CHIRURGIE MAMMAIRE DES SÉQUELLES DE LA GROSSESSE ET DE L’ALLAITEMENT
La grossesse et l’allaitement peuvent entraîner des séquelles esthétiques au niveau de la poitrine : affaissement des seins, seins vides, apparition de vergetures, asymétrie mammaire…
Plusieurs interventions de chirurgie esthétique permettent de retrouver la poitrine d’avant la grossesse : augmentation mammaire par prothèses, lifting mammaire avec ou sans pose d’implants, lipofilling mammaire, réduction mammaire.
Il faudra attendre la fin de l’allaitement et au moins un an après l’accouchement avant d’entreprendre toute chirurgie mammaire.
A l’exception de la réduction mammaire, aucune prise en charge n’est possible par la Sécurité Sociale. Il n’y a donc pas de remboursement, ni par l’Assurance Maladie, ni par les mutuelles, et ce quel que soit le nombre de grossesses.
L’arrêt du tabac est indispensable.

Tout savoir sur la chirurgie mammaire après grossesse
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Quelles sont les conséquences de la grossesse et de l’allaitement sur la poitrine ?
La grossesse et l’allaitement entraînent des changements importants au niveau des seins. Ces transformations sont liées aux variations hormonales, à la montée de lait et aux variations de volume mammaire. Elles concernent toutes les femmes, mais leur ampleur dépend de plusieurs facteurs : âge, élasticité de la peau, volume initial de la poitrine, nombre de grossesses et durée de l’allaitement.
Variations du volume mammaire
Pendant la grossesse, la poitrine augmente souvent de plusieurs bonnets. Après le sevrage, les seins peuvent retrouver leur taille d’origine, mais il n’est pas rare qu’ils paraissent plus petits ou « vidés » dans leur partie supérieure. La grossesse peut également parfois exacerber une hypertrophie mammaire pré-existante.
Relâchement cutané et seins tombants
La distension de la peau et des ligaments de soutien peut provoquer une ptôse mammaire (seins tombants). L’affaissement de la poitrine est d’autant plus marqué après plusieurs grossesses rapprochées ou un allaitement prolongé.
Vergetures
Une distension rapide peut entraîner l’apparition de vergetures. Il s’agit de micros déchirures du derme, la couche intermédiaire de la peau. Ces ruptures des fibres de collagène et d’élastine entraînent l’apparition de stries visibles en surface.
Asymétrie mammaire
Il est également fréquent qu’un sein évolue différemment de l’autre, créant une asymétrie mammaire. Un sein peut être plus gros ou plus tombant que l’autre, rendant l’habillage parfois difficile.
Modifications de l’aréole et du mamelon
Les aréoles s’élargissent et foncent sous l’effet hormonal. Même après l’allaitement, elles ne reprennent pas toujours leur aspect initial.
Ainsi, grossesse et allaitement peuvent parfois modifier l’aspect de la poitrine : perte de tonicité de la poitrine, seins tombants ou asymétriques. La chirurgie mammaire permet d’apporter une solution personnalisée et de retrouver une poitrine en accord avec sa silhouette.
Quelles sont les solutions pour refaire sa poitrine après une ou plusieurs grossesses ?
La grossesse et l’allaitement provoquent souvent des changements visibles sur la poitrine : perte de volume, affaissement (ptôse mammaire), modification de la forme des seins ou asymétrie mammaire. Plusieurs opérations de chirurgie mammaire permettent de redonner aux seins un aspect plus harmonieux.
Le lifting mammaire (mastopexie) : remonter les seins
Le lifting mammaire, ou mastopexie, a pour objectif de corriger la ptôse mammaire, c’est à dire l’affaissement des seins, en retirant la peau en excès et en remodelant la glande mammaire. Cette intervention permet de repositionner l’aréole à son niveau idéal, et de redonner au sein un galbe naturel. C’est une intervention de rajeunissement de la poitrine.
Elle laisse néanmoins des cicatrices sur la poitrine. L’objectif de la chirurgie est de rendre ces cicatrices les plus acceptables et discrètes possibles. Un lifting des seins laisse donc généralement trois cicatrices sur le sein : une autour de l’aréole (cicatrice péri-aréolaire), une horizontale sous le sein (cicatrice sous-mammaire, recouverte par le sein) et une cicatrice verticale entre les deux précédentes.
