Les prothèses mammaires sont-elles dangereuses ?

Les prothèses mammaires ne sont pas dangereuses, mais elles comportent des risques. Il est essentiel de connaître ces risques avant de se faire opérer.

Prothèses mammaires dangereuses

Introduction

Vous songez à une augmentation mammaire et vous vous posez des questions sur la sécurité des prothèses mammaires ? Pas de panique ! Beaucoup de femmes se posent les mêmes questions avant de franchir le pas. Il est légitime de se demander si les prothèses mammaires peuvent être dangereuses ou non pour la santé avant de se faire opérer. Cet article vous fournira des réponses claires et détaillées. Nous allons explorer ensemble ce qu’est un implant mammaire, les risques potentiels de l’augmentation mammaire et les effets indésirables les plus fréquents.

Une prothèse mammaire est un dispositif médical implantable

Une implant mammaire est un dispositif médical implantable. Plus précisément, c’est un objet conçu pour être inséré dans le corps humain à des fins thérapeutiques. On les utilise principalement pour augmenter le volume des seins en esthétique ou pour reconstruire le sein après une mastectomie.

En tant que dispositifs médicaux, les prothèses mammaires doivent répondre à des normes strictes de sécurité et de qualité avant qu’on puisse les utiliser en chirurgie mammaire. Ces normes garantissent que les implants sont sûrs, efficaces et adaptés à un usage prolongé dans le corps humain.

Gel de silicone cohésif

Une prothèse mammaire est constituée d’un gel de silicone cohésif. Cela signifie que le gel à l’intérieur de l’implant est épais et maintient sa forme même si l’enveloppe externe se rompt. Ce gel cohésif offre plusieurs avantages en termes de sécurité et d’esthétique. En cas de rupture, le gel ne se répand pas dans le corps, réduisant ainsi le risque de complications. De plus, ce type de gel permet aux prothèses de conserver une belle forme et un toucher naturel, améliorant ainsi l’apparence esthétique des seins.

Les implants salins, qui étaient remplis d’une solution saline, ont été abandonnés pour plusieurs raisons. Premièrement, ils avaient tendance à se dégonfler avec le temps, ce qui altérait le résultat esthétique. Deuxièmement, les implants salins donnent un aspect moins naturel au toucher que celui des implants en silicone. Ces pourquoi on préfère maintenant les implants en silicone, qui offrent une meilleure durabilité et un résultat esthétique supérieur.

Enveloppe lisse ou micro-texturée, quelles différences en terme de sécurité ?

L’enveloppe d’une prothèse mammaire peut être lisse ou micro-texturée. Une enveloppe lisse a une surface uniforme, ce qui facilite son insertion et son retrait. A l’inverse, une enveloppe micro-texturée possède une surface rugueuse. La texturation permet à la prothèse de mieux adhérer aux tissus environnants et de limiter le risques de complications.

En effet, les prothèses lisses ont tendance à avoir un taux plus élevé de déplacement secondaire puisque l’enveloppe lisse ne s’accroche pas aux tissus. De même, les coques sont plus fréquentes avec les prothèses lisses qu’avec les prothèses micro-texturées. En revanche, les implants texturés ont été associées à un risque accru de lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (LAGC AIM). Ce risque reste heureusement exceptionnel.

Prothèses anatomiques ou rondes : même sécurité ?

Les prothèses anatomiques, en forme de goutte d’eau, imitent la forme naturelle des seins. Elles offrent un profil plus naturel et adapté aux petites poitrines ou à la reconstruction mammaire. Néanmoins, leur forme asymétrique peut poser un problème en cas de rotation, entraînant une déformation visible. Si la prothèse mammaire se retourne, une opération est indispensable pour la remettre en place et éviter qu’elle ne se retourne à nouveau.

Les prothèses rondes ont un volume uniforme, donnant un aspect plus galbé et un décolleté prononcé. Elles ne présentent pas de problème de déformation en cas de rotation, ce qui les rend plus sûres à cet égard.

Néanmoins, d’un point de vue purement esthétique, la différence entre les deux formes de prothèse est en réalité assez tenue une fois implantées dans le corps. Notre choix s’oriente donc le plus souvent vers les prothèses rondes pour éviter le risque de rotation.

prothèse mammaire ronde ou anatomique ?


A gauche : implant mammaire rond.
A droite : implant mammaire anatomique.

En quoi consiste l’augmentation mammaire par prothèses ?

Déroulement de l’intervention

L’augmentation mammaire par prothèses est une intervention courante de chirurgie esthétique. La pose d’implants mammaires se fait sous anesthésie générale. Elle dure entre 1h et 1h30 et a lieu en ambulatoire, ce qui signifie que vous pouvez rentrer chez vous le jour même. Le chirurgien fait une incision soit sous le sein, soit autour de l’aréole pour insérer la prothèse.

C’est l’une des interventions de chirurgie esthétique les plus réalisées en France et dans le monde chaque année.

Prothèse mammaire devant ou derrière le muscle ?

On peut choisir de placer la prothèse soit devant ou derrière le muscle pectoral. Le choix de la position de l’implant va dépendre de votre morphologie et de votre style de vie. Par exemple, on préfèrera placer la prothèse devant le muscle si vous êtes particulièrement sportive. De la même manière, si vous n’avez pas du tout de poitrine (bonnet A ou inférieur), on préférera placer l’implant derrière le muscle pour qu’il soit mieux camoufler. Dans ce cas, on pourra aussi vous proposer une augmentation mammaire composite avec des injections de graisse en complément de l’implant.

Lorsqu’on place une prothèse mammaire derrière le muscle pectoral, il existe un risque de d’animation de la prothèse. Ce phénomène se produit lorsque les muscles pectoraux se contractent, entraînant un mouvement visible de la prothèse (et des seins). L’animation de la prothèse peut être inconfortable et inesthétique, surtout lors de certaines activités physiques ou exercices impliquant les muscles du haut du corps. Ce phénomène n’existe pas lorsque l’on choisit de placer la prothèse devant le muscle.

Les prothèses mammaires sont-elles dangereuses pour la santé ?

Les prothèses mammaires ne sont pas dangereuses pour la santé en tant que telles. Néanmoins, des complications peuvent survenir après la mise en place d’implants mammaires, comme pour toute chirurgie. Les femmes porteuses d’implants mammaires doivent être particulièrement vigilantes aux signes de complications.

Les risques d’un implant mammaire incluent les infections, les hématomes et la formation de coques.

Infection de la prothèse

L’infection de la prothèse est la complication que l’on craint le plus. Une prothèse mammaire est un corps étranger et peut donc s’infecter. Cette complication est exceptionnelle, mais elle est grave. Une infection de la prothèse peut entraîner le retrait de celle-ci et constitue une urgence chirurgicale. Cliniquement, on fait le diagnostic car le sein devient rouge, chaud et douloureux. Une prise en charge rapide avec des antibiotiques et une intervention chirurgicale sont nécessaires pour éviter des complications plus sévères.

Hématome

Un hématome est une complication qui peut survenir pour toute chirurgie. Il s’agit d’une accumulation de sang autour de la prothèse. Des ecchymoses apparaissent sur la peau, le sein augmente de volume et il fait mal. Cette complication survient généralement dans les premières heures après l’opération, plus rarement dans les premiers jours. On doit alors évacuer l’hématome au bloc opératoire.

Coque ou rétraction capsulaire

Une coque est une formation de tissu cicatriciel dur autour de la prothèse mammaire. Elle constitue une forme de rejet du corps étranger par le corps. Cette rétraction capsulaire peut survenir dans les premières années après la chirurgie et rendre le sein dur et douloureux. Une intervention est nécessaire pour retirer la coque et remplacer l’implant. La coque peut récidiver malgré l’intervention.

Déplacement secondaire et rotation

Une prothèse mammaire anatomique peut se retourner, entraînant une déformation du sein. Cette complication nécessite une intervention chirurgicale pour replacer correctement la prothèse et prévenir la récidive. Ce risque n’existe pas avec les implants mammaires ronds, qui ne déforment pas le sein s’ils tournent.

Rupture de la prothèse

Il existe deux types de rupture : intra-capsulaire et extra-capsulaire selon que la rupture concerne le gel cohésif ou son enveloppe.

