Article rédigé et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien inscrit au tableau de l’Ordre des médecins de Paris (numéro RPPS : 10101382645), membre de la SOFCPRE et de la SOFCEP · relu et mis à jour le 26 octobre 2026
Augmentation mammaire et allaitement : dois-je m’inquiéter ?
Vous envisagez une chirurgie d’augmentation mammaire par prothèses. Cette intervention suscite souvent une inquiétude légitime : pourrai-je allaiter plus tard sans rencontrer de problèmes ? Vous voulez aussi savoir si la présence d’implants mammaires pourrait ou non constituer un risque pour votre bébé ou influencer votre vie de jeune maman.
Ces questions essentielles méritent des réponses précises, appuyées sur les données scientifiques les plus récentes. Cet article s’appuie sur le registre américain BIFS-001, la méta-analyse 2014 (Schiff et al.) et plusieurs études complémentaires.

Points clés
- Il est possible d’allaiter avec des prothèses mammaires dans la majorité des cas
- On recommande d’introduire les prothèses par la voie sous-mammaire et de placer les implants en position rétro-musculaire afin de préserver au mieux les tissus mammaires
- On préconise également d’éviter les implants trop volumineux (> 300 cc)
- On conseille d’attendre environ un an avant d’envisager une grossesse après la chirurgie
Allaiter avec des prothèses mammaires : ce que disent les études
L’allaitement est dans l’immense majorité des cas possible
L’étude BIFS-001, menée auprès de plus de 4 600 femmes ayant accouché après une augmentation mammaire, montre que près de 80 % d’entre elles ont allaité au moins un enfant (Jewell et al., 2019). Les taux sont similaires avec les implants en silicone (80 %) et en sérum physiologique (75,9 %). En France, les implants en sérum physiologique ne sont plus utilisés (résultat moins naturel au toucher, risque de déflation brutale en cas de rupture).
Néanmoins, la principale difficulté rencontrée est l’insuffisance de production lactée, touchant environ 19 % des naissances, tous types d’implants confondus.
Importance de la technique chirurgicale
La possibilité d’allaiter avec des prothèses mammaires dépend principalement de la technique opératoire : type d’incision, positionnement de l’implant, volume de l’implant.
- L’incision sous-mammaire, qui ne traverse ni la glande ni les canaux galactophores, est privilégiée ; une méta-analyse de 2018 ne retrouve pas d’effet de l’abord péri-aréolaire sur l’allaitement exclusif (Cheng et al., 2018), et le registre BIFS-001 rapporte des complications de l’allaitement aussi fréquentes quelle que soit l’incision.
- Chez les femmes qui souhaitent allaiter, l’implant est de préférence placé derrière le muscle (dual plane), pour l’éloigner de la glande et des canaux galactophores ; les grandes séries, dont BIFS-001, ne montrent toutefois pas de différence de réussite de l’allaitement selon la position de l’implant.
- On préconise d’éviter les implants trop volumineux qui risquent d’écraser le tissu mammaire.


L’avis du Dr Samuel Struk
Je conseille d’éviter les implants volumineux, au-delà d’environ 300 ml, chez les femmes ayant un projet d’allaitement, afin de limiter la compression de la glande ; ce repère est tiré de ma pratique, les études disponibles ne retrouvant pas de lien net entre la taille de l’implant et l’insuffisance lactée.
L’allaitement exclusif peut parfois être plus difficile
Une méta-analyse de trois petites études (Schiff et al., 2014) montre que, chez les femmes qui allaitent, la probabilité d’allaitement exclusif est plus faible chez les porteuses de prothèses mammaires.
L’insuffisance de production lactée est donc un risque à prendre en compte avant de se faire opérer. Dans le registre BIFS-001, les difficultés d’allaitement, au premier rang desquelles l’insuffisance de lait, étaient aussi fréquentes quels que soient l’incision, la taille et la position de l’implant.
Complications mammaires possibles pendant l’allaitement
Insuffisance lactée et douleurs
Les implants peuvent comprimer la glande mammaire et limiter la production de lait.