Il est possible de combiner lifting mammaire et pose d’implants mammaires, mais cela est loin d’être systématique :
- Sans implants mammaires : indiqué lorsque le volume est suffisant, mais que la poitrine s’affaisse.
- Avec implants mammaires : recommandé si, en plus du relâchement cutané, le manque de volume est gênant. On appelle cette intervention une plastie-prothèse. Elle peut être réalisée en un temps ou en deux temps espacés de 4 à 6 mois d’intervalle, afin de réduire les risques.


L’augmentation mammaire par prothèses : raffermir les seins et restaurer le volume perdu
Après les grossesses, il est fréquent que les seins paraissent « vidés », notamment dans leur partie supérieure. L’augmentation mammaire avec implants constitue alors une excellente solution afin de redonner du volume et de la fermeté à la poitrine.
Elle est particulièrement indiquée lorsque la poitrine est vidée mais sans ptôse ou avec une ptôse modérée qui ne justifie pas de réaliser un lifting mammaire. Les implants offrent un large choix de tailles permettant d’adapter le résultat à votre morphologie et à vos souhaits. La cicatrice est située généralement sous le sein et reste très discrète.


Le lipofilling mammaire : une solution naturelle par transfert de graisse
Le lipofilling mammaire consiste à prélever de la graisse par lipoaspiration (ventre, cuisses, hanches, flancs), puis à la purifier avant de la réinjecter dans la poitrine. Cette technique permet un résultat naturel, tout en affinant certaines zones de la silhouette. Elle est adaptée aux patientes souhaitant une augmentation modérée (de l’ordre d’un bonnet), mais nécessite des réserves de graisse suffisantes. En revanche, le lipofilling n’est pas indiqué en cas de ptôse mammaire importante : dans cette situation, un lifting de seins est indispensable pour obtenir un résultat satisfaisant.
La réduction mammaire : alléger et remodeler la poitrine
Chez certaines patientes, la grossesse exacerbe au contraire une hypertrophie mammaire, avec des seins qui deviennent trop volumineux et lourds. La réduction mammaire consiste à retirer l’excédent de glande et de peau, tout en remodelant le sein et en repositionnant l’aréole. Cette intervention permet de retrouver une poitrine proportionnée, plus légère et moins contraignante au quotidien.
Les cicatrices de réduction mammaire sont identiques à celles du lifting mammaire : une cicatrice autour de l’aréole, une cicatrice horizontale sous le sein et une cicatrice verticale entre les deux précédentes.


Est-il possible de faire disparaître les vergetures sur les seins après la grossesse et l’allaitement ?
Une vergeture est une cicatrice du derme : les fibres de collagène et d’élastine ont été rompues lors de la distension rapide de la peau. Comme toute cicatrice, elle ne peut pas s’effacer totalement. En revanche, elle peut devenir plus discrète avec le temps et grâce à certains soins de médecine esthétique : laser vasculaire ou laser fractionné, radiofréquence ou micro-needling, peelings médicaux. Ces techniques ont néanmoins un effet limité.
En revanche, lorsqu’un lifting mammaire ou une réduction mammaire est réalisé après grossesse, certaines vergetures situées sur la partie inférieure des seins peuvent être retirées en même temps que l’excédent cutané. Toutefois, les vergetures situées en dehors de la zone retirée restent visibles, même si elles paraissent moins tendues.
Peut-on combiner abdominoplastie et chirurgie mammaire (mommy makeover) ?
La grossesse peut entraîner des séquelles esthétiques au niveau des seins mais également au niveau du ventre. Le mommy makeover est une combinaison de plusieurs interventions de chirurgie esthétique permettant de réparer simultanément le ventre et les seins. Le plus souvent, le mommy makeover inclut une chirurgie mammaire (lifting mammaire, augmentation mammaire ou réduction mammaire) ainsi qu’une chirurgie du ventre (abdominoplastie, qu’on appelle aussi plastie abdominale). Le but est de restaurer la silhouette d’avant la grossesse.
Les séquelles au niveau de la poitrine et du ventre varient d’une patiente à l’autre. Le mommy makeover est donc une intervention de chirurgie esthétique sur mesure, que l’on adapte à chaque femme en fonction de ses besoins.
Une chirurgie combinée
Un mommy makeover implique généralement de combiner une chirurgie mammaire et une abdominoplastie, parfois associée à une liposuccion.
