Article rédigé et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, chirurgien plasticien inscrit au tableau de l’Ordre des médecins de Paris (numéro RPPS : 10101382645), membre de la SOFCPRE et de la SOFCEP · relu et mis à jour le 25 octobre 2026
Faut-il craindre les cicatrices du lifting mammaire ?
Vous envisagez de faire un lifting mammaire et vous vous interrogez naturellement sur les cicatrices liées à cette chirurgie. Le lifting mammaire, qu’on appelle aussi mastopexie ou cure de ptose, permet de remonter efficacement la poitrine mais au prix de cicatrices. Ces cicatrices constituent une préoccupation habituelle avant la chirurgie. Cet article répond précisément à vos interrogations sur ces cicatrices, leur localisation, leur aspect et leur évolution habituelle. Vous saurez à quoi vous attendre après l’opération et comment optimiser l’apparence de ces cicatrices.

Points clés
- Un lifting mammaire sans cicatrice n’existe pas : retirer l’excès de peau impose des incisions, placées de façon à rester discrètes.
- Une seule cicatrice autour de l’aréole (round block) suffit pour une ptôse légère ; une ptôse marquée demande trois cicatrices en T inversé.
- Les cicatrices sont rouges et épaisses les premiers mois, puis s’affinent et blanchissent ; leur aspect définitif est atteint vers un an.
- Le tabac, le soleil et les antécédents de cicatrices chéloïdes sont les principaux facteurs d’une mauvaise cicatrisation.
- Arrêt total du tabac un mois avant et après l’opération, protection solaire pendant un an et massages quotidiens sont les consignes pour de belles cicatrices.
Pourquoi le lifting mammaire laisse-t-il des cicatrices sur les seins ?
Le lifting mammaire (ou mastopexie) est une opération de base de la chirurgie esthétique.
Son objectif est de corriger la ptôse mammaire.
La ptôse mammaire désigne l’affaissement des seins. Avec le temps, les grossesses ou après une perte importante de poids, les seins perdent parfois leur fermeté et la peau peut se relâcher. La mastopexie consiste donc à retirer l’excès de peau sur la poitrine responsable de son affaissement. A l’issue de l’intervention, la poitrine a un aspect plus jeune, elle est aussi plus ferme et les aréoles retrouvent leur hauteur idéale.
Toutefois, retirer de la peau implique en contrepartie de faire des incisions sur le sein. Ces incisions vont laisser des cicatrices sur la poitrine. Il n’est ainsi pas possible de retirer de la peau sans faire de cicatrice (un lifting mammaire sans cicatrice est tout simplement impossible !). Comme nous allons le voir, le nombre de cicatrices va dépendre de la quantité de peau à retirer, c’est à dire de l’importance de la ptôse mammaire.
Fait important, on ne retire pas de glande mammaire au cours d’une mastopexie (contrairement à une réduction mammaire). On en profite au contraire pour concentrer cette glande mammaire sur elle-même ce qui améliore le galbe et la tonicité des seins. Enfin, si les seins manquent de volume, on peut parfois combiner lifting mammaire et pose de prothèses mammaires.
A quoi ressemblent les cicatrices d’un lifting des seins ?
Le nombre de cicatrices sur le sein va dépendre du degré de ptôse mammaire à corriger.
En cas de ptôse légère à modérée, une seule cicatrice autour de l’aréole peut suffire. Dans ce cas, on retire l’excès de peau tout autour de l’aréole. On concentre ensuite la peau du sein autour de l’aréole. La cicatrice qui en résulte se situe tout autour de l’aréole, à la jonction entre la peau claire du sein et la peau foncée de l’aréole. Cette technique s’appelle un round-block.

Si la ptôse mammaire est plus prononcée, le round-block ne suffit pas. Dans ce cas, on doit rajouter d’autres cicatrices sur le sein afin de retirer plus de peau. Vous aurez alors trois cicatrices sur les seins : une cicatrice autour de l’aréole (identique à celle d’un round block), une cicatrice verticale entre l’aréole et le pli sous le sein, et une cicatrice horizontale située dans le pli sous le sein (qu’on appelle aussi sillon sous mammaire). On parle alors de cicatrices en T inversé ou en ancre marine.