Encore une fois, l’incision péri-aréolaire ainsi que les implants mammaires trop volumineux doivent être évités. L’incision péri-aréolaire est réservée aux seuls cas où il faut associer la pose des prothèses à une technique de round-block pour corriger une légère ptôse mammaire.
Mastite : un risque légèrement accru
Une étude israélienne menée sur 28 383 femmes allaitantes rapporte un taux plus élevé de mastite chez les patientes porteuses d’implants (8,3 % contre 6,6 % ; OR 1,22 ; Shalev Ram et al., 2022). La mastite correspond à une inflammation aiguë du sein.
Une bonne technique de mise au sein et la prévention des engorgements sont essentielles pour réduire ce risque.
Y a-t-il un risque pour le bébé ?
Silicone contenu dans les implants et lait maternel
Les études montrent que le silicone contenu dans les implants ne passe pas de manière significative dans le lait maternel en l’absence de rupture. Les concentrations moyennes de silicium sont similaires chez les femmes avec ou sans prothèses : dans une étude menée chez 15 femmes porteuses d’implants en silicone et 34 femmes sans implant, les taux de silicium du lait maternel ne différaient pas (Semple et al., 1998).
Le lait maternel contient par ailleurs bien moins de silicium que le lait de vache ou les laits infantiles.
Santé et développement de l’enfant
Aucun risque accru de malformations congénitales ou de maladies auto-immunes n’a été mis en évidence chez les enfants de mères porteuses d’implants : au Danemark, le suivi de 939 de ces enfants n’a montré aucune augmentation des malformations congénitales ni des maladies du tissu conjonctif (Kjøller et al., 1998).
Y a-t-il des risques pendant la grossesse avec des prothèses mammaires ?
Tolérance générale
La grossesse est le plus souvent bien vécue par les femmes porteuses de prothèses mammaires. La poitrine augmente naturellement de volume sous l’effet des hormones. La présence d’implants mammaires ne freine pas l’augmentation de volume de la poitrine. Certaines femmes peuvent ressentir tout au plus une légère gêne, mais cela reste rare.
Risques potentiels pour le fœtus
Le passage de silicone contenu dans l’implant vers le placenta semble improbable.
Aucune étude récente n’a démontré de lien entre implants en silicone et malformation ou retard de croissance fœtale.
Précautions à prendre
L’avis du Dr Samuel Struk
Je conseille d’attendre environ un an après l’intervention avant de débuter une grossesse, le temps que les cicatrices et les tissus se stabilisent ; ce délai est une précaution issue de ma pratique, aucune étude n’ayant fixé de durée minimale.
Conseils pratiques pour optimiser vos chances d’allaiter
Pour les femmes ayant un désir d’allaitement après augmentation mammaire par prothèses, plusieurs mesures sont essentielles :
- Choisir une technique préservant la glande mammaire et les canaux galactophores : incision sous-mammaire (dans le pli sous le sein), positionnement rétro-musculaire des implants, et prothèses de taille modérée. Il est impératif de discuter de la technique chirurgicale avec votre chirurgien.
- Attendre environ un an après la pose de prothèses mammaires avant d’envisager une grossesse.
- Signaler la présence d’implants à la sage-femme ou au médecin lors de la grossesse.
- Consulter rapidement en cas de douleur, rougeur ou fièvre pendant l’allaitement (risque de mastite aiguë).
Conclusion
La grande majorité des femmes porteuses de prothèses peuvent allaiter sans problèmes : dans une synthèse de 11 études, 82 % des femmes porteuses d’implants ont pu allaiter, avec toutefois des chances réduites par rapport aux femmes sans implant (Chen et al., 2023).
Les difficultés concernent surtout la quantité de lait disponible. Dans le registre BIFS-001, l’insuffisance de production lactée n’était pas plus fréquente selon l’incision, la position ou la taille de l’implant. On recommande néanmoins de privilégier l’incision sous le sein, la position rétro-musculaire (en dual plane), et des prothèses pas trop volumineuses.
Les données ne montrent pas de risque spécifique pour l’enfant, et le silicone contenu dans les prothèses ne semble pas passer dans le lait en quantité significative.
La consultation préopératoire constitue donc un moment essentiel afin d’aborder ces questions importantes et d’adapter la technique chirurgicale à votre projet de vie et à votre désir d’allaitement.
FAQ sur l’augmentation mammaire par prothèses, la grossesse et l’allaitement.
Vais-je avoir mal après mon augmentation mammaire ?
La douleur est généralement modérée et bien contrôlée par les antalgiques prescrits. Elle est plus marquée dans les premiers jours, surtout si les implants sont placés derrière le muscle. La gêne diminue rapidement et la plupart des patientes reprennent leurs activités légères en moins d’une semaine. Par ailleurs, les douleurs en lien avec les implants mammaires pendant la grossesse ou pendant l’allaitement sont rares.
Comment choisir entre cicatrice sous-mammaire, cicatrice péri-aréolaire et cicatrice axillaire ?
Le choix dépend de votre anatomie, du type d’implant et de la technique chirurgicale. La cicatrice sous-mammaire est discrète et permet un accès direct à la loge de l’implant. La cicatrice péri-aréolaire s’intègre bien dans le contour du mamelon, mais n’est possible que si l’aréole est suffisamment large. Les études ne montrent pas qu’elle réduise les possibilités d’allaitement ; elle s’accompagne en revanche plus souvent d’une baisse de sensibilité de l’aréole dans les premiers mois, le plus souvent passagère (Ghadban et al., 2026). La cicatrice axillaire est cachée sous le bras, mais nécessite un abord plus technique. La voie axillaire n’est pas retenue : cet abord offre un contrôle moins direct de la loge, même si une synthèse de 22 études ne retrouve pas plus de coques ni d’infections qu’avec les autres incisions (Gonçalves et al., 2026).
Quelle différence entre implants devant ou derrière le muscle ?
Placés devant le muscle (pré-musculaire), les implants donnent un résultat naturel chez les patientes avec un bon volume glandulaire et permettent une récupération plus rapide. Placés derrière le muscle (rétro-musculaire), ils offrent une meilleure couverture chez les patientes minces et réduisent le risque de visibilité ou de palpation des implants, au prix d’une convalescence parfois un peu plus longue. De plus, le positionnement rétro-musculaire éloigne l’implant de la glande, même si les grandes séries ne montrent pas de différence de réussite de l’allaitement selon la position de l’implant.
D’autres photos avant/après d’augmentation mammaire sont présentées sur la page dédiée.
Pourquoi faut-il attendre un an avant de tomber enceinte après une augmentation mammaire ?
Ce délai permet au tissu mammaire de bien cicatriser. Une grossesse trop précoce après l’intervention pourrait modifier le volume et la forme de la poitrine, altérant le résultat esthétique. Ce délai permet également d’optimiser les chances d’allaitement.
Est-ce que je vais devoir me faire ré-opérer après ma grossesse ?
Pas systématiquement. Certaines femmes gardent un résultat harmonieux après leur grossesse, d’autres peuvent constater une ptôse (relâchement) ou une modification du volume. Dans ce cas, une retouche chirurgicale (lifting ou changement d’implants) peut être proposée, mais elle n’est pas obligatoire.
Y a-t-il une surveillance particulière pendant la grossesse ?
Aucune surveillance spécifique n’est nécessaire du fait des implants. Les consultations de suivi de grossesse et les examens habituels peuvent être réalisés normalement.
Les implants empêchent-ils d’allaiter ?
La plupart des femmes peuvent allaiter normalement après une augmentation mammaire. Les études ne montrent pas de risque de difficulté plus élevé avec l’incision péri-aréolaire.
Les prothèses peuvent-elles se rompre ?
Une rupture est rare, surtout avec les implants modernes. Elle peut survenir après un traumatisme important ou avec l’usure au fil des années. En cas de suspicion (modification de la forme, inconfort), une consultation et un bilan d’imagerie sont nécessaires pour confirmer le diagnostic et décider d’un remplacement.
Faut-il changer ses implants régulièrement ?
Il n’existe pas de date de remplacement systématique (ANSM, 2022). Les implants peuvent rester en place tant qu’ils sont intacts et que le résultat vous satisfait. En revanche, un contrôle annuel est recommandé pour vérifier l’intégrité des prothèses et la qualité du résultat.
L’augmentation mammaire augmente-t-elle le risque de cancer du sein ?
Les données scientifiques actuelles montrent que les implants mammaires n’augmentent pas le risque de cancer du sein. Le dépistage (mammographie, échographie) reste possible avec des prothèses, à condition de les signaler au radiologue, qui réalise des clichés avec refoulement de l’implant (manœuvre d’Eklund) ; la lecture de la mammographie est en effet moins sensible en présence d’un implant.
Références scientifiques
- Jewell ML et al. Lactation Outcomes in More Than 3500 Women Following Primary Augmentation: 5-Year Data From the Breast Implant Follow-Up Study. Aesthetic Surgery Journal, 2019. DOI | PubMed
- Chen J et al. Breastfeeding Outcome and Complications in Females With Breast Implants: A Systematic Review and Meta-Analysis. Aesthetic Surgery Journal, 2023. DOI | PubMed
- Schiff M et al. The impact of cosmetic breast implants on breastfeeding: a systematic review and meta-analysis. International Breastfeeding Journal, 2014. DOI | PubMed
- Cheng F et al. Do Breast Implants Influence Breastfeeding? A Meta-Analysis of Comparative Studies. Journal of Human Lactation, 2018. DOI | PubMed
- Shalev Ram H et al. Associations between breast implants and postpartum lactational mastitis in breastfeeding women: retrospective study. Bjog, 2022. DOI | PubMed
- Semple JL et al. Breast milk contamination and silicone implants: preliminary results using silicon as a proxy measurement for silicone. Plastic and Reconstructive Surgery, 1998. DOI | PubMed
- Kjøller K et al. Health outcomes in offspring of mothers with breast implants. Pediatrics, 1998. DOI | PubMed
- ANSM — Implants mammaires en France : bilan de matériovigilance 2014–2020 (la durée de vie d’un implant n’est pas illimitée ; aucune recommandation formelle n’impose un remplacement à date fixe, la question se posant au moins dans la dixième année), 2022, publié le 26 janvier 2023.
- Gonçalves FGA et al. « A Systematic Review and Meta-Analysis of 11,686 Breasts Undergoing Transaxillary Augmentation: Why Leave a Trace When You Can Go Invisible? ». Plastic and reconstructive surgery, 2026. DOI | PubMed
- Ghadban E et al. Breast augmentation and sensory outcomes: A systematic review of surgical techniques and their impact on nipple-areola complex and breast-skin sensibility. JPRAS open, 2026. DOI | PubMed

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique
Spécialiste exclusif en chirurgie mammaire, le Dr Samuel Struk accompagne les patientes dans leur parcours de chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il vous reçoit en consultation pour un diagnostic sur-mesure au sein de son cabinet situé au 99, rue de Prony, 75017 Paris.
Ancien Assistant Spécialiste du prestigieux Institut Gustave Roussy (1er centre européen de lutte contre le cancer), il exerce aujourd’hui en tant que Praticien Attaché à l’Institut Curie (Saint-Cloud) pour la reconstruction mammaire complexe (microchirurgie DIEP, PAP) et réalise ses interventions de chirurgie esthétique du sein à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
- Inscrit au Conseil de l’Ordre des Médecins de Paris sous le n° 1410.
- Numéro RPPS : 10101382645.
- Titulaire du D.E.S.C de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (Université Paris-Cité).
- Lauréat du Concours National de Praticien des Etablissements Publics de Santé (CNPH).
- Membre de la SOFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique).
- Membre de la SOFCEP (Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens).
- Membre du SNCPRE (Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique).
Déclaration de fiabilité :
Cet article a été intégralement rédigé, revu et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, conformément aux données acquises de la science et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale personnalisée.
