
Introduction
Vous envisagez un retrait de prothèses mammaires ? Heureusement, l’augmentation mammaire par prothèses n’est pas une opération irréversible ! Cet article explore les raisons qui peuvent motiver la décision de retirer des implants mammaires, le déroulement d’un retrait de prothèses mammaire, les conséquences pour la poitrine, le coût de l’intervention et la possibilité de prise en charge par la Sécurité Sociale.
Quelles sont les raisons de retirer ses implants mammaires ?
Les raisons qui peuvent pousser certaines femmes à une ablation de leurs implants mammaires sont variées.
Un implant mammaire est par nature un corps étranger qu’on introduit dans l’organisme. Pour certaines femmes, cette réalité peut engendrer des préoccupations sur le long terme. Le corps humain peut parfois réagir de manière imprévisible à la présence d’un corps étranger, même bien toléré initialement. Ces réactions peuvent inclure une inflammation anormale, des complications comme une contracture capsulaire. De plus, des inquiétudes concernant des complications potentielles à long terme, comme le développement du lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants texturés, peuvent également motiver la décision d’enlever les implants.
Survenue d’une complication
Certaines femmes choisissent de retirer leurs implants mammaires en raison de la survenue d’une complication médicale liée aux prothèses. Ces complications incluent une rupture d’implant, une rétraction capsulaire (qu’on appelle aussi contracture capsulaire ou coque), le déplacement secondaire de l’implant (la prothèse mammaire qui bouge de façon gênante), une infection.
La coque péri-prothétique est une complication courante chez les femmes ayant des implants mammaires. Après l’insertion d’une prothèse mammaire, le corps forme naturellement une capsule de tissu cicatriciel autour de l’implant. Cependant, dans certains cas, cette capsule peut se contracter excessivement, créant une pression sur l’implant. Cette contraction peut entraîner une déformation visible du sein, une durcissement anormal de la poitrine et l’apparition de douleurs. Plusieurs facteurs peuvent contribuer au développement d’une coque péri-prothétique, notamment les infections et les hématomes. La radiothérapie, souvent utilisée après un cancer du sein, peut également augmenter le risque de cette complication.
Prothèses mammaires PIP
Les préoccupations concernant les risques des prothèses mammaires pour la santé poussent également certaines femmes à retirer leurs implants. Le scandale récent des prothèses mammaires PIP a catalysé ces craintes concernant les implants mammaires.
Le scandale des prothèses mammaires PIP (Poly Implant Prothèse) a éclaté en 2010, suscitant une onde de choc internationale. L’entreprise française PIP, fondée par Jean-Claude Mas, avait utilisé un gel de silicone non conforme pour la fabrication de ses implants mammaires, contournant les réglementations de sécurité. Ce gel industriel, moins coûteux mais de qualité inférieure, présentait un risque élevé de rupture et d’inflammation. Des milliers de femmes à travers le monde, y compris en France, ont été concernées par ces prothèses défectueuses. Le scandale a révélé de graves manquements en matière de contrôle de qualité et de surveillance, mettant en lumière l’importance de la vigilance et de la rigueur dans la fabrication de dispositifs médicaux. Ce scandale a conduit à une révision des réglementations sur les implants et à des poursuites judiciaires contre les responsables de PIP.
Si vous êtes porteuse d’implants mammaires PIP, nous vous conseillons de les remplacer sans attendre.
Risque de lymphome
De la même manière, il a été montré risque accru de lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (LAGC AIM) macro-texturés ou en polyuréthane.
Le lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires est une forme rare de lymphome non hodgkinien qui a suscité une attention croissante au cours des dernières années. Ce cancer est sur-représenté parmi les femmes porteuses d’implants mammaires macro-texturés et en polyuréthane. Les implants texturés, conçus pour réduire le risque de déplacement, semblent provoquer une réaction inflammatoire chronique dans certains cas, favorisant le développement du LAGC. Bien que le risque de développer ce lymphome reste faible, il est important de noter que les symptômes incluent souvent un gonflement tardif, une masse ou une accumulation de liquide autour de l’implant, généralement plusieurs années après la pose.
En 2019, plusieurs autorités sanitaires, dont l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) en France et la FDA (Food and Drug Administration) aux États-Unis, ont pris des mesures pour limiter ou interdire l’utilisation de ces implants à risque. Les patientes concernées doivent être informées des symptômes et consulter régulièrement leur chirurgien pour un suivi approprié.
Si vous êtes porteuse d’implants mammaires de ce type, nous vous conseillons donc de les retirer (ou au moins de les remplacer).
Insatisfaction concernant le résultat esthétique
D’autres patientes préfèrent retrouver une apparence plus naturelle ou ne souhaitent tout simplement plus avoir de corps étrangers dans la poitrine. Les prothèses mammaires peuvent en effet devenir source de gêne, d’inconfort avec le vieillissement naturel de la poitrine.
Enfin, certaines patientes ne sont tout simplement pas satisfaites du résultat de leur augmentation mammaire et pour cela souhaitent retirer définitivement leurs prothèses.
Comment se déroule un retrait de prothèses mammaires ?