La rupture intra-capsulaire est la plus courante. Dans ce cas, c’est le gel de silicone qui se rompt. L’enveloppe autour de l’implant reste intacte, empêchant la fuite de silicone dans le sein. Cette rupture survient souvent avec le temps, car l’implant vieillit et le gel cohésif s’altère au bout de quelques années. Le sein perd alors sa forme, il faut donc remplacer l’implant, mais sans urgence. On dit que la durée de vie d’un implant mammaire est de dix ans, mais cela est variable d’une femme à l’autre.

Une rupture extra-capsulaire est exceptionnelle. Elle survient généralement à la suite d’un choc direct sur la prothèse, comme un accident de voiture. Dans ce cas, l’enveloppe de la prothèse se déchire. Le gel de silicone étant cohésif, la fuite de silicone reste très limitée même dans ce cas.

Y-a-t’il des prothèses mammaires plus dangereuses que d’autres ?

Il n’existe pas de prothèses mammaires plus dangereuses que d’autres. En France, toutes les prothèses mammaires utilisées ont l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Cela signifie qu’elles ont été rigoureusement testées pour leur sécurité et leur efficacité avant d’être mises à disposition des chirurgiens et des patientes. L’AMM garantit que les implants répondent à des normes strictes de qualité et de fiabilité. Ainsi, que vous choisissiez des prothèses lisses ou micro-texturées, anatomiques ou rondes, vous pouvez être assurée que toutes ont passé des tests de sécurité approfondis.

Je suis porteuse de vieilles prothèses mammaires, sont-elles plus dangereuses ?

Si vous avez de vieilles prothèses mammaires, elles ne sont pas plus dangereuses que les plus récentes, à l’exception des prothèses PIP. Ces prothèses présentent certains risques pour la santé.

Le scandale des prothèses PIP a révélé que ces prothèses contenaient un gel de silicone non médical, augmentant les risques de rupture et d’inflammation. Si vous portez des prothèses PIP, il est impératif de les remplacer. La Sécurité Sociale prend en charge le remplacement de ces prothèses.

Toutefois, porter des prothèses mammaires anciennes n’est pas un critère de remplacement systématique. On ne doit remplacer des prothèses qu’en cas de rupture ou lorsque l’aspect esthétique du sein n’est plus satisfaisant. Si vos implants sont en bon état et ne présentent pas de problèmes, il n’est pas nécessaire de les changer uniquement en raison de leur ancienneté.

Ma prothèse mammaire est rompue, est-ce grave ?

La rupture d’une prothèse mammaire n’est pas une complication grave.

Néanmoins, il faut remplacer une prothèse mammaire rompue, mais sans urgence. La rupture intra-capsulaire est la plus courante. Dans ce cas, l’enveloppe de la prothèse est intacte, mais le gel de silicone se fracture. Il reste donc contenu à l’intérieur de la capsule de l’implant. Cela signifie qu’il n’y a pas de fuite de silicone dans le sein, bien que la prothèse perde sa forme et que le sein se déforme. Au fil des années, toutes les prothèses finissent par se rompre en raison de l’usure.

En revanche, une rupture extra-capsulaire survient lorsque l’enveloppe de la prothèse se déchire et que le gel de silicone s’échappe de l’enveloppe. Cette rupture est généralement causée par un choc direct sur l’implant, comme lors d’un accident de voiture. Même dans ce cas, le risque de fuite de silicone dans le sein est limité grâce à la haute cohésion du gel de silicone. Une intervention est néanmoins nécessaire pour remplacer la prothèse.

Qu’est-ce que le lymphome anaplasique à grandes cellules (mise à jour sur implant mammaire LAGC AIM) ?

Le lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC AIM) est un type rare de cancer du système immunitaire qui a été associé aux implants mammaires présentant une texture rugueuse. L’Agence Nationale de la Sécurité du Médicament (ANSM) a donc décidé de retirer les implants mammaires macro-texturés et en polyuréthane. Les données actuelles ne suggèrent pas de risque particulier avec les implants lisses ou micro-texturés.

Ce cancer se développe dans la capsule cicatricielle qui entoure l’implant mammaire. Le principal signe clinique est un épanchement autour de l’implant, entraînant un gonflement du sein. Les autres signes cliniques du LAGC AIM incluent une masse ou une douleur persistante autour de l’implant. Le LAGC AIM survient généralement plusieurs années après la pose des implants mammaires.

