
Le laser a-t’il un intérêt pour améliorer la cicatrice d’une réduction mammaire ?
La réduction mammaire est une intervention de chirurgie esthétique qui vise à réduire le volume de la poitrine en cas d’hypertrophie mammaire. Un des sujets fréquemment évoqué en consultation concerne l’utilisation du laser sur les seins pour améliorer la cicatrice de réduction mammaire.
En effet, on présente souvent le laser comme une solution miracle pour améliorer les cicatrices, mais est-ce vraiment le cas ? Permet-il vraiment d’obtenir un meilleur résultat après une réduction mammaire ? Dans quels cas l’utiliser pour le traitement des cicatrices de réduction mammaire ?
Dans cet article, nous allons explorer l’efficacité des lasers pour les cicatrices de réduction mammaire, en insistant sur leurs limites, leurs risques et les preuves scientifiques disponibles.
Les différents types de laser utilisés sur les cicatrices de réduction mammaire
Il existe deux grandes familles de lasers couramment évoqués pour améliorer les cicatrices de réduction mammaire. On distingue ainsi les lasers utilisés à distance de l’intervention et le laser UrgoTouch utilisé pendant l’intervention.
Les lasers utilisés après l’intervention
On peut utiliser le laser en post-opératoire plusieurs mois après la chirurgie pour traiter les cicatrices. L’hypertrophie mammaire peut causer des douleurs physiques et des gênes, justifiant ainsi la chirurgie de réduction mammaire. Le traitement des cicatrices au laser fait appel aux lasers fractionnés et aux lasers à colorant pulsé, qui visent à améliorer la texture et la couleur des cicatrices. Bien que certains patients puissent observer une légère amélioration, ces traitements nécessitent plusieurs séances et les résultats peuvent varier. De plus, ces lasers ne sont pas toujours adaptés à tous les types de cicatrices de réduction mammaire.
Une plaie évolutive, en cas de désunion de cicatrice mammaire par exemple, est une contre-indication à l’utilisation de ces lasers. Il faudra donc attendre que la cicatrisation soit effective avant de les utiliser.
Le laser UrgoTouch utilisé pendant l’intervention
Le laser UrgoTouch est vendu pour être utilisé directement au bloc opératoire, immédiatement après la suture des cicatrices. Ce dispositif portatif utilisé par la chirurgien est censé améliorer la cicatrisation en utilisant une technologie laser pour optimiser la réparation tissulaire. Cependant, les preuves scientifiques soutenant l’efficacité de ce laser sont limitées. Les études disponibles ne fournissent pas de données suffisantes pour justifier son utilisation systématique. En outre, le laser UrgoTouch présente des risques, tels que des brûlures ou des modifications de pigmentation, et ajoute un surcoût significatif à la procédure chirurgicale. Dit autrement, le laser Urgotouch coûte cher et son intérêt est loin de faire l’unanimité dans la communauté médicale comme nous allons le voir plus loin.
Laser post-opératoire et cicatrice de réduction mammaire : quel intérêt ?
On pourra utiliser le laser à colorant pulsé ou le laser fractionné pour améliorer les cicatrices de réduction mammaire lorsque celles-ci sont anormalement épaisses ou pigmentées, voire carrément hypertrophiques.
Cependant, ils ne doivent en aucun cas être utilisés de façon systématique. C’est au chirurgien de déterminer si ces traitements sont appropriés, en fonction de l’évolution de la cicatrisation de chaque patiente. Généralement, on pose l’indication de ces lasers après la première année post-opératoire si l’aspect des cicatrices n’est pas satisfaisant.
Heureusement, les indications restent rares, car les cicatrices de réduction mammaire sont le plus souvent discrètes au-delà de la première année.
Laser UrgoTouch et cicatrice de réduction mammaire : un bénéfice prouvé ?
Le laser UrgoTouch est parfois proposé pendant la consultation pré-opératoire. L’objectif est de garantir de plus belles cicatrices de réduction mammaire.
Preuves scientifiques insuffisantes
Les preuves scientifiques concernant l’efficacité du laser UrgoTouch sont insuffisantes pour justifier son utilisation routinière. Les études disponibles sont souvent de petite taille avec des méthodologies variées. Le manque de puissance et l’absence d’étude randomisée en double aveugle ne permettent pas de donner des résultats fiables. Sans des preuves robustes, il est difficile de recommander ce traitement en routine comme une solution efficace pour améliorer les cicatrices de réduction mammaire.
Risques associés
En plus des preuves scientifiques limitées, l’utilisation du laser UrgoTouch présente des risques pour les patientes. Ces risques comprennent des brûlures, des modifications de la pigmentation de la peau et une cicatrisation anormale. La survenue de complications peut aggraver l’apparence des cicatrices plutôt que de les améliorer. Ces complications sont heureusement exceptionnelles.
Surcoût pour la patiente
L’utilisation du laser UrgoTouch pendant l’opération ajoute un surcoût significatif à l’intervention chirurgicale. En l’absence de preuve scientifique suffisante, ce coût supplémentaire ne nous paraît pas justifié.
Que faire pour améliorer les cicatrices de réduction mammaire ?
Respect des consignes post-opératoires
Il est impératif de bien respecter les consignes de votre chirurgien esthétique afin de d’optimiser la cicatrisation !
Les soins post-opératoires traditionnels, tels que l’application d’une crème cicatrisante, le massage des cicatrices et l’utilisation de pansements en silicone chez les patientes à risque de cicatrice chéloïde, ont démontré leur efficacité pour améliorer l’apparence des cicatrices. Ces méthodes sont sûres, éprouvées et ne présentent pas les mêmes risques (ni les mêmes coûts) que les traitements au laser.
Dans tous les cas, l’arrêt du tabac est indispensable. En effet, le tabac favorise la désunion de cicatrices (en diminuant l’apport d’oxygène au niveau de la cicatrice). De la même manière, l’arrêt du sport pendant les semaines qui suivent l’opération permet de limiter la tension sur les cicatrices.
Importance de l’expérience du chirurgien
Rien ne peut remplacer l’expérience du chirurgien dans la réussite d’une réduction mammaire. La qualité des cicatrices dépend principalement de l’équilibre subtil entre la quantité de peau retirée et la quantité de glande mammaire enlevée, afin de minimiser la tension sur les cicatrices. C’est avant tout l’expérience qui guidera le geste.
Une technique de suture précise et soignée est également cruciale pour assurer une cicatrisation optimale.
Par ailleurs, l’expérience du chirurgien joue un rôle essentiel dans la limitation des complications post-opératoires, telles que la désunion de cicatrice, les hématomes et les infections, qui peuvent affecter l’esthétique finale des cicatrices.
A quoi ressemble des cicatrices de réduction mammaire sans laser ?
Les cicatrices de réduction mammaire peuvent être impressionnantes immédiatement après l’intervention. Néanmoins, leur aspect évolue au cours de la première année post-opératoire. Elles vont blanchir et s’affiner progressivement pour s’estomper au-delà de la première année. La cicatrisation est un processus qui est long et il faut savoir être patiente avant de juger l’aspect définitif d’unecicatrice.
Si les cicatrices ne disparaissent jamais complètement, elles sont dans la majorité des cas discrètes.


Conclusion
En conclusion, bien que l’idée d’améliorer les cicatrices de réduction mammaire au laser soit séduisante, la réalité est que cette méthode présente peu d’intérêt en pratique courante. Les preuves scientifiques concernant l’efficacité du laser UrgoTouch sont insuffisantes, et les risques et le surcoût associés ne justifient pas son utilisation en routine. Pour obtenir des résultats optimaux, il est préférable de se concentrer sur des soins et les consignes post-opératoires et de choisir un chirurgien expérimenté.

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.