Le retrait des prothèses mammaires sans remplacement, qu’on appelle aussi explantation de prothèses mammaires, est une intervention simple de chirurgie mammaire. Il n’est pas nécessaire de rajouter de nouvelle cicatrice sur la poitrine. On va donc passer par la même cicatrice pour retirer les prothèses mammaires. On retire soigneusement l’implant mais aussi le le tissu cicatriciel environnant (capsule de la prothèse). L’intervention dure généralement une heure. Le retrait d’implants mammaires se déroule sous anesthésie générale, en chirurgie ambulatoire. Vous pourrez donc rentrer chez vous le jour même.
Est-ce que mes seins vont tomber après le retrait des implants mammaires ?
Après le retrait des prothèses mammaires, l’un des risques est que la poitrine tombe. On parle de ptôse mammaire.
Le relâchement cutané secondaire au retrait des prothèses mammaires peut donc parfois démasquer une ptôse mammaire, parfois sévère. Les prothèses mammaires peuvent, avec le temps, provoquer une ptôse mammaire en raison du poids qu’elles exercent sur les tissus. Cette chute de la poitrine devient particulièrement apparente lorsque l’on décide de retirer les prothèses. Cette situation peut nécessiter une correction chirurgicale supplémentaire pour obtenir un résultat esthétiquement satisfaisant.
Dans ce cas, un lifting mammaire (qu’on appelle aussi mastopexie ou cure de ptôse mammaire) peut être nécessaire pour remonter les seins. Le lifting mammaire consiste à retirer l’excès de peau, à repositionner les aréoles et à concentrer le tissu mammaire pour redonner une apparence plus galbée à la poitrine. Pour une ptôse mammaire modérée, une seule cicatrice autour de l’aréole peut suffire (round block). Lorsque la ptôse mammaire est plus importante, un lifting mammaire avec des cicatrices en T est nécessaire.
Peut-on combiner le retrait des prothèses mammaires avec un lipofilling mammaire ?
Oui, il est tout à fait possible de combiner le retrait des prothèses mammaires avec un lipofilling mammaire.
Cette technique consiste à remplacer les implants mammaires par de la graisse autologue (votre propre graisse). Dans ce cas, on retire les prothèses mammaires puis on prélève de la graisse sur différentes parties du corps par liposuccion. Par exemple, le ventre, les flancs (poignées d’amour), la face externe des cuisses (culotte de cheval). Ensuite, on injecte cette graisse dans les seins pour restaurer leur volume. Le lipomodelage offre une alternative naturelle aux implants, avec des résultats souvent très satisfaisants.
Quelle prise en charge par la Sécurité Sociale pour un retrait de prothèses mammaires ?
La Sécurité Sociale prend en charge le retrait de prothèses mammaires sous certaines conditions. Si la pose initiale des implants avait été prise en charge pour des raisons médicales, le retrait des prothèses le sera aussi. Par exemple, l’augmentation mammaire a pu être prise en charge en cas de malformation mammaire comme un syndrome de Poland ou pour des seins tubéreux.
Cependant, si la pose de prothèses avait été réalisée à des fins purement esthétiques, sans prise en charge initiale, le retrait ne sera pas couvert, sauf en cas de complications. Une affection due à la prothèse (fuite de gel de silicone, coque) ou une infection sont des raisons de bénéficier d’un remboursement par la Sécurité Sociale pour le retrait des implants. Ces complications peuvent survenir parfois très longtemps après la mise en place des implants.
Une demande d’entente préalable est néanmoins nécessaire.
Attention, si on décide d’effectuer un geste de chirurgie esthétique dans le même temps (lifting mammaire ou lipofilling mammaire), alors la Sécurité Sociale ne prendra pas en charge l’opération. Dans ce cas, le coût de l’intervention sera entièrement à votre charge.
Quel est le prix d’un retrait de prothèses mammaires ?
Le prix d’un retrait de prothèses mammaires dépend de plusieurs facteurs. Les dépassements d’honoraires pratiqués par le chirurgien et l’anesthésiste influencent fortement le coût de l’opération. En l’absence de prise en charge par la Sécurité Sociale, la TVA peut également s’appliquer. Si on décide d’associer une intervention de chirurgie esthétique, comme un lifting mammaire ou un lipomodelage des seins, cela augmentera le prix.
Un retrait de prothèses mammaires sans remplacement et sans geste associé coûte généralement entre 2500 et 4500 euros.
Une prise en charge par la Sécurité Sociale et les mutuelles est possible selon certaines conditions.
Conclusion
Retirer ses prothèses mammaires est une décision personnelle. Il est important d’en discuter avec votre chirurgien avant de prendre cette décision. Plusieurs options sont possibles. On peut décider d’un retrait de prothèses mammaires sans remplacement et sans autre geste associé sur la poitrine. Dans ce cas, l’opération peut bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité Sociale, sous certaines conditions. On peut aussi décider d’associer un geste de chirurgie esthétique, comme un lifting mammaire ou un lipomodelage des seins pour améliorer l’aspect de la poitrine. Dans ce cas néanmoins, aucune prise en charge n’est possible.

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK
Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.
Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.
Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.