L’abdominoplastie consiste à retirer l’excès de peau sous le nombril. Si cela est nécessaire, on en profite pour resserrer les muscles abdominaux affaiblis en réalisant une cure de diastasis.
Cette intervention permet de retrouver un ventre plus plat et ferme. Selon la quantité de peau à retirer, l’incision peut être plus ou moins étendue.
On distingue donc :
- L’abdominoplastie avec une cicatrice dans la culotte et une cicatrice tout autour du nombril. On réalise une abdominoplastie lorsque l’excès de peau sous le nombril est important (tablier abdominal). Cette opération permet de retirer également toutes les vergetures situées sous le nombril.
- La mini-abdominoplastie avec une seule cicatrice dans la culotte, souvent plus courte. Cette intervention concerne les femmes présentant un petit bourrelet sous le nombril ou une cicatrice de césarienne inesthétique.
- La cure de diastasis des muscles grands droits qui permet de resserrer les muscles abdominaux afin d’améliorer le résultat esthétique. La cure de diastasis peut être effectuée au cours d’une abdominoplastie.
Si cela est nécessaire, on en profitera pour améliorer la définition de la silhouette en faisant de la liposuccion au niveau des hanches et au-dessus du nombril. Il est également possible de faire de la liposuccion au niveau d’autres zones du corps (les flancs et le dos, les cuisses, les genoux).



Quel est le moment idéal pour envisager de refaire ses seins après une ou plusieurs grossesses ?
La chirurgie mammaire doit être planifiée au bon moment pour garantir un résultat satisfaisant et stable.
Attendre la fin de l’allaitement et la stabilisation du volume mammaire
Il est essentiel de patienter au moins 12 mois après l’accouchement et surtout d’attendre la fin de l’allaitement. Cela permet :
- la stabilisation du volume et de la forme des seins,
- une meilleure qualité cutanée,
- de réduire le risque de retouches ultérieures.
Pas de nouvelle grossesse prévue à court terme
Une nouvelle grossesse peut à nouveau modifier la poitrine. On préconise donc de planifier la chirurgie mammaire lorsqu’il n’existe pas de projet de grossesse dans l’année. Le mieux étant bien sûr d’entreprendre ces interventions une fois le désir d’enfant comblé.
Arrêt du tabac : une condition indispensable
Le tabac augmente considérablement le risque de complications (mauvaise cicatrisation, nécrose cutanée, infections).
- Il faut arrêter de fumer au moins un mois avant l’opération,
- et maintenir l’arrêt au moins un mois après.
Organisation personnelle et professionnelle
Après une chirurgie des seins, il est nécessaire de prévoir une convalescence d’environ 10 à 15 jours et d’éviter le sport et le port de charges lourdes pendant au moins 4 semaines.
Cela implique d’anticiper :
- la garde d’enfants en bas âge (car il faut éviter de les porters pendant 1 mois environ afin de ne pas mettre en tension les cicatrices),
- la reprise du travail (sauf en cas de réduction mammaire, il ne sera pas possible de prescrire d’arrêt de travail),
- l’interruption des activités sportives (pendant 1 mois, avec une reprise progressive).
Y-a-t’il des risques si je retombe enceinte après une chirurgie mammaire ?
Il est tout à fait possible de mener une grossesse après une chirurgie mammaire (augmentation par prothèses, lipofilling mammaire, lifting mammaire ou réduction mammaire). La grossesse n’est pas contre-indiquée, mais elle peut modifier le résultat obtenu.
Pas de danger pour la grossesse ni pour le bébé
Une grossesse après une augmentation mammaire par implants ou un lipofilling mammaire ne présente aucun danger médical pour la mère ni pour l’enfant à naître. Les prothèses mammaires en gel de silicone n’interfèrent pas avec le déroulement de la grossesse, ni avec l’allaitement.
Des changements possibles sur le résultat esthétique
En revanche, une nouvelle grossesse peut modifier la poitrine et venir altérer le résultat esthétique obtenu après la chirurgie mammaire. Les seins peuvent s’alourdir puis se vider après l’allaitement entraînant la récidive de la ptôse mammaire.
Le moment idéal pour une chirurgie mammaire
C’est pourquoi il est recommandé de programmer une chirurgie mammaire lorsque le projet de maternité est terminé ou au moins différé d’au moins un an. Cela permet d’assurer la stabilité du résultat et d’éviter une reprise chirurgicale.
Quels sont les examens à réaliser avant toute chirurgie mammaire après grossesse ?
Avant toute intervention de chirurgie mammaire post-grossesse (lifting, augmentation, réduction), un bilan d’imagerie mammaire est indispensable. Il repose sur une échographie mammaire et une mammographie, afin de vérifier l’absence d’anomalie du sein avant l’opération.
Ce bilan est suffisant dans la grande majorité des cas. Il permet de sécuriser l’intervention et d’avoir un point de référence pour le suivi ultérieur.
Un bilan préopératoire complémentaire (prise de sang, électrocardiogramme, autres examens) pourra être nécessaire en fonction de vos antécédents. C’est le médecin anesthésiste qui décidera de sa nécessité lors de la consultation pré-anesthésique obligatoire.
La chirurgie mammaire post-grossesse est-elle prise en charge par la Sécurité Sociale ?
Le remboursement en chirurgie mammaire est très encadré en France.
Le nombre de grossesses n’est pas un critère de remboursement
Contrairement à une idée reçue, le fait d’avoir eu plusieurs grossesses ou un allaitement prolongé ne constitue pas un critère de prise en charge. La Sécurité Sociale n’intervient pas automatiquement pour les chirurgies mammaires visant à corriger les séquelles de la grossesse et de l’allaitement, même après 3 ou 4 grossesses et des séquelles esthétiques importantes.
Une prise en charge est néanmoins possible dans certains cas précis
En France, les critères de remboursement par l’Assurance Maladie sont très encadrés :
- Réduction mammaire : seule intervention de chirurgie esthétique de la poitrine qui peut être remboursée après grossesse. La condition est stricte : il faut retirer au moins 300 g de glande mammaire par sein, soit l’équivalent d’une réduction d’au moins deux bonnets. Dans ce cas précis, l’intervention est considérée comme reconstructrice et ne nécessite pas d’entente préalable.
- Pose d’implants mammaires : peut être prise en charge uniquement dans certaines situations médicales précises (aplasie mammaire, hypoplasie mammaire sévère avec bonnet inférieur à A, malformation type seins tubéreux ou syndrome de Poland, asymétrie majeure). Une entente préalable avec l’Assurance Malade est dans ce cas indispensable. La chirurgie des séquelles de la grossesse et de l’allaitement n’entre pas stricto sensu dans ces critères. Néanmoins, en cas d’hypoplasie mammaire sévère ou de malformation mammaire préalable à la grossesse, une demande d’entente préalable en vue d’une prise en charge est possible.
Les interventions jamais prises en charge
- Lifting mammaire (mastopexie) : quelle que soit l’indication, cette intervention est toujours considérée comme esthétique et n’ouvre droit à aucun remboursement en France.
- Lipofilling mammaire : lorsqu’il s’agit de corriger les séquelles de grossesse et d’allaitement, le transfert de graisse n’est jamais pris en charge par la Sécurité Sociale.
Quel est le coût de la chirurgie pour refaire ses seins après grossesse ?
Le tarif d’une chirurgie mammaire des séquelles de la grossesse et de l’allaitement dépend avant tout de la nature du geste réalisé : lifting mammaire seul, lifting associé à une augmentation par implants, réduction mammaire, ou encore lipofilling mammaire. Chaque opération implique une durée opératoire, un matériel et une complexité différents, ce qui influence directement le coût final.
En pratique, il faut compter entre 5 000 et 6 500 euros.
Ce prix global inclut :
- les honoraires du chirurgien,
- les honoraires de l’anesthésiste,
- la TVA de 20 %, qui s’applique en France sur tous les actes de chirurgie esthétique,
- le coût éventuel des prothèses mammaires si des implants sont posés,
- la location du bloc opératoire pour la durée de l’intervention,
- le forfait hospitalier,
- ainsi que le suivi post-opératoire.
Il n’y a par ailleurs pas de remboursement possible. La seule exception concerne la réduction mammaire, lorsqu’on peut retirer au moins 300 g de glande par sein. Dans ce cas, une partie des frais peut être remboursée. La Sécurité Sociale et les mutuelles ne prennent pas en charge les autres interventions, quel que soit le nombre de grossesses ou l’importance des séquelles.
LES INTERVENTIONS DE CHIRURGIE MAMMAIRE

DOCTEUR SAMUEL STRUK
Spécialiste en chirurgie mammaire esthétique & réparatrice
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie du sein, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine








