ACR3 dois-je m’inquiéter ?

La mammographie est le principal examen utilisé dans le dépistage du cancer du sein. Ses résultats sont interprétés selon la classification ACR. Cet article explicite le résultat ACR3 et la conduite à tenir dans ce cas.

mammographie ACR3 dois-je m'inquiéter ?

Introduction

Si les résultats de ma mammographie sont classés ACR3, dois-je m’inquiéter ? Le terme ACR3, que l’on retrouve parfois dans la conclusion du compte-rendu du radiologue, est issu de la classification ACR (American College of Radiology). La crainte principale est que l’anomalie retrouvée sur la mammographie corresponde à un cancer du sein. Comme nous allons le voir, une anomalie ACR3 correspond rarement à un cancer du sein mais des investigations sont néanmoins nécessaires. Nous allons vous expliquer en détail ce qu’est un résultat ACR3 et quelles sont les prochaines étapes à envisager.

Qu’est-ce que la classification ACR ?

Une classification utilisée dans le monde entier

La classification ACR (American College of Radiology) est un système que les radiologues du monde entier utilisent pour exprimer simplement et de façon standardisée les résultats d’une imagerie mammaire.

Cette classification permet d’établir une conduite à tenir commune en fonction des anomalies détectées sur l’imagerie mammaire. La classification ACR permet ainsi de décider d’une simple surveillance ou de la réalisation de prélèvements (biopsies) pour établir un diagnostic.

On l’utilise pour décrire les résultats de tous types d’imagerie mammaire : mammographie, échographie mammaire, IRM mammaire. Elle conclut chaque compte-rendu d’imagerie mammaire.

ACR0 à ACR6

La classification ACR comprend plusieurs catégories, allant d’ACR0 à ACR6. Lorsque le radiologue retrouve une anomalie (une lésion) dans le sein sur l’imagerie mammaire, il la classe dans une catégorie ACR en fonction de son aspect radiologique. A chaque catégorie d’ACR correspond une probabilité que l’anomalie soit un cancer du sein. La conduite à tenir découle donc directement de la classification ACR de l’anomalie.

Voici un bref aperçu de cette classification :

  • ACR 0 : Une mammographie classée ACR0 correspond à un examen mis en attente pour lequel une comparaison à l’examen antérieur, ou des clichés complémentaires (localisés ou agrandis) sont nécessaires.
  • ACR 1 : La mammographie est normale, elle ne présente aucune anomalie.
  • ACR 2 : La mammographie est normale, mais elle présente des lésions bénignes. Aucun examen n’est nécessaire, aucune inquiétude à avoir.
  • ACR 3 : Lésion probablement bénigne, mais une surveillance à court terme est nécessaire.
  • ACR 4 : La mammographie présente une anomalie suspecte, on recommande de faire un prélèvement.
  • ACR 5 : La mammographie présente une anomalie évocatrice de cancer du sein, des prélèvements doivent être réalisées rapidement.
  • ACR 6 : La mammographie présente une anomalie dont la malignité a été prouvée par un prélèvement.

Ains, si le résultat de votre mammographie est ACR3, cela signifie que le radiologue a détecté une anomalie dans vos seins. Cependant, il est essentiel de comprendre que cette anomalie est très probablement bénigne. En d’autres termes, dans la majorité des cas, cette anomalie n’est pas cancéreuse. Toutefois, des investigations supplémentaires sont nécessaires.

ACR3 : dois-je m’inquiéter ?

Face à un résultat ACR3, la première réaction est souvent l’inquiétude. Il est important de souligner que, dans 98 % des cas, les anomalies ACR3 ne sont pas cancéreuses. Autrement dit, si votre mammographie montre un résultat ACR3, il est très probable que la lésion soit bénigne.

Par exemple, certaines lésions bénignes fréquentes comme les adénofibromes ou certains kystes du sein peuvent être classées ACR3. Ces lésions ne sont pas dangereuses, néanmoins elles peuvent parfois être confondues sur l’imagerie avec un cancer du sein. En d’autres termes, il n’est pas toujours possible de faire la différence entre une lésion bénigne et un cancer du sein sur la mammographie.

Dans ce cas, on va se baser sur l’évolutivité de l’anomalie. On réalise une seconde mammmographie 4 à 6 mois plus tard pour confirmer que l’anomalie n’évolue pas dans le temps.

Dans certains cas que nous allons voir, on peut demander des prélèvements d’emblée (biopsies).

Quelle est la conduite à tenir en cas de mammographie ACR3 ?

Si votre mammographie retrouve une anomalie ACR3, il s’agit dans l’immense majorité des cas d’une lésion bénigne. Voici la conduite à tenir que l’on préconise dans cette situation.

Surveillance rapprochée

La conduite que l’on recommande en cas de résultat ACR3 est la surveillance. Cela signifie que votre médecin vous conseillera de faire une nouvelle mammographie quatre à six mois plus tard. Ce suivi permet de vérifier que l’anomalie visible sur vos seins reste stable et n’évolue pas. Si elle reste effectivement stable, cela confirmera son caractère bénin. Dans ce cas, aucun autre examen n’est nécessaire. On rappelle qu’une anomalie ACR3 reste stable dans 98% des cas.

Si des changements apparaissent, on réalisera alors un prélèvement (une biopsie).

Par exemple, une femme de 45 ans peut avoir une anomalie ACR3 dans un sein en raison d’un adénofibrome, qui est une lésion bénigne très fréquente. Dans ce cas, une nouvelle mammographie quelques mois plus tard permettra de vérifier que cette lésion ne s’agrandit pas et ne nécessite pas de prélèvement.

Biopsie

Si l’anomalie évolue ou si elle présente des caractéristiques suspectes lors des examens de suivi, on recommande alors de faire une biopsie.

Une biopsie consiste à prélever un échantillon de tissu mammaire pour l’analyser en laboratoire (examen histologique). Cet examen établit formellement la nature de la lésion.

Selon l’aspect radiologique de l’anomalie, on effectue soit une microbiopsie, soit une macrobiopsie.

Une microbiopsie est effectuée sous guidage échographique et concerne donc les lésions que l’on distingue à l’échographie (par exemple un adénofibrome). La macrobiopsie est réalisée soit sous guidage mammographique (repérage stéréotaxique), soit sous guidage IRM et concerne les foyers de microcalcifications.

Que faire si la mammographie retrouve une anomalie ACR3 avant une chirurgie mammaire esthétique ?

Dans le cas où l’on envisage une chirurgie mammaire de confort (réduction mammaire, lifting mammaire, augmentation mammaire, etc.), on prescrit toujours une écho-mammographie avant la chirurgie et ce, quel que soit l’âge. L’objectif est de s’assurer qu’il n’y a pas de cancer du sein méconnu avant d’opérer. Il n’est pas possible d’opérer sans une mammographie ACR1 ou ACR2 pour chaque sein.

Si le bilan radiologique retrouve une anomalie ACR3, alors il faudra reporter la chirurgie mammaire.

Dans ce cas, on attend 4 à 6 mois pour réaliser une nouvelle imagerie mammaire afin de confirmer qu’il s’agit bien d’une lésion bénigne. On demande au radiologique de reclasser l’examen de l’ACR3 vers l’ACR2. Si ce n’est pas le cas, une biopsie est obligatoire avant d’envisager toute chirurgie mammaire de confort.

Quelles sont les recommandations en termes de dépistage du cancer du sein chez la femme ?

Depuis 2004, le dépistage organisé du cancer du sein permet aux femmes de 50 à 74 ans de bénéficier tous les 2 ans d’un examen de dépistage de qualité. Ce programme national répond à des exigences de qualité strictes.

Femmes entre 50 et 74 ans

Les autorités de santé recommandent que les femmes de cette tranche d’âge passent une mammographie tous les deux ans. Ce dépistage permet souvent de détecter des lésions bénignes, mais aussi des anomalies qui pourraient nécessiter une évaluation plus approfondie.

Femmes après 75 ans

Après 75 ans, le dépistage organisé n’est plus recommandé. Cependant, on préconise de poursuivre le suivi régulier avec le médecin traitant, le gynécologue ou une sage-femme.

Femmes avant l’âge de 50 ans

Si vous avez moins de 50 ans, votre médecin pourrait vous recommander un dépistage plus précoce, surtout si vous présentez des facteurs de risque de cancer du sein. Par ailleurs, il est essentiel d’effectuer une auto-palpation régulière pour détecter toute modification dans vos seins. L’apparition d’une masse palpable doit vous alerter et vous faire consulter rapidement votre médecin traitant.

Conclusion

Retrouver une anomalie ACR3 dans un sein après une mammographie est source d’anxiété. Cependant, comme nous venons de le voir, dans 98% des cas il s’agit d’une lésion bénigne. La conduite à tenir devant une anomalie ACR3 est la surveillance. On recommande d’effectuer une nouvelle imagerie mammaire quelques mois plus tard afin de s’assurer de la stabilité de l’anomalie. En cas d’évolutivité, on réalisera une biopsie pour analyse histologique. L’écho-mammographie est indispensable avant toute chirurgie mammaire de confort et il n’est pas possible d’envisager ce type de chirurgie sans un examen normal au préalable. Enfin, on rappelle l’importance de suivre les recommandations du dépistage du cancer du sein organisé en France.

Dr Samuel Struk

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK

Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.

Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.

Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.



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