Bien que le risque soit très faible, il est important que les patientes soient informées du risque de LAGC et surveillées régulièrement. Le traitement du LAGC AIM implique généralement l’ablation de la prothèse et de la capsule environnante. Des thérapies supplémentaires peuvent être nécessaires selon l’étendue de la maladie.

La prise en charge du LAGC AIM secondaire à la pose d’un implant mammaire se fait en centre spécialisé. On rappelle qu’il s’agit d’une complication exceptionnelle. On rappelle également l’importance de la consultation de surveillance annuelle pour toutes les femmes après la pose d’implants mammaires. Un simple examen clinique suffit.

Est-ce que les prothèses mammaires gênent le dépistage du cancer du sein ?

Les prothèses mammaires ne gênent pas le dépistage du cancer du sein. Que la prothèse soit placée devant ou derrière le muscle, les techniques de dépistage du cancer du sein restent efficaces. De plus, des méthodes d’imagerie complémentaires, comme l’échographie et l’IRM, sont souvent utilisées pour assurer un dépistage complet et précis. Ainsi, la présence de prothèses mammaires n’empêche pas un dépistage efficace du cancer du sein.

Par ailleurs, les implants mammaires n’augmentent pas le risque de cancer du sein.

Quels sont les conseils et recommandations pour limiter les risques d’une augmentation mammaire ?

L’augmentation mammaire une intervention bien maîtrisée et les prothèses mammaires ne sont pas dangereuses pour la santé. Toutefois, il est essentiel de suivre les conseils et les recommandations de votre chirurgien pour optimiser les suites opératoires. Respecter les consignes pré- et post-opératoires, telles que l’arrêt du tabac, le port du soutien-gorge de contention et l’éviction des activités physiques intenses pendant un certain temps, est très important. Ces mesures réduisent les risques de complications de l’opération.

Arrêt du tabac

Arrêter le tabac un mois avant et un mois après une augmentation mammaire est impératif pour plusieurs raisons. Le tabac réduit la circulation sanguine et l’apport d’oxygène aux tissus, ce qui peut gravement nuire à la cicatrisation. Fumer augmente donc le risque d’ouverture des cicatrices, ce qui est une complication grave avec une prothèse. Une prothèse mammaire exposée s’infectera dans tous les cas. De plus, le tabac accroît le risque d’hématome. On rappelle qu’arrêter de fumer est toujours bon pour la santé !

Interruption des activités sportives

Il est important d’arrêter le sport pendant au moins un mois pendant la période de convalescence après une augmentation mammaire. Les mouvements brusques et le port de charges lourdes peuvent favoriser le déplacement des prothèses, compromettant ainsi le résultat esthétique de l’opération. De plus, ces activités augmentent le risque de saignement et d’hématome.

Port du soutien-gorge de contention

On recommande de porter un soutien-gorge de contention pendant 6 semaines après une augmentation mammaire. Ce soutien-gorge maintient les prothèses en place, évitant ainsi qu’elles ne bougent pendant la période de convalescence.

De plus, le soutien-gorge de contention limite l’œdème post-opératoire en exerçant une compression douce.

Importance des consultations de suivi

Les consultations de surveillance avec votre chirurgien sont essentielles pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’effets indésirables et pour prendre en charge rapidement toute complication éventuelle.

Conclusion

Les prothèses mammaires utilisées en France sont des dispositifs médicaux implantables sûrs et rigoureusement contrôlés. Elles bénéficient de l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), garantissant leur sécurité et leur efficacité. Ces implants ont été testés et approuvés selon des normes strictes. Bien que l’augmentation mammaire comporte des risques comme toute intervention chirurgicale, suivre les recommandations et les conseils post-opératoires limite grandement le risque de complications.

Dr Samuel Struk

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK

Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.

Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.

Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.



SUR LE MÊME THÈME EN CHIRURGIE MAMMAIRE

Un problème est survenu. Veuillez actualiser la page et/ou essayer à nouveau.

En savoir plus sur Chirurgien spécialiste du sein à Paris 17 – Chirurgie mammaire esthétique et reconstruction | Dr Samuel Struk

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture