Peut-on allaiter avec des prothèses mammaires ?

L'allaitement après une augmentation mammaire par prothèses est le plus souvent possible. Cet article vous explique tout sur ce sujet important.

Peut-on allaiter avec des prothèses mammaires ?
L’allaitement est-il possible après une augmentation mammaire par prothèses ?

Augmentation mammaire et allaitement : dois-je m’inquiéter ?

Vous envisagez une chirurgie d’augmentation mammaire par prothèses. Cette intervention suscite souvent une inquiétude légitime : pourrai-je allaiter plus tard sans rencontrer de problèmes ? Vous voulez aussi savoir si la présence d’implants mammaires pourrait ou non constituer un risque pour votre bébé ou influencer votre vie de jeune maman.

Ces questions essentielles méritent des réponses précises, appuyées sur les données scientifiques les plus récentes. Cet article s’appuie sur la revue de la littérature 2024 (Kazankaya et al.), le registre américain BIFS-001, la méta-analyse 2014 (Schiff et al.), le rapport de l’Institute of Medicine (IOM) et plusieurs études complémentaires.

Points clés

  • Il est possible d’allaiter avec des prothèses mammaires dans la majorité des cas
  • On recommande d’introduire les prothèses par la voie sous-mammaire et de placer les implants en position rétro-musculaire afin de préserver au mieux les tissus mammaires
  • On préconise également d’éviter les implants trop volumineux (> 300 cc)
  • On conseille d’attendre au moins un an avant d’envisager une grossesse après la chirurgie
augmentation mammaire avant après face
augmentation mammaire avant après trois quart

Allaiter avec des prothèses mammaires : ce que disent les études

L’allaitement est dans l’immense majorité des cas possible

L’étude BIFS-001, menée auprès de plus de 4 600 femmes ayant accouché après une augmentation mammaire, montre que près de 80 % d’entre elles ont allaité au moins un enfant. Les taux sont similaires avec les implants en silicone (80 %) et en sérum physiologique (75,9 %). En France, les implants en sérum physiologiques ne sont plus utilisés (résultat moins naturel au toucher, risque de déflation brutale en cas de rupture).

Néanmoins, la principale difficulté rencontrée est l’insuffisance de production lactée, touchant environ 19 % des naissances, tous types d’implants confondus.

Importance de la technique chirurgicale

La possibilité d’allaiter avec des prothèses mammaires dépend principalement de la technique opératoire : type d’incision, positionnement de l’implant, volume de l’implant.

  • L’incision sous-mammaire préserve mieux la glande mammaire, les canaux galactophores et l’innervation, que l’incision péri-aréolaire, qui peut réduire la sensibilité du mamelon et perturber la lactation.
  • La localisation de l’implant est importante : un positionnement rétro-glandulaire (juste derrière la glande) est associé à un taux d’allaitement plus faible qu’un positionnement rétro-musculaire (en dual plane).
  • Le volume des prothèses influence aussi la lactation : au-delà de 300 ml, le risque d’insuffisance de lait augmente. C’est pourquoi on préconise d’éviter les implants trop volumineux qui risquent d’écraser le tissu mammaire.

L’allaitement exclusif peut parfois être plus difficile

La méta-analyse de Schiff et al. (2014) montre que la probabilité d’allaitement exclusif est plus faible chez les femmes porteuses de prothèses mammaires, principalement en raison d’une production insuffisante de lait.

L’insuffisance de production lactée est donc un risque à prendre en compte avant de se faire opérer. Néanmoins, ce risque est réduit si l’on évite l’incision péri-aréolaire, la position rétro-glandulaire de l’implant et des implants trop volumineux.

Complications mammaires possibles pendant l’allaitement

Insuffisance lactée et douleurs

Les implants peuvent comprimer la glande mammaire et limiter la production de lait.

Encore une fois, l’incision péri-aréolaire ainsi que les implants mammaires trop volumineux doivent être évités. Dans notre pratique nous réservons l’incision péri-aréolaire aux seuls cas où nous devons combiner pose de prothèses mammaires et technique du round-block afin de corriger une légère ptôse mammaire.

Mastite : un risque légèrement accru

Une étude israélienne menée sur 28 383 femmes allaitantes rapporte un taux plus élevé de mastite chez les patientes porteuses d’implants (8,3 % contre 6,6 % ; OR 1,22). La mastite correspond à une inflammation aigüe du sein.

Une bonne technique de mise au sein et la prévention des engorgements sont essentielles pour réduire ce risque.

Y a-t-il un risque pour le bébé ?

Silicone contenu dans les implants et lait maternel

Le rapport de l’IOM et d’autres études montrent que le silicone contenu dans les implants ne passe pas de manière significative dans le lait maternel en l’absence de rupture. Les concentrations moyennes de silicium sont similaires chez les femmes avec ou sans prothèses.

Le lait maternel contient par ailleurs bien moins de silicium que le lait de vache ou les laits infantiles.

Santé et développement de l’enfant

Les données du FDA et de l’IOM ne mettent pas en évidence de risque accru de malformations congénitales ou de maladies auto-immunes chez les enfants allaités par des mères porteuses d’implants.

Y-a-t’il des risques pendant la grossesse avec des prothèses mammaires ?

Tolérance générale

La grossesse est le plus souvent bien vécue par les femmes porteuses de prothèses mammaires. La poitrine augmente naturellement de volume sous l’effet des hormones. La présence d’implants mammaires ne freine pas l’augmentation de volume de la poitrine. Certaines femmes peuvent ressentir tout au plus une légère gène, mais cela reste rare.

Risques potentiels pour le fœtus

Le passage de silicone contenu dans l’implant vers le placenta semble improbable.

Aucune étude récente n’a démontré de lien entre implants en silicone et malformation ou retard de croissance fœtale.

Précautions à prendre

Néanmoins, on conseille d’attendre au moins un an après l’intervention avant de débuter une grossesse, pour permettre une cicatrisation complète et limiter l’impact sur la lactation.

Conseils pratiques pour optimiser vos chances d’allaiter

Pour les femmes ayant un désir d’allaitement après augmentation mammaire par prothèses, plusieurs mesures sont essentielles :

  • Choisir une technique préservant la glande mammaire et les canaux galactophores : incision sous-mammaire (dans le pli sous le sein), positionnement rétro-musculaire des implants, et prothèses de taille modérée. Il est impératif de discuter de la technique chirurgicale avec votre chirurgien.
  • Attendre au moins un an après la pose de prothèses mammaires avant d’envisager une grossesse.
  • Signaler la présence d’implants à la sage-femme ou au médecin lors de la grossesse.
  • Consulter rapidement en cas de douleur, rougeur ou fièvre pendant l’allaitement (risque de mastite aigüe).

Conclusion

La grande majorité des femmes porteuses de prothèses peuvent allaiter sans problèmes.

Les difficultés concernent surtout la quantité de lait disponible. L’insuffisance de production lactée est plus fréquente en cas d’incision sous l’aréole, de prothèses placées derrière la glande mammaire et avec de grosses prothèses (> 300 cc). C’est pourquoi on recommande de privilégier l’incisions sous le sein, la position rétro-musculaire (en dual plane), et des prothèses pas trop volumineuses.

Les données ne montrent pas de risque spécifique pour l’enfant, et le silicone contenu dans les prothèses ne semble pas passer dans le lait en quantité significative.

La consultation préopératoire constitue donc un moment essentiel afin d’aborder ces questions importantes et d’adapter la technique chirurgicale à votre projet de vie et à votre désir d’allaitement.

FAQ sur l’augmentation mammaire par prothèses, la grossesse et l’allaitement.

Vais-je avoir mal après mon augmentation mammaire ?

La douleur est généralement modérée et bien contrôlée par les antalgiques prescrits. Elle est plus marquée dans les premiers jours, surtout si les implants sont placés derrière le muscle. La gêne diminue rapidement et la plupart des patientes reprennent leurs activités légères en moins d’une semaine. Par ailleurs, les douleurs en lien avec les implants mammaires pendant la grossesse ou pendant l’allaitement sont rares.

Comment choisir entre cicatrice sous-mammaire, cicatrice péri-aréolaire et cicatrice axillaire ?

Le choix dépend de votre anatomie, du type d’implant et de la technique chirurgicale. La cicatrice sous-mammaire est discrète et permet un accès direct à la loge de l’implant. La cicatrice péri-aréolaire s’intègre bien dans le contour du mamelon, mais n’est possible que si l’aréole est suffisamment large. Elle réduit les possibilités d’allaitement, ainsi que la sensibilité au niveau de l’aréole. La cicatrice axillaire est cachée sous le bras, mais nécessite un abord plus technique. Il a été montré que l’abord axillaire augmentait le risque d’infection post-opératoire et de coque.

Quelle différence entre implants devant ou derrière le muscle ?

Placés devant le muscle (pré-musculaire), les implants donnent un résultat naturel chez les patientes avec un bon volume glandulaire et permettent une récupération plus rapide. Placés derrière le muscle (rétro-musculaire), ils offrent une meilleure couverture chez les patientes minces et réduisent le risque de visibilité ou de palpation des implants, au prix d’une convalescence parfois un peu plus longue. De plus, le positionnement rétro-musculaire préserve mieux les capacités d’allaitement.

Pourquoi faut-il attendre un an avant de tomber enceinte après une augmentation mammaire ?

Ce délai permet au tissu mammaire de bien cicatriser. Une grossesse trop précoce après l’intervention pourrait modifier le volume et la forme de la poitrine, altérant le résultat esthétique. Ce délai permet également d’optimiser les chances d’allaitement.

Est-ce que je vais devoir me faire ré-opérer après ma grossesse ?

Pas systématiquement. Certaines femmes gardent un résultat harmonieux après leur grossesse, d’autres peuvent constater une ptôse (relâchement) ou une modification du volume. Dans ce cas, une retouche chirurgicale (lifting ou changement d’implants) peut être proposée, mais elle n’est pas obligatoire.

Y a-t-il une surveillance particulière pendant la grossesse ?

Aucune surveillance spécifique n’est nécessaire du fait des implants. Les consultations de suivi de grossesse et les examens habituels peuvent être réalisés normalement. Les implants n’interfèrent pas avec les échographies ou la surveillance mammaire standard.

Les implants empêchent-ils d’allaiter ?

La plupart des femmes peuvent allaiter normalement après une augmentation mammaire. Le risque de difficulté est légèrement plus élevé si l’incision est péri-aréolaire, car elle peut affecter les canaux galactophores.

Les prothèses peuvent-elles se rompre ?

Une rupture est rare, surtout avec les implants modernes. Elle peut survenir après un traumatisme important ou avec l’usure au fil des années. En cas de suspicion (modification de la forme, inconfort), une consultation et un bilan d’imagerie sont nécessaires pour confirmer le diagnostic et décider d’un remplacement.

Faut-il changer ses implants régulièrement ?

Il n’existe pas de date de remplacement systématique. Les implants peuvent rester en place tant qu’ils sont intacts et que le résultat vous satisfait. En revanche, un contrôle annuel est recommandé pour vérifier l’intégrité des prothèses et la qualité du résultat.

L’augmentation mammaire augmente-t-elle le risque de cancer du sein ?

Les données scientifiques actuelles montrent que les implants mammaires n’augmentent pas le risque de cancer du sein. Le dépistage (mammographie, échographie) reste possible avec des prothèses, et leur présence ne retarde pas le diagnostic.

Dr Samuel Struk

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK

Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.

Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.

Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.



SUR LE MÊME THÈME EN CHIRURGIE MAMMAIRE

Un problème est survenu. Veuillez actualiser la page et/ou essayer à nouveau.

En savoir plus sur Chirurgien spécialiste du sein à Paris 17 – Chirurgie mammaire esthétique et reconstruction | Dr Samuel Struk

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture