Quels sont les risques d’un lifting mammaire ?

Le lifting mammaire est une intervention courante de chirurgie esthétique dont l'objectif est de corriger la chute des seins. Il ne s'agit pas d'une opération particulièrement risquée, néanmoins les risques doivent être connus.

Risques lifting mammaire

Risques et complications du lifting mammaire

Vous envisagez un lifting mammaire pour retrouver une poitrine plus ferme et rajeunie. C’est une décision importante, et il est naturel de se poser des questions sur les risques potentiels de cette intervention. Bien que le lifting mammaire soit une intervention courante, il est essentiel de comprendre les risques afin de prendre une décision éclairée avant de se faire opérer. Cet article vous explique tout ce que vous devez savoir sur les risques d’un lifting mammaire, comment les prévenir et leur prise en charge.

En quoi consiste un lifting mammaire ?

Le lifting mammaire, également appelé mastopexie ou cure de ptose mammaire, est l’une des interventions les plus courantes en chirurgie esthétique. Son objectif est de corriger la ptôse mammaire, c’est-à-dire de remonter les seins lorsqu’on juge qu’ils s’affaissent de façon inesthétique.

Plusieurs éléments peuvent expliquer la chute des seins : une perte de poids importante, une grossesse, l’allaitement, et le vieillissement. Ces facteurs provoquent un relâchement cutané au niveau de la poitrine, entraînant ainsi l’affaissement des seins.

Pour raffermir la poitrine, le lifting mammaire consiste à retirer l’excès de peau sur la poitrine tout en préservant la glande mammaire, ce qui améliore le galbe des seins. Pour cela, on réalise le plus souvent trois cicatrices : une autour de l’aréole, une horizontale dans le sillon sous-mammaire et une verticale entre les deux précédentes. On parle de lifting mammaire avec cicatrices en T inversé ou en ancre de marine. Durant l’intervention, le chirurgien repositionne également les aréoles à leur hauteur idéale, tout en améliorant leur forme pour les rendre plus rondes.

Cette intervention se déroule sous anesthésie générale, au bloc opératoire, et dure environ deux heures. Le plus souvent, elle est réalisée en ambulatoire, vous permettant ainsi de rentrer chez vous le jour même.

Il est important de noter que le lifting mammaire n’est jamais pris en charge par la Sécurité Sociale. Ainsi, aucun remboursement n’est possible, ni par la Sécurité Sociale ni par votre mutuelle. L’intervention peut être réalisée à tout âge, et les résultats durent généralement au moins 10 ans. Bien que cette opération ne soit pas particulièrement risquée, il est essentiel de connaître les risques potentiels.

Quels sont les risques d’un lifting mammaire ?

Le lifting mammaire est une intervention qui comporte peu de risques. Cependant, comme pour toute chirurgie, des complications peuvent survenir pendant la période post-opératoire.

Ces risques doivent être clairement expliqués lors des consultations pré-opératoires avec votre chirurgien plasticien. On rappelle que deux consultations à au moins 15 jours d’intervalle sont obligatoires avant de programmer une opération de chirurgie esthétique.

Les principaux risques du lifting mammaire sont la désunion de cicatrice, l’hématome, l’infection, la nécrose de l’aréole, les troubles de la sensibilité des seins, les troubles de l’allaitement, ainsi que les cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes.

Désunion de cicatrice

L’ouverture de cicatrice est la complication la plus fréquente après un lifting mammaire. Une désunion cicatricielle n’est jamais grave. Elle se produit le plus souvent à la jonction entre les cicatrices, notamment entre la cicatrice autour de l’aréole et la cicatrice verticale, ou encore entre la cicatrice verticale et horizontale.

Pour résoudre ce problème, des soins locaux avec des pansements gras quotidiens réalisés par un(e) infirmier(e) suffisent. Cette désunion n’entraîne généralement aucun préjudice esthétique, mais elle prolonge la durée de cicatrisation, qui passe de deux semaines à quatre ou cinq semaines.

Hématome

Un hématome est une accumulation de sang dans un sein, conséquence d’un saignement inopiné. Un hématome survient dans les heures ou jours suivant l’intervention. Ce saignement provoque une augmentation du volume du sein, qui devient tendu et douloureux, accompagnée d’ecchymoses sur la peau.

