. On rappelle encore une fois, que dans l’immense majorité des cas, la gynécomastie est la conséquence d’un déséquilibre hormonal survenu à la puberté. Son traitement est donc uniquement chirurgical, sans risque de récidive.
Y-a-t-il des démarches à faire pour obtenir une prise en charge par la Sécurité Sociale ?
La prise en charge par la Sécurité Sociale est décidée directement par le chirurgien plasticien lors de la consultation. Aucune démarche de demande d’entente préalable avec la Sécurité Sociale n’est nécessaire de votre part.
Quel est le rôle de la mutuelle si l’intervention bénéficie d’une prise en charge par la Sécurité Sociale ?
Même si l’intervention est prise en charge par la Sécurité Sociale, des dépassements d’honoraires peuvent s’appliquer en privé. Votre mutuelle peut alors intervenir pour couvrir partiellement ces dépassements selon votre contrat.

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.