On veille à placer ces cicatrices de manière stratégique pour qu’elles soient aussi discrètes que possible. La cicatrice péri-aréolaire se trouve précisément à la jonction entre la peau claire et l’aréole plus foncée. Quant à la cicatrice sous-mammaire, elle est recouverte naturellement par le sein.
Enfin, associer la pose d’implants à la correction de la ptose mammaire n’a pas d’incidence sur les cicatrices.
Comment évoluent habituellement les cicatrices du lifting mammaire ?
L’évolution des cicatrices du lifting mammaire se fait sur une période d’environ un an ; une étude d’observation menée chez 58 volontaires a décrit une maturation de la cicatrice par étapes sur un an, plus lente avant 30 ans et plus rapide après 55 ans (Bond et al., 2008). Immédiatement après l’opération, les cicatrices sont souvent rouges, épaisses et peuvent paraître impressionnantes. Cependant, rassurez-vous, cet aspect est temporaire. Progressivement, elles vont s’affiner, devenir plus claires et moins visibles.
Après un an, les cicatrices atteignent généralement leur aspect définitif. Elles sont alors discrètes et très bien acceptées par la majorité des patientes.
D’autres résultats à un an, avec leurs cicatrices, sont présentés sur mes photos avant/après de lifting mammaire.
Le suivi post-opératoire est primordial afin de déceler une évolution inhabituelle des cicatrices. Des complications cicatricielles peuvent parfois survenir et nécessiter un traitement particulier. Ces complications sont rares. Parmi elles, on peut citer l’ouverture de cicatrice (favorisée par le tabac et le diabète), la survenue de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes (des cicatrices très rouges et épaisses, qui démangent et sont parfois douloureuses).
Les cicatrices d’un lifting des seins peuvent-elles disparaître avec le temps ?
Soyons clairs : une cicatrice ne disparaît jamais totalement.
Heureusement, avec le temps, une cicatrice s’estompe et devient moins visible. La patience est donc votre meilleure alliée dans ce processus. Néanmoins, comme nous allons le voir, certaines consignes permettent d’optimiser l’aspect des cicatrices.




Quels sont les facteurs qui influencent l’aspect des cicatrices après un lifting mammaire ?
Certains éléments peuvent influencer l’évolution des cicatrices et donc leur aspect esthétique final. Parmi ces facteurs, le tabac joue un rôle majeur. Fumer altère considérablement la cicatrisation et augmente les risques de complications telles que la nécrose ou l’ouverture des cicatrices ; dans une synthèse de 53 études, le tabac multipliait par 2,36 le risque de complications après une réduction mammaire (Theocharidis et al., 2018). L’arrêt du tabac est donc indispensable si vous envisagez une chirurgie mammaire.
Des antécédents personnels de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes augmentent le risque de survenue de telles cicatrices après un lifting des seins. Une cicatrice hypertrophique ou chéloïde est anormalement rouge et épaisse. Elle peut démanger voire être franchement douloureuse. Son traitement fait appel à des injections locales de corticoïdes et aux pansements en silicone ; une synthèse de 34 essais randomisés chez l’adulte confirme l’efficacité du gel ou des plaques de silicone, des injections de corticoïdes (triamcinolone) et de certains lasers sur ces cicatrices (Choi et al., 2022).
Par ailleurs, l’exposition au soleil a un également un effet néfaste sur l’évolution d’une cicatrice. Une cicatrice récente qu’on expose au soleil peut brunir de façon définitive.
Le laser permet-il d’améliorer l’aspect des cicatrices d’un lifting des seins ?
Le laser peut effectivement améliorer l’aspect de certaines cicatrices lorsque leur évolution est jugée anormale ou décevante. Cela concerne principalement les cicatrices anormalement épaisses ou inflammatoires.
Néanmoins, l’utilisation systématique du laser après un lifting mammaire ne nous semble pas justifiée. Nous réservons cette solution à des cas exceptionnels, lorsque l’évolution naturelle des cicatrices est décevante. Il faut attendre au moins un an, le temps de la maturation naturelle, avant de proposer un laser sur une cicatrice décevante.
L’avis du Dr Samuel Struk
Un essai randomisé en double aveugle (40 réductions mammaires), financé par le fabricant, rapporte une amélioration modeste des cicatrices traitées à un an (Casanova et al., 2017). Je ne propose pas ce laser en routine, le bénéfice me paraissant trop limité au regard de son coût.
Quelles sont vos consignes pour avoir de belles cicatrices après un lifting mammaire ?
Le facteur essentiel pour obtenir de belles cicatrices après un lifting mammaire est l’arrêt total du tabac. Nous recommandons vivement d’arrêter de fumer au minimum un mois avant l’opération et de poursuivre cet arrêt durant le mois qui suit l’intervention. Cela réduit considérablement le risque d’ouverture des cicatrices ou de nécrose des aréoles.
Par ailleurs, il est indispensable de protéger vos cicatrices du soleil pendant au moins un an. À la plage ou en extérieur, appliquez une crème solaire d’indice 50+ toutes les deux heures ou utilisez des vêtements couvrants.
Par ailleurs, il faudra respecter scrupuleusement les recommandations post-opératoires : évitez toute activité physique intense et le port de charges lourdes pendant un mois.
L’avis du Dr Samuel Struk
Je demande de porter la contention six semaines ; elle limite les tensions sur les cicatrices et améliore le confort, sans qu’une étude l’ait mesuré après un lifting.
Enfin, vous pourrez masser quotidiennement vos cicatrices avec une crème cicatrisante adaptée. Les massages quotidiens assouplissent la cicatrice et sont bien tolérés ; leur effet sur la rougeur et l’épaisseur n’est pas démontré scientifiquement.
Conclusion
Bien que les cicatrices soient inévitables après un lifting mammaire, leur aspect final est le plus souvent très satisfaisant. Il faudra néanmoins être patiente car la cicatrisation est un phénomène long, qui prend en moyenne un an. En respectant certaines consignes, vous pourrez optimiser leur évolution. On rappelle que l’arrêt du tabac est indispensable avant d’envisager cette intervention.
FAQ : les questions fréquentes sur le lifting mammaire.
1. Peut-on faire un lifting mammaire sans cicatrice ?
Le lifting mammaire implique nécessairement de faire des cicatrices sur la poitrine, car il nécessite de retirer l’excès de peau et de remodeler la poitrine. Cependant, on veille à placer ces cicatrices sur le sein de façon stratégique afin que celles-ci soient discrètes.
2. Les cicatrices d’un lifting des seins sont-elles plus visibles sur peau foncée ?
Les cicatrices peuvent être plus marquées sur une peau foncée, notamment en raison des risques d’hyperpigmentation. Le risque de cicatrice hypertrophique ou chéloïde est également accru.
3. Y-a t’il un moyen de prévenir les cicatrices chéloïdes ou hypertrophiques après un lifting des seins ?
Aucune mesure ne garantit l’absence de cicatrice hypertrophique ou chéloïde ; chez les patientes à risque, les pansements siliconés appliqués dès la fermeture en réduisent la fréquence (preuve de faible qualité) et sont la première mesure recommandée (O’Brien et al., 2013 ; Monstrey et al., 2014). Néanmoins, si vous présentez des antécédents de cicatrices hypertrophique ou chéloïdes, nous pourrons vous prescrire des pansements en silicone. Des injections de corticoïdes dans les cicatrices pourront également être réalisées précocement en cas de survenue de chéloïdes.
4. Le laser Urgotouch a-t’il un intérêt pour améliorer l’aspect des cicatrices après une mastopexie ?
Certains chirurgiens vous proposeront le laser Urgotouch moyennant un surcoût pour l’intervention. Un seul essai randomisé en double aveugle, mené sur 40 réductions mammaires et financé par le fabricant, a mesuré une amélioration modeste de l’aspect des cicatrices traitées à un an (essai de Casanova et al., 2017, cité plus haut). Ce bénéfice limité ne justifie pas un surcoût systématique.
5. Est-ce que le lifting mammaire est une intervention qui est douloureuse ?
Un lifting mammaire provoque généralement peu de douleur. Vous pourrez ressentir néanmoins une sensation d’inconfort, de tension et de tiraillement au niveau de la poitrine. Des antalgiques simples et le port du soutien-gorge de contention réduiront cette sensation d’inconfort.
6. Comment savoir si des prothèses mammaires sont nécessaires dans mon cas ?
La nécessité de combiner pose de prothèses mammaires et lifting des seins dépend principalement de vos attentes. Si vous souhaitez augmenter significativement le volume de vos seins ou combler un manque important de projection, les prothèses sont une solution efficace.
7. Combien de temps vais-je devoir m’arrêter après mon lifting mammaire ?
On préconise un congé d’une semaine environ après un lifting des seins. Le télétravail est une option intéressante pour faciliter la reprise. Attention, il n’est pas possible de prescrire d’arrêt de travail pour un lifting mammaire. En effet, cette intervention n’est jamais prise en charge par la Sécurité Sociale. Il s’agit d’une opération de chirurgie esthétique. Vous devrez donc vous organiser pour poser des vacances après l’opération.
8. Quand vais-je pouvoir reprendre le sport ?
On préconise une reprise progressive du sport après 4 à 6 semaines. La reprise dépendra principalement de l’évolution de vos cicatrices, de votre récupération et du type de sport pratiqué. Le suivi post-opératoire est important afin de guider la reprise de l’activité physique.
9. Le lifting mammaire peut-il être pris en charge par la Sécurité Sociale ?
Le lifting mammaire est une intervention de chirurgie esthétique. A ce titre, elle ne bénéficie jamais d’une prise en charge par la Sécurité Sociale. Cela est vrai quel que soit le nombre de grossesses ou l’importance de la perte de poids qui pourraient être responsables de la ptôse mammaire. Un antécédent de chirurgie bariatrique (sleeve gastrectomy ou bypass gastrique) n’est pas un critère de prise en charge pour une chirurgie mammaire.
10. Est-il possible d’allaiter après un lifting mammaire ?
Oui, il est souvent possible d’allaiter après un lifting mammaire. Toutefois, on préconise de réaliser le lifting mammaire lorsqu’il n’y a plus de désir d’enfants. En effet, des grossesses ultérieures pourraient altérer le résultat de l’intervention.
Références scientifiques
- Bond JS et al. Maturation of the human scar: an observational study. Plastic and Reconstructive Surgery, 2008. DOI | PubMed
- Monstrey S et al. Updated scar management practical guidelines: non-invasive and invasive measures. Journal of Plastic, Reconstructive & Aesthetic Surgery, 2014. DOI | PubMed
- Choi C et al. Management of hypertrophic scars in adults: A systematic review and meta-analysis. Australasian Journal of Dermatology, 2022. DOI | PubMed
- Casanova D et al. A 1-Year Follow-Up of Post-operative Scars After the Use of a 1210-nm Laser-Assisted Skin Healing (LASH) Technology: A Randomized Controlled Trial. Aesthetic Plastic Surgery, 2017. DOI | PubMed
- O'Brien L, Jones DJ. Silicone gel sheeting for preventing and treating hypertrophic and keloid scars. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2013. DOI | PubMed
- Theocharidis V et al. Current evidence on the role of smoking in plastic surgery elective procedures: A systematic review and meta-analysis. Journal of Plastic, Reconstructive & Aesthetic Surgery, 2018. DOI | PubMed

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Chirurgien spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique
Spécialiste exclusif en chirurgie mammaire, le Dr Samuel Struk accompagne les patientes dans leur parcours de chirurgie esthétique et réparatrice du sein. Il vous reçoit en consultation pour un diagnostic sur-mesure au sein de son cabinet situé au 99, rue de Prony, 75017 Paris.
Ancien Assistant Spécialiste du prestigieux Institut Gustave Roussy (1er centre européen de lutte contre le cancer), il exerce aujourd’hui en tant que Praticien Attaché à l’Institut Curie (Saint-Cloud) pour la reconstruction mammaire complexe (microchirurgie DIEP, PAP) et réalise ses interventions de chirurgie esthétique du sein à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
- Inscrit au Conseil de l’Ordre des Médecins de Paris sous le n° 1410.
- Numéro RPPS : 10101382645.
- Titulaire du D.E.S.C de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (Université Paris-Cité).
- Lauréat du Concours National de Praticien des Etablissements Publics de Santé (CNPH).
- Membre de la SOFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique).
- Membre de la SOFCEP (Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens).
- Membre du SNCPRE (Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique).
Déclaration de fiabilité :
Cet article a été intégralement rédigé, revu et validé médicalement par le Dr Samuel Struk, conformément aux données acquises de la science et aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale personnalisée.
