
La gigantomastie : une hypertrophie mammaire sévère
La gigantomastie est une forme rare et sévère d’hypertrophie mammaire, qui peut avoir des répercussions à la fois physiques et psychologiques importantes. En effet, si vous souffrez de gigantomastie, c’est que vos seins pèsent plusieurs kilos chacun. Cela entrave la plupart des activités quotidiennes, empêche la pratique du sport et peut, dans certains cas, entraîner un isolement social. Heureusement, la chirurgie plastique offre une solution simple et efficace pour traiter cette pathologie. Cet article vise à vous informer sur la gigantomastie en insistant sur les particularités de son traitement par réduction mammaire.
Qu’est-ce que la gigantomastie ?
La gigantomastie désigne une hypertrophie mammaire extrême. Il n’y a néanmoins pas de définition précise en termes de poids, de volume ou de bonnet. On parle de gigantomastie lorsque chaque sein pèse à lui seul plusieurs kilos. Généralement, une femme souffrant de gigantomastie ne peut pas trouver de soutien-gorge adapté à sa poitrine dans le commerce, car même les plus grands bonnets restent trop petits.
Cette hypertrophie mammaire sévère engendre des douleurs au niveau du dos, des épaules et de la nuque. Ces douleurs sont particulièrement invalidantes au quotidien. Les troubles de la posture sont également constants, avec une courbure anormale de la colonne vertébrale vers l’avant (cyphose dorsale). La gigantomastie provoque aussi des troubles cutanés. Les plis sous-mammaires sont souvent sujets à des macérations, favorisant ainsi des infections telles que des mycoses. Ces mycoses se manifestent par des rougeurs, des démangeaisons et des sensations de brûlure sous les seins, rendant la situation encore plus inconfortable.
Enfin, la taille des seins entrave souvent la pratique d’activités physiques, rendant difficile voire impossible la participation à toute activité sportive. Les répercussions psychologiques peuvent être importantes : le regard des autres, le sentiment d’inconfort constant, l’impossibilité de trouver des vêtements adaptés, l’isolement social peuvent rendre le quotidien très difficile.
Quelles sont les causes de la gigantomastie ?
La gigantomastie peut survenir à différents moments de la vie. On distingue deux types de gigantomastie : la gigantomastie juvénile et la gigantomastie gravidique.
La gigantomastie juvénile est la forme la plus courante. Elle apparaît généralement chez les adolescentes au moment de la puberté. La croissance rapide des seins, qui dépasse largement le volume normal, est liée à une sensibilité excessive aux hormones féminines. Ce phénomène se produit de manière imprévisible et sans cause spécifique identifiable.
La gigantomastie gravidique, plus rare, survient pendant la grossesse. Pendant cette période, les seins subissent une augmentation de volume naturelle en réponse aux changements hormonaux. Cependant, dans les cas de gigantomastie gravidique, cette augmentation de volume est excessive. Contrairement à la gigantomastie juvénile, cette forme peut parfois régresser après l’accouchement ou la fin de l’allaitement, bien que ce ne soit pas toujours le cas. Une ptôse mammaire est fréquente dans de cas (affaissement de la poitrine secondaire au relâchement cutané).
Que faire en cas de gigantomastie ?
En cas de gigantomastie, la seule solution est d’avoir recours à une réduction mammaire. La réduction mammaire est une opération de base de la chirurgie plastique. Aucune autre alternative médicale n’existe à ce jour pour traiter cette pathologie.
La réduction mammaire consiste à retirer plusieurs kilos de glande mammaire au niveau de chaque sein, afin de réduire leur poids et leur volume. Dans les cas les plus sévères, il peut être nécessaire de greffer l’aréole pour assurer une vascularisation correcte. Ce type de réduction mammaire, appelée technique de Thorek, est utile lorsque le volume mammaire que l’on retire est si important qu’il compromet la circulation sanguine normale de l’aréole. Bien que cette technique permette de préserver l’apparence esthétique de l’aréole, elle entraîne une perte de sensibilité totale et définitive de l’aréole, ainsi qu’une impossibilité d’allaiter. Le recours à la technique de Thorek est rare, même en cas de gigantomastie, et on la réserve aux cas les plus extrêmes.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette intervention n’est pas particulièrement douloureuse, même en cas de gigantomastie. La douleur post-opératoire reste généralement modérée. On prescrit des antalgiques après l’intervention afin de prévenir la survenue de la souleur.
Après l’intervention, les cicatrices suivent généralement un dessin en ancre ou en T inversé, avec des incisions autour de l’aréole, dans le pli sous-mammaire et verticalement entre les deux précédentes. Ces cicatrices s’estompent avec le temps. On s’attache toujours à les placer de façon stratégique sur le sein afin de qu’elles soient le plus discrètes possibles. Bien que toujours discrètes, elles restent néanmoins visibles.



Quels sont les objectifs de la réduction mammaire en cas de gigantomastie ?
La réduction mammaire en cas de gigantomastie a un double objectif : fonctionnel et esthétique.
Le principal objectif de la chirurgie mammaire en cas de gigantomastie est de retrouver une poitrine de taille normale. Après la chirurgie, vous pourrez reprendre une vie normale sans ressentir l’inconfort permanent de votre poitrine. Après l’opération, les douleurs dorsales et les problèmes de posture disparaissent progressivement. Vous pourrez à nouveau porter des vêtements adaptés, pratiquer des activités sportives et bouger sans gêne.
La chirurgie a également pour objectif de retrouver une poitrine adaptée à votre morphologie. On en profite pour remonter les seins et corriger la ptose mammaire qui est systématique en cas de gigantomastie. S’il existe une asymétrie mammaire, avec un sein qui est plus gros que l’autre, on corrige également cette asymétrie. Enfin, il est souvent nécessaire de réduire la taille des aréoles, de les repositionner à leur hauteur idéale, tout en améliorant leur forme afin de les rendre plus rondes. La chirurgie permet ainsi de retrouver une poitrine en harmonie avec sa silhouette, de taille et de forme normale.
Quels sont les risques de la chirurgie de la gigantomastie ?
Comme toute intervention chirurgicale, la réduction mammaire comporte certains risques. Ceux-ci sont plus importants dans le cas d’une gigantomastie en raison du volume de tissu mammaire à retirer. Plus on retire de glande mammaire, plus on compromet la vascularisation de la peau, de l’aréole et de la glande mammaire restante.
Le principal risque concerne donc la vascularisation de l’aréole. Si le volume retiré est trop important, l’apport en sang peut être insuffisant au niveau de l’aréole, entraînant une nécrose de l’aréole. Dans ces situations, il peut être nécessaire de greffer l’aréole de façon préventive, ce qui empêche toutefois l’allaitement et entraîne une perte de sensibilité définitive au niveau de l’aréole.
Les autres risques incluent les ouvertures de cicatrices, la formation d’un hématome ou la survenue d’une infection.
Cependant, il est important de souligner que ces complications restent relativement rares et qu’aucune complication ne survient dans la majorité des cas.
La gigantomastie peut-elle récidiver après réduction mammaire ?
Non, après une réduction mammaire, les seins ne vont pas grossir à nouveau.
Cette intervention offre une solution définitive à la gigantomastie. La glande mammaire que l’on retire ne repoussent pas, et la poitrine conserve la même taille après l’opération.
La réduction mammaire pour gigantomastie est-elle prise en charge par la Sécurité Sociale ?
Oui, la réduction mammaire est prise en charge par la Sécurité Sociale dès lors que l’on retire au moins 300 grammes par sein, ce qui est toujours le cas en cas de gigantomastie.
Aucune démarche complexe n’est nécessaire pour bénéficier de cette prise en charge. Une simple consultation avec un chirurgien plasticien suffit pour valider la prise en charge. Il n’est pas nécessaire de passer par une entente préalable avec la Sécurité Sociale, ce qui simplifie considérablement les démarches administratives.
Il est important de noter que cette prise en charge ne signifie pas pour autant que l’opération sera entièrement gratuite si vous optez pour une intervention en privé. Des dépassements d’honoraires peuvent être pratiqués par le chirurgien et l’anesthésiste. Ceux-ci sont néanmoins partiellement remboursés par votre mutuelle. Pensez à soumettre le devis à votre mutuelle pour connaître le montant du remboursement.
Quel est le prix d’une réduction mammaire pour gigantomastie ?
À Paris, le prix d’une réduction mammaire pour gigantomastie en privé est compris entre 3000 et 4000 euros.
Comme mentionné précédemment, une partie de cette somme est remboursée par votre mutuelle. Si vous choisissez de réaliser l’intervention à l’hôpital public, celle-ci sera entièrement prise en charge par la Sécurité Sociale. Cependant, les délais d’attente sont souvent plus longs et vous n’aurez généralement pas la possibilité de choisir votre chirurgien.
Conclusion
Le seul et uniquement traitement de la gigantomastie est la réduction mammaire. Cette intervention de chirurgie esthétique offre une solution simple et efficace pour retrouver des seins de taille normale. Non seulement elle permet de retrouver une poitrine adaptée à votre morphologie, mais elle corrige également les problèmes de posture et soulage les douleurs au dos. La prise en charge par la Sécurité Sociale rend cette opération accessible à toutes les femmes, qu’elles optent pour une opération dans le privé ou dans le public.

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.
