
Tout savoir sur la prise en charge d’une rupture de prothèse mammaire
L’augmentation mammaire par prothèses est l’intervention de chirurgie esthétique la plus pratiquée dans le monde. La rupture de prothèse mammaire est donc une situation relativement fréquente. Face à cette éventualité, il est normal de se poser de nombreuses questions, notamment sur l’urgence d’une intervention chirurgicale et sur les risques éventuels pour sa santé. Cet article vise à répondre à toutes vos interrogations sur le sujet. Vous saurez ainsi comment réagir en cas de rupture de prothèse mammaire et si une intervention en urgence est réellement nécessaire.
Pourquoi les prothèses mammaires finissent-elles par se rompre ?
Les prothèses mammaires, bien que conçues pour durer, ne sont pas éternelles. On lit parfois que les prothèses mammaires de dernière génération peuvent être gardées à vie. Cela est totalement faux.
Prothèses mammaires en silicone ou en sérum physiologique ?
Il existe deux types de prothèses mammaires : les prothèses salines et les prothèses en gel de silicone.
Les prothèses salines, remplies de sérum physiologique, étaient autrefois populaires. Cependant, elles ne sont plus utilisées aujourd’hui. La raison principale est qu’elles donnaient un résultat moins naturel, surtout au toucher. De plus, en cas de rupture, elles entraînaient une déflation immédiate, provoquant une déformation sévère du sein.
Aujourd’hui, les prothèses en gel de silicone ont largement remplacé les prothèses salines. Ces implants offrent un aspect plus naturel et une meilleure durabilité. Une prothèse mammaire est un dispositif médical implantable rigoureusement réglementé. En France, elle doit disposer d’un marquage CE et d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), supervisée par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé).
Rupture intra-capsulaire ou rupture extra-capsulaire
Les prothèses en gel de silicone se composent d’une enveloppe en silicone renfermant un gel de silicone cohésif. Cette cohésivité rend le gel plus compact, limitant ainsi grandement le risque de fuite en cas de rupture et assurant que le sein conserve une apparence naturelle. Malgré cela, une prothèse mammaire peut se rompre pour deux raisons principales : l’usure naturelle liée au temps ou un choc direct.
Contrairement à certaines idées reçues, il n’est pas nécessaire de remplacer les prothèses mammaires tous les 10 ans. La durée de vie d’une prothèse varie considérablement d’une femme à l’autre. Avec le temps, le silicone perd sa cohésivité et peut éventuellement se rompre. Dans ce cas, on parle de rupture intra-capsulaire, où le gel reste contenu à l’intérieur de l’enveloppe de la prothèse, sans risque de fuite. Toutefois, la prothèse perd alors sa forme, ce qui impose son remplacement.
À l’inverse, une rupture extra-capsulaire survient lorsque l’enveloppe elle-même se déchire, souvent à la suite d’un traumatisme violent, tel qu’un accident de voiture (ceinture de sécurité qui cisaille la poitrine). Dans ce cas, le gel de silicone peut sortir de l’enveloppe, mais grâce à la cohésivité des gels des prothèses de dernière génération, le silicone ne se disperse pas dans le sein. Le contact avec les tissus mammaires reste limité, réduisant ainsi les risques de complications graves.
Quels sont les signes de rupture d’une prothèse mammaire ?
Si vous avez des implants mammaires, il est important de savoir reconnaître les signes d’une possible rupture. Le principal signe clinique est la déformation du sein. Toutefois, avec les prothèses de dernière génération, cette déformation est généralement modérée, en raison du gel de silicone cohésif qui maintient une certaine forme même en cas de rupture.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une rupture d’implant mammaire ne s’accompagne généralement pas de douleur ou de rougeur du sein. Néanmoins, si vous remarquez une déformation de votre sein, il faut consulter rapidement votre chirurgien esthétique.
Que faire en cas de rupture de prothèse mammaire ?
Si vous suspectez une rupture de votre implant mammaire, la première chose à faire est de prendre rendez-vous avec votre chirurgien plasticien. Le diagnostic est essentiellement clinique, c’est-à-dire que votre chirurgien pourra déterminer s’il y a rupture simplement en vous examinant.
Cependant, pour confirmer le diagnostic, votre chirurgien vous prescrira probablement une IRM mammaire. Cet examen est le plus fiable pour détecter une rupture d’implant mammaire. Il est préférable à l’échographie mammaire, qui peut parfois donner des faux positifs.
Faut-il opérer en urgence en cas de rupture de prothèse mammaire ?
La rupture de prothèses mammaires ne nécessite jamais une intervention chirurgicale immédiate. Une rupture de prothèse mammaire n’est donc jamais une urgence chirurgicale. Une fois le diagnostic de prothèse mammaire rompue confirmé, il n’y a aucune raison médicale de se précipiter pour remplacer l’implant.
Dans la majorité des cas, les ruptures de prothèses sont intra-capsulaires, ce qui signifie que le gel de silicone reste contenu à l’intérieur de l’enveloppe de la prothèse. Même en cas de rupture extra-capsulaire après un choc direct, le contact entre le silicone et les tissus mammaires est très limité et n’entraîne généralement pas de symptômes cliniques immédiats. Cela vous donne le temps de planifier sereinement une intervention dans les semaines ou les mois suivants.
Dans la plupart des cas, lorsque l’on remplace un implant rompu, on profite de l’intervention pour changer les deux implants mammaires. Cela permet de maintenir une symétrie et d’éviter de devoir remplacer le second implant à court terme.
Est-il obligatoire de remettre une prothèse en cas de rupture de prothèse mammaire ?
En cas de rupture d’une prothèse mammaire, la plupart des femmes choisissent de remplacer leurs implants. Cette opération est appelée un changement de prothèses de mammaires. Cette option permet de maintenir le volume et l’apparence de la poitrine. Lors de cette intervention, le chirurgien utilisera les mêmes cicatrices que celles utilisées lors de la première augmentation mammaire.
Cependant, certaines femmes décident de ne pas remettre de prothèse après une rupture. Dans ce cas, le retrait des implants peut entraîner une ptôse mammaire, c’est-à-dire un affaissement des seins. Si vous optez pour cette solution, il est possible de réaliser un lifting mammaire en même temps que le retrait des prothèses pour remonter les seins. Ce lifting nécessite cependant des cicatrices supplémentaires. Dans ce cas, on peut se limiter à une cicatrice autour de l’aréole (round block) pour les ptôses modérées, ou bien faire des cicatrices en T inversé (ou en ancre de marine) pour les ptôses plus sévères.
Une autre alternative est de remplacer les prothèses mammaires par votre propre graisse, une technique qu’on appelle lipofilling mammaire. Cette technique consiste à prélever de la graisse par lipoaspiration sur différentes zones de votre corps, comme le ventre, les hanches ou les cuisses, pour la réinjecter dans vos seins. Le lipofilling mammaire permet d’obtenir une augmentation mammaire naturelle, sans recours à des prothèses. Cependant, cette technique présente des limites : vos réserves de graisse doivent être suffisantes, et plusieurs interventions sont souvent nécessaires. En effet, une partie de la graisse injectée se résorbe naturellement dans les mois qui suivent.
Conclusion
En cas de suspicion de rupture de prothèse mammaire, il est nécessaire de consulter votre chirurgien afin de confirmer le diagnostic et de discuter des options possibles. Une rupture de prothèse mammaire n’est jamais une urgence chirurgicale. La plupart du temps, on proposera de remplacer les prothèses mammaires par de nouvelles prothèses. On pourra aussi décider de retirer définitivement les prothèses avec ou sans lifting mammaire associé. Enfin, le lipofilling mammaire est également une alternative intéressante pour les patientes qui ne souhaitent plus de corps étranger. Dans tous les cas, remplacer un implant mammaire rompu n’est jamais une urgence, et vous pourrez prendre le temps de réfléchir à l’option qui vous convient le mieux.

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.