Il s’agit d’une urgence chirurgicale car l’hématome est souvent très douloureux. Il est donc nécessaire de réopérer rapidement pour drainer l’hématome, arrêter le saignement et nettoyer la cavité. Heureusement, cette complication est rare et n’affecte ni le pronostic vital ni le résultat esthétique final.

Infection

L’infection est une complication encore plus rare que l’hématome. Elle survient généralement lorsqu’une frange de tissu mammaire mal vascularisée s’infecte en profondeur. Les symptômes incluent une rougeur et une douleur très localisées. La fièvre est rare dans ce cas.

La plupart du temps, un traitement antibiotique par voie orale pendant cinq à sept jours suffit pour juguler l’infection. Dans des cas exceptionnels, une opération peut être nécessaire pour drainer un abcès.

Nécrose de l’aréole

La nécrose de l’aréole est la complication la plus grave qui puisse survenir après un lifting mammaire, bien qu’elle soit exceptionnelle.

Elle résulte d’un défaut de vascularisation, souvent dû à une interruption de la circulation sanguine vers l’aréole et le mamelon. Si la vascularisation est insuffisante, l’aréole et le mamelon noircissent et finissent par disparaître.

Malheureusement, ce processus est irréversible, ce qui signifie que l’aréole et le mamelon disparaissent définitivement et doivent être reconstruits ultérieurement. Pour cela, on utilise les mêmes techniques que celles utilisées pour la reconstruction mammaire après un cancer du sein.

On pose le diagnostic d’insuffisance de vascularisation de l’aréole immédiatement après l’intervention si l’aréole et le mamelon ne se recolorent pas à la pression.

Troubles de la sensibilité des seins

Les troubles de la sensibilité constituent plus un effet secondaire qu’une complication.

Après un lifting mammaire, il est habituel de perdre la sensibilité au niveau de la poitrine immédiatement après l’opération. La sensibilité revient toutefois progressivement au cours des mois suivants, mais elle n’est jamais la même qu’auparavant.

Une perte de sensibilité définitive au niveau du mamelon n’est pas rare.

Troubles de l’allaitement

Les troubles de l’allaitement sont également un effet secondaire du lifting des seins.

En effet, le lifting mammaire entraîne souvent la section des canaux galactophores, qui permettent l’écoulement du lait de la glande mammaire jusqu’au mamelon. Il n’est donc pas rare que l’allaitement soit impossible après un lifting mammaire.

Cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes

Les cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes sont des cicatrices anormalement épaisses et foncées, qui peuvent démanger.

La survenue de ces cicatrices est souvent liée à des facteurs génétiques, notamment chez les personnes ayant des origines africaine ou asiatique, ou avec des antécédents personnels de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes. Ces cicatrices apparaissent plus fréquemment à la partie interne de la cicatrice horizontale, située dans le pli sous-mammaire. Des injections locales de corticoïdes (Kenacort) ou des traitements au laser peuvent les atténuer.

Quels sont les facteurs de risque de complications d’un lifting mammaire ?

Certains facteurs augmentent le risque de complications après un lifting mammaire. Les principaux sont le tabac, le diabète, l’âge, et l’importance de la ptôse mammaire.

Le tabac

Le tabac est un facteur de risque majeur pour toute intervention de chirurgie esthétique.

Il est essentiel d’arrêter de fumer au moins un mois avant l’intervention et de maintenir cet arrêt pendant au moins un mois après. Fumer diminue l’oxygénation des tissus, ralentissant ainsi la cicatrisation et favorisant l’ouverture des cicatrices, la nécrose de l’aréole, et les infections.

La nécrose de l’aréole, en particulier, est une complication que l’on rencontre principalement chez les patientes fumeuses.

Le tabac augmente également le risque d’hématome.

Le diabète

Le diabète altère la micro-vascularisation, ralentissant la cicatrisation et augmentant le risque d’infection. Les femmes diabétiques sont donc plus exposées aux complications post-opératoires, surtout si le diabète n’est pas bien équilibré.

Il est obligaroire de stabiliser le diabète avant d’envisager un lifting mammaire. Le contrôle du diabète passe par la mesure de l’hémoglobine glyquée (Hb1Ac), indispensable avant l’intervention.

L’âge

Les complications sont plus fréquentes après l’âge de 60 ans, bien que cela dépende surtout de l’âge physiologique plutôt que de l’âge chronologique.

L’importance de la ptôse mammaire

Plus la ptôse mammaire est importante, c’est-à-dire plus les seins tombent, plus le lifting mammaire sera complexe et risqué, notamment pour la survie de l’aréole et du mamelon.

Comment limiter les risques d’un lifting mammaire ?

Pour limiter les risques de complications avant un lifting des seins, il est indispensable d’arrêter de fumer avant l’opération. L’arrêt du tabac est impératif au moins un mois avant la chirurgie et doit être maintenu pendant au moins un mois après. Les patchs de nicotine ou la cigarette électronique peuvent être une alternative.

Tout diabète doit être correctement équilibré au préalable, avec un contrôle de l’hémoglobine glyquée (Hb1Ac) avant l’intervention.

Il est également important de stabiliser votre poids avant un lifting mammaire. Les variations de poids après l’intervention peuvent altérer les résultats du lifting mammaire. Une perte de poids importante après l’intervention expose au risque d’un nouvel affaissement des seins.

De la même manière, il est recommandé de ne pas planifier de grossesse dans l’année suivant l’intervention, ou mieux, de reporter le lifting mammaire après avoir terminé vos projets de grossesse. En effet, la grossesse et l’allaitement peuvent altérer les résultats d’une mastopexie.

Un lifting mammaire comporte-t-il plus de risques de complications si j’opte pour la pose de prothèses mammaires ?

Il est possible de combiner un lifting mammaire avec la pose d’implants mammaires si vous souhaitez à la fois corriger la ptôse mammaire et augmenter le volume des seins. On appelle cette intervention une plastie-prothèse.

Les seins peuvent se vider après un amaigrissement important, par exemple après une chirurgie bariatrique comme un by-pass ou une sleeve gastrectomy, ou bien après une ou plusieurs grossesses.

Cependant, les risques du lifting mammaire s’ajoutent à ceux liés à la mise en place de prothèses mammaires. Le principal risque est l’infection de la prothèse, qui reste rare mais est tout de même plus fréquente en cas de plastie-prothèse qu’en cas de simple augmentation mammaire. Le lifting mammaire fragilise la vascularisation de la peau et crée de plus grandes cicatrices, augmentant ainsi le risque de désunion des cicatrices, ce qui accroît le risque d’infection de la prothèse.

Pour limiter ce risque, on peut choisir de procéder en deux étapes : d’abord un lifting mammaire, puis, quatre à six mois plus tard, la pose de prothèses mammaires.

Mettre des implants expose également au risque de coque péri-prothétique et, bien que très rare, au risque de lymphome anaplasique à grandes cellules. De plus, les prothèses mammaires ont une durée de vie limitée et devront être remplacées un jour ou l’autre, nécessitant une nouvelle opération.

Une alternative aux implants mammaires est le lipofilling mammaire. Le lipofilling mammaire consiste à prélever de la graisse sur différentes régions de votre corps par liposuccion avant de la réinjecter dans les seins afin d’en augmenter le volume.

Conclusion

Le lifting mammaire est une intervention de chirurgie esthétique qui permet de rajeunir la poitrine avec d’excellents résultats. Cette intervention comporte des risques mais heureusement les complications sont rares et ne sont pas graves la plupart du temps. Le meilleur conseil que l’on puisse vous donner étant d’arrêter de fumer avant de programmer un lifting mammaire.

Dr Samuel Struk

ARTICLE REDIGÉ PAR LE DR STRUK

Chirurgien esthétique et plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, reconnu par le Conseil de l’Ordre de Paris.

Ancien Assistant Spécialiste à l’Institut Gustave Roussy, je suis actuellement chirurgien attaché à l’Institut Curie pour la reconstruction mammaire après cancer du sein.

Je pratique par ailleurs la chirurgie esthétique du sein dans le Groupe Hospitalier Privé Ambroise Paré – Hartmann, à Neuilly-sur-Seine.



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